Book Club Livraddict – Anne : La Maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery

Book Club – Décembre 2020

Book Club Livraddict – Anne : La Maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery pour le thème
« Classique jeunesse »

Compte-rendu par Emmani

Pour le bookclub de décembre sur le thème « Classique Jeunesse », les membres du forum ont choisi de lire Anne de Green Gable aussi intitulé Anne et la maison aux pignons verts (entre autres), écrit par Lucy Maud Montgomery et récemment réédité aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

La majorité des participants a trouvé qu’Anne était le point fort du roman. Son authenticité, sa joie de vivre, son insouciance et ses rêveries incessantes sont touchantes. Beaucoup se sont sentis très proches d’elle. Elle rappelle l’enfance, le moment où chacun rêvait d’aventures romanesques. Anne va si loin dans ses rêveries qu’elle nous fait rire, c’est un véritable rayon de soleil. Néanmoins, elle peut être un peu agaçante par moment notamment de par sa vanité, ou encore son entêtement. Mais cela ne l’a pas empêchée de conquérir la plupart des lecteurs. Pour autant, certains ont pu être exaspérés par cette manie d’Anne de raconter à tort et à travers tout ce qu’elle voit et imagine. Elle est alors devenue à la limite du supportable, car ce trait de caractère est poussé à l’extrême chez elle.

Matthew, son père adoptif, est un personnage très doux. Il est très discret, mais il occupe pourtant une place immense dans le cœur d’Anne. On s’attache peu à peu à lui, sans même s’en rendre compte. Marilla quant à elle a le mauvais rôle : c’est elle qui est chargée d’éduquer Anne. Elle peut paraître dure et froide, mais elle a un grand cœur. C’est touchant de la voir s’ouvrir peu à peu à Anne. Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas pour autant délaissés et ont tous un petit quelque chose d’attachant.

Le décor est très réussi, que ce soit Avonlea ou Green Gables. Pour ceux qui ont accroché à l’histoire, c’est un peu comme si Avonlea devenait notre foyer, notre refuge : comme si on revenait à la maison à chaque fois qu’on rouvrait le livre. Tout le monde a fait remarquer que les descriptions étaient très jolies, poétiques et visuelles : il est facile de se représenter ce cadre idyllique. L’autrice donne vie à ses paysages et donne envie d’aller vivre sur l’Île-du-Prince-Edouard.

L’histoire n’a rien d’exaltante, on suit la vie quotidienne d’Anne, tout simplement. Il n’y a pas de suspens, le roman est à la base destiné à un lectorat jeune alors un lecteur habitué voit les fils se tisser et prévoit très facilement la fin. L’intrigue est composée de chapitres épisodiques qui racontent un moment de la vie d’Anne, en général une bêtise ou une anecdote. Le rythme est lent, tout le monde est d’accord là-dessus. Certains ont souffert de ce manque de rythme jusqu’à s’ennuyer et n’avoir pas particulièrement envie de reprendre le livre. D’autres ont apprécié cette lenteur, toutefois rythmée par les saisons qui passent et Anne qui grandit. Pour eux, c’est une lecture qui ne se dévore pas c’est sûr, mais se savoure à petit feu, sans que cela soit une mauvaise chose.

La majorité a été embarquée par l’histoire et les aventures d’Anne. Le livre apparait alors comme une petite bulle de bonheur, vous lisez 2/3 chapitres et cela suffit à ensoleiller votre journée. Il est clair qu’il ne faut pas entrer dans le livre en s’attendant à y voir de l’action, l’intrigue est contemplative, pleine de bons sentiments et de douceur, peut-être trop bisounours pour certains. Elle est cependant très drôle, touchante et émouvante.

Le ton est doux, il y a une touche d’humour, de tendresse, d’émotion et une légère nostalgie, on rit comme on pleure. C’est un récit qui fait du bien, qui nous apaise et nous console. On a l’impression d’un message de bienveillance et de tolérance. Néanmoins, le ton est très daté : on est au Canada, au début des années 1900, une période conservatrice, ce que l’on voit notamment à travers les adultes. Anne reste un personnage somme-toute moderne par rapport à son époque : c’est une petite fille très active qui n’a pas sa langue dans sa poche, fait très peu pardonné à l’époque. Nous avons apprécié que l’éducation soit mixte qu’Anne ait de l’ambition et jouisse d’une liberté. Le texte reste patriarcal, à cause de son contexte : il faut être une bonne fille convenable, s’occuper de la maison etc. Il y a également un ton moralisateur, empreint de références et citations diverses : il faut prier, ne pas avoir de pensées méchantes etc. Le tout reste bienveillant, et l’autrice semble encourager l’imagination de l’enfant et l’ambition des femmes. Cet aspect daté et ce ton moralisateur a tantôt agacé, tantôt été excusé par les lecteurs, qui ont trouvé cela somme toute intéressant.

Le style était très fluide et facile, du fait de l’âge cible. En VO, la lecture est agréable, fluide et accessible. La traduction des Éditions Toussaint Louverture est plutôt moderne, ce qui n’est pas une mauvaise chose, ça adoucit un peu le côté vieillot de certaines idées. Pour ceux qui ont lu les autres traductions, celle d’Hélène Charrier a été plus fluide que celle d’Henri-Dominique Paratte.

Une majorité des lecteurs a beaucoup apprécié cette lecture. Anne de Green Gable est une lecture fraîche, douce, qui fait du bien, en plus d’être une belle ode à l’imagination.

Pour aller plus loin, les livraddictiens recommandent :

  • Anne with an E, adaptation en série sur Netflix : l’histoire d’Anne y est très modernisée, pour ceux qui ont été gêné par le contexte daté et la série est plus sombre que le livre, moins enfantine.
  • Le bonheur au bout du chemin, adaptation en téléfilm dans les années 80 : Les deux premiers films suivent fidèlement les premiers tomes de la saga, le troisième dénature le livre en une adaptation très très libre.
  • La bibliothèque des citrons de Jo Cotteril : une lecture jeunesse émouvante qui aborde pleins de sujets. L’héroïne se voit en Anne et le livre est truffé de références à Anne de Green Gable.
  • Le bruissement du papier et des désirs, Sarah Mccoy : raconte la vie des Cuthbert avant Anne
  • Les malheurs de Sophie, Un bon petit diable, L’auberge de l’ange gardien de la Comtesse de Ségur
  • Heidi de Johanna Spyri
  • Les Quatre filles du Dr March de Louisa May Alcott
  • Before Green Gables de Budge Wilson : là aussi, la vie des Cuthbert avant Anne, non traduit
  • Le renard et l’enfant (film)
  • Les chroniques de Narnia de C.S Lewis

Les participant(e)s : Vinushka, Aryia, Mypianocanta, Livresovore, missmarple060, Natalee Book’nGeek, colittlebird, Emmani, MarionLit, Freyja, Hlne0605, florence71, DODOLECTURE, Tatti, angel23, Julie27, atick, dusoirenete, domi_troizarsouilles

Et surtout merci à Emmani pour la rédaction du compte-rendu !

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3 commentaires

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  1. Anne, cette saga est un véritable coup de coeur et je suis fière de l’avoir trouvé par hasard sur un site ou je l’ai écouté en audio. Mais depuis même le tome 2 est palpitant, ça se lit vraiment bien et c’est touchant à souhait. Moi au contraire je trouve Anne, adorable, charmante et imaginative, vraiment une belle saga. À recommander !