Book Club Livraddict – Winternight, tome 1 : L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden

Book Club – Novembre 2020

Book Club Livraddict – Winternight, tome 1 : L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden pour le thème
« Réécriture de la mythologie »

Compte-rendu par Ichmagbücher

Malgré deux abandons et quatre lectures mitigées, le roman L’Ours et le Rossignol a conquis le cœur des participants, à commencer par l’univers. Le décor est bien posé, sombre et glacial la plupart du temps, le récit se déroulant dans un climat hivernal russe exigeant qui s’éternise à n’en plus finir. La plume de l’autrice dépeint un paysage médiéval crédible tant dans la dureté de la vie paysanne que la réalité religieuse avec la montée de la chrétienté. Dans la traduction française, l’utilisation du subjonctif imparfait rend l’ensemble poétique, même si pour certains lecteurs cela rendait l’écriture complexe. L’emploi de termes russes a dérangé quelques personnes, mais de manière générale, cela aide à l’immersion. D’ailleurs, un glossaire en fin de livre permet l’explication des mots étrangers.

La mise en place de l’histoire est longue, si elle paraît nécessaire, quelques Livraddictiens pensent que l’autrice aurait pu couper court. La chronologie se déroule sur plusieurs années, démarrent avant la naissance de l’héroïne et se termine sur ses quinze ans (à peu près). L’aspect fantastique prend racine dans les légendes slaves, qui prennent vie au fur et à mesure des chapitres. Les créatures se font discrètes, mais au final l’intrigue tourne bien autour de ce folklore, de l’affrontement entre les croyances populaires et la montée de l’Eglise. Quelques lecteurs ont vu dans ces personnages un parallèle avec les Ghibli (animations japonaises). Le côté fantastique est accentué par une mystérieuse prophétie dont certains lecteurs ont trouvé la réalisation tardive. Le contexte manque parfois de développement. Le rythme est inégal, en atteste de nouvelles longueurs au milieu du roman pour quelques participants.

Les thèmes abordés ont beaucoup plu par leur approche. Il est question de religion et d’intégrisme, de la nature mêlée avec la culture russe et de féminisme. En effet, l’héroïne Vassia incarne l’indépendance. C’est un personnage moderne dans un monde où les femmes sont remisées à l’entretien de la maison. Mais la jeune fille n’en fait qu’à sa tête. Les personnages sont construits et nuancés avec des atouts et des défauts. La famille de Vassia est soudée, les relations entre ses différents membres ont plu, notamment l’absence de concurrence entre les héritiers. Beaucoup de lecteurs sont intrigués par le frère Sacha. Néanmoins, selon quelques Livraddictiens, ces personnages sont clichés. Les personnalités d’Anna et du curé sont déplaisantes, mais crédibles et indispensables. Une discussion a tourné autour d’un parallèle entre le prêtre et Frollo (Notre Dame de Paris de Victor Hugo). Quelques lecteurs ont eu du mal à distinguer les personnages au début à cause de leurs prénoms et diminutifs.

La fin est mitigée pour les uns, réussies pour d’autres, elle est sujette à différentes interprétations. Quoi qu’il en soit, tout le monde s’accorde sur le fait que ce tome se suffit à lui-même. Les couvertures attirent l’œil. Quelques participants ont découvert le livre en version audio : la voix du narrateur a rendu le récit vivant.

La plupart des participants ont découvert l’autrice avec ce roman, et comptent bien poursuivre la trilogie si ce n’est déjà fait. Quelques lecteurs souhaitent également lire un autre titre de Katherine Arden : Terreur à Smoke Hollow.

Recommandations :

Conflits religieux / traditions vs modernisme :

Créatures folkloriques / (réécriture de) Contes :

Univers russe/slave :

Ambiance hivernale et onirique :

Site sur la culture russe : Contes russes – Sivka-Bourka (artrusse.ca)

Les participants : Mana_, LittleGuizmo, oriane0102, Wonderbooks_, Emmani, Julie27, AmaureaCanya, Flatcat, Book explorer, Julie Tournesol, cassie56, colittlebird, Christelle et les livres, Celo, Vinushka, Freyja, domi_troizarsouilles, MiaMiu, Mypianocanta, Ichmagbücher, Mdczr, Catysprint, Livresovore, Delphine.B, FontaineDeMots, Sia, Cendre, Jessika, Riz-Deux-ZzZ, Sandra, Orianonyme, La3ti, Chant des Livres, Celestina, mistigris

Et surtout merci à Ichmagbücher pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Livraddict – Stand Still Stay Silent, tome 1 de Minna Sundberg

Book Club Graphique – Février 2021

Book Club Livraddict – Stand Still Stay Silent de Minna Sundberg pour le thème Comics

Compte-rendu par Emmani

Stand Still Stay Silent, tome 1 a été une lecture globalement appréciée, teintée de déception pour certains participants.

Tous ont trouvé le début lent, voire très lent. On commence au tout début de l’épidémie, dans un contexte qui n’est pas sans rappeler pour certains le covid. Un bon tier de l’histoire se déroule sur cette timeline, à suivre des personnages pendant plus ou moins 5 pages, avant de changer. Les lecteurs de Livraddict ont été gênés par la multiplicité de ces personnages, à chaque fois présentés par des encarts. Cela a alourdi le rythme et rendu le début lent et laborieux. Ce prologue s’est trop éternisé pour nous.

Passé le 1er tier, on fait un bond dans le temps de 90 ans et arrive alors la véritable intrigue : les cinq personnages qui partent en mission dans le monde silencieux. C’est à partir de ce moment qu’on se trouve dans un univers post-apo, teinté de mythologie. Les lecteurs ont apprécié cela, mais ont déploré le manque d’explications : comment en est-on arrivés là ? Comment les trolls et la magie sont-ils apparus ? Le changement était un peu trop abrupt, certains se sont même sentis perdus. Globalement, avec un début aussi lent, les lecteurs ont été parfois frustrés de ne pas voir assez d’éléments de l’univers et assez d’action. Le but de la mission a semblé également manquer d’enjeu.

Cela étant, les personnages de la mission ont convaincu les lecteurs : ils étaient attachants. C’est une bande hétéroclite avec chacun sa personnalité et sa langue. Le thème de la diversité culturelle et de la barrière de la langue a bien plu. Lalli a été le personnage préféré de tous, grâce à son côté décalé et à sa magie. Une majorité a eu plus de mal avec Emil, mais la relation muette qui le liait à Lalli a su plaire et rendre Emil attendrissant. Certains ont trouvé que les deux derniers personnages de l’expédition, Sigrun et Mikkel, arrivés tardivement, manquaient de développement La touche d’humour présente dans le livre a également été appréciée.

De leur côté, les graphismes ont été salués. Les sublimes pages de paysages et de rêves ont particulièrement plu. Un trait vif, une colorimétrie travaillée et un style bien à l’autrice. Le lettrage et le jeu de lumière et d’ombre a également marqué certains lecteurs. Cependant, tous les lecteurs se sont plaints d’une difficulté à reconnaître et distinguer les personnages, qui se ressemblaient trop. Cela a même provoqué un blocage pour une lectrice, qui n’a pas réussi à s’attacher aux personnages à cause de cela. Les genres des personnages étaient aussi difficiles à identifier. Certains ont trouvé quelques planches trop abstraites, les combats ont pu sembler un peu brouillons, il était parfois difficile de visualiser clairement ce qui se passait.

De manière générale, les lecteurs ont apprécié Stand Still Stay Silent malgré ses défauts, certains ont même beaucoup aimé mais quelques-uns demeurent déçus. Ils gardent néanmoins bon espoir pour la suite, maintenant que l’histoire est lancée.

Pour aller plus loin :

  • Stand Still Stay Silent, tomes 2 et 3 : les Livraddictiens ayant lu la suite soutiennent qu’elle est meilleure que ce premier tome, mieux rythmée notamment. Ils soulignent même une lecture addictive par la suite.
  • Un rêve de renard de Minna Sundberg : un roman graphique de 600 pages par la même autrice, contenant une plus forte inspiration de la mythologie nordique et de la nature. Le graphisme serait encore plus travaillé que Stand Still Stay Silent. Le roman graphique est un coup de cœur pour l’un de nos lecteurs et une très bonne lecture pour une autre.
  • Penss et les plis du monde de Jérémie Moreau : les grandes pages paysages de Stand Still Stay Silent ont fait pensé au travail graphique de Jérémie Moreau, dont ce roman graphique, chaudement recommandé.
  • La saga de grimr de Jérémie Moreau : toujours pour les paysages, roman graphique qui se passe en Islande, chaudement recommandé.
  • Jamais avant le coucher du soleil de Johanna Sinisalo : roman finlandais qui reprend la thématique du troll.
  • Odd et les géants de glace de Neil Gaiman : Un roman jeunesse sous forme de conte, se déroulant dans un pays nordique.
  • Le kalevala de Elias Lönnrot : classique de la littérature finlandaise, poésie en octosyllabes, recommandé par un lecteur.

Les participant(e)s : Ichmagbücher, Lullypop, Coper, Amarüel, Olive-oued, Liam Azerio, Wyndirella, Cendre, Emmani, Julie27, BBetty, Shape Fleur, Alhena.

Et surtout merci à Emmani pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Livraddict – Quelqu’un m’attend derrière la neige de Thimothée de Fombelle

Book Club Graphique – Janvier 2021

Book Club Livraddict – Quelqu’un m’attend derrière la neige de Thimothée de Fombelle pour le thème Album

Compte-rendu par Coper

Un « conte » de Noël à contre-courant.

Les avis sont très partagés concernant cette lecture lu dans le cadre d’un Book Club graphique spécial fêtes / hiver. Certains ont beaucoup aimés quand d’autres sont « passés à côté ».

Le format, plutôt petit, a plu à la majorité des participants, deux personnes ont été surprises du petit format du livre, l’une d’elle aurait préféré un format plus grand de type « album » pour mieux se projeter dans les dessins. 

Les avis sont quasi unanimes concernant le graphisme : les dessins sont très beaux, l’effet flouté est très réussi et sert bien l’histoire, les couleurs pastels sont douces et chatoyantes, tout cela colle bien avec l’ambiance douce-triste et hivernale souhaitée. Cependant, les avis sont aussi unanimes pour dire qu’il n’y a pas de magie de Noël au sens merveilleux dans ce livre. L’esprit de Noël se ressent de manière subtile, dans les thématiques abordées (la solidarité, la compassion…) et sur la fin, dans le hasard des rencontres, la coïncidence de « cette » rencontre le jour de Noël. Ce n’est pas un conte sirupeux comme on peut en avoir l’habitude en cette période.

Les sujets principaux évoqués dans cette histoire : la solitude, l’isolement, l’immigration, la clandestinité et la mort ont surpris beaucoup de lecteurs qui ne s’attendait pas ces thèmes-là dans cette histoire courte destinée, a priori, à un jeune public. La majorité des lecteurs ont apprécié leur lecture mais sans attachement pour les personnages malgré tout l’aspect dramatique qui les entoure. Le récit est trop court pour créer une réelle et forte empathie pour les protagonistes. Néanmoins, l’hirondelle a suscité un peu plus d’empathie que les humains par le courage dont elle fait preuve. Elle apporte une vraie touche poétique au récit, une sensibilité bienvenue. Un participant a trouvé qu’il y avait trop de surenchère de drames et de tristesse, du début à la fin.

Quelques lecteurs du Book Club s’accordent pour dire que ce n’est pas une lecture facile pour les enfants jeunes du fait des sujets difficiles abordés. Un participant pense que cette lecture conviendrait bien pour des ateliers thématiques en médiathèque afin de bien expliquer l’histoire et parler des différents sujets abordés.

Pour aller plus loin, les auteurs : 

Pour aller plus loin, les thèmes, sujets, graphisme : 

Participants : Ichmagbücher, Bookwormette, colittlebird, Shape Fleur, Liam AzerioChrisbookine, missmarple060, Cendre, Freyja, Coper

Et surtout merci à Coper pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club de Noël Livraddict – Une seconde avant Noël de Romain Sardou

Book Club – Décembre 2020

Book Club Livraddict – Une seconde avant Noël de Romain Sardou pour le thème « Noël »

Compte-rendu par Coper

Un conte de noël… oui mais pour adulte !

Les participants sont plutôt d’accord pour dire que ce conte s’adresse aux adultes, trop triste et mélancolique pour les enfants malgré toute la magie qui s’y trouve. 

Le récit est découpé en deux grandes parties. 

La première partie est très triste et mélancolique, ancrée dans la réalité, cette ambiance Dickensienne a été perturbante pour certains, d’autres, au contraire l’ont trouvé bien réalisé et annonciatrice d’un contexte fort et très visuel. 

Un participant a étudié plus finement l’étymologie de la ville dans laquelle évolue les personnages, voici sa trouvaille : c’est « une ville industrielle imaginaire, du nom horrible de « Cokecuttle »: de coke, le charbon ([…] les anciennes cités minières…), et de cuttle, […] c’est une seiche ! mollusque connu pour éjecter une encore noire visqueuse en système de défense. Romain Sardou a donc situé son histoire, en première partie du moins, dans un monde plus noir que noir, gluant, sinistre […] ». 

Un participant a abandonné sa lecture à cause de cette ambiance très morose (les avis lui ont donné cependant envie de poursuivre un peu).

La seconde partie démarre sur épisode majeur de l’histoire qui marque un tournant et clos la première partie, tous les participants ont perçu ce moment charnière.  Cette partie, bien que plus « magique » reste malgré tout toujours mélancolique mais a été, contrairement à la première partie, appréciée de tous dans sa globalité notamment les références aux traditions et leurs explications qui peuvent donner des idées aux adultes pour répondre « enfin » aux questions des enfants concernant le père-noël, les lutins, etc…

Les personnages ont été apprécié notamment Harold, Le Falou, le Lord, les lutins, etc… mais sans réel attachement. Certains participants ont « remercié » M. Sardou d’avoir donné un vrai rôle à Saint Nicolas (souvent oublié dans les contes…) mais aussi au Père Fouettard ! L’auteur n’a oublié personne. Les participants sont d’accord pour dire que les adultes « réels », dans ce récit, ne sont pas des plus sympathiques… ils exacerbent ce sentiment de malheur qui s’acharne sur Harold. Mais heureusement, Le Falou et le Lord redorent (un peu) le blason des « grands ».

Concernant la narration, les participants ont noté diverses choses. Rappelons que Romain Sardou écrit plutôt des thrillers, certains ont retrouvé sa patte d’écriture ciselé et tranchante dans ce récit mais pour plus de magie que de sang ! Romain Sardou interpelle le lecteur dans son texte, beaucoup ont apprécié cette spécificité mais certains n’ont pas apprécié cette immersion de l’auteur, faisant décrocher le lecteur de l’histoire.  Les titres de chapitres sont amusants et originaux, l’idée est saluée par de nombreux participants. 

Quelques bémols parsèment le scénario et notamment la fin mais n’entravent pas l’avis général et la recommandation de lecture… pour adultes uniquement !

Pour aller plus loin en littérature de Noel, ambiance similaire et/ou de l’auteur :

Romances de Noel recommandées :

Dessins animés, films :

Les participant(e)s : Riz-Deux-ZzZ, lekoalaquilit, auchat, Coper, Julie27, Gaelloute, domi_troizarsouilles, BBetty, MarionLit, La3ti, Livresovore, Cendre, cerisia, MahaultMots, Jessika, Grominou,

Et surtout merci à Coper pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Livraddict – Anne : La Maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery

Book Club – Décembre 2020

Book Club Livraddict – Anne : La Maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery pour le thème
« Classique jeunesse »

Compte-rendu par Emmani

Pour le bookclub de décembre sur le thème « Classique Jeunesse », les membres du forum ont choisi de lire Anne de Green Gable aussi intitulé Anne et la maison aux pignons verts (entre autres), écrit par Lucy Maud Montgomery et récemment réédité aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

La majorité des participants a trouvé qu’Anne était le point fort du roman. Son authenticité, sa joie de vivre, son insouciance et ses rêveries incessantes sont touchantes. Beaucoup se sont sentis très proches d’elle. Elle rappelle l’enfance, le moment où chacun rêvait d’aventures romanesques. Anne va si loin dans ses rêveries qu’elle nous fait rire, c’est un véritable rayon de soleil. Néanmoins, elle peut être un peu agaçante par moment notamment de par sa vanité, ou encore son entêtement. Mais cela ne l’a pas empêchée de conquérir la plupart des lecteurs. Pour autant, certains ont pu être exaspérés par cette manie d’Anne de raconter à tort et à travers tout ce qu’elle voit et imagine. Elle est alors devenue à la limite du supportable, car ce trait de caractère est poussé à l’extrême chez elle.

Matthew, son père adoptif, est un personnage très doux. Il est très discret, mais il occupe pourtant une place immense dans le cœur d’Anne. On s’attache peu à peu à lui, sans même s’en rendre compte. Marilla quant à elle a le mauvais rôle : c’est elle qui est chargée d’éduquer Anne. Elle peut paraître dure et froide, mais elle a un grand cœur. C’est touchant de la voir s’ouvrir peu à peu à Anne. Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas pour autant délaissés et ont tous un petit quelque chose d’attachant.

Le décor est très réussi, que ce soit Avonlea ou Green Gables. Pour ceux qui ont accroché à l’histoire, c’est un peu comme si Avonlea devenait notre foyer, notre refuge : comme si on revenait à la maison à chaque fois qu’on rouvrait le livre. Tout le monde a fait remarquer que les descriptions étaient très jolies, poétiques et visuelles : il est facile de se représenter ce cadre idyllique. L’autrice donne vie à ses paysages et donne envie d’aller vivre sur l’Île-du-Prince-Edouard.

L’histoire n’a rien d’exaltante, on suit la vie quotidienne d’Anne, tout simplement. Il n’y a pas de suspens, le roman est à la base destiné à un lectorat jeune alors un lecteur habitué voit les fils se tisser et prévoit très facilement la fin. L’intrigue est composée de chapitres épisodiques qui racontent un moment de la vie d’Anne, en général une bêtise ou une anecdote. Le rythme est lent, tout le monde est d’accord là-dessus. Certains ont souffert de ce manque de rythme jusqu’à s’ennuyer et n’avoir pas particulièrement envie de reprendre le livre. D’autres ont apprécié cette lenteur, toutefois rythmée par les saisons qui passent et Anne qui grandit. Pour eux, c’est une lecture qui ne se dévore pas c’est sûr, mais se savoure à petit feu, sans que cela soit une mauvaise chose.

La majorité a été embarquée par l’histoire et les aventures d’Anne. Le livre apparait alors comme une petite bulle de bonheur, vous lisez 2/3 chapitres et cela suffit à ensoleiller votre journée. Il est clair qu’il ne faut pas entrer dans le livre en s’attendant à y voir de l’action, l’intrigue est contemplative, pleine de bons sentiments et de douceur, peut-être trop bisounours pour certains. Elle est cependant très drôle, touchante et émouvante.

Le ton est doux, il y a une touche d’humour, de tendresse, d’émotion et une légère nostalgie, on rit comme on pleure. C’est un récit qui fait du bien, qui nous apaise et nous console. On a l’impression d’un message de bienveillance et de tolérance. Néanmoins, le ton est très daté : on est au Canada, au début des années 1900, une période conservatrice, ce que l’on voit notamment à travers les adultes. Anne reste un personnage somme-toute moderne par rapport à son époque : c’est une petite fille très active qui n’a pas sa langue dans sa poche, fait très peu pardonné à l’époque. Nous avons apprécié que l’éducation soit mixte qu’Anne ait de l’ambition et jouisse d’une liberté. Le texte reste patriarcal, à cause de son contexte : il faut être une bonne fille convenable, s’occuper de la maison etc. Il y a également un ton moralisateur, empreint de références et citations diverses : il faut prier, ne pas avoir de pensées méchantes etc. Le tout reste bienveillant, et l’autrice semble encourager l’imagination de l’enfant et l’ambition des femmes. Cet aspect daté et ce ton moralisateur a tantôt agacé, tantôt été excusé par les lecteurs, qui ont trouvé cela somme toute intéressant.

Le style était très fluide et facile, du fait de l’âge cible. En VO, la lecture est agréable, fluide et accessible. La traduction des Éditions Toussaint Louverture est plutôt moderne, ce qui n’est pas une mauvaise chose, ça adoucit un peu le côté vieillot de certaines idées. Pour ceux qui ont lu les autres traductions, celle d’Hélène Charrier a été plus fluide que celle d’Henri-Dominique Paratte.

Une majorité des lecteurs a beaucoup apprécié cette lecture. Anne de Green Gable est une lecture fraîche, douce, qui fait du bien, en plus d’être une belle ode à l’imagination.

Pour aller plus loin, les livraddictiens recommandent :

  • Anne with an E, adaptation en série sur Netflix : l’histoire d’Anne y est très modernisée, pour ceux qui ont été gêné par le contexte daté et la série est plus sombre que le livre, moins enfantine.
  • Le bonheur au bout du chemin, adaptation en téléfilm dans les années 80 : Les deux premiers films suivent fidèlement les premiers tomes de la saga, le troisième dénature le livre en une adaptation très très libre.
  • La bibliothèque des citrons de Jo Cotteril : une lecture jeunesse émouvante qui aborde pleins de sujets. L’héroïne se voit en Anne et le livre est truffé de références à Anne de Green Gable.
  • Le bruissement du papier et des désirs, Sarah Mccoy : raconte la vie des Cuthbert avant Anne
  • Les malheurs de Sophie, Un bon petit diable, L’auberge de l’ange gardien de la Comtesse de Ségur
  • Heidi de Johanna Spyri
  • Les Quatre filles du Dr March de Louisa May Alcott
  • Before Green Gables de Budge Wilson : là aussi, la vie des Cuthbert avant Anne, non traduit
  • Le renard et l’enfant (film)
  • Les chroniques de Narnia de C.S Lewis

Les participant(e)s : Vinushka, Aryia, Mypianocanta, Livresovore, missmarple060, Natalee Book’nGeek, colittlebird, Emmani, MarionLit, Freyja, Hlne0605, florence71, DODOLECTURE, Tatti, angel23, Julie27, atick, dusoirenete, domi_troizarsouilles

Et surtout merci à Emmani pour la rédaction du compte-rendu !