La rivière Perdue de Michael Koryta

Bon, bon, bon…
La perplexité m’envahit…
Je viens de finir ce roman et je suis franchement déçu !

Pourtant, tout avait bien commencé.
Les premières pages avaient réussi à me convaincre et les mots de l’auteur, à me transporter dans les méandres torturés de l’esprit d’Eric Shaw. Et ce n’est rien de le dire !
Eric Shaw est un raté… du moins, se perçoit-il comme tel. Au seuil d’une gloire prometteuse, il a perdu toute crédibilité dans l’univers du cinéma, malgré un diplôme obtenu une douzaine d’années plus tôt.
Depuis, c’est la léthargie professionnelle.
Alors de temps en temps, puisqu’il faut bien payer le loyer, Eric réalise de petits montages vidéos pour les familles qui le lui demandent et sa spécialité, ce sont les vidéos souvenirs, destinés aux proches des personnes récemment disparues.
C’est dans ce but qu’Alyssa Bradford contacte Eric. Son beau-père vit ses derniers instants et elle aimerait qu’il réalise une vidéo souvenir de l’homme qu’il était au fait de sa puissance, lorsqu’il avait la santé. Alyssa sait qu’il a du talent pour rendre la vie aux défunts, tout du moins en image.

Afin de réaliser un documentaire aussi réaliste que possible, Alyssa désire qu’Eric visite le village natal de son beau-père, French Lick. Elle lui remet aussi le seul objet, d’après elle, que son beau-père ait conservé de son enfance, une petite bouteille de couleur verte content de l’eau minérale: l’eau de Pluton, une eau guérisseuse et salvatrice, selon les dires. La bouteille ne sort pas d’un réfrigérateur mais, chose étrange, elle est incroyablement froide. Et plus les jours passent, plus le liquide et le verre se refroidissent.

Hésitant mais curieux, Eric en boit quelques gouttes, ignorant la terrible menace qu’il vient de déclencher.

S’en suivent pas moins de 400 pages qui m’ont paru en être 800 !

Certes, l’histoire est intéressante et originale. Et, il faut l’avouer, le roman dispose de pas mal de scènes d’action et de suspense qui sont prenantes. L’ennui, c’est qu’entre ces scènes ou à l’intérieur même de celles-ci, le lecteur est forcé de lire des passages soporifiques et hypnotiques, qui m’ont laissé l’amère sensation de n’avoir été écrit que pour gonfler l’épaisseur du bouquin !

Et là je dis STOP !
Sus à l’épaisseur artificielle ! ^^

Bon, sans doute l’auteur a-t-il trouvé intéressant de nous rabattre le chou avec des détails (qui n’ont peut-être pas l’apparence de détails pour lui) dont on se serait pourtant bien passés.
Enfin, soyons francs, ces détails nous aident tout de même à nous approprier le personnage principal: Eric Shaw. Car oui ! Sans conteste, on s’intéresse et on est conquis par cet homme, accablé par son échec professionnel et personnel. Mais derrière les traits de caractère des protagonistes, il y a une histoire qui se veut latente et qui ne décolle jamais.

—> 426 pages de platitude et de monotonie.

Ajoutons à ça, si c’était encore nécessaire, que le personnage d’Eric Shaw est le seul à être aussi profondément abordé et travaillé. Oh ! Il y a bien aussi celui d’Anne McKinney, une vieille veuve devenue la météorologiste par substitution de la région, qui est traité avec un peu d’intensité, mais en ce qui concerne le reste du casting, on a cette désagréable impression de toujours frôler la carapace sans jamais parvenir à en trouver la moindre faille par laquelle s’engouffrer pour enfin ressentir quelque chose.

Quant à la fin du roman… Euh… Si quelqu’un l’a comprise, je lui demande de me l’expliquer dft009
Je n’ai pas l’intention de spoiler, mais enfin… Les choses se sont terminées d’une certaine manière, sans que je n’aie compris pourquoi, ni comment.
La dernière action d’Eric Shaw me laissait la perscpective ou l’espoir de quelque chose de fort, d’un final grandiose, d’une révélation puissante, d’une belle claque ! Et… RIEN !

Frustration… Frustration… Frustration… Ah ! Déception aussi (je l’avais déjà dit, non ?)

Bref !
Un bon fond mais une exploitation bancale, ce qui est assez dommage puisque je m’étais tout de même accordé quelques moments de plaisir en lisant certains passages.

Je remercie malgré tout Livraddict, pour ce tout premier partenariat avec le forum et les éditions Calmann-Lévy, qui m’ont permis de sortir un peu de mes lectures jeunesse avec ce roman de Michael Koryta.

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