Dimension URSS par Patrice Lajoye

Quatrième de Couverture

La SF Soviétique, longtemps après l’effondrement de l’URSS, est en passe d’être définitivement enterrée dans la mémoire des amateurs occidentaux. Seul le nom des Strougatski subsiste encore. Il fallait donc effectuer un petit voyage temporel, voir ce qu’elle a été réellement, au-delà les intentions idéologiques et historiques. On ne trouvera pas dans DIMENSION URSS de luttes contre les extraterrestres, ni de grands conflits spatiaux. Mais vous aurez la possibilité d’assister à la création de la femme idéale ( Pygmalion), ou de tester sans le savoir son homologue masculin (Un Cheechako dans le désert). Vous pourrez visiter l’esprit de l’être aimé (Une dernière histoire de télépathie), mais il faudra faire vite, car la fin du monde approche! Les savants fous menacent d’éliminer l’atmosphère terrestre (Au-dessus du néant) ou de balancer des missiles à la légère (20 milliards d’années après la fin du monde). Pensez alors à gagner votre abri qui vous aidera à traverser les siècles (L’éveil du professeur Berne).


Lecture et Chronique effectuée dans le cadre d’un joli partenariat

Présentation

Suite aux contacts que Jess a pris soin de prendre auprès de maisons d’éditions dans le cadre de Livraddict, « Rivière Blanche » fut l’une des toute premiere à répondre présente. Ce qui m’a permis ces jours derniers de faire à la fois la découverte d’un éditeur que je n’avais encore jamais lu et d’une Science-Fiction Soviétique qu’il faut bien l’avouer je ne connaissais pas non plus. Voyons donc dans le détail de quoi se compose cette anthologie :

La Terre – Scènes des temps futurs

Valeri Iakovlevitch Brioussov (13/12/1873 – 09/10/1924)

Pièce de théâtre datant de 1902, ou l’auteur dépeint une humanité réduite à 3 millions d’hommes suite à un cataclysme dont rien ne sera révélé. Réfugiés dans une immense cité souterraine ou la technologie des anciens hommes, qui maintient jusqu’à présent la vie possible en ces lieux commence à montrer des signes de faiblesse… Daté mais avec un charme indéniable. L’occasion étant trop belle de faire coïncider Théâtre et Science-Fiction !

Au dessus du néant

Alexandre Romanovitch Beliaev (08/03/1884 – 06/01/1942)

Une nouvelle de 1927 qui met en scène un savant aux talents indéniables, et un jeune curieux qui va apprendre bien malgré lui, qu’espionner son prochain peut parfois se révéler dangereux. Un des textes que j’ai sans doute le moins apprécié de toute cette anthologie. Les ficelles sont un peu grosses et l’humour ne rattrape pas tout.

L’éveil du professeur Berne

Vladimir Savtchenko (08/03/1884 – 06/01/1942)

Une nouvelle de 1956 qui met à nouveau en scène un savant. Cette fois persuadé que l’apocalypse nucléaire prochain détruira l’humanité, celui ci se plonge en hibernation dans un repaire du désert de Gobi pour s’éveiller 18 Millénaires plus tard et assister après une nouvelle ère glaciaire à la renaissance d’une nouvelle humanité issue du primate. Classique mais plaisante, à la frontière entre SF et Aventure, avec un grand A !

L’astronaute

Valentina Nikolayevna Zhuravleva (17/07/1933 – 12/03/2004)

Cette fois avec cette nouvelle de 1960 nous mettons le cap sur les étoiles ! Une expédition scientifique fait route vers l’étoile de Bernard à plus de 7 ans de distance de la Terre lorsque… Une nouvelle classique ou la bravoure et le culte du héros l’emportent sur la valeur littéraire et la trame narrative. Sans doute dispensable…

Sur un sentier poudreux

Dmitri Bilenkine (22/09/1933 – 28/07/1987)

Voici une nouvelle de 1966 assez peu commune. Sous le prétexte d’une promenade en forêt on y vois un Cosmonaute, héros du Peuple Soviétique y faire une terrible erreur de jugement. Une nouvelle très courte, qui si elle n’apporte rien au bagage Science-Fictif en est tout de même remarquable par ces implications politiques.

Le pré

Karen A. Simonian

A nouveau une courte nouvelle, datant de 1968, et qui voit une grand mère expliquée à son petit fils né à bord d’un astronef, la beauté de la terre d’antan. Le parallèle avec le pré maintenu au sein de l’astronef et l’incompréhension de l’enfant sont assez touchants.

Une dernière histoire de télépathie

Roman Podolny
Datée de 1976 cette nouvelle sans grand intérêt présente une petite expérience de Télépathie dans un Trolley entre un jeune homme et la jeune femme qu’il observe depuis quelques semaines déjà. Aussi vite lue qu’oubliée. Sans aucun doute la nouvelle qui m’a fait le moins d’effet de toute cette anthologie.

Quels drôles d’arbres

Viktor Koloupaev

Parue en 1975, cette nouvelle nous amène à la découverte d’un monde inconnu et qu’explorent un homme et ces trois enfants tant depuis leur vaisseau en orbite qu’au sein de sa surface. Ou ils vont bientôt avoir le loisir d’observer de drôles d’arbres. D’intéressantes métaphores que je vous laisse le plaisir de découvrir par vous même.

Pygmalion

Vladimir Drozd

En 1984 cet auteur Soviétique donne au mythe de Pygmalion une nouvelle dimension. Après Ovide, Rousseau, Shaw et Balzac, voici venu le Pygmalion des étoiles… Une nouvelle mélancolique et fortement teintée de poésie. Une brillante réussite qui fait honneur à cette anthologie. On pourra dès lors déplorer qu’il ne s’agisse là que du seul texte Science-Fictif de l’aueur.

Un Cheechako dans le désert

Kir Bulychev (18/10/1934 – 05/09/2003)

L’auteur de la série Alice (le seul de l’anthologie que je connaisse déjà), rédigea cette nouvelle en 1981. On y croisera deux chercheurs esseulés dans le désert d’un planète hostile, se retrouvant par la force des choses a partager quelques instants d’intimité lors d’une tempête de sable. Une nouvelle d’une facture des plus classique, oeuvre d’un artisan consciencieux.

La station intermédiaire

Valentina Soloviova

A cheval entre Fantastique et Science-fiction cette nouvelle de 1984 met en scène une jeune femme décidant pour son anniversaire de s’autoriser un acte idiot. Elle sera particulièrement exaucée en descendant à la mystérieuse station « Kilomètre 33 ». Suréaliste, mêlant l’absurde à de jolies trouvailles, un texte d’une grande qualité.

La Toute dernière guerre au monde

Vladimir Pokrovski
1984, alors que l’heure est au accords désarmements, l’auteur rédige cette nouvelle ou, un beau jour, les bombes s’émancipent, prennent vie et décident d’empêcher leur mise au rebut en créant rien de moins qu’une république des bombes. Une nouvelle fort bien maniée qui vingt ans après la sortie du « Dr Folamour » lui répond comme un écho…

20 Milliards d’années après la fin du monde

Pavel Amnouel

Une nouvelle de 1984 qui commence par une alerte généarle du NORAD et se poursuit en faisant un habile parallèle entre l’univers et l’humanité. L’un en perdition, l’autre au bord de l’annihilation nucléaire. Nouvelle forme d’un plaidoyer Soviétique contre la course aux armements et la peur d’un apocalypse à venir. Une nouvelle forte transcrivant avec talent la pensée d’un peuple qui se pose en définitif les mêmes questions que les nôtres.

Le Saule épanché et le roseau tremblant

Karen A. Simonian
Il va m’être difficile de résumer cette seconde nouvelle de l’auteur publiée elle en 1986, tant j’avoue être totalement passée à côté. Elle ne me laissera aucun souvenir marquant, si ce n’est celui d’un texte délicat à appréhender.

A la suite de ces oeuvres, l’anthologiste nous donne dans une postface une vision forcément trop courte de cette « quatrième vague » de la SF Soviétique, avant de nous livrer comme un dernier regard, quelques illustrations d’un magazine Soviétique technique du Komsomol qui publiai régulièrement de la Science-Fiction. On ressort de cette lecture avec l’impression d’avoir fait de belles découvertes. Toutes ne sont pas de la même portée, mais nul doute que le lecteur, en refermant l’ouvrage aura l’impression d’avoir fait un beau voyage et d’en avoir appris un peu plus sur cette Science-Fiction encore trop mal connue et résolument différente de ces consoeurs occidentales.

L’ouvrage n’est pas exempt de petits défauts, petits certes mais récurrents, qu’une sérieuse relecture éditoriale aurait pu gommer sans grand peine semble t’il. Ici ou là la traduction semble un peu empesée, mais rien qui ne soit préjudiciable outre mesure. Comme c’est toujours le cas dans ce genre d’exercice périlleux quelques textes vous toucherons moins que d’autres, mais il faut avouer que c’est là une belle réussite sur un sujet qu’il n’était pas facile d’aborder. Si la plupart des textes sont issues des années 60 à 80, quelques textes plus anciens mettent en évidence ‘l’évolution de style. Un ouvrage que je recommande tout particulièrement à tous les amoureux de la SF et à tous les petits curieux. Un excellent moyen de s’éloigner le temps de quelques heures de ces Science-Fiction Américaines et Britanniques si connues par chez nous, pour s’ouvrir sous la plume d’un anthologiste qui connait son sujet, à d’autre horizons de ce genre que nous chérissons.

Avis aux amateurs : Rivière Blanche semble préparer en outre un volume intitulé « Dimension Russie ». Pour l’heure je vais adresser ce volume reçu par l’éditeur à l’un de mes collègue Bloggueur histoire de répandre la bonne parole. Pour un premier contact avec cette maison d’édition je dois avouer que pour ma part je suis plutôt séduit. On devrait donc reparler de « Rivière Blanche » au sein du Quadrant Alpha dans les mois à venir.

Traqueur Stellaire, Cafard Cosmique, Librairie Critique

Edition : Rivière Blanche

Collection : Fusée
Parution : Mars 2009
Auteur : Patrice Lajoye
Pages : 300
ISBN :
1934543705
Prix Indicatif :

20,00 Euros

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.