« Marie qui louche » de Georges Simenon

Je remercie les éditions Le Livre de Poche de m’avoir transmis Marie qui louche.

La Quatrième de couverture :

« -Tu dors ? Sylvie ne répondit pas, n’eut pas un frémissement. Elle respira seulement un peu fort, pour donner le change, mais il n’y avait pas beaucoup d’espoir que la Marie s’y laissât prendre. -Je sais que tu ne dors pas. La voix de Marie était calme, monotone, vaguement plaintive, comme la voix de certaines femmes qui ont eu des malheurs. -Tu le fais exprès de ne pas dormir, continuait-elle dans l’obscurité de la chambre. »

Mon avis :

Avec Marie qui louche, Georges Simenon nous livre un récit en deux temps. C’est d’abord la jeunesse des deux amies qui nous est donnée à voir dans une première partie qui met en place leur curieuse relation. Marie n’est pas jolie, pas très fine, parfois trop directe, mais elle est courageuse et dévouée, et au fond, pas si bête. Quant à Sylvie, plus séduisante et décidée, elle rêve de Paris et d’une vie meilleure. L’une s’endurcit, l’autre s’enhardit, et en dépit de leurs différences, elles se comprennent à demi-mot.

La vie les sépare, mais lorsqu’elles se retrouvent des années plus tard, elles n’ont pas changé. Sylvie reste ambitieuse et Marie droite et fidèle. Petit à petit, leur lien se reconstruira, à l’identique ou presque.

Marie qui louche est un récit touchant, qui confronte ces deux jeunes femmes à l’épreuve de la vie. Sa lecture est fluide, la langue est précise et ponctuée de dialogues qui sonnent étonnamment juste. Peu à peu, on se laisse entraîner par les mésaventures de ces filles si différentes, et tellement complémentaires, unie par un lien fort dont la troublante ambiguïté traverse les années et donne à l’histoire toute son ampleur. Une lecture agréable.

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