Mes seuls dieux d’Anjana Appachana

mes-seuls-dieuxQuatrième de couverture:

Merveilles d’inventions narratives, ces huit nouvelles entrelacent cruauté inconsciente et enchantement amoureux, songeries amères et tendres, conflits cocasses ou tragiques. De la fillette qui s’invente une vie sentimentale en lisant Jane Eyre quand sa soeur se marie, à celle qui porte une dévotion folle à sa mère, les situations se répondent ; si bien qu’on éprouve le sentiment d’être dans l’espace multiple et concerté du roman, au sein d’une famille de la bourgeoisie indienne.

Mon avis:

J’ai acheté ce livre pour le challenge sur l’Inde. Je dois avouer que j’ai d’abord été attirée par la couverture plutôt que par le résumé, n’y connaissant rien en littérature indienne. Et bien je dois dire que c’est une vraie découverte!

Ces huit nouvelles sont toutes différentes, de par les protagonistes bien sûr (une fillette, une mère, une étudiante, une jeune mariée…) mais aussi par les situations. Ce livre s’axe principalement sur les conditions de vie des femmes en Inde, leurs obligations, les rapports avec les hommes, la famille ou le travail. Les nouvelles sont pour la plupart rédigées à la première personne, ce qui rend les récits d’autant plus vivants. En plus du choc culturel, le contraste est saisissant entre ce que vivent ces femmes (principalement issues des castes aisées) et notre quotidien d’occidentales.

Les nouvelles ne sont pas toutes du même degré. Certaines sont assez « légères » (en comparaison avec les autres), notamment celle de Sharmaji: seul personnage masculin mis en avant dans ce recueil, on observe à travers lui le monde du travail en Inde, les problèmes de hiérarchie et d’ancienneté ainsi que la place des femmes dans ce monde d’hommes.

D’autres nouvelles sont plus tragiques. Avec Bahu, on suit la nouvelle vie d’une jeune mariée, ses espoirs et ses rêves détruits par les obligations envers sa belle-famille. En effet, lorsqu’une femme se marie en Inde, elle part vivre dans la famille de son mari, avec pour obligation de s’occuper de sa belle-famille, tout en laissant de côté la sienne. Une situation difficile à vivre pour cette jeune femme, avec un mari devant choisir entre elle et sa mère. Une autre nouvelle, Incantations, est encore plus dure: elle raconte, par les mots de la petite soeur, le viol de l’aînée la veille de son mariage par son futur beau-frère, ainsi que les mois de souffrance qui vont suivre. Cette question du viol est très importante en Inde, avec la victimisation, la honte et la mise à l’écart que cela engendre.

Un très bon recueil de nouvelles, qui nous font découvrir une Inde du point de vue des femmes, certes aisées, et cela ne peut que nous faire réfléchir sur nos propres situations en Occident. En un sens, cette différence de culture est tout simplement fascinante. En prime, un glossaire est présent à la fin du livre pour tous les mots spécifiques et les références sur la civilisation indienne.

Si l’Inde vous attire, surtout n’hésitez pas à lire ce livre!

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