La ferme des animaux de George Orwell

George Orwell
La ferme des animaux
Folio, 151 pages
Première parution : 1945

4e de couverture
Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Snowball et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement : « Tout ce qui est sur deux jambes est un ennemi. Tout ce qui est sur quatre jambes ou possède des ailes est un ami. Aucun animal ne portera de vêtements. Aucun animal ne dormira dans un lit. Aucun animal ne boira d’alcool. Aucun animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux. » Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : « Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d’autres.  »

Mon avis
D’Orwell je ne connaissais que le chef-d’œuvre 1984. Heureuse surprise, donc, de trouver dans les deux mini-challenges L@ auxquels je m’attaque cette année un autre roman de lui. Un Classique dans la catégorie Science-Fiction, voilà qui ne pouvait que m’intriguer. Heureuse surprise bis de trouver ce petit livre à la bibliothèque alors que j’y cherchais autre chose ! Cet opus m’a tellement étonnée que j’ai fini de le lire avant de m’en apercevoir !

L’idée de départ est effectivement classique : doter les animaux d’une ferme de la capacité à raisonner, à s’exprimer comme des humains. On se croirait presque chez La Fontaine ! Mais dès les premières pages, l’histoire prend son envol. Voilà des animaux qui se rassemblent, confèrent, votent et décident de prendre leur indépendance ! La suite appartient à la même veine que 1984, chronique d’un monde « idéal » dont seuls les habitants ne semblent pas se rendre compte de tout le totalitarisme.

Orwell a donc choisi, avant de s’attaquer à la peinture des travers humains, de les déguiser en animaux de ferme. Mais sous l’apparence comique, le sujet est grave et les tragédies s’empilent sans pitié. La conclusion n’est guère plus optimiste, voire intrigante : mais que vont faire ces animaux cruellement exploités après avoir compris combien ils étaient manipulés ? Toute ressemblance avec un certain régime apparu au début du XXe siècle sur les cendres d’un empire à cheval sur l’Europe et l’Asie n’est bien sûr pas fortuite.

Un ouvrage à approfondir : comment a-t-il été reçu lors de sa parution ? À l’époque certainement visionnaire, aujourd’hui, après coup, on constate que tout y est, de la genèse à la chute (ou presque). Même l’espèce choisie pour représenter l’oppresseur l’a certainement été à dessein – l’une des plus intelligentes, dont la compatibilité biologique avec l’homme est source de bien des interrogations.

Bref, un ouvrage qui éclaire d’une manière très originale une période pas si lointaine de notre Histoire contemporaine.

N° 6/26 pour le Challenge ABC2012, 35146 pour les baby-challenges Classiques et SF

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2 commentaires

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  1. J’avais vraiment apprécié cette lecture, le l’ai découverte au collège et ma professeur de français de l’époque nous avait fait découvrir tous les aspects de ce livre complexe

    1. J’aurais bien aimé l’avoir à lire au lycée, quand on étudiait l’histoire du XXe siècle ! Je me demande ce qu’Orwell aurait dit s’il avait vu la Perestroïka et la chute du mur de Berlin.