L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet de Reif Larsen

Tout d’abord je tiens à remercier les éditions « Le Livre de Poche » et Livraddict pour m’avoir permis de découvrir ce merveilleux livre dans le cadre de mon premier partenariat.

L’auteur:
Né en 1980, Reif Larsen vit à Brooklyn. Après avoir étudié à Brown University et suivit un master en « écriture » à la Columbia University, il devient enseignant. Également réalisateur, il a fait divers documentaires aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans le sud du Sahara. « L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet » est son premier roman.

Résumé:

T. S. Spivet est un jeune prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Un jour, le musée Smithsonian l’appelle : le très prestigieux prix Baird lui a été décerné et il est invité à venir faire un discours. À l’insu de tous, il décide alors de traverser les États-Unis dans un train de marchandises pour rejoindre Washington DC… Mais là-bas personne ne se doute qu’il n’est qu’un enfant. Muni d’un télescope, de quatre compas et des Mémoires de son arrière-arrière-grand-mère, T. S. entreprend un voyage initiatique qui lui permettra peut-être enfin de comprendre comment marche le monde… Notes, cartes et dessins se mêlent au récit avec un humour et une fantaisie irrésistibles.

« J’ai été ébloui par le talent de Reif Larsen… entre Mark Twain, Thomas Pynchon, et Little Miss Sunshine… ce livre est un trésor… » Stephen King.

Mon avis:
L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet ou plutôt « l’extravagant livre du jeune et prodigieux Reif Larsen » est un véritable coup de cœur !

L’objet en lui même m’a fait forte impression par le choix du format, son épaisseur, sa belle couverture, la couleur de l’impression (sépia), le travail de la typographie et surtout les notes et illustrations qui ponctuent le récit.

Ce livre nous raconte le fabuleux voyage de Tecumseh Sansonnet Spivet (T.S.), jeune garçon de 12 ans passionné de cartographie, à travers les États-Unis. Il vit au ranch Coppertop, près de Butte dans le Montana, en compagnie de sa mère le Dr Clair, son père et sa sœur Gracie. Suite à un coup de téléphone du Smithsonian (célèbre musée à Washington DC) lui annonçant qu’il a remporté le prestigieux prix Baird pour ses travaux d’illustration et de cartographie, T.S entreprend un long voyage seul et à l’insu de sa famille, à bord d’un train de marchandises.

Entre le carnet de voyage et le journal intime, ce roman initiatique est richement illustré par notre jeune héros. Pour lui, la cartographie n’est pas uniquement l’art de la représentation géographique, mais avant tout l’art de donner un sens au monde. Croquis zoologiques, géographiques, schémas « de gens en train de faire des choses », observations de la vie de tous les jours, sont argumentés de notes et peuplent les marges de ce livre. Les illustrations sont drôles et insolites, précisent certains points du récit et en apportent d’autres. Si cela est un peu déroutant au début, cette gymnastique entre le récit principal et les marges se fait toute seule au bout de quelques pages. Vous n’avez qu’à suivre les flèches !

Les thèmes abordés dans ce livre sont nombreux. Il y a bien sûr les sciences (au XXIe siècle, mais également au XIXe siècle que l’on découvre à travers les mémoires de son arrière-arrière grand-mère), mais aussi la vie dans un ranch, les relations familiales, l’enfance, le passage à l’âge adulte, la mort… et beaucoup d’autres.

Les Spivet ne sont pas vraiment ce que l’on appelle une famille ordinaire. Un père rancher, passionné de western (un vrai cowboy) ; une mère scientifique, noyée dans ses recherches sur un insecte qui n’existe sans doute pas (ses enfants ne l’appellent jamais maman mais Dr Clair) et une grande sœur, célèbre pour ses crises « anti-abrutis » et sa passion pour la pop-musique. Depuis la mort accidentelle du plus jeune frère, Layton, chacun vit reclus dans son propre monde.

T.S. quand à lui est l’un des personnages les plus attachants dont j’ai croisé la route. Ce formidable jeune garçon fait preuve d’un immense courage pour partir seul à l’aventure à travers tout le pays. On s’émerveille avec lui, avec son regard d’enfant sa sensibilité et sa curiosité insatiable. Il est très seul, a peu d’amis et s’invente des dialogues avec les objets et les animaux qui l’entourent. Il aborde la disparition et les souvenirs de son frère de manière simple et terriblement touchante. Et malgré toutes ces difficultés traversées, T.S. reste optimiste, et ne se plaint jamais. Très adulte sur le plan scientifique, mais enfant sur le plan affectif, T.S. est un personnage à part qui m’a profondément émue.

J’ai adoré le style et le ton employé par Reif Larsen. L’humour est tout en finesse, les descriptions et images sont très belles et poétiques. Aucun sens n’est délaissé, les mots se savourent, le langage des odeurs et des sons est très recherché. Je pense tout particulièrement à sa description du bruit d’un train en approche, comparé à l’harmonie des ingrédients constituant un sandwich.

Pour conclure:
Le premier roman de Reif Larsen m’a fascinée. Le travail de documentation a dû être énorme pour mener à bien ce projet, il en est de même pour le travail d’illustration qu’il a réalisé avec deux autres illustrateurs. Je me suis surprise moi aussi à rechercher des lieux sur des cartes : la ville de Butte, le fameux lac « couleur aubergine », le Smithsonian, le trajet de T.S… quel voyage ! Un magnifique premier roman pour cet auteur, je serai au rendez-vous pour le suivant !

Extrait de la description du bruit du train en approche :
« Au fur et à mesure que le bruit s’amplifiait, j’ai commencé à dissocier ses différents composants. Il y avait d’abord une vibration profonde, presque imperceptible du sol (n°1), sur laquelle se superposaient, unis dans une alchimie parfaite comme les ingrédients d’un délicieux sandwich, le clacketyclack des roues contre les soudures des rails (n°2), le ronronnement bweurra-bweurra des turbines du moteur Diésel (n°3) et l’irrégulier licka-tim-tam des attelages (n°4). Et à tout cela s’ajoutait un frémissement métallique strident, envahissant, semblable au bruit de deux cymbales frottées très vite l’une contre l’autre (n°5), hizzleshimsizzleshim-hizzle-himslizzlelim, fruit du contact tressaillant, sans cesse rompu et renouvelé, révisé et ajusté, du train contre les rails et des rails contre le train. Tous ces sons s’amalgamaient parfaitement pour former celui d’un train à l’approche, lequel constituait l’un des rares sons élémentaires existant sur cette Terre (parmi peut-être une dizaine d’autres). »

Pour aller plus loin:
« Le livre de Poche » propose sur son site le premier chapitre du livre.

Le site officiel du livre (en anglais).

Rejoindre la conversation

2 commentaires

Répondre à stellade Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.