Les vies de papier de Rabih Alameddine

Aaliya, Libanaise de 72 printemps, a pris l’habitude depuis 50 ans d’accomplir un rituel sacré : tous les 1er de l’an, elle entame la traduction d’un roman selon des règles bien précises. De nature solitaire, elle a toujours refusé les carcans de la société libanaise et vit hors des conventions : pour preuve, elle a les cheveux bleus, pas de mari et se tient à l’écart de sa famille. Depuis des années, elle se réfugie dans la littérature et la musique qui inondent son appartement et creusent l’écart avec les personnes incultes qui l’entourent. Il faut avouer qu’entre le siège de Beyrouth par les Israéliens en 1982 et son ancien mari, elle n’a pas eu la vie facile et a tenu le coup grâce à ses exutoires.

Étant une amoureuse de la lecture et une ancienne libraire, Aaliya nous offre un point de vue intéressant sur la psychologie des romans, la recherche de causalité, ses plaisirs de lecture ou ce que l’on retient d’un livre. Elle nous parle aussi de sa mère qui l’effraie ou de sa meilleure amie Hannah dont elle tente de disséquer le caractère par le biais de romans. Ses souvenirs nous parviennent pêle-mêle entre la guerre, son enfance, sa vie de jeunes mariée et son quotidien ; il n’y a pas de réelle intrigue et c’est bien dommage. Quant au style littéraire, il se compose de belles phrases qui donnent envie de tout noter sur des petits carnets pour en garder la trace : des citations, des livres, des phrases … Une profusion de références littéraires. C’est peut être justement ce que je lui reproche : un étalage de connaissances qui surviennent à tout va et en réduisent les effets bénéfiques. En revanche, j’ai aimé les apostrophes qu’elle adresse directement au lecteur et ses réflexions livresques, qui devraient plaire aux bibliophiles.

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