La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

jeune fille à la perleLa jeune fille à la perle
Titre VO : Girl with a pearl earring
Auteure : Tracy Chevalier
Genre : Historique/Drame
Date de parution : 1999

L’HISTOIRE :

Griet, 16 ans, vit dans la cité hollandaise de Delft au XVIIe siècle. Issue d’une famille modeste soudain frappée par la pauvreté, elle doit s’engager comme servante à la maison du peintre Vermeer. Il lui faudra composer avec son épouse, leurs nombreux enfants, la belle-mère et la gouvernante : autant de personnages qui lui mèneront la vie dure tandis que l’artiste, intrigué par sa sensibilité et sa beauté, l’introduira peu à peu dans son univers secret. Flattée de l’attention que lui porte cet homme charismatique, Griet va cependant découvrir que se rapprocher ainsi de son maître ne sera pas sans conséquences. Une servante doit savoir rester à sa place…

MON EXPERIENCE DE LECTURE :

Ce livre a longtemps traîné dans ma wish-list avant que je me décide enfin à l’acheter cette année ; c’était en effet la première fois que je lisais cette auteure et je craignais d’être déçue. Je l’ai finalement noté 14/20 : ce fut une lecture agréable mais sans plus.

J’ai en fait été gênée par le style que j’ai trouvé assez lourd du fait d’innombrables répétitions. Je suis très sensible à ce détail, qui m’a donc réellement agacée tout au long du roman. L’écriture de l’auteure (ou du moins sa traduction) n’a dans l’ensemble pas su me séduire : trop plate, trop descriptive par moments.
Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages bien qu’il s’agisse d’une narration à la première personne. C’est Griet elle-même qui nous relate les événements tandis que les autres protagonistes sont présentés avec une certaine distance. La jeune fille ne m’a guère touchée car son caractère m’a semblé soumis, faible. Bien que son statut de servante explique en partie cet aspect, j’ai néanmoins trouvé qu’elle tolère trop facilement les outrages dont elle est souvent victime. Elle se plie aveuglément aux désirs de son maître tout en étant consciente que cela risque de lui porter préjudice, ce qui m’a paru étrange de sa part. Monsieur Vermeer est quant à lui très intrigant : secret, taciturne, mystérieux, il n’est désigné que par le pronom « il » tant la narratrice craint de l’appeler par son nom (un ancêtre de Voldemort, peut-être ? grin22). J’ai d’ailleurs apprécié ce choix de l’auteure qui a su, par cette simple « technique », entourer l’homme d’une aura particulière. Chacune de ses apparitions créé une ambiance à elle seule et son ombre plane ainsi sur l’ensemble du roman, y compris lorsqu’il est absent.

Les personnages restants sont plutôt secondaires ; certains s’avèrent sympathiques, d’autres ambivalents, ou alors franchement détestables – je pense notamment à Cornelia, l’une des filles de Vermeer : l’auteure la dépeint d’une manière si négative que l’on ne peut faire autrement que de la haïr… Tous forment un paysage de personnalités variées qui gravite autour de Griet et du peintre, interférant sans cesse dans leur relation.

Je crois malgré tout que le point fort du roman n’est pas à chercher du côté des protagonistes ou du style d’écriture. Il se trouve plutôt dans la manière dont l’auteure aborde l’œuvre de Vermeer en narrant la genèse de certains de ses tableaux à travers une intrigue dont ils sont finalement l’objet principal (peut-être davantage encore que l’histoire de Griet). Les passages décrivant les différentes peintures ou expliquant la façon dont l’artiste les a créées sont ceux que j’ai le plus appréciés. Ils irradient une poésie subtile faite de couleurs, d’ombres et de lumières, de détails infimes et pourtant essentiels que nous apprenons à découvrir par les yeux de Griet. On sent une véritable passion de l’auteure pour ces tableaux qu’elle décrit avec tant de soin.

Nous découvrons également la société de Delft dans les années 1600, sa vie quotidienne, ses habitants, son atmosphère, mais cela ne constitue pas vraiment le cœur du récit. Les images suggérées sont suffisamment nettes pour que le lecteur puisse se faire une idée du décor, toutefois ça ne va pas beaucoup plus loin. Ces éléments ne servent que de cadre à l’intrigue.

Le dénouement m’a un peu surprise, je m’attendais à quelque chose de moins convenu. Il ne m’a cependant pas déplu et achève « proprement » l’histoire, comme l’on referme une boucle.

C’est un roman que je conseillerais à ceux qui veulent se lancer tranquillement dans le genre Historique, sans se heurter à de gros pavés. Je ne l’ai cependant pas trouvé exceptionnel et ne le garderai donc pas dans ma bibliothèque.

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