La traque de Muriel et Patrick Spens

Avant de se plonger dans la Traque, je tiens à remercier les éditions du Cherche-Midi qui ont permis cette lecture en partenariat.

Un jeune officier SS, proche de Rudolf Hess, est assassiné à Paris pendant l’été 1942. L’enquête est confiée à Roger Fontenoy, inspecteur de police, mais surtout ancien camarade de combat du soldat allemand au cœur de la guerre d’Espagne. Loin d’accepter l’hypothèse de l’attentat terroriste que les autorités allemandes suggèrent avec force, Fontenoy cherche à élucider le crime et se trouve mêlé à une entreprise qui dépasse ses compétences parisiennes. Il découvre ce qu’est la traque menée par son ami, ainsi que les dessous d’une sombre affaire de famille.

La Traque propose une intrigue dense, avec de nombreux protagonistes, un enchaînement de rebondissements bien amenés dans l’ensemble. On ne s’ennuie pas à suivre cette enquête. D’autant plus que le contexte, celui de l’Occupation, est peint avec beaucoup de nuance. Au-delà des descriptions du Paris occupé, c’est la réflexion menée par les auteurs sur l’ambivalence des sentiments du héros qui oscille entre son passé de phalangiste aux côtés des franquistes et son dégoût de la politique antisémite de la France. Les références à la vie politique française des années 1930 et de l’Occupation sont nombreuses, assez claires pour le béotien en la matière, mais plus pertinentes encore pour un lecteur bien renseigné sur le sujet. Les personnages secondaires sont aussi complexes que le héros, qu’il s’agisse du jeune officier nazi mêlé aux anarchistes espagnols ou du romancier insaisissable qui peint avec brio la misère de l’Amérique latine.

L’intérêt du lecteur, pour l’intrigue comme pour l’évolution des personnages, est cependant entravé par la structure du roman, qui mêle des récits à la première comme à la troisième personne, des rapports officiels des services allemands, des compte-rendus de lecture, ainsi que des extraits de journal intime. Cette multiplication des points de vue et des types de récit rend parfois l’ensemble confus, trop haché. Le début du roman, surtout, est laborieux, car il accumule des rapports des autorités nazies qui pourraient rebuter un lecteur peu motivé.

Si j’ai pris plaisir à cette lecture, c’est en raison non seulement de l’intrigue et des personnages qui ont su me séduire, mais aussi de l’arrière-plan historique qui est parvenu à éveiller des souvenirs de lectures antérieures sur la période de l’Occupation.

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