Ivresse de la métamorphose de Stefan Zweig

 

Quatrième de couv’ : Dernière oeuvre de Stefan Zweig, non publiée de son vivant, ce véritable testament romanesque nous transporte dans l’Autriche de l’entre-deux-guerres, déjà convoitée comme une proie par l’Allemagne nazie.
Christine, modeste employée des Postes, a vu mourir son père et son frère. L’invitation impromptue d’une tante d’Amérique, riche et fastueuse, achève de la révolter contre la médiocrité de sa vie, sentiment qu’elle partage bientôt avec Ferdinand, ancien combattant, mutilé, devenu chômeur.
Mais l’argent et la puissance mènent le monde, non pas l’amour. Devant le lent naufrage de l’Europe dans la barbarie, le couple s’enfonce dans une désespérance qui semble annoncer le suicide, en 1942, du grand écrivain autrichien, auteur d’Amok et de La Confusion des sentiments.

Stefan Zweig : Né à Vienne en 1881, fils d’un industriel, Stefan Zweig a pu étudier en toute liberté l’histoire, les belles-lettres et la philosophie. Grand humaniste, ami de Romain Rolland, d’Émile Verhaeren et de Sigmund Freud, il a exercé son talent dans tous les genres (traductions, poèmes, roman, pièces de théâtre) mais a surtout excellé dans l’art de la nouvelle (La Confusion des sentiments, Vingt-quatre heures de la vie d’une femme), l’essai et la biographie (Marie-Antoinette, Fouché, Magellan…). Désespéré par la montée du nazisme, il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis. En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.

 

Ce que j’en ai pensé : Christine fait partie de ces gens qui ne savent pas ou plus sourire, comme on en trouve dans ces films anglais où tous sont désespérés.

Un côté roman initiatique : Christine découvre, le temps d’une invitation dans un grand hôtel Suisse (par son oncle et sa tante vivant aux Etats-Unis) une vie de luxe dont elle n’avait aucune idée auparavant, elle ne sait plus ensuite se contenter de sa vie à elle et passe son temps à revivre ces premières et uniques vacances, au risque d’en devenir aigrie et toujours insatisfaite.

L’aspect inachevé de l’oeuvre donne un « goût » particulier à la lecture coupée juste au moment où les projets devraient se concrétiser, même si le ton du texte ne laisse pratiquement aucun doute sur son issue (même les protagonistes ne semblent avoir aucun doute là-dessus, d’ailleurs…).

Bref, une belle analyse psychologique, comme toujours chez Zweig, servie par une langue toujours aussi juste.

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