Dracula de Bram Stoker

Tout le monde connaît plus ou moins l’histoire de Dracula, le plus célèbre des vampires sans forcément avoir lu le livre de Bram Stoker… Pour moi qui ne connaissais que la figure du méchant romantique de l’adaptation cinématographique de F.F. Coppola, je dois reconnaître que le vampire d’origine, imaginé par Bram Stoker, est bien différent, même si cette incarnation du mal reste tout autant effrayante et fascinante.

Dans le roman, ce n’est pas la volonté de retrouver son amour perdu qui pousse le comte à rejoindre l’Angleterre et à faire sienne la malheureuse Mina, mais bel et bien le désir d’élargir son terrain de chasse et de développer son pouvoir maléfique. Dracula apparaît comme un monstre tout ce qu’il y a de plus terrifiant et angoissant. Il fascine et révulse avec la même intensité. Il n’épargne personne et traite avec la même cruauté les femmes et les enfants. Le plus intéressant reste peut-être ce mystère qui entoure jusqu’au bout le comte. Jamais il n’est donné au lecteur la possibilité d’entrer pleinement dans l’intimité et dans l’esprit de Dracula. On ne le découvre que par la description qu’en font les paysans superstitieux de Transylvanie, ou les différents protagonistes du roman. Finalement, seul le professeur Van Helsing, le doyen du groupe, se révèle capable d’apporter une définition à la condition de vampire. Il est le référent  et le pilier du groupe, celui par qui l’acceptation d’une autre réalité peut voir le jour. Il est l‘érudit qui détruit peu à peu les barrières des sceptiques. C’est également l’adversaire principal du comte, le seul à pouvoir l’affronter à armes égales car il a su tirer profit des superstitions pour trouver les points faibles du démon.

Bram Stoker nous offre une vision très manichéenne du monde, où le mal s’incarne dans un démon nocturne, solitaire, meurtrier, renié par dieu. A l’inverse, les personnages qui l’affrontent sont extrêmement pieux, animés des plus pures intentions et prêts à se sacrifier pour sauver l’humanité. C’est ainsi que s’engage un combat sans merci, dans lequel l’innocente Mina sera l’enjeu…

J’ai trouvé le roman dense et passionnant et apprécié cette plongée dans le XIXème siècle londonien dominé par sa rationalité et ses valeurs courtoises, contraint d’accepter l’inimaginable. La construction narrative est originale, puisque l’on découvre les faits grâce aux journaux intimes (pas si intimes que ça d’ailleurs!) de Jonathan Harker, de Mina et du docteur Seward, ainsi que par le biais de diverses correspondances ou d’articles de presse. Ainsi, les témoignages se recoupent et enrichissent le nombre d’informations et d’interprétations. Seul bémol, la fin trop vite expédiée à mon goût. J’aurais préféré prolonger un peu plus le plaisir de lecture! Je suis ravie en tout cas d’avoir découvert cette œuvre majeure de la littérature fantastique qui continue à soulever bon nombre de question et d’interrogation après sa lecture…

Un gros merci aux éditions J’ai Lu et à Livraddict pour ce partenariat!

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