Kane et Abel de Jeffrey Archer

Le 18 avril 1906, en Pologne, nait Wladek, un petit orphelin recueillit par une famille de paysans extrêmement pauvre. Les dons d’apprentissage de cet enfant chétif mais précoce, lui vaudront d’être élevé au château de Lord Rosnovski, en tant que camarade d’étude de Léon, le fils du baron. Mais cette ascension sociale ne protègera pas le jeune garçon des drames que lui réserve l’histoire…

Le même jour, aux Etats-Unis, naît William Kane, fils de l’illustre directeur de la banque Kane & Cabot et promis à un brillant avenir. Très tôt, le jeune garçon fait preuve d’un véritable talent pour la bourse et se montre digne de succéder à son père, suivant une voie qui lui est toute tracée.

A priori, tout semble opposer les deux garçons, nés sur des continents différents et dans des conditions peu favorables pour l’un et privilégiées pour l’autre. Et pourtant, le destin fera se croiser leur route tout au long de leur vie dès lors que Wladek, fuyant les camps de travaux forcés russes, pénètrera sur le territoire américain sous le nouveau nom d’Abel…

Inutile d’en dire trop sur cette histoire riche en rebondissement, qui traverse le XXème siècle sur une période de 1906 à 1967. Le récit est efficace, bien rythmé et se construit comme un diptyque, alternant entre les deux protagonistes, tout en faisant entrer les deux histoires en résonnance. Malgré les différences apparentes entre les deux héros, le lecteur se plaît à chercher toutes les similitudes qui se glissent dans la narration. Le mot « destin » prend ici tout son sens, puisqu’une sorte de fatalité semble régner au-dessus des deux hommes. Malmenés par l’Histoire, endurcis par les drames, Kane et Abel nourriront toute leur vie une haine mutuelle l’un envers l’autre. Loin de les affaiblir, cette haine sera au début un moteur pour leur ambition, mais finira pourtant par les détruire…

Une fois commencé, difficile de lâcher ce petit pavé de 716 pages, tant les deux histoires sont passionnantes et bien ficelées. L’écriture est fluide, agréable et le style accroche le lecteur dès les premières lignes. On pourrait reprocher certaines ficelles d’être un peu grosses, surtout vers la fin du roman, néanmoins elles ne représentent qu’un maigre désagrément par rapport au reste du récit. J’ai pour ma part eu un gros coup de cœur pour cette magnifique saga, qui m’a fait passer un excellent moment de lecture !

Je tiens à remercier vivement les éditions Livre de poche et Livraddict pour ce partenariat qui m’a permis de faire cette belle découverte !

La guerre des règnes de J.-H. Rosny aîné.

Merci aux éditions Bragelonne et à Livraddict pour la découverte de (Serge Lehman présente) : La guerre des règnes, de J.H. Rosny aîné.

Présentation de l’éditeur : Ce recueil comporte quatorze récits dont le mythique La Guerre du feu. Il est dirigé et commenté par Serge Lehman, le meilleur essayiste de science-fiction contemporain. On doit à Rosny aîné, outre la création de l’académie Goncourt, l’invention du roman préhistorique, mais aussi les premiers chefs-d’œuvre de science-fiction moderne en droite ligne d’H.G. Wells, dont il anticipa même parfois les thèmes.

Mon avis : Quel défi que de résumer en quelques mots cet ouvrage colossal. Quatorze récits, dont deux romans courts, près de 800 pages, une présentation de l’auteur de son œuvre… Cette amorce de catalogage me permet d’ailleurs d’insérer tout de suite ma (seule et unique) remarque négative. Les paramètres du partenariat, et la nécessité de lire en un mois une œuvre aussi dense et aussi cohérente que les textes réunis par S. Lehman et Bragelonne, ont parfois rendu pénible la lecture d’un livre que j’aurais de temps à autres aimé pouvoir posé sur une étagère pour ne le reprendre que plus tard.

A l’exception de ce désagrément, je ne tarirai pas d’éloges sur la qualité de ce recueil, sa forte cohérence en dépit des années qui séparent les textes les uns des autres, la richesse de la formulation.

A travers les différents textes réunis dans la Guerre des Règnes, J.H. Rosny développe des thématiques à cheval entre le roman scientifique façon Jules Verne et la SF américaine. L’humain y occupe une place centrale, et il est souvent présenté sous un jour optimiste : curieux, empathique (le portrait du scientifique idéal ?).

Si on peut ressentir un intérêt variable pour les univers mis en place dans les différents textes, Les Xipéhuz constituant probablement la pièce maîtresse de ce recueil, on ne peut s’empêcher de noter la grande homogénéité de l’œuvre. On remarquera, notamment, une cohésion remarquable entre La guerre du feu, récit préhistorique, et Les navigateurs de l’infini, space opera avant l’heure, les deux textes ayant pourtant été rédigés à plus de quinze ans d’intervalle.

Saluons également la présentation de S. Lehman, très éclairante, qui replace l’œuvre dans son contexte littéraire et intellectuelle.
Une lecture qui laisse une impression forte.

Sauvage de Christopher Golden et Tim Lebbon

Lorsque le livre « Sauvage – Les aventures de Jack London tome 1 » a été proposé dans les partenariats, il m’a tout de suite intéressée. Déjà, la couverture, avec un loup. Ensuite, le fait que l’on parle de Jack London, un écrivain mythique. Enfin, le sujet en lui-même.

Les VRAIES aventures de Jack London

« Sauvage » est un livre écrit par Tim Lebbon et Christopher Golden. Il se propose de raconter les histoires de Jack London. En effet, l’écrivain que l’on connait tous n’aurait pas raconté ses aventures… il en aurait tout simplement vécu d’autres beaucoup plus fantastiques ! Voici le résumé du livre :

Jack, dix-sept ans, part à la conquête du Grand Nord pour devenir chercheur d’or. Plus intéressé par l’aventure que par la richesse, il espère se mesurer aux rigueurs du climat et affronter la nature sauvage. Mais Jack est loin de s’attendre aux obstacles qui se dresseront sur sa route: des bandits sans scrupules, prêts à tout pour faire fortune, et surtout des créatures redoutables qui incarnent ce que l’homme abrite de plus sombre en son cœur. Son animal-totem, le loup, l’aidera à traverser les épreuves… pourvu que Jack reste en vie.

Intéressant, non ? Nous allons donc partir à la conquête du Grand Nord avec Jack… et très vite, les choses vont se compliquer pour lui !

Des créatures fantastiques originales

Au fur et à mesure de la lecture, le roman bascule dans le fantastique. Tandis qu’au début, seul le loup semble mystérieux, peu à peu, le roman devient fantastique. On passe de la brutalité de la conquête de l’or à celle de créatures inimaginables. Des embrouilles que Jack connait à cause de son tempérament de feu à des monstres qui menacent sa vie. Et, mieux, on évite de tomber dans les créatures habituels, loup-garous et vampires. Même si j’aime ces créatures, j’apprécie quand on essaye de m’en faire découvrir d’autres.

Par contre, j’ai trouvé que tout cela manquait d’équilibre. Parmi les trois figures fantastiques que Jack va rencontrer, l’une n’est que trop peu traitée (allez, un spoiler, le loup), la seconde est parfois un peu « brouillon » et j’ai trouvé que la troisième (une femme, pour que vous compreniez de qui il s’agit dans le livre) arrivait un peu comme un cheveu sur la soupe. Genre, bon, faut remplir des pages et faut bien lui sauver la peau à ce pauv’ Jack. Même si cette mini-intrigue en elle-même est très bien traitée, je trouve qu’elle forme une intrigue un peu à part justement. Une espèce de pause qui nous éloigne du récit.

Une interprétation intéressante

Les auteurs l’expliquent à la fin du livre, ce récit est inspiré des aventures de Jack London. On retrouve donc certains éléments mais le reste n’est que fiction. Mais l’ensemble reste très sympa et l’ambiance « ruée vers l’or » et ses descriptions très détaillées apportent une vraie touche d’authenticité. De plus, le style rédactionnel reste appréciable.

Une bonne découverte pour moi donc. J’avais lu du Jack London (en anglais) il y a quelques années et j’ai aimé. Ici, j’ai tout autant aimé et j’en redemande ! Et ça tombe bien, c’est un tome 1, ce qui laisse supposer qu’il y aura une suite. Mais on ne reste pas sur sa fin, car l’histoire ne laisse pas des intrigues ou relations « en suspens ».

Merci à Livraddict pour ce partenariat, j’ai adoré cette lecture !

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Résumé

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Avis

J’ai lu ce livre dans le cadre d’une lecture commune organisée par Lyla59  avec Mimigogotte, Babynoux, Stelphique, Salsera15, Sylly, Tigrouloup, Isallysun, Petitepom, Midnight-sun, Céline031, Liniebookaddict et  Islemme.

Etant habituellement très difficile en matière de thriller, j’ai vraiment été agréablement surprise par cette lecture.

Nous suivons dans ce roman l’enquête menée par des enquêteurs spécialisés, à la recherche d’un tueur commettant des crimes d’une cruauté sans noms. Parmi ces enquêteurs, Goran Gavila et Mila Vasquez sont deux personnages très charismatiques, en proie à leurs propres démons. J’ai trouvé Mila très attachante, talentueuse dans son travail, mais rongée par les doutes et la peur.

J’ai adoré l’intrigue, parfaitement construite, la progression de l’histoire et les nombreux rebondissements, surprenants, qui nous tiennent en haleine jusqu’à la dernière page. Les détails concernant les tueurs en série, les efforts des policiers pout tenter de comprendre la manière d’agir du meurtrier et tenter d’établir sa personnalité montrent que l’auteur maîtrise parfaitement son sujet. L’écriture est soignée, et à travers tous ces faits macabres, laisse aussi sa place à l’émotion.

Un livre à recommander impérativement pour les amoureux du genre.

Les yeux au ciel de Karine Reysset

Quatrième de couverture :
L’anniversaire du grand-père s’éternise. Scarlett ne supporte plus la présence des triplés, ses cousins aux yeux délavés. Pour les effrayer, elle leur parle du fantôme qui lui rend visite à la nuit tombée. Celle qu’elle appelle Bonnie, comme dans Autant en emporte le vent, s’est évaporée trente ans plus tôt. Les adultes, inconsolés, se souviennent. Sauront-ils enfin s’avouer ce qu’ils ont sur le cœur ?

Biographie de l’auteure :
Karine Reysset est née en 1974. Elle a grandi entre Arras, Rouen et la banlieue parisienne. Après dix ans passés à Paris, elle s’installe à Saint-Malo. En 2003, elle publie son premier roman. À ta place et Comme une mère sont disponibles en Points.

Mon avis :
Karine Reysset a choisi la famille comme thème central de ce livre. Les personnages très (trop) nombreux ont tour à tour la parole. Ils se livrent sur leurs vies à l’occasion de l’anniversaire de Noé, le patriarche. Chacun s’épanche, nous fait par de ses états d’âmes, ses doutes. Le lecteur doit alors composé avec ces différents portraits, il doit retracer le cheminement de l’ensemble des membres de cette famille, pour pouvoir comprendre comment celle-ci fonctionne. Et comme dans toutes les familles, il y a des secrets, des blessures, des fêlures… Une sensation de malaise plane tout au long du livre, et elle nous imprègne nous aussi lecteur, et ça… j’avoue que c’est assez perturbant. De plus, cela ne nous quitte pas même une fois la dernière page lue. Et pourtant certains sujets très intéressants sont traités. Il est notamment question des problématiques liées à la famille recomposée, de la place que l’on s’accorde ou qui nous est accordée dans la fratrie. Le point central étant bien évidemment le drame survenu il y a longtemps et dont les conséquences sont encore perceptibles malgré les années passées. En somme des sujets, des événements qui laissaient présager un livre fort et vibrant, et qui, je pense, n’a pas été traité de manière assez approfondie pour qu’il puisse répondre à mes attentes. Je dis bien mes attentes, peut-être me suis-je mis la barre trop haute avant même d’avoir ouvert ce roman, la quatrième de couverture m’ayant permis de fantasmer la tournure qu’allait prendre les pages de ce livre.

En conséquence, je dirais que ce livre m’a fait passé un assez bon moment mais qu’il me manque un je ne sais quoi qui me permettrait de dire qu’il m’a vraiment plu. Je pense que le fourmillement de personnages ne m’a pas permis de rentrer dans cette lecture comme je l’aurais voulu. De plus, les sujets sont abordés parfois de manière (trop) succincte, et la fin (sans trop en dire bien sûr) ne m’a pas permis de satisfaire la frustration qui m’a suivi tout au long de cette lecture.

Cependant, je dois tout de même dire que la lecture fut facile, le style de l’auteure étant fluide et agréable. Je pense réitérer l’expérience de lire Karine Reysset, je ne lâche pas un auteur si facilement! Je tiens à remercier Livraddict et les éditions points pour m’avoir permis de lire ce livre.