Le rire du Cyclope de Bernard Weber

Synopsis :

Le Cyclope est un célèbre humoriste à la mode qui meurt seul dans sa loge d’un fou rire. Simple incident cardiaque ou assassinat? Nos deux enquêteurs penchent pour la deuxième hyphothèse.
Ils découvrent en Bretagne une société secrète qui depuis plus de 3000 ans invente les fameuses blagues anonymes que tout le monde se raconte. Cette société essaie d’influer sur la société pour la rendre plus humaine ou tout simplement plus drole. Cependant le pouvoir du rire attire des convoitises, beaucoup veulent maitriser le rire des autres pour avoir un surplus de pouvoir politique, d’argent, de célébrité. Derrière les paillettes et la légèreté du monde des comique, un univers sombre et des enjeux inconnus du grand public se dévoilent. Et tous recherchent le Graal, la blague absolue auquel nul ne résiste. Isidore et Lucrèce devront rechercher au fond d’eux mêmes la force et la spiritualité capables de les faire accepter dans ce monde parallèle si peu connu. Et ils comprendront que la clef de l’enquête est la compréhension du phénomène même de l’humour.L’homme est le seul animal qui rit. Mais à quoi cela lui sert-il vraiment ?

Mon avis:

J’ai tout de suite accroché à l’histoire .Elle commence avec la mort d’un célèbre comique :Darius Wozniak .Tout le monde est convaincu que sa mort est dû à un arrêt cardiaque à cause du fou rire .Tout le monde ,sauf Lucrèce Nemrod ,journaliste au « Guetteur moderne » ,qui penche plutôt pour l’hypothèse d’un assassinat . Elle demande alors à Isidore Katzenberg ,grand journaliste scientifique à la retraite .Il accepte difficilement mais il accepte .Lucrèce va alors découvrir un indice déterminant dans la loge de Darius .Un indice qui va les mener dans une société secrète qui cherche désespérément la BQT , sorte de trésor que cette société a perdue .Lucrèce et Isidore vont alors devoir mettre leur vie en danger pour savoir enfin la vérité sur la mort du Cyclope .Mais ils auront besoin de beaucoup plus que du courage pour arriver au bout de cette enquête …

Le scénario est passionnant , et j’ai trouvé le thème de l’humour très intéressant .Les chapitres sont pour la plupart très court , sauf lorque l’on est dans une péripétie déterminante pour la suite de l’histoire .Dans le livre ,le scénario s’alterne avec des blagues ou des choses en rapport avec le rire .Le rire est étudié comme une science et aussi comme une arme ,et c’est ça qui est intéressantDe plus , pendant l’enquête ,on suit la relation entre Lucrèce et Isidore .Le roman est découpé en trois actes et des fois ,l’auteur fait référence à son site : »L’arbre des possibles »(pour ma part ,je n’ai pas trouvé cela génant du tout) .

Voilà , si vous voulez en savoir plus  ,voici des liens qui vont vous aider :

Le lien vers la fiche bibliomania : du livre, de l’auteur, le site de L’arbre des possibles, le site officiel de l’auteur.

J’éspère que cet article vous a plu ,et a bientôt pour de nouvelles lectures .

Orgueil et préjugés de Jane Austen

Résumé

« Orgueil et préjugés est le plus connu des six romans achevés de Jane Austen. Son histoire, sa question, est en apparence celle d’un mariage: l’héroïne, la vive et ironique Elizabeth Bennett qui n’est pas riche, aimera-t-elle le héros, le riche et orgueilleux Darcy ? Si oui, en sera-t-elle aimée ? Si oui encore, l’épousera-t-elle ? Mais il apparaît clairement qu’il n’y a en fait qu’un héros qui est l’héroïne, et que c’est par elle, en elle et pour elle que tout se passe ».

Avis

Cette lecture, réalisée dans le cadre d’une lecture commune avec EloDesigns, revelation, Lynnae, Plumeline, Estellecalim, Amethyst  , Elizabeth-Bennet, scor13, tidyup95  , Exxlibris, Chantilly, didi8921, anasthassia, Hell-Eau, Jelydragon, Erato, Paikanne, luCa, Lelanie a été un véritable bonheur.

Ce livre est un petit bijou, que ce soit au niveau de l’histoire, du style et des personnages. L’écriture, fluide, mélange romantisme, humour et ironie. C’est aussi un roman moderne, malgré le fait qu’il ait été écrit à la fin du XVIII.

Jane Austen nous livre un récit rempli de personnages haut en couleur et attachants. Tous les membres de la famille Bennett sont exceptionnels:  La mère, peu conventionnelle, dont chacune des interventions donne envie de rire, les cinq filles, Jane, l’aînée romantique au caractère souple, Elizabeth, remplie de préjugés, Mary, la studieuse, et Lydia et Kitty, les deux plus jeunes, qui ne pense qu’à l’amusement et au flirt. Il y a aussi le père, relativement passif, et dépassé par l’effervescence féminine qui l’entoure.

Darcy, riche célibataire taciturne et extrêmement orgueilleux est un personnage qui intrigue, agace à certains moments, énerve parfois. C’est en réalité un personnage qui lutte contre ses sentiments, qui refuse de montrer ce qu’il ressent.

Elizabeth est le genre d’héroïne que j’adore : un caractère fort, affirmé, qui n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, qui refuse de se soumettre. Son jugement est parfois cependant un peu trop hâtif.

Nous suivons au fur et à mesure la progression de ses sentiments pour Darcy : le mépris d’abord, puis la curiosité, la compassion, le doute sur ce qu’elle éprouve réellement. L’histoire de ces deux personnages, de leur évolution, de leur attirance, mais aussi de leurs doutes est magnifique.

J’ai regardé l’adaptation cinématographique de Joe Wright dès la fin de ma lecture et j’ai été heureusement surprise : le film est fidèle au livre, notamment au niveau des dialogues, les décors sont magnifiques, les personnages bien interprétés.

Il s’agissait du premier livre de Jane Austen que je lisais, et ça ne sera certainement pas le dernier.

Arrêtez le massacre! d’Alexis Brocas.

Titre : La mort j’adore ! (Saison 3) : Arrêtez le massacre !
Auteur : Alexis Brocas.
Editions Sarbacane, 2011, 316 pages.

Résumé :

Quoi ?! Encore vous ? Mes turpitudes de lycéenne infernale en deux saisons, ça ne vous a pas suffi ? Faut que vous me pistiez jusqu’à Los Angeles ? Rassurez-vous, pour une ex-démone comme moi et une jolie zombie comme Elo, la Californie et ses fêtes étudiantes, c’est le Paradis.
Avec une petite touche d’enfer, puisqu’en plus de mes cours à la Fac, je reçois les leçons de Saustre. Archidémon de prestige. Saustre m’a baladée dans notre passé le plus lointain et montré notre avenir… flippant. C’est lui qui m’a soufflé cette idée : sauver l’humanité d’elle-même. L’idée la plus débile de ma longue carrière sur Terre.

Avis/commentaire :

C’est une lecture tout simplement jouissive : les deux personnages principaux sont démoniaques mais surtout diablement attachants, et c’est un bonheur de les voir jouer des tours aux humains. Entre les deux meilleures amies, c’est l’amour vache. Leurs caractères bien trempés et leurs pouvoirs bien particuliers donnent lieu à des scènes comiques et à des dialogues savoureux, par exemple lorsque Clémence donne un cours à Elodie : « Elo c’est moi qui donne les cours ici. Alors voilà le programme d’aujourd’hui : tu m’attrapes ce joli couteau de cuisine, tu te tranches le petit doigt, tu chantes Téléphone en boucle, et on voit s’il se recolle ».

Alexis Brocas mène son récit avec talent. Tout comme Clémence se balade dans le temps, il nous raconte les évènements dans le désordre, laissant le puzzle se mettre lentement en place dans nos têtes. Nous avons déjà parlé de la drôlerie de son récit, ajoutons qu’il n’hésite pas à se moquer de lui-même. Il mêle le langage châtié des deux démones avec des passages narratifs très bien réalisés. Les références à la culture des années 90 et 2000 sont multiples. Enfin, il aborde un thème important : l’avenir que les humains réservent à la planète Terre par leur comportement. Additionnons à cela un brin de gore, un peu de philosophie, et une très jolie scène finale, et cela donne un roman à ne pas manquer !

Ah oui, une dernière chose : voir une héroïne qui a des défauts, ça fait du bien !

Invisible de Paul Aster

Invisible, de Paul Auster
, un roman du flou, de l’incertitude, du doute

En 2007, James Freeman, écrivain américain renommé  habitant Brooklin,  reçoit par courrier postal le manuscrit d’un condisciple perdu de vu depuis trente ans, Adam Walker. Celui-ci va mourir d’une leucémie et il travaille sur un récit « qui n’est pas une fiction », écrit-il à Freeman. En effet, il semble vouloir mettre au clair certains épisodes de sa vie qui se sont déroulés pendant l’année 1967. Il se trouve bloqué dans l’écriture de la deuxième partie et demande conseil à son ancien ami.

Freeman accepte de renouer le contact et lui répond. La situation de blocage, selon lui, « provient d’un défaut dans la pensée de l’écrivain – à savoir qu’il ne comprend pas pleinement ce qu’il essaie de dire où, plus subtilement, qu’il aborde son sujet sous un mauvais angle ».

Ce simple conseil permet à Walker de poursuivre son récit,  en l’écrivant  à la deuxième personne, afin de conserver une distance suffisante avec le personnage d’Adam Walker.  Peu après, Freeman reçoit la suite, cette deuxième partie dont nous prenons connaissance avec lui.

Walker se dévoile peu à peu. Personnage torturé par son passé, les évènements qu’il raconte sont à mettre en relation avec une décision fondatrice de sa vie. Il a douze ans. Après la mort accidentelle de son frère et l’internement de sa mère dans un hôpital psychiatrique, il jure, sur la mémoire de son frère, qu’il sera « un type bien » jusqu’à sa mort.

« Tu étais seul dans la salle de bain, tu t’en souviens, seul dans la salle de bain en train d’essayer de ne pas pleurer, et par bien tu entendais honnête, bon et généreux, tu voulais dire que jamais tu ne te moquerais de personne, que jamais  tu ne te sentirais supérieur à personne, que jamais tu ne chercherais la bagarre. Tu avais douze ans. »

Paul Auster déroule ici un des thèmes du roman : comment une décision, prise à l’âge de douze ans, peut-elle  influencer, et même conditionner le reste de l’existence ?  Pourquoi, au nom de quel impératif moral, un individu va-t-il décider de rester fidèle à lui-même, à travers les aléas de la vie, en ne reniant jamais ce choix initial ?  Et comment peut-il surmonter  le sentiment de  culpabilité, qui va inévitablement surgir  lorsqu’il se découvrira incapable de tenir cet engagement d’enfant ? Car Walker est rongé par deux évènements qui ont troublé le cours de la vingtième année de sa vie. Le premier événement est une relation incestueuse  passionnée avec sa sœur Gwyn, l’autre sa lâcheté face à un meurtre qu’il n’a pas dénoncé suffisamment tôt, selon lui.

Walker a prévu de raconter ces épisodes de sa vie en cette année 1967 en trois parties, qu’il intitule « printemps », « été », « automne ». Pour chacune de ces trois parties, Auster joue avec les techniques du romancier, et son personnage Adam Walker, décide de les rédiger respectivement à la première personne du singulier pour la première, la deuxième personne du singulier pour la deuxième, la troisième personne du singulier pour la troisième.
Pour cette dernière partie, il est tellement affaibli qu’il ne laisse à Freeman que de simples notes en style télégraphique, qui serviront de support à l’écrivain pour terminer le récit à sa place.
Les pages sur l’inceste sont au cœur du roman : où est la vérité d’un être dans un récit ? nous dit Paul Auster. L’inceste entre Adam et Gwyn s’est-il réellement déroulé comme Adam le prétend ou bien, comme Gwyn l’affirme, n’est-il qu’un fantasme de Walker ? Quelle part véritable d’Adam Walker a été dévoilée à travers le récit adressé à Freeman ? Et de ce qui constitue l’être du personnage d’Adam Walker, quelle est la partie qui va rester à jamais invisible au lecteur ?

Personnage central du récit d’Adam Walker, Rudolf Born devient aussi le personnage essentiel du roman de Paul Auster. Born, auteur du meurtre qui a marqué d’une empreinte indélébile la vie d’Adam Walker, est un homme à la personnalité mystérieuse. Walker le juge séduisant, violent, intelligent, mais quand d’autres personnages (Hélène, Cécile) portent un regard sur lui, il devient insaisissable et se pose en véritable personnage de roman,  un roman du flou, de l’incertitude, du doute. Qu’est-ce qui est vrai, faux, possible, crédible chez lui ? Il est la créature de l’auteur, que celui-ci manipule et tord selon son désir. Il est  aussi, dans le même temps,  l’ambiguïté du réel que reflète le roman, un réel dans lequel chacun garde  sa part d’ombre pour les autres et parfois pour lui-même.  A la fin du livre, Born se propose d’ailleurs de faire de sa propre vie un roman et de lui-même un personnage de roman. Le serpent, alors,  se mord la queue.

La scène finale est magnifique. Cécile, universitaire chargée d’étudier des manuscrits d’écrivains français, celle dont Born voulait épouser la mère trente ans plus tôt, quitte l’île dans laquelle celui-ci s’est réfugié, déroutée par le personnage de Born, soulagée de s’éloigner de lui.
Elle descend de la montage et entend, dans le lointain, des sonorités étranges qu’elle ne peut interpréter : l’essentiel est invisible à ses yeux. Et puis, il y a un dévoilement, une trouée, la vérité des sonorités lui apparaît brusquement : des hommes cassent des cailloux avec leur marteau et produisent ainsi cette étrange musique, qu’elle ne pourra jamais oublier. La métaphore est transparente : le roman, nous dit Paul Auster,  permet lui aussi un dévoilement du réel, il peut créer une déchirure dans la réalité opaque du monde et   rendre ainsi apparent ce qui était jusqu’alors « invisible ».


La captive de l’hiver de Serge Brussolo

Tout d’abord, un grand merci à Livraddict et aux éditions Le livre de poche de m’avoir permis de recevoir ce livre pour mon premier partenariat!

Commençons par le commencement: je dois avouer que pour moi le début fut difficile. J’ai trouvé que l’aventure commençait très lentement, je me suis quelques peu ennuyée, et me suis même surprise à avoir peur de devoir lire 300 pages à un tel rythme.

Mais j’en fus pour mes frais: passé un certain moment, plutôt court finalement, j’ai fini par me laisser porter avec joie par les (més)aventures de cette jeune et jolie Marion! En effet, une fois notre Française arrivée au « pays des vikings », on est plongé au coeur de la vie d’une tribue aux coutumes barbares, aux croyances ancestrales, pour qui le déshonneur suprème consiste à mourir vieux, et non sur le champ de bataille.

Marion se retrouve au coeur de mille péripéties, est le sujet de complots et de vengeances (alors qu’elle vient de France et ne connaît personne!!), est prise pour une sorcière, frôle la mort à maintes reprises mais s’en réchappe toujours. J’ai adoré vibrer avec ce petit bout de femme.

En apprendre sur cette « culture viking », qui j’avoue m’était totalement étrangère, ça m’a énormément plu. L’auteur a très bien su nous emmener découvrir ce pays de glace, on se surprend à avoir froid avec les personnages. On ne m’avait pas menti, Brussolo est bien un formidable conteur. Je le préfère en tout cas bien mieux dans ce genre de récit que dans le thriller (j’ai en effet lu dernièrement La fille aux cheveux rouges, thriller qui m’avait bien moins enthousiasmée).

Bref,  malgré un début difficile, La captive de l’hiver est … captivant  ( :-p ) .  Seul bémol: il appelle une suite qui n’est pas sortie et n’est apparemment pas prévue.