Le portrait de Madame Charbuque de Jeffrey Ford

Résumé

«  C’est un véritable défi qu’accepte de relever le peintre à succès Piambo à la fin du dix-neuvième siècle : faire le portrait d’une femme qu’il ne verra jamais mais qui lui parlera d’elle, cachée derrière un paravent. Au fil des séances naît alors une atmosphère étrange. Par le récit de son enfance où elle découvre ses dons de voyante à l’aide de deux flocons de neige, par les mystérieuses et épouvantables révélations qu’elle lâche par bribes, madame Charbuque envoûte inexorablement l’artiste. Obsédé par ce modèle invisible qui détruit lentement sa vie, son talent se paralyse, à la grande frayeur de la femme qu’il aime. Qui est donc cette magicienne énigmatique et malfaisante et quel but poursuit-elle ? Le lecteur va peu à peu apprendre le terrible secret qu’elle dissimule. Un secret lourd, oppressant dont personne ne peut sortir indemne ».

Avis

A New-York, à la fin du XIXème, en plein avènement de la  photographie, qui envahit le paysage artistique, Piambo est le portraitiste le plus prisé de la ville. Pris dans la spirale de l’appât du gain, il néglige sa créativité et se consacre à la réalisation de portraits commandés par les riches familles new-yorkaises.

Suite à un évènement qui fait naître en lui des doutes concernant l’évolution de sa carrière, Piambo accepte une commande insolite : réaliser le portrait d’une femme qu’il ne pourra jamais voir, en se basant uniquement sur son histoire, qu’elle lui relate cachée derrière un paravent.

Parallèlement à la réalisation de cette étrange commande, une mystérieuse maladie touche les femmes de ville, leur faisant verser des larmes de sang.

J’ai trouvé l’histoire, qui mêle réalisme et mystère, originale et le style de l’auteur, que je ne connaissais pas, agréable. Il nous décrit de façon bien détaillée, le monde de l’art, avec notamment la description des différentes techniques utilisées par le peintre, ainsi que la vie new-yorkaise de la fin du XIXème siècle, avec ses coutumes et ses excès. J’ai particulièrement aimé les passages décrivant la réalisation du tableau par Piambo, avec tous les détails concernant le choix des couleurs.

Le personnage de Piambo, envahit de doutes, est attachant. En revanche, j’ai trouvé le personnage de Madame Charbuque de plus en plus dérangeant au fur et à mesure que sa personnalité se révèle.

Le dénouement final m’a cependant légèrement déçu, je ne l’ai pas trouvé à la hauteur de l’ensemble du roman.

Cette lecture a cependant été agréable et m’a donné envie de lire les autres livres de Jeffrey Ford

Je remercie Livr@ddict et les éditions Le Livre de Poche pour m’avoir permis de découvrir ce livre et cet auteur.

La Maison de Londres de Lydie Blaizot

Niveau lecture, on peut dire que cette année a été riche en littérature vampirique, voire bit-lit : entre La communauté du sud, Mercy Thompson, Dracula et d’autres que j’ai oublié… Cependant, je dois avouer que même si j’ai apprécié découvrir ces univers, aucun d’entre eux ne m’a vraiment passionée, la plupart du temps parce qu’il y avait un gros point noir qui m’empêchait de savourer le reste de l’oeuvre. Alors, qu’en est-il de ce nouvel ouvrage, publié par une maison (Les éditions du Petit Caveau) spécialisée dans les livres mettant en scènes des personnages aux dents longues ?

Synopsis :

Londres, 1895.
Ruppert Haversham, Arthur Ruterford et Hubert Michel, trois vampires aux caractères aussi différents que marqués, tentent de vivre normalement malgré la malédiction dont ils s’estiment victimes. Affiliés à la puissante Maison de Londres, ils se retrouvent chargés de l’éducation d’un nouveau collègue, Donald Crump. Malheureusement, ce dernier se révèle être unevéritable calamité qui va mettre en péril l’organisation dont il est censé faire partie. Par sa faute, la guerre avec la Maison de Cardiff prend des proportions alarmantes et ses camarades sont contraints de rattraper ses bêtises.
Leurs pérégrinations vont les mener de Londres à Upper Plot, un village qui semble recéler la clé de leur problème… et même peut-être davantage.

Bon tout d’abord quelques mots sur la couverture, qui est juste sublime. Je sais qu’une jolie couv’ ne promet en rien une bonne histoire, mais je pense qu’il faut quand même saluer le travail de la maison d’édition, parce qu’il font vraiment à chaque fois un super boulot au niveau de l’apparence général de leurs livres.

Passons maintenant au coeur du sujet. Le premier truc qui m’a sauté au yeux, c’est le style d’écriture, qui mélange à la fois un vocabulaire soutenu (du fait que ça se passe au XIXe siècle), mais en même temps on voit souvent les personnages lâcher des jurons ou des expressions de notre époque. Le dernier livre que j’avais bouquiné étant Dracula (dont j’étais sortie assez mitigée), ça m’a vraiment permise de plonger directement dans l’histoire.

Parlons justement de l’intrigue : elle est vraiment très bien menée, il n’y a pas de longueur, pas de temps mort et pourtant on est pas pris dans un truc à toute vitesse non plus. L’histoire suit son ptit bout de chemin, avec un arc narratif majeure et plusieurs petites histoires parallèles, et les pages défilent sans qu’on s’en rende compte.

L’ambiance dans laquelle évoluent les personnages est vraiment riche, sans tomber dans la surenchère, les descriptions en disent un minimum mais ça suffit amplement pour qu’on s’imagine le décor et à quoi ressemblent nos protagonistes, bref encore un bon point.

Les personnages quant à eux sont assez variés, et pas du tout caricaturaux (même si j’avoue avoir eu un peu de mal avec la petite fille super débrouillarde à 7 ans, mais bon.). Le fait qu’ils s’expriment la plupart du temps comme nous m’a permis rapidement à éprouver de la sympathie à leur égard. Les pouvoirs que l’auteur a attribué aux vampires sont relativement classiques (se changer en brume, en animal…), comme on peut les retrouver dans Dracula.

Cependant, et c’est là peut-être le (petit) point noir du livre, j’ai trouvé que par moment ces pouvoirs servaient un peu trop de sortie de secours, les vampires ne rencontrent pas vraiment d’obstacles en fait:  une serrure qui s’ouvre pas, et hop ! je transforme ma main en brume et on en parle plus, un vampire qu’on ne retrouve pas, oh bah c’est pas grave je peux exactement le localiser par la pensée…

Hormis ce détail, c’est une oeuvre de grande qualité que nous offre Lydia Blaizot, et j’espère que ce premier roman annonce la suite de beaucoup d’autres !

Enfin je remercie vraiment Livraddict et les Editions du Petit Caveau pour ce partenariat très enrichissant, et j’essayerai dès que possible de me procurer d’autres romans de chez eux.

Le Comte de Monte Cristo d’Alexandre DUMAS

Résumé : Sous la restauration, le jeune Edmond Dantès, victime d’un sordide complot, est condamné à la prison perpétuelle et enfermé au château d’If, au large de Marseille. Un autre prisonnier, l’abbé Faria, le prend sous sa protection et lui confie l’existence d’un fabuleux trésor enterré dans l’île de Monte Crsito. Dantés parvient à s’échapper et réapparaît à Paris sous l’identité du comte de Monté Cristo, personnage fascinant qui mène grand train et dont personne ne soupçonne le véritable état civil. Dès lors, Monté Cristo va s’employer à mettre sur pied une diabolique machination pour abattre tous ceux qui l’ont persécuté et qui appartiennent à la haute société du règne de Louis-Philippe : le général et comte de Morcer, le banquier Danglars, l’ancien substitut Villefort devenu procureur général…

Avant même d’ouvrir ce « pavé » je savais que j’allais être happé par cette histoire. Cette œuvre a fait l’objet de diverses adaptations, et celle de 1997 avec Gérard Depardieu m’avait permis il y a quelques années de découvrir une histoire étonnante et riche en rebondissements.
Forcement avec cet avant goût particulièrement satisfaisant, je me suis plongé dans l’histoire avec beaucoup de plaisir.

Le personnage d’Edmond Dantès, que l’on découvre au début est heureux, positif, plein d’espoir, généreux et quelque peu naïf. Toutes ces belles qualités vont l’amener au centre d’un complot mesquin, perfide et vil. Il est enfermé au château d’If où l’on découvre un Edmond Dantès qui va peu à peu perdre l’espoir et se résigner à son nouvel état. C’est sans compter sur l’abbé Faria, un personnage très attachant, plein de ressource et de générosité, tel qu’étais Dantès avant d’entrer au château d’If. Grâce à Faria, il va se retrouver et retrouver l’envie de se battre et de faire justice.
Lors du passage de Dantès en comte de Monté Cristo, on découvre une facette fascinante de l’homme en général. J’ai trouvé que la phase au Château d’If, noire et négative, a développé de grandes ressources qui font la force et la grandeur du comte de Monté Cristo. Les épreuves que Dantès a traversées l’ont fortifié et lui ont ouvert les yeux sur le monde et sur les gens qui l’entourait.
Le comte de Monté Cristo et sur pied une magnifique vengeance en se rapprochant au plus près des auteurs de son complot afin de les toucher en plein cœur dans le but de les faire tomber à leurs tour. Sa vengeance est belle et justifiée. Le comte de Monté Cristo sait très bien reconnaître et se venger de ses ennemis, mais il n’oublie pas non plus de remercier les personnes qui ont toujours su lui être fidèles.

En bref, ce livre est vraiment un chef d’œuvre et Alexandre Dumas m’a montré son grand talent et j’ai découvert son esprit puissant et ingénieux.
Je pense que le comte de Monté Cristo restera gavé dans mon esprit, j’ai passé de bons moments à tourner ses nombreuses pages.

Le portrait de Madame Charbuque de Jeffrey Ford

Résumé :

New-York , fin XIX ème, Piambo est peintre.
Ce peintre est à un tournant de sa vie : une relation amoureuse qui dure mais dans laquelle il n’ose pas s’engager formellement ; une carrière qui l’amène parmi le (beau) monde.
Mais cette carrière si elle lui apporte une certaine reconnaissance et l’accès à la haute société est trompeuse : Le succès n’est du qu’à des compromissions qui l’ont détourné de sa personnalité artistique pour l’amener vers le portrait. Le portrait de personnages riches qui ne le reçoivent parmi eux que comme un artisan doué. Et même dans ses portraits, Piambo ne peut mettre son âme : il peint ce que le commanditaire attend et non ce qu’il ressent. Il est pourtant un peintre des âmes très clairvoyant lui ont dit ses maîtres, mais il peint ce que ses clients attendent et non l’hypocrisie d’une  société toute en apparences voilant la rapacité.

Survient alors cette commande originale : moyennant une grosse somme , il doit faire le portrait de Madame Charbuque, mais cette inconnue doit le rester. Il ne pourra la découvrir qu’au travers de ses confidences, alors qu’elle demeurera cachée derrière un paravent. Ce défi lui semble tout d’abord un moyen de revenir à sa véritable vocation d’artiste : trouver la personne véritable derrière son image et la coucher sur la toile. Tout cela s’avèrera bien plus perfide et dangereux que prévu.

Mon avis :

J’ai aimé :

On pense bien sur au portrait de Dorian Gray mais ici c’est le peintre qui risque de se perdre dans sa toile et non pas le sujet. Cette paternité est d’ailleurs bien reconnue puisque que ce roman est cité dans le livre. Le livre décrit donc les affres de la création, ces doutes qui assaillent l’artiste.

Le doute le taraude, mais comme nous tous «  j’y pense et puis j’oublie, c’est la vie c’est la vie… ». Ses trahisons envers l’art et les artistes ne le tourmentent que le temps d’un de ses fréquents excès de boisson. La plupart du temps, il ne ressent que « l’odeur de l’autosatisfaction, un relent pénétrant de muscade et de moisissure » (p.22).

Ce début de livre laisse entrevoir un livre assez psychologique ; les états d’âme de Piambo sont bien décrits. Les alternances de scènes entre les beaux salons remplis d’argent et de fiel et les rues sombres et humides où vacillent les ivrognes sont assez marquantes.

Rapidement le sujet bascule sur la commande et sur la véritable personnalité de Madame Charbuque.

Le livre manque alors ce que j’en attendais : une réflexion sur l’image des personnes, sur le fait que nous ne nous construisons que par le regard des autres.
La difficulté à créer une image d’une invisible pour en faire le portrait me paraissait un sujet en or. L’auteur s’engage sur ce chemin pendant quelques chapitres : on y voit (de très près) Mme Charbuque se construire sous l’œil de son père. La voie prise par l’auteur est finalement autre : tout se concentre sur les péripéties d’une enquête étrange sur Madame Charbuque . Et là l’auteur semble plus à l’aise dans l’action et la description des bas-fonds : on s’y voit comme dans Gangs of New York.

Cité aussi dans ce livre Edgar A.Poe dont on retrouve par moment l’ambiance mystérieuse et l’attrait pour le fantastique. La « patte de singe » est d’ailleurs une référence non dissimulée au  » Double assassinat dans la rue Morgue ».

Je n’ai pas aimé :

Un style un peu alambiqué avec des phrases très longues et parfois bizarrement construites. Sans doute est-ce un peu lié à la traduction mais des restes d’anglicismes accrochent vraiment au moment de la lecture ( notamment dans l’emploi des possessifs). Si cela est particulièrement difficile dans la partie psychologique, ce défaut s’amenuise lors de l’enquête pour faire place à un style plus percutant et fluide.

La farce de la vie du Père de Madame Charuque : si les relations entre le père et la fille sont des plus intéressantes, toute l’histoire qui l’entoure est navrante.

Madame Charbuque qui semble susciter toutes les passions ne m’a  absolument pas séduit. Cette soit disant sybille hiératique m’a paru bien vugaire.

Ma note : 12,5/20

C’est finalement tout ce mélange de sujets qui fait l’attrait de ce livre : tantôt psychologique, classique, fantastique, farce ou thriller, l’auteur nous surprend par ses virevoltes au point que l’on se demande parfois, « mais qu’est qu’il nous fait, là ? »

Mais c’est aussi ce mélange qui laisse a la fin du livre un parfum d’insatisfaction : tout a été effleuré mais non approfondi.

Une lecture agréable et assez prenante.

Le portrait de Madame Charbuque de Jeffrey Ford
Editions Le Livre de Poche
2008, 350 pages

Power Play de Joseph Finder

Résumé

Enlèvement de milliardaires, détournement d’avion… les preneurs d’otages professionnels ne manquent pas d’audace. Mais s’emparer des dirigeants d’une grande entreprise, réunis le temps d’un séminaire dans un lieu coupé du monde, personne ne l’avait encore tenté. La demande de rançon est à la hauteur du coup : faramineuse.
Et si ces hommes visiblement prêts à tout n’étaient pas de simples malfrats ? Quand on joue avec le pouvoir, mieux vaut connaître ses partenaires…

Avis

Etant un fan inconditionnel de Joseph Finder je me suis précipité à ma librairie pour acheter son dernier « thriller entreprise ».
Tous les livres de Finder ont l’avantage d’avoir un rythme rapide, les chapitres s’enchaînant rapidement. Il n’y a donc très peu de temps mort. C’est dans cette idée d’être constamment dans l’action qui m’intéresse chez cet auteur.
Un bémol concernant ces oeuvres est l’histoire développé. Les différents scenarii ne sont pas révolutionnaires en soit, ce sont des histoires somme toutes assez basiques (pour toutes personnes habituées à lire ou à aller au cinéma) mais qui fonctionnent néanmoins grâce encore une fois à l’action.

C’est le cas pour Power Play où l’on suit Jake Landry, jeune homme a priori sans problème mais avec ses parts de mystère, qui travaille dans une grosse société aéronautique. En remplacement de son chef, il est convié au séminaire annuel regroupant les personnes les plus influentes de la compagnie dans un chalet haut de gamme situé dans un coin reculé de la civilisation.
Entre tous les grands pontes de sa boîte, il rencontre Ali son ancienne copine actuellement secrétaire du PDG de la société.
Un groupe de chasseurs perdus dans la forêt attenante du chalet s’invite à la fête et de fil en aiguilles décide de les séquestrer pour obtenir une grosse rançon.
Qui sont ces hommes ? Sont-ils réellement des chasseurs ?
Ont-ils un lien avec l’histoire de corruption dont la société est suspectée ?

Sur fond de prise d’otages et de complots d’entreprise, l’histoire est prenante et me rappelle de temps en temps un bon vieux John McClane (aka Bruce Willis dans Piège de Cristal). Les pages défilent assez rapidement afin de connaître le dénouement final.

Bilan

Avis plutôt positif, on lâche difficilement le livre même si l’histoire n’est pas franchement originale. Un bon livre néanmoins qui se lit de la même façon que l’on    regarde un film d’action des années 90.