Nummer de Frédéric Staniland

NummerNummer est un livre que je n’aurai pas lu sans le partenariat avec Livraddict et Scrineo, que je remercie. Le sujet, la seconde guerre mondiale, m’intéresse beaucoup mais la couverture ne me donnait pas forcément très envie au début sans trop savoir pourquoi, peut-être une crainte de replonger dans les atrocités de la guerre, et pourtant la lecture de ce livre a été passionnante.

La deuxième guerre mondiale est ici abordée de manière différente des romans pour adultes. On suit le parcours de deux groupes à deux époques différentes. On est à la fois plongés dans les atrocités de la guerre et également dans les secrets de celle-ci avec l’enquête menée par Séraphin, à notre époque.

Nos actes, nos choix, nos opinions nous guident et font souvent de nous ce que nous sommes. C’est le cas pour les différents personnages auxquels nous nous attachons dans ce roman. Ils vivent au final une expérience commune mais à plusieurs époques.

Nummer est remarquablement bien écrit car il n’est ni trop historique, ni trop romancé et je pense qu’ainsi il touche un public large, que ce soient des adolescents ou des adultes. On oscille entre les différentes périodes avec facilité car à chaque fois il s’agit d’un nouveau chapitre. On se prend très vite à l’enquête et on a envie de venir en aide aux protagonistes.

Frédéric  Staniland a un style qui me plaît beaucoup, ses chapitres sont dynamiques et on ne s’ennuie donc jamais, au contraire on souhaiterait que le livre continue encore un peu plus. J’ai appris ce qu’était le kindertransport. Cet événement m’était jusqu’alors inconnu.

Les notes de fin d’ouvrage aident ou aideront justement à la compréhension de passages de la guerre. Pour les adolescents je pense qu’il s’agit d’un roman intéressant et très complémentaire à ce qu’ils peuvent apprendre dans les livres d’école. Pour les adultes je crois qu’il est tout aussi intéressant car il permet de remettre en mémoire ce qu’on a pu apprendre sur cette guerre. Nous devons faire ce devoir de mémoire pour que les atrocités de la guerre ne se reproduisent jamais. C’est encore plus important à notre époque où notre société est en pleine évolution.

C’est une lecture que je recommande vivement car ce livre est juste et nécessaire à la mémoire collective.

Trois éclats toutes les vingt secondes de Françoise Kerymer

Trois éclats toutes les vingt secondesMerci aux éditions JC Lattès et à Livraddict pour la lecture de Trois éclats toutes les vingt secondes

Présentation de l’éditeur :

Au large du Finistère, là où la terre finit, où le plus grand cimetière marin du monde murmure ses légendes, une île : l’île de Sein.
Emma et son fils, Camille, sept ans, y débarquent pour passer les deux mois d’été.
La jeune mère est désespérée : contrainte à cet exil par son mari, elle éprouve les plus grandes difficultés à comprendre son fils, à l’intelligence aiguë et au caractère imprévisible. Et si le jeune garçon s’enthousiasme immédiatement pour l’île, Emma résiste malgré le soutien d’Armelle, la restauratrice au grand coeur, de Ronan, marin de la navette quotidienne avec la grande terre, et de Louis-Camille, compositeur solitaire.
Entre ciel et mer un drame se joue. La magie de l’île bretonne réussira-t-elle à sauver la mère et son enfant ?
Un récit lumineux, qui mêle finement psychologie et suspense.

Mon avis :

Trois éclats toutes les vingt secondes est un récit prenant et facile à lire, que l’on traverse comme on ferait une promenade au bord de l’eau. L’auteure y met en œuvre une syntaxe simple. Pas d’exploit littéraire, mais une ambiance de bout du monde efficacement installée par l’omniprésence du vocabulaire maritime. On se laisse rapidement bercer par le ressac.

C’est d’ailleurs un récit d’apaisement, dans lequel des personnages coincés à l’intérieur d’eux-mêmes vont profiter de la bouffée d’air pur offerte par l’Ile de Sein et ses quelques deux-cents habitants pour s’aérer et se reconstruire sur cette terre qui guérit ceux qui la foulent. Emma vit une crise profonde dans sa relation à son fils surdoué Camille et son mari tyrannique Boris. Elle s’ennuyait, elle a perdu pied. La voici punie, parisienne de mœurs et d’adoption coincée parmi les pécheurs deux mois durant. Camille, quant à lui, apprend auprès d’autres adultes que l’amour qu’il croit ne pas recevoir de sa mère peut prendre des visages inattendus. Louis-Camille, compositeur et chef d’orchestre exilé, cherche la mélodie du bonheur. Sans être particulièrement complexes, les personnages sont crédibles même s’ils sont peut-être parfois un peu trop bons pour être réalistes. Quoi qu’il en soit, on attend avec eux la résolution de leurs drames personnels, on espère qu’ils parviendront à combler leur vide intérieur.

Trois éclats toutes les vingt secondes, titre qui réfère, on l’aura deviné, à l’activité d’un phare, est une lecture sereine, agréable.

Loeuk… Tchong Kraoy : La dernière fois de Phiseth Srun

La dernière foisRésumé:

Au début du printemps 1975, à 12000 kilomètres du Sud-Est de la France, un jeune étudiant de vingt ans, originaire de Phnom Penh et issu d’un milieu militaire, quitte sa ville natale pour se rendre chez ses amis au Laos. Pour ce faire, il doit parcourir 800 kilomètres en autocar, partant de la région Nord-Ouest du Cambodge pour rejoindre Vientiane.

Un mois plus tard, les maquisards communistes « Khmers rouges » envahissent les villes du pays, et en très peu de temps, tous les citadins sont évacués de chez eux. Les intellectuels, les fonctionnaires, mais aussi les soldats du régime déchu comptent immédiatement parmi les premières proies de ces révolutionnaires « pro-Maoïstes », assoiffés de diverses formes de vengeances primitives, et qui se composent majoritairement d’adolescents.

Du jour au lendemain, face aux échos des nouvelles qui circulent dans le mauvais sens, notre jeune orphelin khmer se retrouve ainsi dénué de toutes ressources, mais surtout dépouillé de ses rêves de jeunesse.

Tout d’abord, je remercie les éditions VPS pour m’avoir permis de lire « Loeuk… Tchong Kraoy – La dernière fois » de Phiseth Srun dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict.com. (Livre envoyé avec dédicace personnelle !)

J’ai voulu chroniquer ce récit car la couverture et la 4ème de couverture me laissait envisager un voyage prometteur au Cambodge.

Ce récit, qui a pour point de départ l’arrivée des Khmers Rouges dans la capitale cambodgienne, ne tient, hélas, pas du tout ses promesses. Je n’ai jamais été transporté jusqu’en Asie: la description des lieux, du quotidien des personnages n’est en fait qu’une succession de phrases très neutres, de type encyclopédique. L’auteur n’a fait que reprendre des informations de guides et d’articles de Wikipédia. Il n’y a rien de personnel, rien qui transporte le lecteur, qui le fait voyager. Quant à l’action elle-même, il n’y en a pas ! Certes, le narrateur émigre vers la France. Mais il a déjà quitté le Cambodge quand les Khmers arrivent au pouvoir, ce qui fait qu’il n’y a aucun élément perturbateur. Les Khmers sont évoqués, de façon lointaine. Le narrateur prend le bus vers la Thailande, puis vers le Laos, puis un avion vers la France. Mais pendant ce voyage, il ne se passe rien. Le narrateur attend son prochain transport… et le lecteur attend aussi et s’ennuie, en espérant qu’il se passera enfin quelque chose dans ce récit. (Je peux « spoiler »: il ne reste à rien d’espérer, il ne se passe rien jusqu’à la fin !).

L’auteur n’a aucune qualité littéraire. L’écriture est scolaire à l’extrême: un adjectif pour chaque nom, des adverbes « en veux-tu ? – en voilà « ,… L’écriture est donc très fade et artificielle. Aucun intérêt. Les dialogues n’ont aucune saveur et sont eux aussi complètement artificiels.
Pour se rendre compte du contenu du livre, il suffit de lire le dialogue p.241: cela donne un très bon aperçu du contenu du livre et du style de l’auteur.

Pour tout vous dire, ce livre est tellement mauvais que je me suis dit que c’était de l’auto-édition (je me suis déjà fait avoir de cette manière avec un livre reçu lors d’une masse critique de Babelio: un soi-disant éditeur monte une « fausse » petite maison d’édition pour promouvoir en fait son livre auto-édité en se cachant derrière l’écran d’une maison d’éditions fictive… et, bizarrement, ces petites maisons d’édition ne commercialisent qu’un livre… celui de leur créateur !).

Et, bingo ! Une courte recherche internet a confirmé mes doutes: VPS éditions n’est qu’un prétexte pour écouler un livre auto-édité !
( je vous invite à cliquer sur ce lien: http://www.copy-media.net/couvertures/1 … tions-vps/)

Verdict sans appel: récit sans intérêt, auteur sans aucune qualité littéraire !

L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafón.

L'ombre du ventPrésentation de l’éditeur

Par un matin brumeux de l’année 1945, Señor Sempere fait découvrir à son fils Daniel und endroit mystérieux de Barcelone: le cimetière des livres oubliés. Daniel y découvre le roman d’un auteur disparu ayant pour titre »L’Ombre du Vent ». Celui-ci va changer sa vie…

Mon avis

Premier tome de la série du Cimetière des Livres Oubliés, ce livre fut une très belle surprise. En général, la littérature contemporaine a du mal à me captiver, mais « L’Ombre du Vent » me poussera sans doute à lire d’autres romans de cet auteur.

Ce livre fait agréablement voyager le lecteur dans la Barcelone de l’après-guerre. Il s’agit d’une histoire pleine de contrastes: le Bien et le Mal, l’Ombre et la Lumière, l’Ami et l’Ennemi, l’Amour et la Haine font vibrer le lecteur page après page avec le protagoniste Daniel Sempere. Celui-ci s’est mis en tête de découvrir la véritable histoire de l’écrivain Julián Caráx après avoir lu son roman « L’Ombre du Vent » et appris qu’il n’en existait plus que son propre exemplaire. Une histoire mystérieuse qui s’éclaircit au fil des rencontres avec les différents personnages. Chacun d’entre eux dévoile à Daniel une pièce de ce puzzle, le rapprochant de plus en plus de la vérité.

Daniel est secondé dans ses recherches par Firmin, un ancien agent secret plein d’humour et de joie de vivre. Cependant, les deux acolytes sont vite suivis par le pire ennemi qu’ils puissent s’imaginer… La tension augmente petit à petit lorsque les premiers parallèles entre la vie de Daniel et celle de Julián apparaissent. Le lecteur ne peut alors s’empêcher de se demander comment toute cette histoire va bien pouvoir finir.

Ce livre a tout simplement tout pour plaire. Il est à la fois sombre, plein de sensibilité, captivant et même parfois érotique. La plume de Zafón est superbe, imagée et poétique. Sans aucune longueur, ce roman fut très agréable à lire. Un véritable coup de coeur!

L’éléphant s’évapore d’Haruki Murakami

L'éléphant s'évaporeQuatrième de couverture:

Une curieuse digression sur les kangourous. Un éléphant qui se volatilise. Un nain diabolique qui danse. Ou une jeune fille « cent pour cent parfaite ». A travers ces dix-sept nouvelles, petits contes anodins de notre quotidien, Haruki Murakami entraîne son lecteur dans une dimension parallèle à l’imaginaire délicieusement drôle et bizarre, au fil d’un Japon nostalgique et moderne à la fois.
Farouchement zen et férocement fantastique, l’auteur déploie encore une fois son art magistral et nous montre qu’il sait comme personne comment transfigurer la banalité de nos existences.

Mon avis:

C’est ma soeur qui m’a donné ce recueil de nouvelles, sachant que je m’étais lancée dans le challenge « Haruki Murakami ». N’ayant au préalable lu qu’un autre ouvrage de l’auteur, Les attaques de la boulangerie, je restais donc dans le même registre pour continuer ma découverte de cet auteur particulier.

Et particulier, c’est bien le mot. Exactement l’impression que m’a laissé la première nouvelle du recueil, L’oiseau à ressort et les femmes du mardi. Mais je n’ai pas abandonné, et au fil des pages, on apprécie cette façon d’écrire, de mettre en avant des petites choses qui n’auraient intéressé personne d’autre.
Car c’est cela qui est remarquable dans ces nouvelles, cette description de petits moments du quotidien, d’une banalité lassante, mais qui deviennent des odes à l’imaginaire, au fantastique, à la poésie et à l’absurde. On apprécie la récurrence d’un certain Noburu Watanabe, dont parfois seul le nom est prononcé, et qui nous donne l’impression d’être complices de l’auteur. Le Japon moderne y est très bien décrit, et on ressent aussi les influences occidentales de l’auteur, surtout dans la musique qu’il fait jouer au cours de ces histoires.

J’ai dans l’ensemble plutôt apprécié ce livre, même si je suis restée sur ma faim pour certaines nouvelles. Parfois l’histoire est comme interrompue, et j’ai eu l’impression qu’il manquait quelque chose, pas forcément une explication, mais le petit truc qu’il ne manquait pas dans les autres nouvelles.
Une bonne lecture en définitive.