Compte-rendu du Book Club d’octobre 2014 sur « L’attrape-coeurs » de J. D. Salinger

Le book-club du mis d’Octobre 2014 mettait à l’honneur L’Attrape-cœurs de J.D. Salinger, un classique de la littérature américaine publié en 1951. Le livre met en scène le jeune Holden Caulfield, un adolescent de 17 ans qui vient de se faire expulser de son lycée à cause de ses mauvais résultats. Quelques jours avant les vacances de Noël, le héros part de son lycée sans toutefois rentrer chez lui : il va errer ainsi dans la ville de New-York, pendant trois jours et sous la neige.

L’intrigue

L’adolescence est le thème principal de ce roman. Tous les participants au book-club s’accordent à dire que la perte de l’innocence, le passage de l’enfance à l’âge adulte et l’incapacité du héros à s’adapter à ce nouveau monde sont les problématiques abordées par l’auteur.
Holden est en effet un adolescent perdu qui refuse de trouver une place dans le monde adulte et qui n’arrive pas à s’y intégrer. Il rejette les codes de ce monde corrompu et reste nostalgique de l’enfance, une période qu’il idéalise et qui a pour lui une certaine pureté.
L’intrigue de ce roman met donc en valeur les questions qu’un adolescent est amené à se poser à cette période charnière de sa vie, et aux conséquences qu’elles peuvent avoir sur lui.

Si l’intrigue est riche en problématiques, elle est cependant pauvre en action. En effet, beaucoup de lecteurs ont mis en évidence le fait qu’il n’y avait pas vraiment d’intrigue dans ce livre puisqu’il racontait les errances d’Holden comme des anecdotes. L’action n’est pas l’enjeu de ce livre. Certains lecteurs ont trouvé cela émouvant puisque l’absence d’action leur permettait de se concentrer d’autant plus sur le personnage d’Holden, mais d’autres ont regretté ce manque d’action et auraient notamment souhaité une fin moins ouverte.

En somme, l’intrigue est à l’image du personnage d’Holden : elle manque de structure et part en divagations.

 

Personnages

Le personnage d’Holden a donné aux membres de Livraddict l’image d’un adolescent marginal qui ne trouve pas sa place dans la société. Certains d’entre nous l’ont trouvé sinistre, dépressif et déprimant, un sentiment motivé par le fait qu’il n’aime rien et qu’il n’a pas de passion. D’autres se sont au contraire retrouvés en lui, lui ont trouvé une certaine force de caractère et se sont attachés à ce personnage.

Les personnages adultes en général ont été beaucoup discutés lors du book-club et ont suscité beaucoup de réactions différentes. Certains les ont trouvés laxistes du fait qu’ils ne prêtent pas attention à Holden ; d’autres les ont trouvé plus sévères (notamment en ce qui concerne la cause de son expulsion du lycée).
L’adjectif « décevants » est enfin revenu à de nombreuses reprises : ils ne sont pas compréhensifs avec Holden, ne l’écoutent pas ou ont des arrières pensées douteuses. Holden apparaît ainsi comme incompris, comme si ses interlocuteurs adultes n’avaient jamais été adolescents avant lui.
Globalement, les adultes n’ont pas été vraiment appréciés : trop moralisateurs, ils se contentent de faire la morale à Holden sans essayer de le comprendre. En cela, les adultes peuvent aussi être considérés comme assez réalistes puisqu’on remarque souvent dans la réalité que le monde des adultes est radicalement opposé à celui des adolescents et ne le comprend pas.
Enfin, une participante suggère que le dialogue impossible entre Holden et ses interlocuteurs met en évidence le fait que Holden doit trouver les réponses à ses questions en lui-même avant d’aller vers les autres.

La petite sœur d’Holden, Phoebe, est un personnage qui a également suscité quelques réactions. La plupart des participants au book-club la trouvent plus mature que son grand frère, mais ils n’oublient pas qu’on la voit à travers les yeux du héros et que celui-ci l’idéalise peut-être.

 

Style et Auteur

Le style particulier de ce livre a interpellé la plupart des lecteurs. Beaucoup d’entre nous ont remarqué les mots d’argot comme « bicause » ou « ça m’a tué » ; certains étaient surpris au début mais s’y sont finalement habitués, d’autres ont trouvé cela gênant, et ont trouvé que cela surchargeait le style.

On a ainsi pu s’interroger sur la pérennité du vocabulaire : certaines expressions ne sont plus à la mode aujourd’hui et ont posé des difficultés et découragés certains lecteurs, mais d’autres y ont trouvé un côté authentique et touchant, et n’ont pas été gênés par ces expressions vieillies.

Ces tics de langage et les nombreuses répétitions ont été compris par les lecteurs comme une volonté de la part de l’auteur d’être le plus fidèle possible au langage des adolescents. L’écriture est ainsi un moyen de représenter la rébellion d’Holden. Le personnage donne l’impression d’écrire son journal le plus spontanément possible, et de raconter son histoire comme s’il parlait à un de ses amis.

L’écriture de Salinger est décrite comme incisive, pure, hachée. Sa richesse viendrait de sa volonté de représenter le témoignage d’un adolescent à fleur de peau et de ne rien laisser au hasard pour cela : les erreurs de langage sont faussement maladroites et les répétitions sont étudiées de telle manière que tout est maîtrisé. Cette recherche dans le style contribue ainsi à créer une proximité avec le lecteur, les tournures de phrases rendent ainsi le texte plus personnel et le personnage d’autant plus attachant.

Enfin, ce style apparaît a été décrit comme indispensable pour se mettre dans l’histoire. Certains s’accordent ainsi à dire que ce livre n’aurait pas pu être écrit autrement : les préoccupations d’un adolescent écrites dans un style plus classique n’auraient pas eu l’air sincères.

 

Général

On remarque finalement que les réactions à propos de ce livre mythique sont généralement assez opposées : soit on aime, soit on déteste.

Ceux qui ne l’ont pas aimé reprochent souvent au personnage d’être trop déprimant, blasé et dénué de toute motivation, de telle sorte qu’ils ne se sont pas reconnus dans son caractère. L’écriture et le style trop redondant de l’auteur est également une cause principale du rejet, les répétitions ont ainsi lassé des lecteurs. Certains lecteurs reprochent de même à l’écriture d’avoir mal vieilli.

D’autres l’ont apprécié parce qu’ils se sont reconnus dans le personnage d’Holden. L’adolescence est une période par laquelle nous sommes tous amenés à passer, et nous sommes souvent confrontés aux mêmes problèmes : vouloir arrêter le temps qui passe, avoir peur de grandir trop vite et ne pas vouloir entrer dans le monde des adultes responsables.
Bien que ce livre ait été écrit à une autre époque et dans une société et un pays différent, on peut encore s’étonner de l’écho qu’il peut avoir en nous et de son intemporalité. Si l’écriture a mal vieilli, le fond du livre semble rester très actuel et certains lecteurs font remarquer qu’il y a encore aujourd’hui beaucoup de Holden.

Certains ont mis en évidence le fait que l’âge auquel on lisait le livre pouvait influencer la façon dont on l’apprécie. Le lire à la période de l’adolescence peut peut-être nous aider à mieux rentrer dans l’histoire, et cela peut redonner du baume au cœur à certains adolescent en leur faisant comprendre qu’ils ne sont pas seuls et que leurs interrogations sont tout à fait normales.

Si quelques membres de Livraddict s’étonnent que ce livre soit considéré comme un pillier de la littérature américaine, d’autres pensent que ce livre est étudié aujourd’hui encore aux Etats-Unis car il retranscrit les états d’âme des adolescents de manière intemporelle.

On compte au final deux abandons, et le roman a une note de 7,37/10 (4 notes données lors du book club), et de 13,9/20 sur sa page Livraddict (pour 196 votes).

Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour de S.G. Browne

Comment j'ai cuisiné mon père

Croyez-en Andy, la non-vie de zombie n’est pas de tout repos ! Une fois passé le traumatisme  de revenir d’entre les morts dans un état de décomposition avancé, il faut encore se faire à l’idée que plus rien ne sera comme avant…

La mort, en plus de vous laisser salement amoché (une cheville cassée, des cordes vocales bousillées), vous retire tous vos droits fondamentaux de citoyens ! Heureusement pour Andy, plutôt que de l’envoyer comme cobaye dans un laboratoire ou de le vendre comme mannequin pour les crash-test, ses parents ont décidé de le garder auprès d’eux… enfin, pas trop près tout de même ! Entre l’odeur persistante de viande avariée et la honte d’avoir engendré une telle monstruosité, Andy a été remisé dans la cave à vin, condamné à descendre de grands crus sans en ressentir le goût ni les effets ! Alors, pour s’extraire de cette solitude pesante, Andy va chaque semaine aux MVA, les Morts-Vivants Anonymes, où chacun  tente de voir sa transformation du bon côté… Pas facile quand on sait que l’on peut finir à tout moment démembré par une bande d’humains surexcités ou enfermé dans une cage à la SPA en attendant d’être récupéré par ses « propriétaires » ! Heureusement, la rencontre avec Ray, un zombie indépendant toujours prêt à partager un bocal de chevreuil, pourrait bien ressouder le petit groupe autour d’un objectif commun…

Vous l’aurez compris, « Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour » n’est pas tout à fait un roman de zombies comme les autres… On est loin des créatures affamées, lentes et sans cervelle auxquelles nous ont habitués Romero et Walking Dead… Ici les zombies peuvent courir (quand ils n’ont pas la cheville cassée !), ont une conscience, mangent autre chose que des humains (mais c’est encore ce qu’il y a de meilleur…) et ont des sentiments ! Bref, ce sont « presque » des gens comme vous et moi, qui ne demandent qu’à être acceptés dans notre société sans être considérés comme des pestiférés…

En faisant d’Andrew le narrateur de son histoire, S.G. Browne prend le contre-pied d’un mythe aussi populaire que celui des zombies et nous offre un roman à la fois original et décapant ! L’expérience de la non-vie nous est racontée de l’intérieur, avec tous les inconvénients, parfois triviaux, auxquels elle est confrontée. Du coup, on se prend d’affection pour cet anti-héros d’un nouveau genre qui n’aspire qu’à une chose : retrouver sa dignité et être considéré comme un être doué de raison et non comme un animal.

Amateurs du genre, n’ayez crainte !  S.G. Browne n’oublie pas la nature réelle de ses personnages et, sous leurs dehors bien-pensant, l’instinct est bien présent… L’histoire s’ouvre tout de même sur les parents d’Andrew retrouvés découpés dans le congélateur… Alors oui, l’auteur parvient à mélanger avec brio sentiments, hémoglobine, éloge de l’amitié et cannibalisme, le tout sur fond de critique virulente  de notre société et de l’hypocrisie qui la gouverne. Bref, un roman corrosif, plein d’humour  et de mordant qui offre un excellent moment de lecture !

Je tiens à remercier vivement Livraddict et les éditions Folio pour cette chouette découverte

Les Blessures Invisibles de Nicholas Evans

Les blessures invisibles

4ème de couverture: 

Depuis son plus jeune âge, Tommy rêve de cow-boys et de cavalcades. Mais il y a loin de l’Angleterre des années 50 au Far West. Lorsque sa soeur, actrice montante, vient l’arracher aux brimades de son pensionnat, c’est pour son rêve qu’il s’envole bientôt : Hollywood. Et puis … le fiancé de Diane est un cow-boy, un vrai, un de cinéma…

Mon avis:

Dans ce roman de Nicholas Evans, nous suivons le parcours de Tom à différents moments de sa vie et plus particulièrement son enfance (9 à 13 ans) et sa maturité (50 ans), périodes marquées par des drames, par ces blessures invisibles qui gangrènent sa vie  et l’empêchent d’être heureux.

Les deux périodes de sa vie s’entremêlent tout au long du récit, déconstruisant ainsi la structure narrative chronologique traditionnelle. Cependant, la lecture est très aisée grâce à l’écriture fluide de Nicholas Evans et à sa petite astuce qui consiste à utiliser le surnom de Tommy quand il évoque l’enfance de son personnage. Le lecteur n’est donc jamais perdu.

Chaque période contient son lot de mystères, ce qui rend la lecture intéressante en incitant le lecteur à tourner les pages, sans qu’il s’en rende compte, jusqu’aux révélations finales.

Nous retrouvons bien sûr la nature, les grands espaces, les chevaux, thèmes chers à l’auteur… Mais aussi le monde du cinéma: nous croisons Steve MacQueen, John Wayne, Gary Cooper … Pour une fan de cinéma comme moi, c’était jubilatoire !

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce roman pour sa construction narrative savamment orchestrée, pour son histoire empreinte de mystères et pour ses thèmes chers à l’auteur… Je continuerai à me plonger dans ses romans et j’attends le prochain avec impatience.

Note : 17 / 20.

Etiquette & Espionnage de Gail Carriger

Etiquette et espionage

Quatrième de couverture

C’est une chose que d’apprendre à faire une révérence comme il faut. C’en est une autre que d’apprendre à faire une révérence en lançant un couteau. Bienvenue au Pensionnat de Melle Géraldine. Angleterre, début du 19e siècle. Sophronia, 14 ans, est un défi permanent pour sa pauvre môman : elle préfère démonter les horloges et grimper aux arbres qu’apprendre les bonnes manières ! Mrs Temminnick désespère que sa fille devienne jamais une parfaite lady… aussi inscrit-elle Sophronia au Pensionnat de Melle Géraldine pour le Perfectionnement des Jeunes Dames de Qualité. Mais Sophronia comprend très vite que cette école n’est peut-être pas exactement ce que sa mère avait en tête. Certes, les jeunes filles y apprennent l’art de la danse, celui de se vêtir et l’étiquette; mais elles apprennent aussi à donner la mort, l’art de la diversion, et l’espionnage – le tout de la manière la plus civilisée possible, bien sûr. Cette première année au pensionnat s’annonce tout simplement passionnante.

Mon avis

À l’occasion du challenge « vapeur et feuilles de thé », Asuna et Sia ont choisi de nous faire découvrir le steampunk. Je ne suis pas très attirée par la science-fiction ou le fantastique en général mais j’avoue que le titre du challenge a été plus que tentant!

Pour ma première rencontre avec ce genre littéraire, je me suis installée au Pensionnat de Mlle Géraldine pour le Perfectionnement des Jeunes Dames de Qualité au côté de Sophronia Angelina Temminnick, jeune fille de quatorze ans effrontée et pleine d’humour.
J’y ai fait la connaissance de professeurs très différents les uns des autres, enseignant des matières classiques telles que l’économie domestique ou la danse de salon mais aussi des matières inofficielles comme l’art de l’empoisonnement ou les techniques de combat au couteau contre un loup-garou. Ce pensionnat n’est décidément pas ce que Mrs Temminnick s’imaginait en y envoyant la plus jeune de ses filles! Les jeunes demoiselles y apprennent, certes, les bonnes manières mais elles y sont aussi formées pour devenir d’excellents agents secrets…

En compagnie de Dimity, descendant d’une famille de criminels mais souhaitant, elle, devenir une vraie dame, Vieve, jeune fille passionnée par les inventions en tout genre et Savon, l’aimable soutier toujours prêt à rendre service, Sophronia découvre petit à petit les différentes facettes du pensionnat et ce, pas toujours de manière réglementaire.
Après quelques cours donnés par Lady Linette, Soeur Mattie et le professeur Braithwope, nous partons avec Sophronia à la recherche d’un mystérieux prototype dans l’espoir de pouvoir enfin rendre la monnaie de sa pièce à cette peste de Monique de Pelouse! Entre les bandits de haut vol, un méchanimal affamé et les cours du pensionnat, Sophronia n’a pas le temps de s’ennuyer et nous non plus!

Ce premier tome en 17 leçons, fut une lecture rapide et très agréable, parfaite pour s’initier au steampunk et découvrir l’univers de Gail Carriger.

Les contaminés d’Yves-Marie Clément

Les contaminés

Tout d’abord, je tiens à remercier les Editions Scrineo ainsi que Livraddict, pour m’avoir permis de découvrir cet auteur et ce roman. Un grand merci à vous dft009

13,5/20

     Laalia, Bambou, Abasse et Trésor sont de jeunes adolescents habitant la favela d’Esperanza. Lorsque don Jesus-Paulo propose à Laalia et Trésor de participer, avec leurs deux amis, à une émission de téléréalité qui les propulsera à coup sûr au rang de stars internationales, c’est une chance inespérée pour nos quatre jeunes. Ils acceptent sans aucune hésitation. Sans prévenir personne, ils débarquent sur Isla Grande où le jeu peut enfin commencer. Cependant, le jeu s’avère ne pas être totalement ce qu’ils espéraient et les quatre amis vont devoir affronter des opposants des plus coriaces….

   Ce roman commence de façon ultra prenante, ultra palpitante. Un début très rythmé et qui laisse envisagé un roman dans la même veine que ce préambule savoureux et qui met l’eau à la bouche. Le préambule est plein d’action, le ton est donné, les morts sont bien réelles et sont du genre violentes sur cette île. L’équipe adverse est coriace et surtout: sans pitié… Le préambule se clôt de façon abrupte et laisse planer une nappe de mystère et d’angoisse concernant la suite de l’histoire. Une très bonne petite mise en bouche qui donne très envie de se plonger plus longuement dans ce récit qui s’annonce palpitant pour un roman jeune ado.

   La mise en place confirme ce que le préambule avait promis au lecteur et est donc elle aussi effectuée très rapidement. On découvre nos quatre personnages principaux de façon très rapide et l’auteur nous fait entrer très rapidement dans le vif du sujet. Malgré la rapidité de cette mise en place, l’auteur n’en n’oublie pas pour autant de développer son univers et de l’approfondir, même si cela aurait pu être encore plus poussé, tout cela reste néanmoins très agréable et le rythme de la mise en place compense le manque de développement ou d’explications de certains passages.

 

     Ce roman est divisé en 3 parties que j’ai trouvées très inégales et qui révèlent les points positifs comme les aspects négatifs de ce récit. La première partie de ce roman est très intéressante, très fluide et très équilibrée au niveau du rythme de l’action, des rebondissements, des découvertes… La découverte des personnages, des lieux et des enjeux que représente ce "jeu" sont vraiment très intéressantes à suivre, bien que la couverture soit trop explicite à mon goût, c’est avec grand plaisir que l’on se plonge dans cet univers imaginé par l’auteur. La première partie de ce roman est donc très convaincante, pleine d’actions et de découvertes, rendant le tout très alléchant pour la suite.

     Cependant, la deuxième partie du récit m’a plus laissée sur ma faim. L’intrigue est installée, les personnages savent désormais de quoi il retourne et c’est donc maintenant que les longueurs s’installent, les répétitions ponctuent le récit et j’ai trouvé que l’on perdait un peu de rythme. Les rebondissements se font eux aussi moins présents, en bref, le récit s’essouffle un peu, j’ai eu l’impression de stagner à certains moments mais heureusement la troisième partie du roman est vraiment plus rythmée et à la hauteur de ce que nous promettait le début du roman. L’action est beaucoup plus présente et les rebondissements s’enchaînent. La fin approche à une vitesse folle et l’issue en est toujours aussi incertaine. La tension monte et je n’avais plus qu’une seule envie: connaître enfin le dénouement de ce roman.

     L’écriture de l’auteur est très fluide et rapide. Il nous plonge immédiatement dans son récit et nous embarque avec lui avec facilité. Les chapitres sont très courts et cela contribue aussi à rendre le rythme du récit très dynamique et très simple à suivre. Cependant, malgré une écriture agréable et qui ravira les jeunes adolescents, j’ai trouvé que certaines idées et certaines actions n’étaient pas assez approfondies, elles auraient pu rendre le roman encore plus intéressant et je trouve dommage que l’auteur n’ait pas plus creusé certains points tels que l’enquête policière qui se met en place en parallèle par exemple. De plus, j’ai trouvé qu’à certains moments, le langage employé par l’auteur n’était pas approprié, les mots grossiers étaient parfois trop utilisés et pas forcément adapté. Heureusement, cela ne dure pas pendant toute la durée du récit, et j’ai globalement apprécié l’écriture de l’auteur, qui correspondra par ailleurs très bien au public visé par le roman.

     Nos quatre personnages, Laalia, Bambou, Abasse et Trésor habitent tous à Esperanza et sont de très bons amis, ils se retrouvent embarqués dans une histoire qui les surpasse et nous apprenons à les connaître et les comprendre un peu mieux.  Tout d’abord, il y a Laalia, elle qui rêvait de devenir une star grâce à cette téléréalité, elle va vite se sentir coupable d’avoir entraîné ses amis dans ce cauchemar. C’est le personnage qui est le plus approfondi et dont on suit le plus les émotions. Néanmoins, nous suivons aussi Bambou, élue deux fois Miss Esperanza, elle fait très attention à son apparence, Abasse, grand, sportif, musclé, c’est le point fort de leur équipe pour tenter de venir à bout de l’équipe adverse, et enfin Trésor, l’intello de la bande. Tous ont un fort potentiel et sont appréciables mais j’aurai vraiment aimé en savoir plus sur eux, que leur psychologie soit un peu plus approfondie, mais il faut bien avoué que le récit était plus orienté vers l’action. J’ai trouvé que pour des personnages amis depuis toujours, ils ne se comportaient pas toujours comme tels, se parlaient mal et étaient très peu solidaires, je n’ai vraiment ressenti de complicité entre eux, dommage. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages bien que je les ai appréciés, c’est donc vraiment dommage car des personnages un peu plus approfondis auraient vraiment pu être un point positif.

   La fin m’a vraiment beaucoup plue, riche en action et en rebondissements plus inattendus les uns que les autres. Vraiment palpitante et très bien amenée, cette fin est légèrement ouverte et nous amène à nous poser encore une grande question qui amènera peut-être l’auteur à faire une suite, qui sait. Une fin vraiment à la hauteur et qui clôt à merveille ce roman que j’ai dévoré et qui en ravira plus d’un.

Les +: le préambule, la première partie du récit, l’idée de départ, l’écriture très fluide, les chapitres très courts, la fin
Les -: la deuxième partie du récit, les personnages auxquels je ne me suis pas attachée, les longueurs, le langage employé

     Un roman qui ravira les jeunes adolescents de par son thème et l’écriture vraiment très fluide qui invite à le dévorer très rapidement. Le roman est très bien rythmé malgré un petit coup de mou vers le milieu et les chapitres très rapides aident à faire de ce roman un page-turner. Quelques petits bémols ponctuent néanmoins le récit, les personnages sont appréciables mais je ne me suis pas attachée à eux et j’aurai aimé qu’il soient plus développés ainsi que leur relation. Le langage est parfois un peu grossier inutilement. Malgré les quelques points négatifs, j’ai vraiment apprécié ce roman que j’ai d’ailleurs dévoré très rapidement. Une lecture agréable peut-être destiné à un public un peu plus jeune. J’espère que vous apprécierez ce roman au moins autant que moi sinon plus.