Book Club Livraddict – Anne : La Maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery

Book Club – Décembre 2020

Book Club Livraddict – Anne : La Maison aux pignons verts de Lucy Maud Montgomery pour le thème
« Classique jeunesse »

Compte-rendu par Emmani

Pour le bookclub de décembre sur le thème « Classique Jeunesse », les membres du forum ont choisi de lire Anne de Green Gable aussi intitulé Anne et la maison aux pignons verts (entre autres), écrit par Lucy Maud Montgomery et récemment réédité aux éditions Monsieur Toussaint Louverture.

La majorité des participants a trouvé qu’Anne était le point fort du roman. Son authenticité, sa joie de vivre, son insouciance et ses rêveries incessantes sont touchantes. Beaucoup se sont sentis très proches d’elle. Elle rappelle l’enfance, le moment où chacun rêvait d’aventures romanesques. Anne va si loin dans ses rêveries qu’elle nous fait rire, c’est un véritable rayon de soleil. Néanmoins, elle peut être un peu agaçante par moment notamment de par sa vanité, ou encore son entêtement. Mais cela ne l’a pas empêchée de conquérir la plupart des lecteurs. Pour autant, certains ont pu être exaspérés par cette manie d’Anne de raconter à tort et à travers tout ce qu’elle voit et imagine. Elle est alors devenue à la limite du supportable, car ce trait de caractère est poussé à l’extrême chez elle.

Matthew, son père adoptif, est un personnage très doux. Il est très discret, mais il occupe pourtant une place immense dans le cœur d’Anne. On s’attache peu à peu à lui, sans même s’en rendre compte. Marilla quant à elle a le mauvais rôle : c’est elle qui est chargée d’éduquer Anne. Elle peut paraître dure et froide, mais elle a un grand cœur. C’est touchant de la voir s’ouvrir peu à peu à Anne. Quant aux personnages secondaires, ils ne sont pas pour autant délaissés et ont tous un petit quelque chose d’attachant.

Le décor est très réussi, que ce soit Avonlea ou Green Gables. Pour ceux qui ont accroché à l’histoire, c’est un peu comme si Avonlea devenait notre foyer, notre refuge : comme si on revenait à la maison à chaque fois qu’on rouvrait le livre. Tout le monde a fait remarquer que les descriptions étaient très jolies, poétiques et visuelles : il est facile de se représenter ce cadre idyllique. L’autrice donne vie à ses paysages et donne envie d’aller vivre sur l’Île-du-Prince-Edouard.

L’histoire n’a rien d’exaltante, on suit la vie quotidienne d’Anne, tout simplement. Il n’y a pas de suspens, le roman est à la base destiné à un lectorat jeune alors un lecteur habitué voit les fils se tisser et prévoit très facilement la fin. L’intrigue est composée de chapitres épisodiques qui racontent un moment de la vie d’Anne, en général une bêtise ou une anecdote. Le rythme est lent, tout le monde est d’accord là-dessus. Certains ont souffert de ce manque de rythme jusqu’à s’ennuyer et n’avoir pas particulièrement envie de reprendre le livre. D’autres ont apprécié cette lenteur, toutefois rythmée par les saisons qui passent et Anne qui grandit. Pour eux, c’est une lecture qui ne se dévore pas c’est sûr, mais se savoure à petit feu, sans que cela soit une mauvaise chose.

La majorité a été embarquée par l’histoire et les aventures d’Anne. Le livre apparait alors comme une petite bulle de bonheur, vous lisez 2/3 chapitres et cela suffit à ensoleiller votre journée. Il est clair qu’il ne faut pas entrer dans le livre en s’attendant à y voir de l’action, l’intrigue est contemplative, pleine de bons sentiments et de douceur, peut-être trop bisounours pour certains. Elle est cependant très drôle, touchante et émouvante.

Le ton est doux, il y a une touche d’humour, de tendresse, d’émotion et une légère nostalgie, on rit comme on pleure. C’est un récit qui fait du bien, qui nous apaise et nous console. On a l’impression d’un message de bienveillance et de tolérance. Néanmoins, le ton est très daté : on est au Canada, au début des années 1900, une période conservatrice, ce que l’on voit notamment à travers les adultes. Anne reste un personnage somme-toute moderne par rapport à son époque : c’est une petite fille très active qui n’a pas sa langue dans sa poche, fait très peu pardonné à l’époque. Nous avons apprécié que l’éducation soit mixte qu’Anne ait de l’ambition et jouisse d’une liberté. Le texte reste patriarcal, à cause de son contexte : il faut être une bonne fille convenable, s’occuper de la maison etc. Il y a également un ton moralisateur, empreint de références et citations diverses : il faut prier, ne pas avoir de pensées méchantes etc. Le tout reste bienveillant, et l’autrice semble encourager l’imagination de l’enfant et l’ambition des femmes. Cet aspect daté et ce ton moralisateur a tantôt agacé, tantôt été excusé par les lecteurs, qui ont trouvé cela somme toute intéressant.

Le style était très fluide et facile, du fait de l’âge cible. En VO, la lecture est agréable, fluide et accessible. La traduction des Éditions Toussaint Louverture est plutôt moderne, ce qui n’est pas une mauvaise chose, ça adoucit un peu le côté vieillot de certaines idées. Pour ceux qui ont lu les autres traductions, celle d’Hélène Charrier a été plus fluide que celle d’Henri-Dominique Paratte.

Une majorité des lecteurs a beaucoup apprécié cette lecture. Anne de Green Gable est une lecture fraîche, douce, qui fait du bien, en plus d’être une belle ode à l’imagination.

Pour aller plus loin, les livraddictiens recommandent :

  • Anne with an E, adaptation en série sur Netflix : l’histoire d’Anne y est très modernisée, pour ceux qui ont été gêné par le contexte daté et la série est plus sombre que le livre, moins enfantine.
  • Le bonheur au bout du chemin, adaptation en téléfilm dans les années 80 : Les deux premiers films suivent fidèlement les premiers tomes de la saga, le troisième dénature le livre en une adaptation très très libre.
  • La bibliothèque des citrons de Jo Cotteril : une lecture jeunesse émouvante qui aborde pleins de sujets. L’héroïne se voit en Anne et le livre est truffé de références à Anne de Green Gable.
  • Le bruissement du papier et des désirs, Sarah Mccoy : raconte la vie des Cuthbert avant Anne
  • Les malheurs de Sophie, Un bon petit diable, L’auberge de l’ange gardien de la Comtesse de Ségur
  • Heidi de Johanna Spyri
  • Les Quatre filles du Dr March de Louisa May Alcott
  • Before Green Gables de Budge Wilson : là aussi, la vie des Cuthbert avant Anne, non traduit
  • Le renard et l’enfant (film)
  • Les chroniques de Narnia de C.S Lewis

Les participant(e)s : Vinushka, Aryia, Mypianocanta, Livresovore, missmarple060, Natalee Book’nGeek, colittlebird, Emmani, MarionLit, Freyja, Hlne0605, florence71, DODOLECTURE, Tatti, angel23, Julie27, atick, dusoirenete, domi_troizarsouilles

Et surtout merci à Emmani pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Graphique Livraddict – Les Enfants loups : Ame et Yuki, tome 1 de Mamoru Hosoda

Book Club Graphique – Novembre 2020

Book Club Graphique Livraddict – Les Enfants loups : Ame et Yuki, tome 1
de Mamoru Hosoda pour le thème
« Mangas »

Compte-rendu par Coper

Tendre et doux ! Les avis sont unanimes, ce sont les deux mots clés qui qualifient cette trilogie.

Bien que le BC soit centré sur le tome 1, la majorité des participants a lu les trois tomes à la suite.
Ce CR constitue donc une synthèse sur la trilogie, sans spoil.
Également, à noter que ce manga est une adaptation de l’animé du même nom sorti en 2012.
Beaucoup de participants avaient déjà vu l’animé par le passé, le scénario n’était donc pas une découverte… il en ressort que ce manga est une bonne adaptation, fidèle à l’animé.

Le thème principal de ce manga est la différence / le regard des autres. En effet, les deux enfants sont des enfants-loups, ils cachent leur véritable « personnalité » aux yeux des autres. La mère prend la décision de partir de la ville pour élever ses enfants en pleine campagne. Un participant remarque
que l’histoire colle bien avec l’expression « Pour vivre heureux, vivons cachés ».
Les personnages sont tous très attachants, y compris le père qui apparait peu malheureusement.
Nombreux sont les participants qui auraient aimé que ce premier tome développe plus la romance entre les parents, quitte à avoir plus de pages. Finalement, les tomes sont relativement courts.
Les participants qui ont lu la trilogie complète ont apprécié le dénouement mais nous n’en dévoilerons pas plus pour laisser la découverte aux futurs lecteurs.

Les dessins sont simples, épurés et représentent bien les expressions faciales, permettant de correctement s’approprier les émotions. Un participant note que ce focus effectué sur les personnages masque des décors plus flous, renforçant une impression de « souvenir » allant avec la
sensation de tendresse et de douceur qui émane en permanence du livre.

Tous, à l’unanimité, recommandent cette lecture mais il est fortement conseillé de se procurer les trois tomes en même temps. Également, les participants prônent la vision de l’animé, qui est une très belle œuvre.
Cette trilogie peut également constituer une première découverte de l’univers du manga pour les plus jeunes. En effet, les tomes se lisent vite et sont peu complexes à appréhender, et l’histoire est singulière tout en étant appropriable.

Les lectures recommandées :

Un participant connaissait déjà Yû, un des auteurs, grâce au manga Dernière heure. Ce manga a été apprécié… pour sa douceur !

  • Beastars de Paru Itagaki (Manga en cours, 14 tomes parus) qui critique l’ordre social par le prisme des animaux (et notamment la notion de classes et de mixité).
  • Bichon de David Gilson (BD en 3 tomes) qui parle d’un petit garçon qui aime se déguiser en princesse, etc… Ca parle de la déconstruction des clichés de la société, l’acceptation de soi, le regard des autres sur la différence, etc…
  • Éclat(s) d’âme de Yuhki Kamatani (Manga en 4 tomes) qui se passe au Japon contemporain et parle de la difficulté de la communauté LGBT+ à se faire une place dans la société.
  • L’enfant et le Maudit de Nagabe (Manga en cours, 9 tomes parus) qui se passe dans un univers inventé où un être « des ténèbres », que tout le monde craint, élève avec amour une petite orpheline
  • Les chats du Louvre de de Taiyou Matsumoto. (Manga en 2 tomes), assez onirique, sur le thème sur l’Art et l’Enfant-Chat

Merci au participant(e)s : Coper, MilkyNine, Liam Azerio, Wonderbooks, Minouchka_books, colittlebird, mistigris, Sandra, Maa, Delphine.B, Ami-Bloit, Emmani, MahaultMots, Julie27, Cendre

Et surtout merci à Coper pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Livraddict – L’Arbre d’Halloween de Ray Bradbury

Book Club – Octobre 2020

Book Club Livraddict – L’Arbre d’Halloween
de Ray Bradbury pour le thème
« Histoire fantastique qui se passe pendant Halloween »

Compte-rendu par Mana_

Afin de se donner des frissons en restant dans l’ambiance Halloween, tout indiquée pour le Book Club d’octobre, les Livraddictiens ont voté massivement pour L’Arbre d’Halloween, court roman écrit par Ray Bradbury.

Pour la majorité des lecteurs, ce récit onirique présente un intérêt particulier pour découvrir ou retrouver des mythes autour du Jour des morts. En effet, le mystérieux personnage Montsuaire, qui apparaît comme par magie grâce à un arbre aux citrouilles, va entraîner une bande d’enfants dans son sillage, volant de contrées en contrées pour visualiser les différentes légendes. Cependant, cet intérêt est très vite coupé net dans son élan par manque de développement. En effet, la plupart des participants s’accordent sur le fait que certaines histoires sont trop vite survolées, les laissant sur leur soif de connaissances – soif qu’ils ont comblé par eux-mêmes en compulsant différents sites internet. Ainsi cette œuvre est intéressante mais aurait gagné à être étoffée, quitte à être plus épaisse.
Si certaines personnes ont ressenti un petit frisson leur rappelant aisément un Chair de Poule, collection jeunesse relatant des histoires d’horreur, la plupart n’ont pas eu peur et admettent que ce n’est pas là le but du récit : oscillant entre conte et récit mythologique, l’ouvrage balance entre explication du mythe et onirisme des voyages. Cet effet donne d’ailleurs le sentiment d’évoluer dans un film d’animation.
La fin divise par le choix laissé aux enfants : certains considèrent que la décision du groupe manquait de cohérence et n’aurait jamais dû être posée à des enfants, d’autres sont davantage marqués par la beauté du geste, le don de soi pour sauver une vie. Mais finalement, comme le sous-entend la réponse d’une participante, à quel âge peut-on réellement accepter le sacrifice d’une année ? Est-on un jour suffisamment mature et sage pour l’accepter ?

Pour beaucoup, les personnages, rappelant Les Goonies ou Ca, sont le point faible de ce récit. Présentés individuellement en début d’œuvre (ce qui inclut le déguisement), on évolue par la suite dans une ambiance collective dans laquelle seul Tom, le chef de bande, se dissocie par sa prise de parole. Le regard est donc rivé sur lui, au détriment de ses amis et quelques participants ont avoué qu’ils sont incapables de citer les noms des autres personnages. Ce choix évident de Ray Bradbury a causé l’abandon de certains mais n’est pourtant pas critiqué par ceux qui sont parvenus au bout : l’intérêt du livre ne portait pas sur eux mais sur les voyages à travers l’histoire et les mythes.
Les enfants sont accompagnés d’un dénommé Montsuaire, apparu magiquement. De nombreux adjectifs ont fusé pour le décrire, notamment “énigmatique”, “symbolique”, “dur”, “pas effrayant”. Sa portée symbolique est d’autant plus évidente que le jeu de mot visible dans son nom est un bon indicateur de qui il peut bien être. Loin d’être réduit au rang de simple faucheuse, il accompagne le récit et donne une certaine beauté à l’ensemble, même si certaines considèrent qu’il a fait son show.
Le petit plus donné par une participante, cette dernière a apprécié Pipkin, nom qui nous plonge aisément dans l’ambiance d’Halloween.

Les participants jugent que ce livre est tout public, même si certains précisent qu’il ne faut pas être trop jeune pour l’aborder, le vocabulaire pouvant se révéler soit complexe, soit vulgaire et la portée assez dure à accepter.

Le style n’est pas linéaire, la plupart ont retenu cet onirisme qui plonge le récit dans le merveilleux et le conte. Certaines phrases présentent également des effets de style, des sortes de rimes qui rythment la lecture. En tout cas, certains ont noté que les mots sonnaient juste.

Une participante a lu une version illustrée et a apprécié ces dernières car elles apportent un visuel qui complète les descriptions sur les mythes.

Je conclurai ce compte-rendu en citant une phrase qui a marqué une lectrice : “Quand vous atteindrez les étoiles, mon petit, oui, et que vous y vivre pour toujours, toutes vos peurs s’en iront et même la Mort périra ”. Vous pouvez ainsi constater par vous-même que douceur et onirisme sont bien au rendez-vous…

Pour aller plus loin dans l’univers de Ray Bradbury et l’ambiance d’Halloween, les Livraddictiens vous recommandent :

Merci au participant(e)s : Vinushka, MiaMiu, Maa, MarionLit, Mistigris, Hiekashi, Julie27, Delphine.B, Chatauxlivres, Chant des Livres, La3ti, LittleGuizmo, Livresse de la Plume, Shoren, MahaultMots, Mana_

Et surtout merci à Mana_ pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Livraddict – La Horde du Contrevent d’Alain Damasio

Book Club – Juin 2020

Book Club Livraddict – La Horde du Contrevent
d’Alain Damasio pour le thème
« Science-fiction francophone »

Compte-rendu par Ichmagbücher

Les avis sur ce roman sont tranchés : on aime ou on n’aime pas. Quatorze lecteurs ont aimé, voire le considère comme un chef d’œuvre, un lecteur est mitigé quand un autre est allé au bout avec souffrance, et trois se sont épargnés cette peine en abandonnant leur lecture. Trois participants n’avaient pas terminé leur lecture au moment de la discussion. Beaucoup qualifie cette histoire d’exigeante.

A commencer par le style d’Alain Damasio. S’il n’a pas toujours plu, tout le monde s’accorde sur le haut niveau de linguistique. L’auteur offre une véritable démonstration de la maîtrise et de la richesse de la langue française (notons une joute verbale impressionnante) en adaptant sa plume à chaque personnalité. Cette exercice permet de distinguer les personnages entre eux, en plus du système original de symboles associés à chacun. La narration de Golgoth est celle qui a le plus dérangé, tout comme son personnage est le plus controversé. Il faut dire que l’homme lui-même est un rustre sexiste, mais dont l’évolution est indéniable. Fort, il doit l’être pour toute la horde puisqu’il est à sa tête. Les lecteurs ont aimé le concept de groupe, de solidarité, d’unité qui en ressort, tout en maintenant l’individualité de chaque membre. Plusieurs Livraddictiens ont eu l’impression d’être un membre à part entière de ce groupe soudé.

Pietro et Sov sont les narrateurs les plus récurrents, ce qui en font les plus appréciés de la bande. Certains participants regrettent l’inégalité du partage de narration, quelques personnages n’intervenant que très peu quand d’autres semblent monopoliser la parole. Les lecteurs ont des avis partagés sur tous les autres personnages, aimés ou détestés par les uns et les autres. Malgré une liste des symboles attribués aux personnages en début de roman (même si une lectrice était passée à côté et a tenté de deviner qui était qui), l’organisation de la Horde est complexe et la présentation arrive tardivement dans le récit.

La plume de l’auteur n’est pas seulement immersive, elle pose de nombreuses questions et développe des réflexions (notamment sur la mémoire et l’oubli). Peut-être un peu trop philosophiques et métaphysiques pour certains Livraddictiens qui ont trouvé que l’auteur digressait de plus en plus au fil des chapitres, et se sentaient perdus dans le récit, notamment avec les nombreux sauts dans le temps. De plus, le changement de temps dans la narration n’aide pas et installe la confusion. Pour d’autres, l’écriture est même anxiogène. Alain Damasio utilise des mots soutenus, invente un vocabulaire sans l’expliquer. Des lecteurs ont joué le jeu, se laissant porter par le rythme (considéré lent et ennuyeux par quelques participants), d’autres ont fini par lâcher avec l’accumulation de termes inconnus. Le style est parfois perçu comme plombant et déprimant.

Le champ lexical du vent crée tout un univers spécifique à cet élément, une culture fascinante qui donne lieu à une philosophie, des études, des architectures, des paysages façonnés par ce vent, tantôt doux, tantôt violent. Malgré des explications, certains lecteurs n’ont pas saisi les nuances entre les différentes formes de vent et l’incompréhension accompagnait certains phénomènes étranges (tels que la pluie de méduses). Si la créativité de l’auteur n’est pas à démontrer, les participants se sont interrogés sur la planète sur laquelle se déroule l’histoire. De plus, le genre auquel attribué le roman a été discuté, entre science-fiction et fantasy ou même fantastique. Au final, il en ressort que c’est un livre atypique qui ne peut être classé.

Le livre s’ouvre directement dans le vif du sujet. Pour la plupart des Livraddictiens, l’intrigue est remplie d’action et les rebondissements s’enchaînent, bien que quelques passages contemplatifs contrebalancent et instillent des moments plus calmes. Malgré deux périodes de rencontre où la horde n’est pas seule, certains ont ressenti une impression de huis-clos, renforcée par les événements et l’ambiance. Quelques lecteurs déplorent un manque de clarté et de bases au début du récit et n’ont pas été embarqués par le cheminement du livre et de la Horde.

Le dénouement n’a pas remporté tous les suffrages. En effet, des lecteurs l’ont vu venir et en ont été déçus. Même si ce sont surtout les questions qui restent en suspens à la fin qui sont sources de frustration. Pour d’autres, la chute était inattendue et a eu son effet. Et encore pour certains membres, bien que la fin soit convenue, la quête était plus importante que le but.

Une musique a été composée pour accompagner le livre au fil des chapitres. La plupart des participants ne l’ont pas écoutée, d’autres sont intéressés. Certains l’ont laissé défiler pendant ou après leur lecture, le style est perçu comme original mais particulier, bien qu’en phase avec le récit.

L’adaptation BD n’attire pas particulièrement, même ceux qui considèrent le roman comme un ovni. Certains ne sont pas convaincus qu’un tel livre puisse être réduit à quelques tomes et auraient davantage préféré un roman graphique. D’autre sont curieux et trouveraient cette lecture utile pour la représentation des concepts confus et incompris dans le roman. Pour les lecteurs de la BD, si les dessins sont beaux, ils ont plutôt été déçus.

La lecture de La Horde du Contrevent est une première découverte de l’auteur pour la majorité des lecteurs. Certains ont lu ou souhaitent lire La Zone du dehors et Les Furtifs.

Recommandations :

Romans de SF francophones :

BD de SF francophone :

Romans de narration à plusieurs voix :

Autres romans :

Auteurs de SF francophone :

Merci au participant(e)s : Ninicoucou, Catysprint, Lizana, Ichmagbücher, LittleGuizmo, Grominou, Tchae, Aryia, Maa, Miyuki-Panda, ilonaisreading, Julie27, yex, Riz-deux-ZzZ, Roxann, Guenièvre, Celystine, MiaMiu,  Papillon_ParMotsEtParVont, Maymar, MahaultMots, Louise M, Mana_, MyFloXyBabY, Acerola.

Et surtout merci à Ichmagbücher pour la rédaction du compte-rendu !

Book Club Livraddict – Misery de Stephen King

Book Club – Septembre 2020

Book Club Livraddict – Misery
de Stephen King pour le thème
« Classique de l’horreur »

Compte-rendu par Wyndirella

Lors du Book Club de septembre 2020, les Livraddictiens ont voté en masse pour lire Misery de Stephen King. Que ressort-il de cette lecture à laquelle ont participé dix-sept de nos membres (Aealo, Badabam, Calamityjane82, Cardy, Celestina, Clotilde, Espyvie, Guenièvre, Julie27, Kriksy, Littke_b00k_w0rm, Maa, Miamiu, MilkyNine , Noemie.Isth, Nounyxx, et Wyndirella) ?

Tout d’abord, tous les lecteurs s’accordent sur un point : Misery est un vrai livre d’horreur. Différents termes ont été employés pour qualifier ce huis clos, tels qu’« étouffant », « terrifiant », « glaçant », « angoissant »… Certains ont ressenti un réel effroi, d’autres ont eu besoin de reposer le livre pour souffler, on dénombre même un abandon, mais tous les Livraddictiens reconnaissent que ce livre était addictif. Le plus grand nombre d’ailleurs apprécié cette lecture, et quelques lecteurs l’ont même affublé de l’adjectif « EXCELLENT » ! Pourtant, ils reconnaissent que certaines scènes sont difficilement supportables, et qu’il s’agisse des dialogues ou des tentatives d’évasion de Paul, la pression ne retombe jamais.

Concernant les personnages, ils sont au nombre de trois : Paul, l’écrivain retenu en otage par Annie, la terrifiante infirmière, et Misery, l’héroïne de Paul. Celle-ci est prétexte à une mise en abyme. Si ce procédé a généralement beaucoup plu aux lecteurs, la plupart n’ont pas été très intéressés par cette intrigue dans l’intrigue, et ne se sont pas vraiment attachés à Misery, même si elle hante le livre. Annie, qui oscille de façon permanente sur un fil au bord de la folie, est terrifiante, d’autant plus que ses réactions sont totalement imprévisibles. Elle est donc haïssable, mais il faut reconnaître que les lecteurs ont adoré la détester. Et au cours de cette lecture, une question ne quitte pas l’esprit du lecteur : jusqu’où ira cette femme sans pitié ? Quant à Paul, même s’il est dans un sort peu enviable et que l’on ne peut qu’éprouver de la pitié pour sa situation, il ne parvient pas à attirer la sympathie du lecteur car il est bien trop fier et orgueilleux. Quoi qu’il en soit, les personnages sont convaincants.

Stephen King, qui a un réel souci du détail et de la vraisemblance dans ce roman, nous tient en haleine de telle sorte qu’il est impossible de reposer le livre au cours de cette lecture pour certains – tandis que d’autres ont eu besoin de le faire pour reprendre leur souffle tant les scènes sont éprouvantes. De plus, les scènes sont très visuelles, ce qui donne une dimension supplémentaire à l’angoisse provoquée par ce livre. À cela s’ajoute tout un travail sur les odeurs, décrites d’une telles façons qu’elles sont parvenues à donner la nausée à certains de nos membres. Les réflexions de Paul sur son travail offrent des interrogations intéressantes sur le métier d’écrivain. De plus, on en apprend beaucoup sur le procédé créatif, ce qui est très intéressant. Un souci est même apporté à la typographie du manuscrit de Paul, avec des lettres manquantes, qui rendent le récit encore plus immersif.  Quant à Annie, elle inquiète le lecteur par sa seule présence et sa folie, qui est incroyablement crédible. De plus, les scènes sont très visuelles, ce qui donne une dimension supplémentaire à l’angoisse provoquée par ce livre. Dès qu’il « entend » le bruit de ses pas, il appréhende la scène qu’il va lire. Joli tour de la part du maître de l’horreur, n’est-ce pas ?

La fin divise nos Livraddictiens, alors que certains l’ont appréciée, d’autres l’ont trouvée un peu décevante. Il a été noté que le livre est plus impressionnant que le film, dont la performance de Kathy Bates a été saluée à l’unanimité. Quant à Stephen King, que l’on apprécie ou non ses ouvrages, on ne peut nier qu’il est sans doute l’un des plus grands auteurs de romans de notre époque. Misery est donc à recommander à tous les fans du genre, tout en mettant en garde les plus sensibles.

Pour aller plus loin dans l’horreur ou dans l’univers de Stephen King (car, rappelons-le, Stephen King a illustré son art dans bien des genres), les Livraddictiens vous recommandent de découvrir :

Merci au participant(e)s : Miyuki-Panda, Wolfsrain, MilkyNine, Maa, Guenièvre, Julie27, Nounyxx, Aealo, Espyvie, Babadam, MiaMiu, Celestina, calamityjane82, Kriksy, Caedy, little_b00k_w0rm, Clotilde, Wyndirella, Andreal Space.

Et surtout merci à Wyndirella pour la rédaction du compte-rendu !