Rage de Richard Bachman

RageRésumé :

Charles Decker est, en apparence, un petit lycéen américain bien tranquille. Mais, entre un père violent qu’il déteste et une mère fragile, il rage a froid. Un jour, cette rage éclate et il abat, d’un coup de revolver, sa prof de maths. Puis, il s’empare du pouvoir, autrement dit, il prend sa classe en otage. Il va alors contraindre ces condisciples a se livrer a un déballage furieux, a se débarrasser de toutes les haines accumules en secret : contre les parents, la société corrompue, l’école pourrie, la lâcheté et l’incompréhension des adultes.

Mon avis :

Un excellent roman ! Très dur et violent, dérangeant,  livre écrit en 1977, et on ne peut qu’être surpris (malheureusement) de l’actualité du sujet. Comme pour son autre livre Running Man.

Livre intéressant parce qu’il est écrit à la première personne, parce que l’on écoute tous ces adolescents qui racontent des moments difficiles de leurs vies … Cependant, même si on peut convenir que dans le livre les adultes sont lâches, faibles, sadiques … je ne suis pas vraiment d’accord avec les propos des ados " les adultes sont pourris, Charlie a raison …", les choses sont plus compliquées ! De même cela n’excuse pas Charlie, de ses actes !!

Mais c’est une bonne image des phénomènes de groupe, de cette sorte de folie qui peut s’emparer d’une foule et c’est en cela que c ‘est inquiétant, et rageant , surtout quand on voit la fin du livre …

Mon 4e livre pour le challenge de Stephen King !

Compte-rendu du Book-Club de mars 2014 : Une place à prendre de J.K. Rowling

CVT_Une-place-a-prendre_4220Impressions générales

Une Place à prendre  de JK Rowling obtient la moyenne de  6.19/10
Les avis mitigés : Trop de personnages. Intrigue complexe ( galerie de défauts). Difficile d’entrer dans le roman. Rythme lent. Côté négatif, sombre ou désabusé qui a gêné les lecteurs. Des dialogues parfois crus.
Au contraire les avis positifs relèvent  des personnages bien marqués. L’intrigue devient intéressante lorsque tous les personnages ont été présentés. La fin surprend, émeut. Le réalisme de la description d’un microcosme plait aux lecteurs. Le style fluide de l’auteur aide à entrer dans l’histoire sans heurt.
Avis mitigé aussi sur le réalisme : un peu trop poussé pour certains (on parle de clichés), réaliste pour d’autres. On reproche parfois trop de noirceur mais d’un autre côté ce portrait sans concession est ce qui a plu. Les problèmes de société relevés participent à l’aspect véridique du récit et la touche d’humour que l’on sent pointer par moment aide à se plonger dans l’histoire.

On s’interroge sur la fin : quel est le but de la démonstration ? Montrer que les choses ne peuvent pas s’arranger ?
Il ressort que les amateurs de littérature contemporaine ont apprécié ce roman, ses descriptions et son rythme lent. Les lecteurs qui apprécient l’action ont été déçus par ce huis clos dans lequel la tension monte petit à petit. Contre toute attente les critiques négatives n’ont pas découragé les lecteurs qui, au contraire, disent avoir été préparés au grand écart entre Une Place à prendre et Harry Potter. Néanmoins les fans d’Harry n’ont pas retrouvé le rythme enlevé de la saga à succès de J K Rowling.

L’intrigue :

– Trouvez-vous que l’intrigue est très/trop complexe ? Ou au contraire trop simple, manquant de rebondissements ?

La majorité des lecteurs du Book club s’accorde pour dire que le début est laborieux bien que nécessaire pour camper les personnages. Les descriptions paraissent souvent trop longues et manquent de rythme. Passé un tiers du récit on entre dans l’histoire à proprement parler et l’écriture en forme de puzzle, mêlant plusieurs récits de vie liés les uns aux autres, interpelle. La fin est surprenante par sa noirceur. Certains lecteurs pensent que JK Rowling en fait trop, d’autres trouvent la fin harmonieuse comme si le récit ne pouvait finir autrement. Le cynisme souligné par l’écriture de l’auteur n’est pas assez poussé au goût de certains lecteurs qui auraient apprécié un engagement, un côté « mordant », plus fort encore.

– Qu’est-ce qui vous a donné envie de tourner les pages au fur et à mesure du livre ?

Certains personnages ont plus interpelés les lecteurs (les adolescents principalement) et l’envie de découvrir leur histoire, de savoir comment allait se terminer les élections, qui remporterait le siège, a permis à tous d’aller au bout de la lecture. L’intrigue est bien construite et l’éclatement que l’on ressent au départ se transforme en un récit cohérent dans lequel chacun a sa part à jouer. Le Book club a eu un effet des plus positifs en incitant tout le monde à finir sa lecture, ce qui n’aurait pas été le cas sans l’échéance d’une discussion ! Certains avaient même déjà entrepris cette lecture et l’avaient abandonnée précédemment.

– L’intrigue est divisée en un grand nombre de petites parties en fonction des différentes personnages ; est-ce que vous avez apprécié cet aspect ?

Même s’il n’est pas évident de faire le lien entre les personnages et de se souvenir de toutes les descriptions, les participants au Book club reconnaissent qu’il s’agit là du meilleur moyen de comprendre les réactions de chacun. Le passage d’un personnage à l’autre n’a pas paru gênant.

Les personnages :

 

Le nombre de personnages qui est un frein à la lecture pour certains se révèle être un plus pour la dynamique du roman. Par ailleurs il participe à l’objectif qui est de donner à voir la vie, les liens, les doutes, les crises qui assaillent une petite ville. L’argument politique participe à cela.
Les personnages ont semblé à chacun particulièrement réalistes malgré quelques caricatures. Le personnage de Krystal est celui qui plait le plus. « Il n’était pas simple d’arriver à restituer la pensée d’une fille aussi perdue et peu cultivée sans la faire passer pour une simple d’esprit . » . Suivi de Suckvinder

L’histoire se déroule dans un milieu en crise ; « tout tenait plus ou moins en équilibre grâce à Barry Fairbrother, mais sans lui tous les secrets, les problèmes, les déséquilibres s’accumulent, tout sombre. … C’est sa mort qui précipite tout. ».Les avis divergent quant à ce personnage central : tout dévoué à la cause des Champs il en oublie sa famille. Ce personnage suscite des visions opposées : un saint ? Un homme impliqué dans son travail tout simplement ? ou bien cela révéle-t-il que même chez un couple qui a l’air bien sous tous rapports se cache des non-dits et des sentiments cachés ? c’est sans doute le personnage qui soulève le plus d’interrogations, les autres étant très marqués.
On déteste Simon Price et l’on aurait bien aimé qu’il paye à la fin son comportement violent envers sa famille car on ne lui trouve pas d’excuse. La mère de Suckvinder apparait aussi comme détestable.le Pigeon agace par son côté. Le comportement de Fats a dérangé en même temps qu’il a fasciné les lecteurs. C’est un personnage bien exploité.

Le côté exagéré des personnages n’a pas choqué dans la mesure où chacun est censé refléter une vision, un aspect de la société. Sans tomber dans le stéréotype, l’auteur marque tout de même ses protagonistes qui ne parviennent pas à se défaire de leur fonction. Malgré le nombre important de personnages on parvient à s’attacher à certains d’entre eux ce qui est important dans un récit aussi long. Les lecteurs ont apprécié que JK Rowling parvienne à représenter deux générations que tout oppose en faisant la part belle à chacune.

Bilan :

La discussion a permis d’affirmer certains points, d’approfondir un avis mais aussi de comprendre certains aspects peu retenus par les lecteurs. Les avis mitigés ont permis une rencontre riche autour d’un roman très critiqué, souvent comparé à tort à Harry Potter puisque le genre est radicalement différent. JK Rowling excelle dans la description des personnages, le portrait, ce qui permet d’entrer dans l’histoire en ayant une représentation assez fine des caractères. Un récit moins long aurait reçu une critique sans doute plus favorable. Cela étant cette fresque sociale reste un roman plaisant à découvrir.

Rédigé par : unchocolatdansmonroman

Harry Potter et le Prince de Sang-mêlé de J.K. Rowling

HP6Résumé du livre :

Dans un monde de plus en plus inquiétant, Harry se prépare à retrouver Ron et Hermione. Bientôt, ce sera la rentrée à Poudlard, avec les autres étudiants de sixième année. Mais pourquoi Dumbledore vient-il en personne chercher Harry chez les Dursley ? Dans quels extraordinaires voyages au cœur de la mémoire va-t-il l’entraîner ?

Mon avis :

J’étais pleine d’appréhension avant de commencer ce tome car j’avais un mauvais souvenir de la fin du précédent.
J’ai littéralement adoré, et donc dévoré, ce livre ! Encore une fois, les personnages évoluent énormément. Entre amour, jalousie et rancœur, les élèves de Poudlard ne sont pas gâtés.

Ce tome est plus noir et on sent qu’une guerre inévitable approche. Les mystères sont nombreux et malgré toutes les hypothèses que l’on peut se faire, nous sommes souvent surpris.
J’ai aimé les moments qui entraîne Harry dans le passé et j’ai également énormément aimé l’intrigue autour du "Prince de Sang Mêlé".

La fin, riche en rebondissement, ne m’a pas surprise. Je n’ai même pas pleurer et d’ailleurs je trouve cela très bizarre étant donné que je suis assez émotive.

Pour résumer, ce sixième tome est pour l’instant l’un de mes préférés.

Nos étoiles contraires de John Green

Nos étoiles contrairesRésumé du livre :

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu’elle s’y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d’autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l’attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie

Mon avis :

Un coup de cœur ! J’ai lu ce livre sur recommandation mais également parce que j’en avais énormément entendu parler, notamment à cause de l’adaptation cinématographique qui sortira prochainement. Eh oui, avant même de connaître l’existence de ce livre j’avais vu la bande annonce qui m’avait séduite alors, bien évidemment, j’ai très vite eu envie de lire le roman.

Ce livre m’a énormément touchée. J’ai été séduite pas les personnages. Ils ont beau être malades, ils restent forts et ne perdent pas leur humour. Je regrette simplement que ce livre soit trop axé sur Hazel/Gus, à tel point qu’on oublie l’existence d’autres personnes telles qu’Isaac. J’aurais aimé que l’auteur approfondisse ce personnage..

Je connaissais le dénouement du livre et, de ce fait, je n’ai pas pleuré mais j’ai tout de même été bouleversée. J’avais un trop plein d’émotions et, après avoir tourné la dernière page, je ne savais plus où j’étais. J’ai dû attendre un petit temps avant de commencer une nouvelle lecture.

En bref, je vous conseille ce livre qui, je vous le promets, vous fera voir la vie d’une manière différente.

Chemins de poussière rouge de Ma Jian

Chemin poussire rougeChemins de poussière rouge de Ma Jian.
Traduction par Jean-Jacques Bretou.

Poche : 452 pages
Éditeur : Éditions de l’Aube (12 janvier 2006)
Langue : Français
ISBN-10: 2752601964. ISBN-13: 978-2752601964

Présentation de l’éditeur

Chemins de poussière rouge est le regard sans concession, délivré de tout tabou, d’un Chinois de l’intérieur devenu étranger à son propre pays. Le récit d’une odyssée de trois ans à travers un pays aux multiples facettes que Ma Jian a décidé d’entreprendre à la suite des persécutions d’une autorité répressive et hypocrite. Dans cet étonnant " road novel ", nous découvrons, au gré de la quête intérieure de l’auteur, une Chine profonde – celle qui va des vastes plaines de l’extrême Ouest jusqu’au Tibet, en passant par les côtes du Sud. L’écriture, tout comme l’œil du photographe, est précise, propre à nous faire saisir les choses et les êtres dans le détail, sans pour autant cesser d’être généreuse et élégante – comme le sont l’homme et le poète. Loué par Gao Xingjian, prix Nobel de littérature, Chemins de poussière rouge a reçu le Thomas Cook Travel Book of the Year en 2002, ainsi que ces très belles mentions dans la presse anglo-saxonne lors de sa publication.

Mon commentaire.

Deng Xiaoping lors du 20 ème Congrès national du peuple prononce un discours édifiant sur la lutte idéologique contre la pollution spirituelle qui est  « … la destructrice même de toute moralité et une violation de nos lois pénales… la pollution spirituelle encourage la passivité, le laxisme, la désunion, corrompt l’esprit et diminue la volonté. Elle conduit à se méfier du socialisme, du communisme et de la direction du parti communisme… »

En septembre 1981 Hu Yaobang fit un discours qui déstabilisa les artistes et intellectuels du pays : il y proclama les dangers d’un « libéralisme bourgeois »

Ma Jian, auteur, peintre, photographe vit à B?ij?ng. Dans son appartement sis au 53 passage Nanxiao, il reçoit beaucoup d’artistes. Surveillé, emprisonné, il était allé trop loin dans sa prise de liberté d’expression : il dut faire son autocritique et devient cible désignée sous le couvert de la campagne « contre la pollution spirituelle », lancée en septembre 1983 par Hu Qiaomu. Contrairement à ce que l’on pense, cette campagne n’était pas tout à fait une remise en cause des progrès réalisés depuis 1978. Elle se voulait centrer dans le rééquilibrage politique qui penchait depuis en faveur des forces conservatrices.

Condamné à rentrer dans le rang, Ma Jian décide de fuir « en avant ». Au vue de son budget limité, il se retrouve vagabond sur les routes de son pays immense, avec dans la poche quelques adresses d’amis à visiter.

Ce livre relate le parcours d’un « vagabond céleste » pendant les trois ans que dura son périple.
Il y eut une quête spirituelle : il prononce ses vœux bouddhistes laïques tout en continuant à se poser des questions ; une quête sur soi : se connaître soi-même avant de découvrir les autres puis les épreuves aidant il prit acte de ses limites physiques ; une quête découverte d’un autre ailleurs et l’ouverture aux personnes semblant vivre sur une autre planète ; une quête journalistique, photographique et reportage écrit, parsemée ça et là de curiosités touristiques. Son parcours se transforme peu à peu en travail  d’ethnologue avide de noter les moindres détails d’une peuplade ou d’une autre encore marquées par des us et coutumes ancestrales.

Son travail de journaliste lui facilite la prise de notes minutieuses, bien que la dimension artistique de son regard apporte une sensibilité d’humaniste parfois contemplatif, souvent admiratif, au final simplement philosophique.
Cherche-t-il la foi, ou bien un sentiment de sécurité ?
Devenu vagabond déraciné, est-ce Bouddha qui guide son chemin ?
Ouvert à toutes les réponses, il s’abandonne aux marques du  destin qui jalonnent sa route. Jusqu’au jour où, au Tibet, la lassitude prenne le dessus et naisse en lui le besoin viscérale de retrouver ses repères citadins.

Quelques notes :
« Les gens passent leur temps à se battre les uns contre les autres alors que le véritable ennemi est le temps lui-même. »
Ma Jian présente un peu de sa philosophie de vie à Ai Xin, une amie croisée en cours de route. Elle lui demande :
— Qu’est-ce que tu recherches ?
— Je veux voir mon pays, en connaître chaque rivière, chaque montagne. Je veux voir des gens différents, connaître des manières de vivre différentes.
— Pourquoi voyages-tu ?
— La Chine est un trou noir, je veux plonger dedans. Je ne sais pas où je vais, je sais juste que je devais partir. Tout ce que j’étais, je le porte en moi ; tout ce que je serai m’attend sur la route que je veux prendre. Je veux penser debout, être en cavale perpétuelle. Plus jamais je ne supporterai de passer ma vie enfermé dans une pièce.
— Tu veux changer ce pays ?
— Je veux juste le connaître, le voir de mes propres yeux…

Pas de comparaison possible entre Kerouac et Ma Jian.  Le seul point de convergence provient de cette volonté commune des deux écrivains à vouloir parcourir leur pays respectif.
Question écriture, je trouve que Ma Jian jongle avec les mots, les idées, les réflexions sur sa quête perpétuelle d’un autre ailleurs.
À B?ij?ng son professeur d’art lui dit : « …que la peinture peut-être dangereuse particulièrement celle représentant des personnages. Il vaut mieux produire des paysages… L’écriture est moins risqué pour moi. Je peux me cacher dans un labyrinthe de mots, parmi les détails de la vie des gens »
Est-ce cette forme de retenue qui donne l’impression que « les auteurs de romans chinois contemporains ont un niveau culturel proche de zéro, qu’ils écrivent mal, ils sont lâches et n’ont aucun courage… » dixit Wolfgang Kubin, professeur d’études chinoises à l’université de Bonn ?

Il me semble, sans vouloir détenir la vérité, que les écrivains vivant en Chine ne sont toujours pas libres de ce qu’ils produisent.
Il faut vraiment que les auteurs vivent à l’étranger pour se libérer des contraintes politiques.

J’imagine qu’il est trop tard pour recommander ce roman qui paraît déjà vieux. De mon côté, et dans l’état modeste de mes connaissances du pays, c’est le livre que je retiens et que je propose aux jeunes qui désirent s’immerger dans une civilisation bien éloignée de la nôtre.