Shutter Island de Dennis Lehane

Résumé: Nous sommes dans les années cinquante. Au large de Boston, sur un îlot nommé Shutter Island, se dresse un groupe de bâtiments à l’allure sinistre. C’est un hôpital psychiatrique pour assassins. Le Marshal Teddy Daniels et son coéquipier Chuck Aule ont été appelés par les autorités de cette prison-hôpital car l’une des patientes, Rachel Solando, manque à l’appel. Comment a-t-elle pu sortir d’une cellule fermée à clé de l’extérieur ? Le seul indice retrouvé dans la pièce est une feuille de papier sur laquelle on peut lire une suite de chiffres et de lettres sans signification apparente. Oeuvre incohérente d’une malade ou cryptogramme ? Progressivement, les deux policiers s’enfoncent dans un monde de plus en plus opaque et angoissant, jusqu’au choc final de la vérité.

Biographie de l’auteur: Après des études à Boston, il part à l’université internationale de Floride pour étudier l’écriture créative. Tout en écrivant son premier livre (Un dernier verre avant la guerre), il vit de métiers divers (livreur, libraire, chauffeur). C’est également un ancien éducateur qui travaillait dans le secteur de l’enfance maltraitée. Ce thème reste très présent dans la majorité de ses œuvres.

Il a écrit, réalisé et produit un film, Neighborhoods (« voisinages » en anglais), mais il n’a pas trouvé de distributeurs pour le diffuser.

Il a écrit et joué dans un épisode de la série Sur écoute. Cette série a rencontré un vif succès auprès des amateurs de séries policières et a recueilli des critiques particulièrement positives auprès de différents magazines français et étrangers. La série a été en grande partie scénarisée par George Pelecanos, un auteur de polar très réputé.

Depuis 2009, il est également un des quatre écrivains jouant leur propre rôle autour d’une partie de poker dans la série Castle.

Dennis Lehane vit aujourd’hui à Boston.

Mon avis: J’ai adoré !! Shutter Island est le 1er livre que je lis de Dennis Lehane et ça m’a donné envie de découvrir plus cet auteur mais avec un de ces livres qui n’a pas été adapté au cinéma pour ne pas connaître l’histoire!!
La seule ombre au tableau c’est que j’ai vu le film avant de lire le livre et comme le film est très bien adapté, je n’ai pas eu de surprises en lisant le livre!!Je connaissais l’histoire presque sur le bout des doigts!!
C’est un thriller psychologique angoissant, oppressant, qui rend un peu claustrophobe, l’idée d’être enfermé sur cette île n’est pas rassurante!!
On éprouve énormément de sympathie pour le marshal Teddy Daniels ainsi que de la compassion pour tout ce qu’il a enduré dans sa vie.
Je dois dire que si je n’avais pas vu le film avant bien sûr le livre m’aurait énormément touché et surprise !!
Cependant ça ne m’a pas empêché d’avoir la gorge serrée et la larme à l’oeil quand j’ai fini ce livre!!
Je le conseille vivement et merci livraddict qui grâce au challenge thriller m’a permis de découvrir un très bon auteur!!!

Un jour de David Nicholls

Présentation de l’éditeur

15 Juillet 1988. Emme et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose,pourtant ce jour marque le début d’une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s’attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes où la splendeur d’aimer a fait chavirer le monde entier.

Mon avis

Alors, tout d’abord, ce livre j’ai voulu le lire avant de voir l’adaptation en film. Il me faisait de l’œil à la librairie depuis un moment et je me suis laissé tenter. Je me suis dit en le commençant encore une histoire d’amour… comme les autres quoi !! Eh bien surprise pas du tout !!
La structure du livre est originale, le fait de structurer les chapitres du livres à une date précise m’a beaucoup plu. En plus, je connaissais pas du tout cet auteur et je trouve qu’il a une écriture assez fluide.
Les personnages, Emma et Dexter, Em et Dex pour les intimes sont surprenants,  On les voit évoluer tout au long du livre, selon son âge je pense qu’on s’identifie à leur situation, à leur interrogation, celles qu’on peut avoir par moment, au fil de notre vie. On se reconnaît en Emma ( bon ok je parle pour moi !! grin ) , jeune femme timide et pleine de complexe, qui au début de ce livre ne se fait pas confiance, est en colère contre le monde entier, cela dit elle assume ces idées.  Au contraire , par passages dans le livre, le personnage de Dexter m’a énervé, arrogant, hommes à femmes, l’archétype même du trentenaire fêtard impulsif et imbu de lui même, Son évolution est je pense de loin la plus marquante des deux personnages.

On suit leur évolution, leurs chassés croisés permanents, on se pose la question : leur amitié resistera à ses années ? On se questionne est ce que nous personnellement, les différentes grandes amitiés de nos vies résisteront à la distance, au temps.
Ce livre est une déclaration d’amitié, un questionnement sur le lien que peut unir deux personnes, le temps qui passe….

Une histoire d’amitié (et plus si affinités) qui m’a beaucoup plu, un livre qui m’a fait découvrir un auteur contemporain, des questions qu’on se posent une fois fini.
En conclusion : Un bon moment !!

Citation ou passages que j’ai aimé :

p 232 : «  Les amis sont la pour ça. Il vous hissent au meilleur de vous même et vous maintiennent au top. Emma est son talisman, sont porte bonheur ».

(C’est ma première chronique, soyez indulgent !! Si vous avez des impressions, ou des conseils à me donner pour les prochaines, c’est avec grand plaisir !)

L’épouvanteur, tome 1: L’apprenti épouvanteur de Joseph Delaney

A l’occasion de la lecture commune du 29 avril 2012, organisée par Sevmarguerite, j’ai découvert la série jeunesse de « L’épouvanteur », éditée par Bayard Jeunesse, ou plus exactement nous avons lu ensemble le tome 1 de la série : « L’apprenti épouvanteur ».

Ce premier opus met en place l’univers de l’auteur et nous fait découvrir ses différents personnages.
Le monde présenté est assez classique en fantasy, d’inspiration médiévale,ou simplement d’Ancien Régime : pas de technologie avancée, pas d’armes à feu, on se déplace à pied, les vêtements peu sophistiqués. Dans cet univers la magie, souvent malfaisante, existe et est reconnue, avec réticence, par tous.

L’histoire : Tom est le septième fils d’un septième fils, sa mère, un peu magicienne elle-même, le pense tout  tout désigné par le sort pour devenir l’apprenti de l’Epouvanteur, homme taciturne aux dons mystérieux et que l’on paie pour chasser les gobelins de toute sorte et surtout pour tenir les sorcières en respect. Mais le jeune garçon est peu convaincu et préférerait rester à la ferme pour aider son frère et sa belle-soeur dans leur travail, quotidien. Bien sûr  les différents événements du roman risquent d’influer sur la décision finale de notre héros.

Mon avis : A cause de la mise en place de l’univers, de la situation et des personnages tout le début du roman est un peu long et surtout assez prévisible. Cependant le dernier tiers de l’histoire nous réserve quelques surprises, retournements de situation et surtout insiste bien sur la complexité psychologique des personnages et sur le libre arbitre de chacun. Et c’est ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman : que se soit le héros ou les personnages plus secondaires, chacun a une face plus ou moins sombre et des raisons d’agir comme il le fait.

C’est donc avec curiosité que je lirai la suite de cette série et encore merci à Sevmarguerite qui m’a donné l’occasion de lire ce premier tome.

Alex de Pierre Lemaitre

Qui connait vraiment Alex ?
Elle est belle. Excitante.
Est-ce pour cela qu’on l’a enlevée, séquestrée, livrée à l’inimaginable ?
Mais quand la police découvre enfin sa prison, Alex a disparu.
Alex, plus intelligente que son bourreau.
Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne.

Mon avis :

Quatrième de couverture très alléchante : à peine ce livre se retrouve-t-il entre mes mains que je me lance directement dans sa lecture !
Et quelle lecture ! Je suis passée par toute une palette d’émotions au fur et à mesure du récit :  intérêt, effroi, excitation, compassion,  répulsion, incompréhension, étonnement, et à la lecture de la conclusion, un mélange entre un pur malaise et une sorte de jouissance malsaine.

Je me suis faite balader par l’auteur tout au long du roman, mais j’ai adoré ! Une mention spéciale pour le style narratif assez original : un style épuré où on évite les longs dialogues, et les silences. On va à l’essentiel et on perçoit nettement la pensée des personnages principaux. J’ai eu l’impression qu’en utilisant cette méthode, l’auteur répondait à l’attente du lecteur, à savoir d’aller vite, droit au but « on veut savoir la suite la suite la suiiiiiite !!! ». Donc on ne traîne pas en longueur, il n’y a aucun moment où on tourne autour du pot (à part peut-être dans la dernière partie, mais là on savoure justement la façon dont Lemaitre s’y prend pour nous amener vers le dénouement final, dans une sorte de spirale infernale dans laquelle on se laisse entraîner).

Le récit est découpé en trois parties, trois retournements de situation. Mais je préfère ne pas en dire plus !
Dans l’ensemble c’est un excellent thriller, un coup de coeur pour moi : le genre de roman qu’on a du mal à lâcher avant la fin, et une fois la lecture terminée, on referme le livre mais on n’ose pas bouger, on se retrouve plusieurs minutes à  fixer le vide, le livre fermé sur les genoux. Encore maintenant, je ressens un certain malaise, et je me demande où l’auteur a pu aller chercher tout ça !
C’est vraiment un thriller très dur psychologiquement, qui met mal à l’aise et fait réfléchir.
Je pense que ce soir en fermant les yeux, j’aurais encore une pensée pour Alex, « qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien, ni personne ».  « 

La salle de bains du Titanic de Véronique Ovaldé

Un grand merci à Livraddict et aux éditions J’ai Lu pour la découverte de La salle de bains du Titanic, de Véronique Ovaldé.

Présentation de l’éditeur : « Vienna aimerait redevenir une toute petite fille. Juste avant l’été de ses six ans. L’été où elle s’est perdue dans les dunes. Et où un homme l’a finalement ramenée à ses parents. Elle voudrait revenir avant. Avant l’été où les choses se sont gâtées. Et où le monde a changé sa révolution. » Trois instants où s’est
joué le destin de Vienna.


Mon avis : Ces trois histoires courtes centrées autour de trois personnages différents (la petite Vienna, Gorka, et la Vienna d’après) s’entremêlent pour narrer, non sans poésie, le destin lugubre de la jeune Vienna. Dans ce livre, j’ai découvert qu’une plume légère peut dire l’indicible avec une grande force. L’événement fatal, celui qui s’est produit alors que Vienna avait six ans et qu’elle s’est perdue dans les dunes (« l’été où »), n’est pudiquement jamais nommé, jamais raconté. Le drame n’en acquiert que plus de poids, ce dont on ne peut parler tant la force des mots est brutale n’est que plus pesant. Le style n’a pourtant rien de tragique ou de pathétique, la plume virtuose s’envole, presque avec frivolité.

Il en découle un contraste saisissant entre la douceur, l’allégresse presque du style, et le cruel du récit.
Comme beaucoup, je connaissais Véronique Ovaldé pour Ce que je sais de Vera Candida, que j’avais apprécié sans pour autant être transcendée, j’ai découvert en lisant La salle de bains du Titanic qu’elle excelle dans la nouvelle, un genre pourtant particulièrement exigeant. Ce tout petit livre est une véritable merveille !