L’oiseau des ténèbres de Michael Connelly

Résumé

Le procès ultra-médiatisé d’un producteur célèbre tient en haleine le gotha de Los Angeles. L’inspecteur Harry Bosch s’est juré de confondre cette ordure à la barre. Mais voici qu’il est lui-même soupçonné par Terry McCaleb, ex-profiler du FBI, du meurtre sadique d’un petit malfrat. Un duel acharné commence alors entre les deux hommes, pourtant liés par une estime mutuelle. Un duel dont personne ne sortira indemne…

Avis

Je remercie les éditions Le Livre de Poche et le site Livraddict pour m’avoir permis de lire ce livre, que j’ai tout simplement adoré, en tant que fan absolue de Michael Connelly et de l’inspecteur Harry Bosch.

La confrontation entre l’ex-agent Terry Mac Caleb et l’inspecteur Harry Bosch est tout simplement exceptionnelle.

Mc Caleb, retraité et heureux père de famille est sollicité par une ancienne collègue pour lui venir en aide sur une enquête sordide. Dans le même temps, l’inspecteur Harry Bosch est le témoin clé dans le procès d’un célèbre producteur accusé du meurtre d’une actrice.

Rapidement, des soupçons naissent dans l’esprit de Mc Caleb : son ami aurait-il pu commettre l’irréparable, animé par un désir de vengeance ?

Ce qui m’a particulièrement plu dans ce roman est que l’auteur nous révèle les faiblesses et surtout la fragilité des personnages, qui de ce fait sont extrêmement touchants. C’est d’ailleurs ce qui m’a toujours plu dans les romans de Michael Connelly : l’aspect « humain » des enquêtes.

Mc Caleb, traumatisé par sa dernière enquête, mais ayant trouvé une stabilité familiale, est tiraillé entre son instinct d’enquêteur et l’amitié qui le lie à Harry Bosch.

Harry Bosch quant à lui apparaît comme étant extrêmement torturé, stressé par un procès qui le met sur le devant de la scène, affecté par le départ de sa femme et hanté par d’anciennes enquêtes.

Ce roman nous permet, plus que dans tout les autres romans de Michael Connelly, de comprendre à quel point les enquêtes peuvent affecter le mental des agents concernés.

J’ai également beaucoup aimé l’enquête en elle-même, qui nous permet notamment de découvrir l’univers du peintre Hieyronymus Bosch et qui pousse le lecteur à aller voir les tableaux cités, et notamment le Jardin des Délices.

Avec L’oiseau des Ténèbres, Michael nous prouve une nouvelle fois tout son talent !

La trilogie berlinoise de Philip Kerr

Titre : La trilogie berlinoise
Auteur : Philip Kerr
Editions du Masque
Genre : Enquête Policière

4ème de couverture :

Publiés pour la première fois dans les années 1989-1991, L’été de cristal, La pâle figure et Un requiem allemand évoquent l’ambiance du IIIe Reich en 1936 et 1938, et ses décombres en 1947. Ils ont pour héros Bernie Gunther, ex-commissaire de la police berlinoise devenu détective privé. Désabusé et courageux, perspicace et insolent, Bernie est à l’Allemagne nazie ce que Phil Marlowe était à la Californie de la fin des années 30 : un homme solitaire témoin de la cupidité et de la cruauté humaines, qui nous tend le miroir d’un lieu et d’une époque. Des rues de Berlin  » nettoyées  » pour offrir une image idyllique aux visiteurs des Jeux olympiques, à celles de Vienne la corrompue, théâtre après la guerre d’un ballet de tractations pour le moins démoralisant, Bernie va enquêter au milieu d’actrices et de prostituées, de psychiatres et de banquiers, de producteurs de cinéma et de publicitaires. Mais là où la Trilogie se démarque d’un film noir hollywoodien, c’est que les rôles principaux y sont tenus par des vedettes en chair et en os : Heydrich, Himmler et Goering…

Mon avis:

L’histoire commence dans une Allemagne où le nazisme est en plein essor : Berlin 1936 –  veille des Jeux Olympiques. Puis, Berlin 1938 – les Sudètes viennent d’être envahies. Pour terminer : Berlin Vienne 1947 – les pays vaincus sont sous l’autorité des nations anglaise, américaine, russe et française. Les dernières pages se déroulent au moment du blocus de Berlin par l’armée rouge.

Nous suivons Bernhard Gunther, brillant enquêteur allemand, insouciant, intuitif et intègre.
En 1936, refusant les compromissions, Gunther vient de quitter la police allemande, pour devenir détective privé. Puis en 1938, grâce à son excellente réputation, il est recruté par le général Heydrich afin de déjouer un complot qui touche l’état major allemand.
Lorsque nous le retrouvons en 1947, Gunther est physiquement diminué et amaigri par 6 mois de camp de prisonniers russe. Son humour est devenu triste. Sa mission : prouver l’innocence d’un de ses anciens condisciples accusé du meurtre d’un agent américain.

A la lecture de ce livre, je me suis surprise à vérifier à plusieurs reprises la nationalité de l’auteur tant cette plongée dans l’Allemagne nazie me semblait bien documentée, notamment en ce qui concerne les méandres de la trop réputée administration allemande
Nous traversons les évènements historiques et rencontrons des personnages aux noms tristement célèbres comme : Heydrich, Himmler, Goebbels.

L’auteur prend plaisir à nous perdre dans l’enchevêtrement de ses enquêtes mais je m’y suis tellement perdue que je ne suis pas sûre d’avoir toujours très bien compris.

Ce qui est certain, c’est que dans chacune de ces enquêtes nous assistons à un jeu de chats et de souris, jusqu’à ce que les souris se transforment en gros rats hideux.
P228 / « Quand vous adoptez un chat pour attraper les souris à la cuisine, vous ne pouvez pas l’empêcher d’aller courir après les rats du grenier. »

Nous baignons dans le sang de l’histoire. Tortures, assassinats, disparitions….Les cadavres sont nombreux, les morts sanglantes et écœurantes.
L’honneur et la loyauté côtoient le chantage, la corruption et la menace au dépend de la morale.

On découvre qu’après les Allemands, Américains et Russes ne sont pas plus gentils avec leurs conflits d’intérêt et les stratégies de leurs organisations secrètes.
P787 : Les russes « vous collent contre un mur pour vous fusiller ou bien vous décorent de l’ordre de Lénine. »
Les américains « condamnent nos vieux camarades [nazis] à la pendaison un jour et le lendemain ils les recrutent dans leurs services de renseignements. »Les français sont présentés comme des hypocrites.

Berlin
J’ai aimé parcourir Berlin d’avant guerre,découvrir l’ambiance de cette époque : Wannsee et son grand lac, la Porte de Brandebourg, l’avenue « Unter den Linden », le Kurfürstendamm, le squelette du Reichstag, la Friedrichstrasse, la Potsdammerplatz.

P122 / « Il doit y avoir en Allemagne un plus grand nombre d’orchestres de cuivres que d’automobiles. »
J’ai appris au passage que Vienne avait été également une ville occupée par les alliés.

L’auteur fait une halte à Dachau , camps d’internement nazis.
La page 250 : « lorsque l’homme redevient une bête … » fait écho en moi aux phrases de Primo Levi  dans son livre « Si c’est un homme » lu et chroniqué le mois dernier.

Philip Kerr évoque également la honte et la culpabilité que portent en eux les Allemands.
P826 / « Comment avez-vous pu laisser faire çà ? Comment avez-vous pu tolérer de telles horreurs ? Sans doute, pendant plusieurs générations, quand ils croiseront notre regard, les citoyens des autres nations nous poseront-ils la même question muette. »

L’alcool est souvent présent de ce livre. Que ce soit un mauvais alcool de pommes de terre, un whisky ou une vodka, il réconforte, réchauffe, requinque, rassure.
P 16 / « Je ne bois ce truc que pour me laver les dents, mais je suis trop paresseux pour le recracher »
P75 / « Elle me servit une dose suffisante pour y faire tremper un dentier ».

Gunther s’intéresse aussi aux femmes. Elles sont tentatrices, manipulatrices, prostituées mais souvent victimes. Gunther les respecte cependant toujours quelle qu’elles soient.

P115 / « Ses cheveux paraissaient aussi naturels qu’un défilé au pas de l’oie dans Wilhelmstrasse ».
« Autour de moi, les faux-cils battaient avec tant de véhémence pour attirer mon attention que j’avais l’impression d’être en plein courant d’air. »
P283 / « lorsqu’une femme dépasse la cinquantaine, son âge n’a plus d’intérêt pour personne, sauf pour elle. Alors que pour les hommes, c’est exactement le contraire. »

En conclusion :

Un récit dense, parfois trop compliqué pour moi. Ce livre m’a intéressé sans vraiment me passionner. J’en retiens surtout l’ambiance qui est étonnante de réalisme.
Ma note 8/10

Je remercie Franckie pour l’organisation de cette lecture commune.

The Ninth de Sobian Welsh

Résumé :

« L’amour peut-il survivre à l’Immortalité ? » Des cicatrices inexpliquées qui apparaissent sans raison, des cauchemars si intenses qu’elle ne sait plus où se trouve la réalité, Charlie comprend que sa vie ne sera plus jamais la même. Le danger rôde. Qui est ce nouveau surveillant aussi beau qu’étrange qui débarque dans son lycée ? Quel est son rôle dans ces événements inexpliqués ? Et qui sont ces Immortels qui la traquent sans relâche ? En tentant de protéger sa vie, Charlie se lance dans une quête effrénée de la vérité. Une quête sur le chemin de l’Immortalité.

Mon avis :

J’ai découvert ce livre par l’intermédiaire de facebook puis en lisant un extrait sur le site de l’auteur, avant qu’il ne soit édité. Comme il avait vraiment attiré mon attention, dès qu’il a été publié, je l’ai réservé et acheté auprès de l’auteur ; et il m’attirait tellement qu’il n’est pas resté longtemps dans ma PAL !
Par manque de temps, je fais d’habitude des chroniques juste pour des LC ou des challenges, mais cette fois, c’est pour faire découvrir cette petite merveille qui se révèle être mon 2ème coup de cœur de l’année !
C’est le roman parfait : l’écriture est magnifique, elle porte les émotions au-delà des mots, elle réussit le prodige de concilier actions, rebondissements, émotions, univers fantastique sur finalement assez peu de pages, mais tellement intenses !
Il est très difficile de raconter ce livre sans trop en dire, parce qu’il y a constamment des révélations et des découvertes jusqu’au bout…
Une histoire d’amour éternel entre 2 êtres extraordinaires, dans un univers particulier où se côtoient plusieurs créatures fantastiques…Du déjà vu, absolument pas !
Beaucoup d’éléments font que ce livre et cette histoire sont à part, même si on retrouve des choses qu’on a vues ailleurs, la puissance de l’écriture leur donne un nouveau souffle et une autre portée. Charlie, l’héroïne, est très différente des filles dont on a l’habitude, elle est sincère, touchante et on vibre au même rythme qu’elle : désir, frustration, déception, tristesse, force, intuitions…
Que dire du beau mâle de l’histoire, Elian…parfait comme toujours, sexy, irrésistible, protecteur, sans oublier le côté sombre qu’on aime tant !!
Un univers particulièrement intéressant, qui mêle fantastique, réincarnation, symbolisme, histoire actuelle et flash-back…
Je vous laisse découvrir les surprises que ce roman réserve…maintenant il faut juste que je patiente jusqu’au tome 2, c’est la seule chose que je déteste !! Heureusement, il a l’avantage d’offrir une vraie fin, j’apprécie !

La petite fille qui aimait la lumière de Cyril Massarotto

Quatrième de couverture :

Barricadé dans sa maison au coeur d une ville déserte, un vieil homme prend des risques fous pour recueillir une petite fille blessée.
L enfant ne parle pas, elle ne prononce qu’un mot : Lumière, elle qui a si peur du noir. Alors le vieillard parle, il lui raconte la beauté de la vie d’avant, les petites joies du quotidien, son espoir qu’on vienne les délivrer. Il lui enseigne la possibilité d un avenir, quand elle lui offre de savourer le présent.
Cyril Massarotto explore avec toute la finesse et la profondeur à laquelle il nous a accoutumés depuis son premier livre, Dieu est un pote à moi, la relation filiale qui se noue entre ces deux êtres que tout oppose.

Mon avis :

Un univers post-apocalyptique, un vieillard terré dans sa maison fait le mort. D’ailleurs, il l’attend, la mort. Il n’y a ni présent ni passé pour celui qui a tout perdu.
Une petite fille s’accroche à la vie, et surtout à la lumière. Elle ne sait pas comment c’était, avant la guerre. Elle sait qu’elle est vivante et qu’elle craint le noir.
Monsieur Papi et Lumière se rencontrent et chacun bouleverse l’existence de l’autre. Monsieur Papi enseigne à Lumière les rudiments de la vie civilisée, Lumière lui enseigne la vitalité et l’espoir.
Dans un monde sinistre et oppressant, Cyril Massarotto peint une fable émouvante, un conte d’amour et d’espoir dans lequel deux êtres privés de toute liberté prennent le parti de s’aimer et d’être ensemble une famille. Les mots sont justes, les dialogues vrais, et même si le dénouement n’est pas une véritable surprise, on suit avec beaucoup d’empathie l’évolution du lien entre Lumière et Monsieur Papi, et surtout, ces minuscules changements dans leur comportement, dans leur façon de voir les choses, qui se développent graduellement au fur et à mesure qu’il s’habituent l’un à l’autre.
Sans que cela soit péjoratif, La petite fille qui aimait la lumière est une lecture facile, humaine et touchante. Pour la rencontre avec l’auteur prévue en décembre, je me suis imposé la lecture de ceux de ses romans que je ne connais pas encore (100 pages blanches et je suis l’homme le plus beau du monde), et ce ne sera pas une corvée.

Le combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat

Résumé:

Le combat d’hiver est celui de quatre adolescents, deux filles et deux garçons, évadés de leur orphelinat-prison pour reprendre la lutte perdue par leurs parents, quinze ans plus tôt.
Ont-ils la moindre chance d’échapper aux terribles « hommes-chiens » lancés à leur poursuite dans les montagnes glacées? Pourront-ils compter sur l’aide généreuse du « peuple-cheval » ? Survivront-ils à la barbarie des jeux du cirque réinventés par la Phalange?
Leur combat, hymne grandiose au courage et à la liberté, est de ceux qu’on dit perdus d’avance. Et pourtant.

Avis:

J’ai tout simplement adoré lire ce roman. Jean-Claude Mourlevat nous entraine dans une histoire où on suit quatre adolescents Helen, Miléna, Barth et Millos. Orphelins, ils se battent contre La Phalange qui a pris le pouvoir il y a de ça quinze ans. Le décor est froid, sombre; on se retrouve dans l’orphelinat de ses quatre adolescents où tout est interdit, le seul fait de chanter une chanson est prohibé, tout est réglementé. La seule lueur de bonheur est la colline des « consoleuses », ce sont des femmes qui deux fois l’année accueillent les orphelins pour quelques heures  d’amour maternelle. Et c’est en allant chez la consoleuse d’Helen accompagné de Miléna, sa meilleure amie qu’ils vont faire la rencontre de deux garçons de l’orphelinat des garçons, séparé de celui des filles, Millos et Barth. Et c’est à partir de là que commence l’aventure pour ses quatre jeunes adolescents.

♦ On se plonge directement dans l’aventure aux côtés des quatre protagonistes. Je me suis laissée transporter dans leur monde, ses personnages sont très attachants surtout Helen; on souffre,on est heureux et on tremble pour ses amis avec elle. De plus les personnages secondaire comme Paula ou Octavo sont tout aussi attachants et ont une place très importantes dans l’histoire. Il y a certes une pointe de science-fiction avec les « hommes-chiens » avec qui ont peut avoir du mal à se les  imaginer, les arènes à gladiateurs et  le « peuple-cheval »mais qui à mon goût n’a pas été assez exploitée. L’auteur nous tient en haleine, certains chapitres sont écrits du point de vue autre que celui d’Helen, ce qui évite la mise en place d’une certaine routine. Le livre est très agréable à lire toute en fluidité. On dévore les 331 pages d’une traite, tout en se demandant au cours du récit, comment va se dérouler la suite. Et la fin m’a totalement surprise, je ne m’y attendait pas et naturellement j’ai été ému aux larmes.

♦ Ceci dit le seul point négatif c’est que c’est un livre très porté jeunesse tout de même mais qui est cependant surpassé par le rythme du livre.  La fin nous laisse quand même avec des questions sans réponses et si vous avez lu ce livre vous me comprendrez.

Ce livre est une leçon de courage, de liberté, d’amitié, de fraternité et bien sur d’amour. Je le conseille vivement à tout le monde c’est un livre très agréable à lire.