Dehors les chiens, les infidèles de Maïa Mazaurette

Je souhaite d’abord vivement remercier les éditions Gallimard Folio SF et l’équipe livraddict pour m’avoir permis cette lecture, dans le cadre de mon premier partenariat.

Résumé de l’éditeur :

« Quatre-vingts ans après la défaite des forces de la Lumière face aux Ténèbres, le monde ne connaît plus que la nuit éternelle. Seul espoir de voir un jour se lever le soleil: la Quête. Tous les cinq ans, un groupe de cinq adolescents spécialement entraînés part à la recherche de l’Etoile du Matin, arme légendaire, seule capable de lever la malédiction divine qui frappe l’humanité. »

Mon avis :

D’abord, je suis ravie d’avoir pu découvrir cet auteur. Je n’avais plus renouer avec le fantastique depuis longtemps, un peu fatiguée des mondes d’elf ou de gobbelins. En voyant la couverture et le quatrième sur les partenariats, un « je ne sais quoi » m’a fait postulé et me voila conquise à nouveau par le style.

Le récit s’avère particulièrement bien écrit. Nous sommes happés, dès les premières pages, dans cette quête pour la lumière, tant l’univers est gris, sombre et violent. Ce petit groupe d’adolescents luttant sang et larmes pour atteindre leur but, nous fait partager sa foi, inébranlable, du bien fondé de leurs croyances. Sur un rythme rapide, le récit est très visuel et traduit les sensations de chaque personnage, ce qui rend l’environnement palpable et réaliste. Bien que réellement fantastique, le monde dans lequel on nous emmène reste très crédible et n’est pas encombré d’abstractions complexes et inutiles.
Alternant dialogues et scènes d’évènements inattendus,  la lecture est rapide et souple, rendant la fermeture du livre bien difficile !

Les personnages son attachants autant que repoussants, pris dans les tourmentes du fanatisme religieux, conditionnés à des rôles, à des missions, qui sclérosent leurs pensées et limitent leurs actes. La violence du monde alentours et les préceptes inculqués les rendent si puissants et déterminés, que l’on pressent la chute si le moindre doute venait à se poser. Et elle ne se fait pas attendre.
Réellement profond et travaillé, chaque personnage porte son humanité, complexe et contradictoire de façon à ce que, en filigrane du thème du fanatisme religieux, c’est celui de la nature humaine, qui est pleinement questionné. Malgré leur violence et leur détermination, les différents personnages sont bien de grands enfants et leur esprit va rester ouvert, malgré les efforts de conditionnement du pouvoir en place.

Maïa Mazaurette, réussi selon moi, un exploit de taille, en parvenant à faire un récit poétique et envoûtant, sur un socle aussi dure et sombre. Le récit ouvre notre imagination et les contrastes clair obscur crées entre l’humanité des jeunes gens et la froideur du monde, est tout simplement enivrante.

Une histoire pleine de rebondissements, alliant fanatisme et humanisme dans une alchimie toute particulière. Un récit aussi dur et froid qu’émouvant et captivant. Une très belle découverte pour ma part, que je conseille vivement (on l’aura compris), et qui m’a poussé à aller chercher « Rien ne nous survivra », roman que Maïa Mazaurette a écrit avant celui ci.
Je tiens à nouveau a remercier les éditions Folio SF qui m’ont permis cette lecture et qui nous proposent toujours des mines d’or, dans leurs choix d’édition, et bien sur livraddict, qui nous permet chaque jour de découvrir de nombreux trésors de littérature..

Carnets d’un expatrié au coeur de la Chine de Christophe Tanguy

Merci à Livraddict et aux éditions Maxima de m’avoir permis de découvrir Carnets d’un expatrié au cœur de la Chine de Christophe Tanguy.

4ème de couverture :
Ingénieur détaché sur un site industriel de la Chine, Christophe Tanguy a fait le choix de découvrir ce pays sans rester cantonné dans les espaces réservés aux expatriés. Au fil des quelque 30 mois que dura son séjour, il a tenu un passionnant carnet quotidien dans lequel il a noté avec une grande précision et beaucoup de talent les péripéties professionnelles et personnelles qui ont ponctué son immersion dans une culture profondément différente de la nôtre.

De son arrivée à son « bureau-usine » jusqu’aux relations intimes qu’il parvient à tisser avec les Chinois (es), Christophe Tanguy n’omet rien de ses étonnements journaliers ! Son livre, à l’instar de ceux des grands écrivains voyageurs, est un témoignage aussi véridique que saisissant sur la barrière culturelle qui sépare l’Asie de l’Europe. C’est également une remarquable chronique de l’expatriation au quotidien.

Mon avis :
A première vue, le livre n’est pas très attrayant. La couverture n’est  pas très engageante, j’ai du mal à voir ce que représente la photo et la tranche est jaune fluo, mais le sujet m’attire !!

Il est agréable à lire car chaque chapitre est constitué de petites parties portant le nom du sujet dont l’auteur va parler (les toilettes, en discothèque, tourisme et gastronomie…) et tous peuvent être quasiment lus indépendamment des autres.

Dès les premières pages, le narrateur nous met face à un monde gris, sombre, terne… Son arrivée à Pékin et la présentation auprès des ses nouveaux collègues se fait sans effusion, sans enthousiasme. Ce qui m’amuse dès le début c’est la différence entre l’image que j’ai des asiatiques, c’est -à -dire, leur finesse, leur délicatesse, et la description que l’auteur fait de leur façon de vivre : la saleté est omniprésente (au restaurant, aux toilettes), tout est fait de bric et de broc (les meubles de son bureau sont mal finis, la serrure de la porte est montée à l’envers)… Rien à voir avec ce que je m’imagine d’eux !

Au fur et à mesure de la lecture nous découvrons la Chine et  les Chinois : les déplacements en vélo, la Grande Muraille, les relations entre expatriés, l’animation des rues, la ponctualité, les repas, les difficultés et longueurs administratives, la vie à l’hôtel puis dans une villa louée…

J’ai trouvé cet ouvrage intéressant et être ainsi immergée dans le monde chinois m’a permis de le découvrir. Cependant les chapitres se suivent et se ressemblent beaucoup, c’est vraiment très répétitif et parfois ennuyeux.
Le plus désagréable dans cet ouvrage est les quelques fautes d’orthographe que l’on peut retrouver au fur et à mesure de la lecture. Dommage car cette lecture est vraiment intéressante…

Le chien boomerang d’Henri Cueco

La couverture est colorée, originale, attrayante et suggestive.

Le livre se compose de courtes phrases comprenant des accumulations de divers mots se succédant et suggérant des images, un passé, un présent. On découvre ce chien errant et on le suit dans sa vie, son évolution pour enfin découvrir celle, la mère, qui sera sa maîtresse. Disons plutôt qu’ils sont confidents. Un chien, libre, en marge de la société et différent de tous les autres chiens, et pourtant si proche d’une humaine. Le livre est écrit dans un bon français, le langage y est soutenu dans les descriptions, plus familier dans les dialogues,  que ce soit entre des humains ou entre la maîtresse et son chien. Il retranscrit d’ailleurs très bien le milieu de vie dans lequel se situent l’intrigue et les personnages. Beaucoup de sensibilité se dégage. L’animal semble réellement comprendre et communiquer avec la mère. Tous deux se font part de leurs états d’âme avec une réelle simplicité, assez touchante. On peut voir dans certaine phrase l’apparition de l’auteur ex. p.28, entre les parenthèses « (tiens, ça rime) », « (ça rime vraiment) ». Pourtant, ces réflexions reviennent hors parenthèses, et apparaissent directement dans la bouche du personnage qui s’exprime « – Ca rime. ». L’auteur introduit dans son discours un brouillage des voix qui peut perturber le lecteur. L’auteur, qui prend sans doute également la place du narrateur principal (c’est-à-dire hors des dialogues) retranscrit sa probable vie de manière précise, pertinente et personnelle. Il s’exprime d’ailleurs à la première personne et indique ses liens familiaux. Il en vient même à poser des questions rhétoriques pour ensuite y répondre lui-même afin d’interroger et d’impliquer le lecteur dans l’histoire, ce qui n’est pas déplaisant. Dans un certain dialogue entre la mère et le chien, il attribue à « Boomerang » la réplique « – Merci » ce qui met un peu d’humour et d’ironie dans la lecture. La mère répond d’ailleurs, « Tu parles à présent ? », sans en être plus interloquée. Ces dialogues sont donc légers en apparence puisque le ton y est plutôt badin, cependant, si on creuse un peu plus, les réflexions y sont plus profondes, notamment quant au statut de l’animal, ses capacités, voire la possibilité qu’il ait une conscience. On fait connaissance, à travers ce chien, finalement attachant, de toute une famille qui le considère comme une personne à part entière, un père. On découvre également un village, son train-train quotidien… La mort du chien laissera la famille sans voix, en proie au désespoir et au cauchemar, comme quoi un animal peut apporter bien plus qu’un simple « ouaf ouaf », outre les problèmes qu’il peut causer. Le chien, marginal, commença par adopter cette famille pour qu’enfin elle s’y attache elle aussi. Les relations entre hommes et animal sont fortes malgré les plaintes du village et l’amour du chien envers sa famille toujours plus fort, il ne l’aura jamais trahi. C’est une belle histoire, émouvante, pleine de simplicité et de messages.

On trouve dans cet ouvrage deux autres histoires.

« Sa majesté Caramel » met en scène la vie d’un chat cette fois-ci. On a toujours l’impression que l’auteur, à travers le narrateur, nous raconte son passé. Le contexte est un peu déroutant, il est difficile tout d’abord de se familiariser avec les lieux, nouveaux, et le cadre.  La vie de Caramel est interprétée par l’auteur, mais de telle manière qu’on pourrait croire qu’il l’a vécue ou que le chat lui aurait contée.  L’auteur émet des hypothèses quant au passé de Caramel, fait de beaux rapprochements avec l’Égypte en filant la métaphore. Peu à peu, le lecteur peut faire corps avec le chat, c’est à dire qu’il pourrait presque appréhender ses actions, réactions, ressentis. On y découvre d’ailleurs des odeurs, sensations, sentiments et habitudes de chat mâle. Bien qu’à moitié sauvage, la souffrance le contraint à se rapprocher de son « maître ». Tel un humain malade, il ne supporte pas d’être assisté mais n’a pas le choix. Alors qu’on lui apprend qu’il devra se faire euthanasier, il disparaît, un beau jour qu’il profitait du soleil. Sa présence, elle, continuera à hanter les lieux. On peut y interpréter la possibilité d’un sixième sens chez l’animal, d’une part puisqu’il sentit la mort approcher, d’autre part car il continua à veiller sur sa famille, et peut-être à communiquer avec. On imagine l’auteur enfant, dans un cadre paisible, une maison entourée de verdure. Le discours y est soutenu et précis lorsqu’on s’intéresse à la vie de Caramel. Rien n’est laissé au hasard, tout est rapporté de manière fidèle. On s’attache à cette petite boule de poils autant que l’auteur qui reste sans voix face à sa soudaine disparition, qui restera inexpliquée.

Dans les deux histoires précédentes, j’ai beaucoup aimé le rapport entre homme et animal, ainsi que les interventions du vétérinaire, qui apparaît comme la personne capable d’abréger les souffrances, certes par la mort, mais avant tout pour le bien de l’animal. Peu de gens comprennent la possibilité de se décider en faveur d’une euthanasie. Appliquer cette méthode à l’être humain ouvre sur un débat infini, bien discutable, auquel je ne m’attaquerai pas, là n’étant pas mon devoir.

« Ne prends pas tes chaussettes de laine, il y a un changement de train au retour ». Troisième nouvelle, étonnante rien que par son titre absurde et vide de sens au premier abord. On y décèle aucune cohérence ni logique, tout comme l’auteur d’ailleurs qui se voit adresser cette phrase par sa mère. Suit alors sa réflexion à propos de ce conseil, s’il peut être considéré comme tel. Par des associations d’idées, il tente de lui donner un sens, de raisonner comme un philosophe pour trouver ce qui se cache derrière cette injonction. Essayer d’éclairer l’incompris. Narrateur et lecteur se placent tous deux dans la même situation de mal-être, d’incompréhension. En quête de la solution, on émet des hypothèses au rythme de l’auteur qui ouvre de nombreuses portes quant à la signification de cette phrase. Finalement, elle aura marqué son destinataire à vie et une part de mystère sera conservée, ce qui donne tout son charme à cette courte histoire, presque ironique.

Et un grand MERCI aux Editions JBZ&Co pour ce livre qui m’a beaucoup plu et touché. C’est une belle découverte.

Percy Jackson. La mer des Monstres de Rick Riordan

Nous retrouvons Percy en proie à un violent cauchemar concernant Grover,son ami satyre, dont il n’a pas de nouvelles.
A son réveil,il se trouve que c’est le dernier jour de l’année scolaire au collège de Meriwether.L’année aura été calme.
Alors ,qu’il joue une partie de foot,il se retrouve face à des cannibales géants et se rapproche d’un  élève ,sdf,un peu spécial,Tyson.
Un incendie se déclare suite à la lutte qui va s’ensuivre et Annabeth apparait pour sortie Percy et Tyson de cette situation.
Elle héle un taxi conduit par « les soeurs grises » qui les menera à la colonie des Sang-Mêlé où le danger rôde.
Chiron est sur le départ ,remplacé par tantale.
Une quête va être menée à travers la Mer des Monstres.
L’amitié jouera un très grand rôle.

Action et rebondissement seront présents à chaque instant,où les légendes et les héros de la Mytholoqie sont si réels!!!
Le style est fuide et franchement ,j’ai hâte de lire la suite!!
J’ai passé un excellent moment de lecture.

Merci à Belledenuit ,d’avoir lancé de cette lecture commune.

Un lecture commune faite avec Erato,belledenuit(bien sûr!),Lebonsaï,Lynnae,(Karline),Myrddin,Latitesib,frankie,Touloulou,Lecturevvv,Lexounet,Azilys,Lou,Cess,Nanet,
Thalia,Tidyup95.

Le clan de l’ours des cavernes de Jean M. Auel

Résumé

« Il y a 35 000 ans, une longue période glaciaire s’achève et la Terre commence à se réchauffer.
Lentement, durant des millénaires, l’homme s’est peu à peu dégagé de la bête et il apparaît à peu près tel qu’il est aujourd’hui. Il connaît l’outil, le feu, le vêtement. Il fabrique des armes pour chasser, aménage des grottes pour s’abriter. Dans le chaos de la nature, il est parvenu à créer un peu d’harmonie.
En ces premiers temps du monde, Ayla, une fillette de cinq ans, échappe à un tremblement de terre et se sort des griffes d’un lion pour se réfugier auprès d’un clan étranger. On l’adopte. Très vite, les gestes et les paroles d’Ayla suscitent l’étonnement et l’inquiétude ».

Mon avis

Cette lecture a été faite dans le cadre d’une lecture commune avec Comicboy, Karline05, Nanet, Iani ,Lebonsai, Touloulou, Djak, Ellcrys, Esperana, Véro, Opales, Belledenuit  et Nadège.

J’ai tout d’abord eu du mal à rentrer dans l’histoire, je n’arrivais pas à m’attacher aux différents personnages, ni même à les différencier, certains noms étant très proches. Mais finalement, au bout de cent cinquante pages, je me suis laissée prendre par l’histoire et j’ai au final beaucoup apprécié cette lecture.

L’histoire, qui se passe durant la Préhistoire est très originale. Ayla, femme de Cro-Magnon, orpheline suite à un tremblement de terre, est recueillie par Iza, guérisseuse au sein d’un Clan de Néandertaliens. L’intégration de la petite fille, issue du Can des Autres, va être très difficile. Morphologiquement très différente des membres du Clan, Ayla essaie tant bien que mal de s’intégrer dans le clan et de ne plus être considérée comme une étrangère.

J’ai adoré le personnage d’Ayla à partir du moment où son caractère s’affirme et où elle commence à se rebeller contre certaines règles en vigueur dans le clan. Ce roman contient une bonne part de féminisme : l’histoire est centrée sur Ayla qui tente de faire évoluer la position des femmes au sein du clan. En grandissant, Ayla se révolte contre la soumission des femmes envers les hommes, contre l’interdiction faite aux femmes de chasser, contre les décisions injuste du chef.

Ce livre est bien écrit, extrêmement documenté. La description des paysages, des coutumes du Clan, de l’attachement des membres du clan à leurs croyances et à leur totem est très intéressante.

J’attends avec impatience de découvrir la suite des aventures d’Ayla et je compte lire très bientôt les tomes suivants.