Druide d’Oliver Peru

Ce livre m’a été offert gracieusement par les éditions Eclipse, dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict. Je remercie très chaleureusement la maison d’édition ainsi que la team Livraddict pour cette opportunité.

Résumé :

1123 après le Pacte.

Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.

Certains voient là l’oeuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.

Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.

Ce qui se murmure autour du livre :

* Druide est le premier roman en solo d’Olivier Péru, mais il a déjà co-écrit, avec Patrick Mac Spare, Les Hauts-Conteurs, saga fantasy qui comporte pour l’instant 2 volumes

* On sent chez Olivier Péru une vraie fascination pour la forêt puisque ce thème revient également dans Les Hauts-Conteurs

* Vous trouverez ici une interview d’Olivier Péru

* Pour ce roman, Olivier Péru a choisi de modifier son prénom en Oliver (et non ! Ce n’est pas une faute sur la couverture) afin de faire la distinction entre ses œuvres écrites et ses œuvres dessinées.

* Il n’y aura pas de suite à Druide, mais l’auteur n’exclut pas d’écrire un autre roman dans le même univers

Mon avis :

Tout d’abord, j’ai eu une excellente première impression au moment de tenir ce livre dans mes mains. La couverture est sublime et elle a été, qui plus est, dessinée par l’auteur lui-même, illustrateur de métier. De nombreuses petites « tâches » rondes et rouges parsèment la face avant du livre, elles évoquent des tâches de sang et cela est très bien réalisé et cadre bien avec l’histoire. Par ailleurs, le papier est épais et d’excellente qualité, ce qui rajoute un plaisir supplémentaire à tenir ce livre dans ces mains. Pour en finir sur l’aspect visuel de l’ouvrage, les Editions Eclipse insèrent à leurs volumes des marques-pages détachables aux couleurs du livre. C’est une attention vraiment très appréciable et une merveilleuse idée !

Olivier Péru nous livre là un premier roman divinement écrit, avec des mots justes, précis, pour un ensemble très poétique. Une épopée fantasy dont la plume et le style évoquent grandement Tolkien, et l’auteur se révèle à la hauteur du maître ! Un roman d’une telle qualité est difficile à chroniqué… L’exercice est ardu !

Druide est un récit adulte avec des scènes violentes et parfois difficiles, crument détaillées mais toujours avec justesse et sans excès. Chaque mot, chaque phrase a sa place dans ce texte. Rien n’est en trop, rien n’est inutile.

Les talents de dessinateur d’Olivier Péru transpirent dans le style très imagé du texte. On parvient sans aucune difficulté à se représenter visuellement chaque scène, chaque description. Un tableau très clair des éléments nous est offert par l’auteur qui a su, par ses mots, nous transmettre une part de son talent d’illustrateur.

Ce roman est un gros volume (511 pages) écrit assez petit. La lecture n’en est pas rapide puisque chaque détail est abordé et chaque élément a son importance. Mais le plaisir est constant. Qui plus est, chose assez rare pour le souligner, l’ensemble de l’aventure tient en un seul tome. Cependant, l’œuvre aurait probablement gagné en facilité de lecture et d’ingestion en devenant une dilogie, voire une trilogie. Il est tout de même intéressant de préciser que malgré le condensé et l’épaisseur du livre, son prix reste très léger pour un grand volume (17 euros). Il y a fort à parier que si édition poche il y a, elle effectuera la césure en plusieurs tomes…

Ce roman recèle plusieurs originalités. En premier lieu, la thématique, celle qui donne son livre au titre, à savoir la découverte du monde des Druides, est un sujet rarement abordé en Fantasy, ou en tout cas extrêmement peu souvent en thème principal. Olivier Péru réussit ici l’exploit de s’éloigner des idées reçues sur les druides de romans, et nous propose une « mythologie druidique » réellement fascinante, avec juste ce qu’il faut de surnaturel, et une grande dose d’humanité et je dirais presque de spiritualité. On découvre les Druides tels que nous ne les aurions jamais imaginés, et pourtant, au fur et à mesure de notre lecture, on en vient forcément à se dire que finalement, comment avons-nous pu envisager les druides autrement qu’ainsi ? L’ensemble est tellement bien travaillé, tellement approfondi, que tout nous parait naturel et évident.

Les druides possèdent un Don, celui de « communier » avec les natures, la forêt, les animaux, celui de percer les secrets enfouis dans la conscience des individus. Pourtant, tous les druides ne sont pas égaux face au Don, et c’est d’ailleurs le cas des deux disciples d’Obrigan, notre personnage principal, maître druide infiniment respecté. En effet, entre ses deux apprentis, Kesher a un don déjà très développé pour son âge, alors que Tobias cherche encore sa voie. A ce sujet, Tobias, très réaliste, dit à Kesher (p.70) : « Le Don est un cri en toi, en moi il n’est qu’un murmure. »

La relation qu’entretient Obrigan avec ses apprentis est très particulière, tout comme celle de chaque maître druide avec ses disciples. Elle est assez proche de celle d’un père avec ses enfants. Tout comme la relation entre les frères de sève (entendez par là des apprentis élevés par le même druide) est très proche de celle d’une vraie fratrie. Tous, maître et disciples, entretiennent un rapport très puissant avec la mère-verte (= la forêt).

Une deuxième originalité du roman est qu’il parvient à inclure une intrigue de type thriller au cœur d’une fresque fantasy. J’ai bien dit un thriller, et pas des moindres ! Des meurtres affreux commis par un tueur invisible aux yeux jaunes, une énigme à résoudre, un temps très limité, du sang qui coule à flots et surtout… des scènes qui font réellement peur, au point de ne pas oser s’arrêter de lire à cet endroit et s’endormir, au risque de faire de terribles cauchemars !!
A chaque fois qu’un protagoniste découvrait un bout de vérité dans cette terrible intrigue, je tremblais par avance, chaque apparition du « meurtrier » me donnait des frissons.

Les monarques de chacun des deux royaumes du Nord sont des personnages très bien travaillés également. Sans manichéisme (comme d’ailleurs l’ensemble des protagonistes), les rois (et prince) se laissent découvrir au fil des pages et il est compliqué d’établir un jugement, car celui-ci risque d’être renversé dans les pages qui suivront.

Le travail remarquable d’olivier Péru sur la création de son univers se ressent à chaque page, à chaque nouveau personnage rencontré, qui même s’il est secondaire et présenté comme un personnage principal. La « mythologie druidique » est très élaboré, avec 4 clans de druides (loups, cerfs, corbeaux et ombres) qui ont chacun leur particularité et leur symboles.

Et que dire de la grande bataille finale, qui se déroule tout de même (c’est à signaler) sur environ 1/3 du roman !!! Sur 511 pages, ça fait quand même un sacré morceau. Quel plaisir, quelle qualité d’écriture ! Ces images si claires, ces actions qui s’enchainent, ces rebondissements ! Je dirais juste : Waou !

Un plaisir grandiose, digne des grandes batailles du Seigneur des Anneaux.

Mon bilan :

Une magnifique fresque d’une incroyable qualité. Un livre riche en émotions et en sensations. Un véritable et très grand coup de cœur pour cette œuvre ! Sans aucun doute, je lirais Les Hauts-Conteurs, et je suivrais de près les prochaines sorties du Maître Olivier Péru !

Les bonnes manières de Barbara Cartland

J’ai pu découvrir ce livre grâce à un partenariat entre les éditions J’ai Lu et Livraddict. Je tiens à remercier les éditions J’ai Lu de m’avoir offert ce livre.

Quatrième de couverture:

Le chic rétro, l’élégance glamour ne sont rien sans les bonnes manières. Comment éviter les faux pas, la gaffe honteuse et, surtout, l’abominable faute de goût? Ce guide est à l’image de la plus incomprise et la plus célèbre, la plus traditionnelle et la plus impertinente, la plus délicieusement rétro et la plus moderne Lady des années soixante: So british!

Mon Avis:

L’illustration du livre image bien ce que l’on retrouve dans ce livre. Il est bien loin de ce qu’écrit habituellement Barbara Cartland. Par contre, on retrouve les manières décrites dans ses héroïnes des livres romantiques qu’elle écrit.

Il réunit toutes les conduites à tenir dans différentes circonstances. Voilà quelques topics:  Au sein du foyer, le regard des autres, les invitations, comment recevoir, en voyage, en amour, le mariage, deuils, au bureau etc…

Ce livre m’a un peu rappelé le livre Rebelles d’Anna Godbersen où l’on trouve avant chaque chapitre une conduite à tenir pour une jeune fille du XIXème siècle.

En lisant ce livre, je me suis bien amusée. Il est écrit avec légèreté et n’est pas ennuyant ni rébarbatif, loin de là. Je pense qu’il faut le lire en comparant les deux époques. On se retrouve plonger dans les années soixantes, une époque pas si lointaine que ça. Mais on peut constater que c’est bien loin de notre socièté moderne. Surtout l’image de la femme se pliant en quatre pour contenter son mari. L’image est proche du personnage de Bree dans la série Desperate Housewives.

Je me marie prochainement et j’ai pu constater que tout a bien changé. Maintenant on ne compte pas forcément sur la famille afin de financer son mariage. Même si dans certaines familles subsistent encore quelques traditions se rapprochant des règles de savoir-vivre.

En bref, grâce à ce livre, on ne peut être qu’irréprochable plus particulièrement dans la socièté anglaise. Les origines de l’auteur étant bien ancré.C’est un régal du début à la fin.

Tartarin de Tarascon d’Alphonse Daudet

Résumé :

Dans la petite ville provençale de Tarascon, Tartarin est un Personnage, grand collectionneur d’armes, un véritable héros… en chambre ! Mais ses admirateurs le pressent sans relâche : l’Afrique, le  » pays des lions « , voilà la destination obligée pour un aussi valeureux chasseur. Tartarin finit par s’embarquer – à regrets – pour l’Algérie, dans l’espoir de débusquer le fauve mythique…
Un des textes les plus drôles de la littérature française.

Après trois longues années dans ma PaL (un cadeau de ma mère que je n’avais, jusque là, pas eu l’envie d’ouvrir) je me suis enfin mise à la lecture de Tartarin de Tarascon, contrainte et forcée que j’étais à honorer ma participation au Défi du livre qui dort de Florel. Déjà ce livre avait un désavantage : l’édition Librio : on en a pour notre argent, c’est-à-dire pas grand-chose, avec des fautes d’orthographe en prime =s Passé ce détail, j’ai apprécié le fait que les chapitres soient courts. Je préfère.

La première partie est celle qui m’a le moins passionnée. Les deux autres étaient d’avantage mouvementées et j’ai été happée par l’action autant que faire se peut. Le ton décalé voire ironique, toujours drôle m’a séduite, et c’est avec étonnement que je peux vous annoncer que, contre toute attente, j’ai apprécié cette lecture !

Le personnage de Tartarin m’a séduite par sa maladresse et sa naïveté. Son côté quasi enfantin était très attachant. Je suis très heureuse de compter désormais Tartarin-Sancho et Tartarin-Quichotte parmi mes amis livresques.

Miserere de Jean-Christophe Grangé

SYNOPSIS :

Parution aux éditions Albin Michel le 03 septembre 2008.Parution aux éditions Livre de Poche en mai 2010

Ce sont des enfants. Ils ont la pureté des diamants les plus parfaits. Aucune ombre. Aucune inclusion. Aucune faille. Mais leur pureté est celle du Mal.
Etrange assassinat d’un chef de chorale d’origine chilienne dans l’église arménienne de Paris. Disparitions de plusieurs enfants de chœur. Série de meurtres opérée selon un protocole macabre : perforation inexplicable des tympans, inscriptions tirées du « Miserere » d’Allegri, mystérieuses traces de pas autour des cadavres : pointure 36… Pour mener l’enquête, deux flics « border line » comme les aime Grangé : Kasdan, le vieux briscard à la retraite, et Volo le toxico, beau comme une rock star. Origines arménienne et russe. Deux hommes intelligents, acharnés, hantés par leur passé.
Du pur Grangé, complexe, tourmenté, baroque. Un de ses meilleurs thrillers, peut-être le plus inquiétant, qui mêle enfance, torture (des bourreaux nazis aux bourreaux chiliens), expérimentations scientifiques ultimes et musique…

MON AVIS :

Un meurtre puis plusieurs tous en rapport avec la musique… A première vue en tout cas.
Tour à tour, l’enquête emprunte plusieurs pistes : politique, religieuse, pédophilie…
Tout en restant en France, Grangé au travers des différentes hypothèses nous ramène au Chili sous le régime Pinochet ; un petit rappel des génocide Arméniens et Juifs, évocation de la torture et des bourreaux… Un univers sombre dans lequel Grangé nous entraîne sans aucun temps mort.
Face à ses horreurs le monde des enfants de chœur, ces anges à la voix si pure…
Et si tout était lié !
Un livre où l’on retrouve un duo de flics, diamétralement opposé et pourtant si proche l’un de l’autre.
Ces deux flics border-line mettront  tout en œuvre pour résoudre cette enquête, même si pour cela ils doivent aller en enfer !
Un récit qui vous tient en haleine du début à la fin.
J’ai eu l’impression d’être au cœur même de l’histoire, à un point tel que j’ai eu des palpitations cardiaque !
L’intrigue est superbement menée. C’est du Grand Jean-Christophe Grangé.
Un livre qui vous laissera sans voix.

Le compagnon de voyage de Curzio Malaparte

Je n’avais encore rien lu de Curzio Malaparte, c’est alors que Livraddict et Folio(que je remercie vivement tous les deux) me donnèrent l’occasion de faire connaissance avec ce  grand écrivain italien, né en Toscane en 1898, mort à Rome en 1957, célèbre entre autres  pour  son roman « La Peau », qui retrace la libération de l’Italie.
Ce roman a été publié pour la première fois en Italie en 2007 à l’occasion du 50me  anniversaire de la mort de Curzio Malaparte.

Nous sommes en 1943, dans l’extrême sud de l’Italie, près du rocher de Scylla, en Calabre, un petit détachement de soldats essuie l’assaut du débarquement allié au lieu de fuir, sous le commandement du lieutenant Cafiero. Agonisant, celui-ci fait promettre à Calusia, son ordonnance, de ramener son corps à sa famille, à Naples. Survivant, il va exécuter sa promesse. Il construit un cercueil de fortune, l’arrime au dos d’un âne abandonné (qu’il nommera Roméo !) et,  parti de la Calabre, devant Charybde et Scylla, (qui sont un dangereux  tourbillon et un récif célèbres dans le détroit de Messine)  tel Ulysse Calusia part pour un long périple,  traversant l’Italie à pied jusqu’à Naples. Ce soldat, chasseur alpin, au cœur pur, simple et courageux, fier de ses racines paysannes, va faire de belles rencontres, mais va aussi croiser des profiteurs et des pillards, des personnes méprisables. Or, dans ce monde devenu chaos, Calusia, avec ses principes, ses valeurs morales,  ne fait pas l’affaire : Calusia est bon, et  comme on dit : trop bon, trop … ! Et l’auteur se raille de son héros tout en ayant une grande tendresse pour lui. Oui il va se faire avoir. Oui il rencontre des gens qu’il va aider de façon désintéressée  sans attendre de retour. On espère que son  aventure va quand même lui ouvrir les yeux, le déniaiser un peu.

Ce court roman (une centaine de pages) m’a replongé dans les films italiens de mon enfance.
D’un style réaliste, imagé,  il alterne farce burlesque et  poésie. Curzio Malaparte campe de façon magistrale le décor de l’Italie de la débâcle, ses scènes touchantes ou révoltantes, les personnages méprisants, voleurs, profiteurs, la détresse des réfugiés, et surtout décrit avec une grande tendresse les petites gens.
Beaucoup de femmes jalonnent ce récit, au second plan comme au premier plan : la jeune Concette, la belle et robuste Mariagiulia ensuite, et enfin la mère  du lieutenant ; mais aussi les femmes réfugiées, les candidates à la prostitution, les nonnes. Ce sont d’ailleurs les femmes qui aident Calusia à se débarrasser des policiers et le suivent jusqu’au logis du lieutenant, tel un chœur antique. Car c’est bien sûr un voyage initiatique, mais aussi une fable : la vieille Italie, ses institutions et ses valeurs morales dépassées, sont incarnées par le lieutenant momifié dans sa caisse entouré de paille et de charbon.

Beaucoup de plaisir, de l’humour et de la tendresse aussi sont contenus dans moins d’une centaine de pages, aussi je vous recommande chaudement de passer quelques temps avec ce Compagnon.

Le compagnon de voyage
Curzio Malaparte
Folio, 2010
Traduction Carole Cavallera
76 pages