Emile Zola, « La Mort d’Olivier Bécaille et autres nouvelles »


Résumé :

Ce recueil comprend quatre nouvelles. Difficile de les résumer sans en dévoiler la fin et le piquant, mais voici pour chacune des nouvelles une phrase pour vous donner une idée des thèmes. La Mort d’Olivier Bécaille raconte le cauchemar d’un homme que tous croient mort, mais dont la conscience est encore vivante. Nantas est l’histoire d’un personnage qui, pour trouver la fortune, accepte d’épouser une femme qu’il ne connaît pas, enceinte d’un autre. L’inondation a un titre très explicite et raconte donc l’inondation d’un village et comment elle est vécue par une famille en particulier. Enfin, Les coquillages de M. Chabre, est l’histoire d’un bourgeois et de sa femme qui tentent en vain d’avoir un enfant.

Mon avis :

Adoratrice de Zola depuis mon adolescence, c’est presque avec jubilation que j’ai ouvert ce recueil et que je me suis apprêtée à découvrir un autre aspect de l’œuvre de Zola. Car en dehors des Rougon-Macquart, il est vrai que je n’étais pas fine connaisseuse.

J’ai été plutôt déçue par ce recueil. Zola n’est certainement pas un nouvelliste hors pair et son talent n’arrive pas à fleurir sur ces quelques pages. La nouvelle est un art difficile, que Zola ne semble absolument pas maîtriser. Zola est un romancier avant tout et c’est dans ce cadre que l’on apprécie tout son talent de narrateur et de peintre de la vie au XIXe siècle.

Les quatre nouvelles sont donc assez inintéressantes, quoique les thèmes semblent à la base plutôt alléchants. Malheureusement, les chutes sont beaucoup trop prévisibles, l’écriture assez maladroite, les descriptions chères à notre auteur ne trouvent pas ici leur place et ralentissent le récit, et enfin, les personnages sont assez peu poussés, presque caricaturaux. Globalement on reste donc sur sa faim.

Une mention spéciale tout de même à la nouvelle L’inondation, une histoire vraiment horrible (bien pire que les trois autres, déjà bien dramatiques), mais la meilleure du recueil. On suit pas à pas la destruction d’une famille autrefois si heureuse à qui tout réussissait. Les personnages semblent plus vrais, plus recherchés et l’on se sent vraiment auprès d’eux au cœur du drame.

Je ne conseille donc pas vraiment ce recueil, assez inintéressant, en dehors de la nouvelle L’inondation qui vaut le détour. Si vous voulez découvrir Zola, préférez les romans… plus longs certes, mais bien plus brillants.

Carnet de contes et fables des Antilles, de Jean-Marc Wollscheid

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec les Éditions Baudelaire que je remercie !

Résumé du livre :

Il faut croire aux mots des grenouilles ! Dans mon jardin de Schoelcher en Martinique, un soir d’ondée, je fus surpris par une de ces siffleuses, bavarde et frondeuse, qui m’invita à l’écouter, car elle avait tant à me raconter sur notre île…

Voilà donc les folles histoires des animaux entre eux, des fables sur leurs affaires aux détours juteux, leurs contes fantastiques qui feront des envieux… — Écris sur nous ! me dit-elle. Fais que les enfants racontent au monde nos crises, et sur la moralité notre emprise…

Ton carnet de contes c’est :
Des comptines à lire à ta petite sœur,
Des contes fantastiques à dire à ton grand frère,
Des nouvelles pour tes parents, ta maîtresse…
Mais surtout, des secrets sur nos animaux,
Qu’il ne faut jamais raconter à personne !

Mon avis :

Je m’attendais à un livre de contes que je pourrais lire à mon fils (3 ans et demi), au lieu de ça, je me suis retrouvée avec un livre de contes avec peu de contes adaptés à son âge.

Le style est très poétique, il y a des jeux de langage vraiment savoureux, mais pas toujours compréhensibles pour un petit… J’ai donc gardé pour moi ces contes et fables et ai apprécié la virtuosité des mots.

Même si en bonne « métro » que je suis, je n’ai pas compris tous les mots (heureusement qu’il y avait les notes de bas de page pour éclairer certains points), je me suis laissé entraîner par la rythmique.

La plupart des fables se terminent par une maxime, qui n’est pas sans rappeler les fables de La Fontaine, sauf qu’ici, l’écologie côtoie le bon sens et le civisme. Une manière comme une autre d’éduquer les plus jeunes.

Certains contes sont écrits deux fois. Une fois pour les plus grands et une fois pour les plus petits. Une fois plus expliquée et une autre fois plus poétique. C’est très agréable de se retrouver avec deux textes ayant le même fond, mais pas la même forme. Ça change le point de vue.

L’auteur a un site internet où quelques contes et fables gratuits sont disponibles ainsi que le début de celles présentent dans le livre, de manière à donner envie d’aller plus loin : http://peintredesdom.centerblog.net

Quelques points négatifs maintenant.

J’ai découvert sur le site que certaines « histoires » étaient plus pour un âge ou pour un autre. Dans le livre, rien n’est indiqué.

Il n’y a pas non plus de tables des matières ce qui dans un recueil est dommageable. Difficile de retrouver une histoire en particulier pour la partager. J’ai voulu me faire une table des matières en y rajoutant l’âge auquel était destiné tel conte et… il y a des erreurs dans la numérotation des pages. Dommage…

Certaines notes de bas de page sont inexistantes alors même qu’elles sont signalées dans le texte. Là aussi, c’est un vrai manque, car ce n’est pas toujours facile pour nous qui habitons en métropole de comprendre certaines choses sans elles.

Pour conclure, un recueil agréable à lire (pas d’un seul coup, mais en venant piocher dans les histoires), mais qui manque de table des matières (pour pouvoir piocher dedans).
Un de mes contes préféré qui explique l’importance de l’écologie et de chacun de ses actes (extrait disponible sur le blog de l’auteur) : Pierrot le papillon et l’effet papier de bonbon…

Note :3,5/5

Une vie de Pintade à Paris de Layla Demay et Laure Watrin

pintades paris

Présentation de l’Editeur : La réputation des Parisiennes n’est plus à faire. Partout dans le monde, on les dit élégantes, sophistiquées, gourmandes, séductrices nées, dépensant la moitié de leur salaire en lingerie. Layla Demay et Laure Watrin explorent la basse-cour des bords de Seine et vous font découvrir les coulisses d’une capitale que vous croyez connaître. De Belleville à Passy, du Marais au canal Saint-Martin, de Convention à la rue Lepic, qui sont-elles vraiment ? Bobos, frondeuses, débrouillardes, héritières des vieilles familles, provinciales  » montées  » à Paris, immigrées, comment vivent-elles dans une ville qu’elles seules ont le droit de dénigrer ? Cet ouvrage est à la fois une étude de moeurs, une série de portraits piquants, et un guide pratique pour survivre dans une ville dont on n’a pas forcément tous les codes, même quand on y habite !

L’avis d’Aily : Dans le carde de mon premier partenariat avec une maison d’édition, Livre de Poche en l’occurrence, j’ai donc lu ces « portraits piquants des Parisiennes, leurs adresses, leurs bons plans. »

Je dois avouer que j’étais dubitative avant d’ouvrir ce livre. En effet, je suis et je reste une provinciale n’allant sur Paris que pour jouer sa touriste ou aller au musée et ne connaissant pas vraiment ces Parisiennes « dépensant la moitié de leur salaire en lingerie ». Je me demandais donc si ce livre pouvait me parler ou me faire rire, au choix. De plus, j’ai bêtement pensé que ce livre était plus ou moins sous la forme d’un roman, et donc, pour sûr, j’ai été déçue car ce n’est pas et ça ne prétend pas être un roman. Alors c’est sûr que ces pintades ne partaient pas gagnantes.

Qu’en est-il au final ? Je reste mitigée, ce livre ne m’a pas déplu, mais il ne m’a pas plu non plus. Ce fut une lecture agréable car le style est léger avec des pointes d’humour et d’ironie, ce qui n’est pas pour me déplaire. Le format est lui aussi bien pensé, bien que j’aie parfois eu l’impression de passer du coq à l’âne dans les sujets traités et de ne pas avoir de transitions. Mais l’idée de mettre les adresses juste après le texte était bonne et les illustrations sont fort sympathiques et mettent en relief des paradoxes bien français. Et puis il faut dire que les auteurs parlent de ces petites choses qui caractérisent toutes les françaises et pas forcément que les Parisiennes, et donc je me suis parfois retrouvée au fil de ma lecture.

Mais il y a des petits détails qui m’ont empêché d’apprécier ce livre complètement. D’une part il y a beaucoup de références que je n’ai pas, comme par exemple l’atmosphère des différents arrondissements, et je pense que j’ai manqué pas mal de sous entendu à cause de ça. Mais également des références sur les marques, les magasins ou même des personnes dont je n’ai jamais entendu parler. Ce qui a mis une certaine distance entre moi et ces pintades. Je ne me suis pas sentie adhérer complètement à ce petit monde Parisien qui a l’air tout de même fort sympathique.

Et puis d’autre part, il y a cette utilisation du vocabulaire anglais à tire-larigot, que, certes je n’ai pas eu de difficultés à comprendre, mais qui a fini par me taper sur les nerfs. Je sais que certains concepts ou idées sont plus explicites dans la langue de Shakespeare mais il serait peut être intéressant de développer ces concepts en français, juste pour tous les lecteurs puissent suivre. Ca n’a pas été non plus une utilisation excessive de l’anglais et donc ça ne nuit pas au texte, mais ça a fini par me chatouiller.

Pour conclure, je dirai que pour toute future pintades venant s’installer à Paris, l’avoir dans ces cartons d’emménagement est un bon plan, car il y a tout un tas de petites adresses qui ont l’air fort sympathiques ma foi, et ça permet de se préparer à ce que Paris et ses pintades nous réservent. Je n’irai cependant pas le relire. Ce fut une lecture très agréable mais j’ai déjà oublié les sujets traités, il faut que je reprenne le sommaire, voire le texte même, pour me rappeler ce que ces pintades ont à dire. Je ne dois pas être une pintade mais je me suis quand même bien divertie !

7 jours à River Falls, d’Alexis Aubenque

Résumé :

Sarah Kent, issue d’une famille modeste, est une étudiante modèle qui mène une vie paisible, parmi l’élite de l’université de River Falls, une petite ville des Rocheuses. Pourtant tout va changer, un matin de printemps, quand Amy Paich et Lucy Barton, ses deux meilleures amies des années de lycée, sont retrouvées atrocement mutilées dans la forêt toute proche. Or, deux jours auparavant, Sarah avait reçu une lettre, plutôt étrange, de Lucy et Amy… Le monde de Sarah bascule dans l’horreur. Sera-t-elle la prochaine victime du tueur ? Le shérif Mike Logan, aidé de Jessica Hurley, son ex-petite amie, une profileuse réputée, est chargé de l’enquête. Tous deux croient très vite être sur la bonne piste. Mais ils ignorent que leur adversaire les manipule avec une redoutable perversité…

Mon avis :

Dans la grande lignée des polars construits sur le modèle meurtre – enquête – arrestation du meurtrier, celui-ci ne vient pas déroger à la règle. Deux filles assassinées, parfait pour émouvoir les foules, et un shérif prêt à tout pour élucider leur meurtre, qui pourtant ne manque pas de choisir la facilité à chaque étape de l’enquête. Le suspense n’est pas vraiment au rendez vous, on connaît rapidement l’identité du tueur et les rapprochements entre les personnages ne sont pas difficiles à faire. On aurait presque de la peine pour ce pauvre shérif qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

Niveau personnages, on tombe immédiatement dans les clichés habituels : le shérif borné et impulsif, la profileuse qui devine tout avant tout le monde, les étudiantes américaines superficielles et pleines de préjugés, et même, le meurtrier psychopathe avec antécédents. On ne s’attache pas à eux, si ce n’est pour les plaindre de leur bêtise sans fond, et leur comportement parfois puéril en est presque décevant. Chacun est obnubilé par sa petite personne, comme si l’histoire cherchait à faire ressortir les vices de chacun, et si la fin vient rattraper un peu l’ensemble,  on regrette là encore de ne pas en apprendre plus sur leur vie et leur passé.

L’intrigue est légère, facile même, et chacun des acteurs joue parfaitement son rôle comme s’il l’avait répété pour l’occasion. Le flic véreux, le voisin qui fourre son nez partout, la journaliste fouineuse, les personnes importantes que l’on fait chanter… en 476 pages, on fait un peu le tour du B.a.-ba du roman policier, quels personnages y coller et comment les faire interagir. L’originalité n’est pas la partie, et malheureusement, ça n’aide pas à se motiver pour continuer à lire.

Le style est pauvre, dépourvu de subordonnées et construit sur une succession de phrases les plus courtes possible. On ne reproche pas à l’histoire ses descriptions, pratiquement inexistantes, et c’est tant mieux car la simplicité des tournures en devient presque énervante. Pourtant, on ne manque pas de retrouver des tics de langages au milieu de cette simplicité, comme l’abus de « péremptoire » ou l’utilisation de « pleutre » dans la bouche d’un quarterback qui, admettons-le, n’est sûrement pas entré à l’université grâce à ses talents linguistiques.

Au final, « le plus américain des auteurs français » (comme le clame la couverture) semble avoir compressé toute la matière des romans policiers pour en ressortir ce condensé de raccourcis, n’utilisant de la culture américaine que les clichés que diffusent les séries dans l’hexagone, et si l’ensemble se laisse lire, on ne peut qu’espérer qu’il mettra son imagination à l’œuvre dans ses prochains romans.

Ma note : 4/10

Le Challenge Livraddict 2010

CHALLENGE LIVRADDICT 2010 BANNIERE Les Challenges commencent à fleurir un peu partout sur la blogosphère pour l’année 2010 ! La Livraddict Team, toujours prête à proposer de nouvelles idées pour enrichir les échanges sur le forum (et vous donnez encore plus la fureur de lire ^^), s’est réunie pour proposer un challenge propre au site :  le « Challenge Livraddict 2010 » !

Alors, en quoi consiste ce challenge ?

Comme vous le savez, grâce à la Bibliomania, un top 100 des livres préférés des livraddictien(ne)s varie – chaque jour – au gré des votes des membres du site.

Nous proposons de figer le top 100 à la date du 15 novembre, soit dimanche prochain et d’établir notre petit challenge par rapport à cette sélection des 100 titres préférés des membres de Livraddict !

Le but du Challenge ?

Le but du challenge est de vous proposer de lire un maximum de livres de cette sélection de 100 titres !

Combien ? c’est à vous de le déterminer !

Vous décidez le nombre de livres que vous voulez lire ! Si votre objectif est atteint, vous pourrez en lire plus que prévu… Le but est de ne pas en lire moins !

Vous n’êtes pas obligé de préciser de suite le titre des livres que vous souhaitez lire (pour garder la surprise), juste le nombre !

Les inscriptions.

Pour s’inscrire, rien de plus simple, il suffit juste de signaler sur le forum (dans le topic adéquat qui sera ouvert dimanche prochain) votre participation en indiquant le nombre de livres que vous avez décidé de lire ainsi que de mettre un lien vers l’article de votre blog où vous annoncez votre participation au challenge !

Les inscriptions seront ouvertes entre le 15 novembre et le 31 décembre 2009.

Nous espérons que vous serez nombreux à participer à ce premier challenge qui sera renouvelé chaque année, en cas de succès !

Nous pensons établir un « Challenge BD et manga », l’année prochaine, si le coeur vous en dit, spécifique aux amateurs du genre ! Cette année, vu que le « top 100 comics, BDs et mangas »  reprend en grande partie le manga « Fruit Basket« , nous avons jugé prématuré d’établir ce type de challenge !

Alors, rendez-vous sur le forum, le 15 novembre prochain, à partir de 20H pour connaître les 100 titres préférés des Livraddictiens !

D’ici là, vous pouvez continuer d’ajouter vos livres préférés et votez pour eux ! Attention, il ne s’agit pas de favoriser votre future sélection mais celles des autres qui n’auront pas lu les livres pour lesquels vous avez voté !

Je précise que pour ne pas fausser le classement, il est interdit de voter pour un livre non lu, juste pour lui permettre d’accéder au fameux top 100 !

Par contre, comme le suggére à juste titre Lolo sur le forum, nous vous invitons à regarder votre liste de « livres lus » pour vérifier que tous les livres disposent de leur notation dans la bibliomania, ainsi les cartes  seront distribuées le plus justement possible !