En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

« Donnez-moi le prénom qui vous chante ! Mais je vous en prie, amusez-moi, faites-moi rire, ici les gens sont tous parfumés à l’ennui »

Premier roman d’Olivier Bourdeaut, En attendant Bojangles raconte le quotidien d’une famille de 4 énergumènes qui refusent l’ennui et vivent constamment dans l’imaginaire : le père aux cheveux de cavalier prussien, la mère, la plus barrée d’entre tous, le fils qui grandit dans cet univers et Mademoiselle Superfétatoire, grand oiseau exotique qui vit à leurs côtés comme un membre à part entière de ce foyer. Ils vivent de chimères, inventent de folles histoires qui dépassent l’entendement et se fichent des conventions, pour notre plus grand bonheur. Leur monde fantasque est sans cesse une fête, ils dansent follement tous les 4 sur Mr Bojangles de Nina Simone, se picorent entre eux (i.e. s’embrassent) et ont un château en Espagne où ils vont quand bon leur semble. Chaque jour est pour eux un jeu et leur permet d’ignorer la réalité, jusqu’au jour où celle-ci les rattrape … violemment. J’ai beaucoup ri de leurs mensonges et de leurs extravagances, tellement poétiques et plus drôles que la réalité !

Ce roman m’a fait penser Au pays des kangourous de Gilles Paris au sens où il est décrit majoritairement à travers les yeux d’un enfant avec tout ce que cela implique de naïveté, de spontanéité et d’imagination sans être exempt de réflexions censées sur un sujet plus grave. On a ensuite envie d’écouter les multiples interprétations de Mr Bojangles, un régal pour les oreilles comme cette lecture pour laquelle j’ai pris beaucoup de plaisir. Je la recommande chaudement à tous ceux qui recherchent un petit brin de folie et une histoire d’amour fou.

A pile ou face de Samantha Bailly

A pile ou face :

Auteur : Samantha Bailly

Éditions : Rageot

Pages : 248

Résumé :

Emma n’en croit pas ses yeux quand elle reçoit un mail de son frère Maxime.
Impossible ! Absolument impossible !
Les images du passé s’impriment sur sa rétine.
La voiture de Maxime. L’accident.
Les secours qui évacuent son corps sans vie.
Emma s’éloigne de l’ordinateur. S’approche à nouveau.
Ses doigts tremblent. Une pression de l’index.
Le message s’ouvre…

Mon avis :

C’est le premier thriller que je lis donc mon avis ne sera pas en comparaison avec d’autres livres de ce genre.

Dans ce livre, c’est la couverture qui m’a attirée en premier, elle est mystérieuse et intrigante. Et en second lieu c’est le résumé qui ma donné encore plus envie de découvrir ce livre.
C’est l’histoire d’Emma qui a perdu son frère, Maxime, mais un jour elle  reçoit un mail de sa part. Étrange non ? Mais pourtant bien vrai. A partir de là ce sera le début d’une grande aventure pour elle. Des mystères à déceler, des rencontres et une grande responsabilité reposera sur ses épaules.

C’est une histoire vraiment bien ficelée, avec une intrigue qui nous tient jusqu’au bout car on veut absolument connaître la fin, le dénouement final, le pourquoi du comment.

Quand j’ai terminé ma lecture je n’ai pas était déçué que ce soit terminé (comme avec certains livres où j’aurais voulu continuer encore et encore à lire) car je pense que le livre devait finir comme ça.
Néanmoins je n’ai pas trouvé que les personnages étaient attachants donc j’ai trouvé ça un peu dommage, mais je ne sais pas si c’est comme ça avec tous les thrillers. Alors n’hésitez pas à me dire !!!

Je recommande donc ce livre car ce fût une bonne lecture, avec une bonne intrigue. Je pense lire d’autres thrillers.
J’ai d’autres livres de l’auteur dans ma Wish-list et je compte bien les découvrir.

Au pays de l’Ailleurs de Tahereh Mafi

Ayant adoré Insaisissable, la barre était très haute pour Au pays de l’Ailleurs. Malheureusement, elle ne l’a pas dépassé, loin de là… Cependant, c’est quand même une bonne lecture.

Tahereh Mafi nous entraîne dans un monde très coloré, riche et complètement farfelu. J’ai beaucoup pensé à Alice au pays des merveilles et vu que l’héroïne principale s’appelle Alice, je présume que c’est soit une réécriture du conte soit un très gros clin d’œil.

La plume de l’auteur a encore été une fois très très bonne même si elle était un peu lourde par moments surtout pour du middle-grade. Le vocabulaire riche peut être parfois difficile à comprendre pour la cible visée. Cependant, toute la poésie dans le choix des mots et des tournures de phrases rend son style unique et facilement reconnaissable. Sa plume ne fait pas dans la demi-teinte soit ça passe soit ça casse.

Le monde créé par l’auteur est pour moi un personnage en soi qui est bourré de complexité et de facettes cachées qui sait nous transporter loin des sentiers battus de la littérature middle-grade. Avec ce livre, Tahereh Mafi nous montre toute l’étendue de son talent et de son imagination. Par contre, elle s’attarde souvent trop longtemps sur certains détails ce qui provoque quelques longueurs et qui peut lasser à la longue. J’ai souvent attendu l’action avec trop d’impatience.

Alice et Olivier sont de bons personnages mais avec pas mal de défauts. Alice est un peu insupportable par moments et elle s’en mord souvent les doigts. Mais elle a bon fond et on sait qu’elle essaie juste de bien faire pour réussir son objectif et ça c’est une qualité que je ne peux pas lui reprocher. Olivier est un peu égoïste au début mais lui aussi apprend beaucoup de choses pendant leur voyage dans le pays de l’ailleurs et ça fait du bien de voir c’est deux personnages évolués et grandir tout le long du roman.

En conclusion, Au pays de l’Ailleurs a été une bonne lecture malgré quelques défauts et longueurs mais qui saura conquérir les âmes d’aventuriers des lecteurs.

Merci Livraddict et Michel Lafon pour l’envoi de ce livre !

Meuh ! de François Morel

Auteur : François Morel
Éditions : Folio
Nombre de pages :  143 pages
Année de parution : 2016

Résumé :

« Oui, j’ai de l’admiration pour la vache car elle est impassible. Elle ne joue pas au tiercé. Elle ne hurle pas dans les stades. Elle ne se gare pas en double file.

Elle n’envoie pas de lettres anonymes. Elle ne se met pas au garde-à-vous. Elle n’utilise pas de tondeuse à gazon. Elle n’écoute pas la radio à tue-tête.

Oh bien sûr, son parcours est tracé : elle vit, elle meurt. Vous vous trouvez sans doute beaucoup plus malin ? »

Mon avis :

Je tiens d’abord à remercier Livraddict pour ce partenariat ainsi que Folio, de m’avoir choisie pour donner mon avis sur ce livre ainsi que pour le cadeau « Paris sera toujours une fête ».

Meuh est le premier livre de François Morel. Je fûs intriguée par cet écrivain à la carrière bien remplie il est : comédien, metteur en scène mais aussi chanteur.

C’est l’histoire de Philippe Bonneval, Rochebrunois de vingt-deux ans vivant avec ses parents : Robert et Madeleine patrons d’un pressing « les spécialistes de la chemise et du complet trois pièces » mais lorsqu’on est un jeune préoccupé par les filles ; la mobylette ; l’acné on ne voit rien venir pas même sa mue en vache. La couverture du livre le représente, nous voici donc au cœur de l’histoire. Bien avant de devenir vache le jeune homme a toujours ressenti de l’admiration pour les bovidés jusqu’au jour où celui-ci se transforma sans en connaître la raison, ses maux de tête persistant sa mère concéda et accepta de prendre rendez-vous au près de spécialistes chacun voyant en lui une des caractéristiques tendant vers ceux de la vache.

« Le dermatologue rendit un diagnostic sur ma peau de vache. Un oculiste crut distinguer en moi un œil de bœuf. Un psychiatre s’exclama en me voyant » Celui- là à une véritable tête de vache », ce qui était une manière significative d’outrepasser ses compétences. Un homéopathe m’ayant examiné sous toutes les coutures comprit que ses convictions les plus profondes, ses certitudes de toute une vie venaient d’être foulées au pied par ma simple présence. »

Le jour où il se rendit compte de son état il le refusa, son souhait était de vivre comme avant et de faire comme si de rien ne s’était passé mais malheureusement pour lui il n’avait guère le choix, et il n’y avait rien qu’il ne puisse faire.

Dans ce roman, il nous parle de son enfance, de ses bons souvenirs le rattachant à sa vie d’humain. De ses sorties à la pèche avec l’oncle Émile, de ses amours avec la jolie Élisabeth Touchard. Malheureusement pour lui sa transformation devint complète, voyant qu’il lui était compliqué de vivre auprès de sa famille, ne pouvant plus sortir avec ses cornes, ses sabots..Et ses 800 kilos il se décidé à rejoindre un troupeau. Son arrivée ne passant pas inaperçue auprès de Réné l’agriculteur celui-ci effectivement s’imagina alors les pires conspirations, mais voyant que la vache faisait preuves de bonnes qualités il voulu bien la garder. Ainsi commença sa nouvelle vie sous le nom de Blanchette.

C’est pas un livre comme j’ai l’habitude de lire, c’est avant tout un témoignage. Nous entrons dans l’absurde, Philippe tout du long ne plaisante pas sur sa condition. Je m’attendais à rire, comme j’ai l’habitude de le faire avec mon bon Terry Pratchett puisque ce livre étant catégorisé d’humoristique mais ce ne fût malheureusement pas mon cas. J’ai cependant apprécié les références d’écrivains notamment celle de Khalil Gibran : Nos enfants ne sont pas nos enfants. A mes yeux il y eut trop de rocambolesque, j’ai cependant accroché avec le côté humain. Les parents, le voyant toujours comme leurs enfants, la détresse de ces personnages les ont rendu touchants. J’ai également apprécié les réflexions côté animaux, beaucoup s’imaginant que les animaux sont dénués de sentiments, de personnalité. Le dernier aspect positif à mes yeux sont les gravures de Christine Patry venant ponctuer ci et là le roman.

Ce n’est décidément pas un coup de cœur pour moi, ni une déception pour autant.

Given de Natsuki Kizu

Uenoyama est un lycéen féru de guitare et de basket. Seulement, la passion qui l’animait semble s’être éteinte pour laisser place à un quotidien morne, rythmé par de simples siestes. Un jour, il tombe sur Mafuyu, qui s’est endormi à l’un de ses endroits favoris, une superbe guitare Gibson serrée contre lui. Ce dernier le supplie alors de la réparer et de lui apprendre à en jouer. Si Uenoyama refuse catégoriquement au début, il finit par l’aider et va même jusqu’à l’intégrer dans son groupe. Il découvre derrière la candeur de Mafuyu un talent incroyable et bouleversant. Malheureusement, ce dernier est également hanté par un lourd traumatisme qui l’empêche de s’exprimer pleinement…

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement les éditions Taïfu Comics de m’avoir envoyé ce livre que j’ai lu avec grand plaisir. En effet, ce yaoi se lit très facilement et on rentre tout de suite dans l’histoire. Les personnages sont très attachants et les relations qu’ils tissent au fil du texte ou qu’ils ont dès le début pour certains m’ont touchée.

L’univers musical apporte une touche tout particulière à l’ouvrage et permet une certaine poéticité. On est immédiatement immergés dans un monde où les émotions peuvent s’exprimer par le biais de la musique… Du moins, en théorie, puisque tout, dans le manga, est question de non-dits, de gestes manqués entre les deux protagonistes. Cependant, la fin de l’ouvrage laisse entendre que tous deux sont enfin prêts à s’ouvrir l’un à l’autre.

Au début de l’histoire, Mafuyu demande à Uenoyama de lui apprendre à jouer de la guitare. Si ce dernier est d’abord énervé par la « naïveté » de Mafuyu, il comprendra par la suite que derrière sa grande timidité, se cache en réalité une profonde blessure. C’est pourquoi il a sans arrêt une tête de « chien battu », ce qui a le don d’exaspérer Uenoyama. Mais bien évidemment, c’est aussi ce que le jeune homme aime chez Mafuyu. Il parviendra justement à surmonter son agacement premier pour découvrir un talent insoupçonné chez ce garçon qui le trouble. Le tome 1 de « Given » esquisse tout juste la relation qui est en train de naître entre les deux jeunes hommes mais il donne particulièrement envie de lire la suite afin de savoir comment leur relation va évoluer.

Outre l’aspect musical de ce yaoi, la grande particularité du roman réside également dans l’organisation même du texte, puisque celui-ci est notamment ponctué de fiches de présentation des personnages.

Mais ce n’est pas tout : à la fin de l’ouvrage, se trouvent des sortes « d’interviews » des membres du groupe de musique afin de mieux les connaître, de comprendre la perception qu’ils ont les uns des autres, mais aussi de développer des aspects de l’intrigue que l’auteure n’a pas pu aborder en détail dans le corps du yaoi. Enfin, j’ai eu la surprise de découvrir derrière la jaquette du livre, sur la « vraie » couverture, une sorte de « bonus » (d’ailleurs appelé ainsi), dans lequel le lecteur a droit à un petit point culture sur les uniformes portés par les personnages à l’école.

Finalement, ce yaoi m’a beaucoup plu. Sa lecture est fluide, on suit avec plaisir les aventures musicales et personnelles des personnages, les graphismes sont beaux et enfin, la forme du livre en elle-même est originale. Je recommande donc vivement la lecture de ce manga de Natsuki Kizu, aussi bien aux néophytes qu’aux habitués de yaois, et j’ai vraiment hâte de lire la suite.

Voici un lien sur lequel vous pourrez trouver ce manga : http://www.taifu-comics.com/Serie-242-Given