L’Orpheline des Neiges de Marie-Bernadette Dupuy

L'orpheline des neigesRésumé :

L’histoire se déroule principalement à Val-Jalbert, village du Québec. Un couple, dont la femme est très malade va devoir malheureusement abandonner leur enfant. Ils déposèrent leur enfant dans un ballot de fourrure à l’entrée du couvent-école du village, l’enfant étant lui même très malade. Cet enfant, Marie-Hermine sera recueillit par les sœurs de celui-ci et sera élevé par elles. Au fur et à mesure, se découvrant une voix splendide Marie-Hermine se passionnera par le chant et au fil du livre nous la suivront dans les péripéties qui feront d’elle une adulte. Que lui réserve l’avenir ? Pourquoi a t-elle été abandonnée ?

Chronique :

Ce livre a été un souffle nouveau sur mes lectures. Je n’avais en effet pas l’habitude de lire ce genre de livre. Sur une chronique lu sur ce site même j’ai décidé de m’y intéresser.

Très sincèrement, c’est un livre où nous suivons une sorte de « vie de village » et ce n’est clairement pas pour déplaire ! Nous avons une multitude de personnage avec chacun une personnalité bien forgé dont l’auteure nous fait vivre et s’émouvoir à certain moment. L’écriture est très fluide et cela suit à merveille le glissement des événements plus que nombreux bouleversant le cœur de l’histoire.
Les descriptions sont riches tant l’auteure s’est impliqué dans la découverte du village en question citant énormément de fait réel nous permettant d’avoir une approche totalement différente dans la lecture.

De fil en aiguille, on s’attache aux personnages, on vit avec eux, on s’imagine à leurs côtés. Les paysages décrit sont nombreux et d’une description totalement parfaite. Notre imaginaire travaille à plein régime et parfois, je me sentais flotter dans une bulle que l’auteure éclaté du bout de la pointe de sa plume me faisant redescendre par un élément perturbateur, une surprise.

Je n’ai pas faire d’analyse littéraire, cela gâcherait le plaisir que ce livre m’a apporté. Le plaisir de redécouvrir pourquoi j’ai aimé la lecture. Des mots, créant des phrases et permettant l’évasion par la simple implication de l’imaginaire et de l’implication de son écrivaine. Il nous rappelle très souvent la chance que l’on peut avoir, celle qui nous échappe, puis la force qu’il faut pour continuer dans un monde parfois impitoyable et où la vie est éphémère.

Pour cette première chronique, je vous remercie bien évidemment de m’avoir lu ! J’espère m’y être bien pris et vous avoir donné l’envie de lire. Je vous le promet, vous ne le regretterez pas. Bonne lecture à vous tous et à une prochaine !

Les nœuds d’acier de Sandrine Collette

Des noeuds d'acierAprès avoir eu un coup de cœur pour Six fourmis blanches, je me suis mis en tête de lire un autre lire de Sandrine Collette, et j’ai trouvé par hasard les nœuds d’acier. L’histoire est très simple : Théo, ex prisonnier fraîchement libéré, se fait capturer par 2 vieillards au milieu de nulle part et devient leur esclave, tout comme un autre personnage, captif lui depuis sept longues années.

On voit le quotidien de Théo, son emprisonnement et les souffrances qu’il endure, et le fait d’entendre ses pensées nous fait éprouver de la compassion pour ce personnage. Je l’ai trouvé pour ma part véritablement fascinant, il a d’une part une furieuse envie de vivre et de croire en un avenir avec la femme qu’il aime, et de l’autre on voit en lui une résignation quant à son sort, qui laisse quelque fois transparaître une folie sous-jacente, faisant de Théo un personnage complexe aux multiples facettes. Lui qui est censé être un personnage dur car sortant de prison, il se retrouve brisé par deux vieillards, Basile et Joshua, qui n’ont pas l’air menaçant que cela mais qui réussissent à faire de notre personnage principal leur toutou personnel. C’est un roman très dur, avec des scènes qui font quelques fois frissonner, et où on se demande si toute humanité n’aurait pas disparu de ce monde.

J’ai vraiment adoré ma lecture, où l’auteur fait planer avec brio une ambiance très particulière, très noire qui m’a rappelé un peu l’ambiance des livres de Stephen King. Un suspense haletant pour ma part, on s’attend au début de l’histoire à ce qu’il s’en sorte, puis on se met à en douter au fur et à mesure des pages. Ne vous attendez pas à quelque forme de justice que ce soit, ce n’est pas le but. Attendez-vous plutôt à trembler de peur et à éprouver de la sympathie pour Théo qui n’est pourtant pas blanc comme neige.

Love Letters to the Dead d’Ava Dellaira

Love letters to the deadLove Letters to the Dead
Auteur : Ava Dellaira
Edition : Michel Lafon Poche
Pages : 358

Résumé :

Tout à commencer par une lettre… Une simple rédaction demandée par une prof : écrire à un disparu. Laurel a choisi Kurt Cobain, parce que sa grande sœur May l’adorait. Et qu’il est mort jeune, comme May. Si elle ne rend jamais son devoir, le carnet de Laurel se remplit de lettres à Amy Winehouse, Heath Ledger… Mais avant d’écrire à la disparue qui lui tient pas à cœur, Laurel devra faire face à ce qui s’est vraiment passé la nuit où May est décédée.

Mon avis :

J’ai acheté ce livre par hasard, quand je me suis rendu à Cultura je n’avais jamais entendu parler de lui. Et je suis assez satisfaite de mon achat.

C’est un roman épistolaire, qui est très bien construit. Une prof demande à Laurel d’écrire une lettre à un disparu, peu importe le sujet. Elle va donc se prêter au jeu mais ne va pas rendre sa copie à la prof. Cependant elle ne s’arrête pas à une seule lettre, elle continue. Elle raconte à travers ses lettres sa vie, c’est en quelque sorte un journal intime mais raconté a des personnes décédées. On rentre vraiment dans l’intimité de Laurel, comment elle vit le décès de sa sœur et comment elle va faire face pour réussir son deuil. Cependant je m’attendais a du suspense, de l’intrigue mais je n’en n’ai quasiment pas eu.

En conclusion ce livre est une belle découverte, c’est une très belle histoire vraiment très touchante mais il me manquer le suspense.

C’est ainsi que la vie s’est arrêtée de Corinne Wargnier

C'est ainsi que la vie s'est arrêtéeC’est ainsi que la vie s’est arrêtée
Corinne Wargnier
Editions Sur le fil
212 pages
Roman contemporain

Synopsis :

C’est ainsi que la vie s’est arrêtée s’ouvre sur l’arrivée d’Armand Faulkner à Aticamparo, dans la pension « Chez Tessa ». C’est un lieu au bout du monde, ou presque, une sorte d’utopie qui symbolise l’exil et l’ailleurs, un espace de la fuite, dans lequel Armand et tous les autres personnages vont se débattre avec eux-mêmes en regardant vivre les autres. Roman d’atmosphère et de croisement des points de vue, C’est ainsi que la vie s’est arrêtée met en scène le drame de l’existence : à travers les parcours de vie de chacun des personnages, qui se sont tous retrouvés chez Tessa pour se délester de leur propre vide ; à travers l’histoire familiale de Tessa et de son fils, considéré comme un jeune homme « anormal », fruit d’un passé mystérieux, et dont les pensées, rapportées à la première personne à la manière de confidences, offre un contrepoint étonnant à une certaine forme de réalité ordinaire.

Je remercie Livraddict et les éditions sur le fil pour ma sélection sur ce partenariat et l’envoi de ce livre.

L’histoire et les personnages  :

L’auteur, Corinne Wargnier, nous entraîne à Aticamparo, petite île que je pourrais situer au Sud de l’Italie, un endroit reculé du monde loin du vacarme et des tumultes du temps.
On entre dans une pension de famille, tenue par une jeune femme, Tessa, qui accueille des personnes venues prendre le temps de vivre, chacun avec son histoire, son passé, son vécu, ses envies, ses doutes, ses craintes.

Ils vont se rencontrer, se découvrir,  vivre les uns à côté des autres, partager des moments ensemble. J’ai beaucoup apprécié le décor que l’auteur nous laisse imaginer et le fait qu’il ne soit pas trop détaillé permet au lecteur de voir cet endroit.

Armand Faulkner, le premier arrivant chez Tessa est un de mes personnages préféré, je l’ai trouvé très naturel et nostalgique, puis par la suite sa relation avec Lucie, son protecteur, il fait preuve d’une grande empathie, de compréhension, d’écoute et de tendresse.

Je n’ai pas apprécié Tessa, que j’ai trouvé fade, comme si elle était complètement dépassée par tout ce qui l’entoure. Mais contrairement à ce que j’ai pu penser au début pour moi elle n’est pas le personnage principal du livre malgré tout donc cela ne m’a pas tellement dérangé.
Son fils, Gad j’ai eu du mal à saisir sa réelle personnalité, au fil des pages j’ai compris que c’était un adolescent différent des autres, avec des tourments, une réelle fragilité. Mais je pense que l’auteur n’a pas voulu insister sur ce fait. Ses interventions entre quelques chapitres ont permis un peu de connaître son histoire, son enfance, ses carences.

Les autres personnages (Mathias, Alix)  ont apporté chacun un environnement différent, une histoire, leur histoire, Mr & Mme  Wright, joli petit couple très attachant et leur sac qui contenait un secret tellement étonnant.

Mon avis :

J’ai eu des difficultés à me plonger et à poursuivre ce livre, la première partie m’a semblé longue et ces longueurs peuvent nuire à la poursuite de l’histoire.  Cette deuxième partie  « la route de l’océan » m’a semblé plus concrète, plus vivante car il y a une réelle action le départ pour l’océan moment où les masques et le rideau tombent. Où l’on voit les gens vivre, réfléchir, se dévoiler.

Le style de l’auteur m’a dérouté j’avoue ne pas avoir tout saisi, car des subtilités il y en a. Des phrases longues et parfois à double sens.  Je dirais que c’est un roman contemporain mais trop abstrait pour moi et le genre de lectures que j’ai l’habitude de lire.

Philosophie du peu, Le courage d’être heureux d’Arnaud Villani

Philosophie du peuMerci à Livraddict est aux Editions sur le Fil pour la découverte de Philosophie du peu, Le Courage d’être heureux.

Présentation de l’éditeur:

« Je voudrais démontrer que cet axiome n’est qu’une formule de propagande, entretenue depuis vingt-sept siècles, et que c’est bien la raison comme Logos qui a endossé, depuis un funeste partage de la pensée grecque, le principe de guerre, qu’elle protège et répand tant qu’on n’en comprend pas le secret. »

Après une brillante carrière universitaire, agrégé de philosophie et de lettres classiques, docteur d’État, professeur de chaire supérieure à Nice jusqu’en 2010, Arnaud Villani se consacre désormais à l’écriture et organise régulièrement des colloques. Il a publié de très nombreux ouvrages philosophiques et poétiques, ainsi que des articles dans des revues et des collectifs de grande renommée.

Dans Philosophie du peu, Le Courage d’être heureux, Arnaud Villani dévoile les erreurs fondatrices sur lesquelles s’est élaborée notre conception du monde. C’est par la voie du peu que nous pouvons prétendre penser et vivre le bonheur auquel nous aspirons tous ; elle nous ouvre à des perspectives nouvelles et bouleversantes, tant métaphysiques que politiques. Cet ouvrage nous invite à suivre un philosophe et un poète sur un chemin original et singulier qui nous fait voir les choses – enfin – autrement.

Mon avis :

Il était temps, me suis-je dit, que la philosophie contemporaine s’empare de la problématique du bonheur, si présente dans la florissante littérature dite de développement personnel. Les tentatives de Michel Onfray plaidant pour une philosophie de l’hédonirme ne m’ayant guère convaincue, j’espérais trouver davantage dans ce livre d’Arnaud Villani, dont la première de couverture nous dit « Redécouvrir le bonheure, ou comment la pensée s’est fourvoyée pendant vingt siècles ».

Super, ai-je pensé, une ontologie du bonheur fondée sur un aperçu du concept à travers les siècles…
Ce long préambule pour prévenir le lecteur qui s’attendrait à ce genre de choses qu’il risque d’être déçu.

En réalité, je suis très dubitative, en particulier sur le plan de la méthologie. L’ouvrage est organisé en chapitres dans lesquels l’auteur développe chaque fois une thèse qu’il arguments en s’appuyant à la fois sur des exemples concrets et sur les théories soutenues par d’autres penseurs. On ne saurait dire dans quelle mesure l’ouvrage relève de la vulgarisation ou non. Les raisonnements qui y sont élaborés sont aisément compréhensibles, en revanche, les références, qui figurent le plus souvent sous la forme du nom de l’auteur, éventuellement du titre d’un ouvrage, voire dans le meilleur des cas d’une courte citation ne permettent pas au lecteur non familier de la discipline de comprendre la manière dont elles sont utilisées. Qui n’est pas familier de l’Idée platonicienne, de l’éternel retour nietzschéen, de la critique kantienne, de la phénoménologie, des sceptiques et du bon docteur Freud n’est pas en mesure de peser la valeur des arguments avancés, d’autant qu’ils le sont dans une langue rappelant Nietzsche (c’est un compliment) : emphatique, parfois mystique et qui n’hésite pas à apostropher le lecteur. J’ai été surprise de voir Bachelard aussi peu cité, tant sa pensée influence la rédaction de cet essai.

Je ne suis pas philosophe, ce qui peut suffire à discréditer le propos tenu ici, mais s’il faut lire ce livre, c’est à mon sens d’abord pour le sens poétique de l’auteur, le recours fréquent à la métaphore, les analogies colorées. A la fin, le philosophe se fend de quelques petits textes contemplatifs que j’ai bien plus appréciés que le reste de l’essai. Pour moi, ce texte est bien trop tonitruant pour être scientifique, trop sophistiqué pour être grand public, trop elliptique pour inclure le lecteur intelligent dans sa démarche argumentative. Il faut croire l’auteur sur parole, parole parfaitement maîtrisée au demeurant.