22 novembre 1963 d’Adam Braver

Présentation de l’éditeur :

À la manière de Short Cuts de Robert Altman, Adam Braver met ici en scène l’assassinat de J.F. Kennedy à travers certains acteurs du drame, premiers rôles ou figurants.

Autour de la figure centrale de Jackie Kennedy, quelques personnages vont vivre eux aussi une journée particulière : un tailleur de Dallas, dont le nom et le film amateur feront le tour du monde, un médecin de l’hôpital Parkland, qui pratiquera l’autopsie, le personnel de la Maison-Blanche chargé des enfants du couple…

Mêlant avec habilité la grande et la petite histoire, l’auteur nous fait pénétrer dans l’intimité des protagonistes du drame. Un roman hypnotique servi par une écriture magnifique de précision et par une construction ensorcelante.

Mon avis :

J’ai vu quelques films retraçant la mort de J.F. Kennedy comme le très célèbre « JFK » d’Oliver Stone et je pensais connaître bon nombre d’aspects de cet assassinat. Mais en réalité je ne voyais que la partie visible de cette tragédie américaine avec un retentissement à l’échelle mondiale.

Dans ce livre, j’ai pu toucher du doigt le ressenti de chacun. Celui de Jacky Kennedy, celui de Bobby le policier motorisé chargé de la droite de la mythique limousine présidentielle Lincoln, celui d’Abe le tailleur, celui du personnel de la Maison Blanche, … J’ai pu entrer dans leur intimité, dans leurs pensées si légères soient elles comparées à ce dramatique évènement.

L’auteur débute sa narration avec Jacky Kennedy réfléchissant à sa tenue pour ce rendez-vous à Dallas, ce tailleur rose devenu tristement célèbre qu’elle voudra pourtant garder toute la journée. N’est-il pas trop chaud pour la saison ? Mais non « Jack » la rassure, « une rose rose ». Un moment de tendresse et d’intimité, très loin de l’horreur que Jacky va vivre en ce 22 novembre 1963.
Dés le début, on imagine son état émotionnel lors de cette 1ère sortie officielle après le décès de Patrick, leur 3ème enfant. On la voit aussi s’interroger sur les menaces reçues à l’encontre du Président. Ne faut-il pas les prendre au sérieux ?

Tout au long du roman, on peut ressentir sa douleur. On est avec elle dans l’avion au côté du cercueil alors qu’elle essaie de lui transmettre un peu de sa chaleur. On la voit se « fissurer » tout en essayant de rester digne comme son rôle de 1ère Dame le lui impose. On la voit aux côtés de Johnson en train de prêter serment. Comment imaginer que quelques heures seulement après le décès de JFK, Jacky se retrouve partie prenante à un tel évènement ?

Les mots employés dans ce roman sont justes et nous font réellement sentir la peine de tous, leurs interrogations quant à leur avenir pour certains, l’envie de bien faire pour d’autres dans le but de rendre un dernier hommage digne du Président.

Dans les remerciements, il nous est indiqué « Si ce livre est en grande partie un travail d’imagination, certaines contributions précieuses ne peuvent être ignorées. » Naïvement, je pensais que je lisais des retranscriptions fidèles de témoignages. Je ne sais donc plus trop quoi penser, où sont les archives réelles, où est la partie fictives ? Tout ce qui concerne l’histoire américaine, tel l’enterrement de Lincoln ne peut, à mon avis, être une fiction. Mais quelle part de romance existe dans l’attitude de Jacky ou encore du personnel de la Maison Blanche ?

Je reste partagée sur cette lecture. Je l’ai apprécié car elle est faite de détails sur les pensées de chacun, sur l’histoire américaine comme les éléments sur l’enterrement du Président Lincoln. Malheureusement, j’aurais aimé que certains passages soient plus approfondis tel le ressenti de Kenny O’Donnell, l’Assistant Spécial de JFK, ou encore celui de Maud Shaw, la gouvernante des enfants.

Je conseille ce livre à des lecteurs voulant découvrir une autre facette du déroulement de la journée du 22 novembre 1963 même si, à mon sens, il manque de profondeur sur certains détails et ressentis.

Je remercie Livraddict et les éditions Le Livre de Poche pour me l’avoir fait découvrir ainsi que pour la confiance qu’ils m’ont accordée lors de ce partenariat. »

La nuit des Elfes de Jean-Louis Fetjaine

La nuit des Elfes de Jean-Louis Fetjaine

Editions Pocket – 263 pages


Résumé :

Lorsque les hommes ont exterminé les derniers royaumes nains le monde a sombré dans le chaos. Seuls les elfes pourraient s’opposer à eux, mais retranchés dans leurs immenses forêts, ils sont inconscients du danger qui les menace à leur tour.

Pour empêcher le duc Gorlois d’étendre la domination des hommes sur la terre, au nom de Dieu, le druide Merlin s’attache aux pas du chevalier Uter, l’amant de Lliane, la reine des elfes.

Investi du pouvoir de Lliane, Uter devient le Pendragon, chef de guerre de tous les peuples libres, et tient désormais entre ses mains le pouvoir de restaurer l’ordre ancien. Mais il lui reste à choisir entre l’amour de deux reines : Lliane, l’inaccessible, réfugiée dans son île d’Avalon ; ou Ygraine, si réelle, si humaine…

Mon avis :

Dans ce second volet de la saga, on retrouve Uter, Lliane et les autres. Le fil conducteur dans ce livre est la destruction des peuples de la Terre du Milieu. En effet, les hommes se battent contre les nains, et les elfes combattent les hommes.

Ygraine, personnage très peu présent dans le premier volet, devient un personnage à part entière dans celui-ci avec ses malheurs (nombreux), ses bonheurs et ses prises de positions. Quant à Lliane, elle est moins présente si ce n’est par les pensées qu’ont pour elle Uter et Merlin.

J’ai apprécié, aimant les histoires de Templiers, le lien que l’on peut faire entre la guerre des hommes contre les nains et la période des croisades, même s’il me semble que dans cet ouvrage les hommes se « cachent » derrière leur foi en un Dieu unique pour dissimuler leur amour, et leur quête, d’un pouvoir absolu.

Pour ce qui est des nains, j’ai trouvé la fin du royaume sous la montagne rouge terrible et en même temps incroyablement bien imaginée par l’auteur.

En ce qui concerne la légende arthurienne, apparaissent dans ce volet Avalon, Morgane et bien évidement Uter Pendragon, l’aimé des deux reines.

Note : 7/10

Opium Poppy d’Hubert Haddad

Opium Poppy est l’histoire d’un enfant doux et docile qui sera brisé par la brutalité du monde dans lequel il vit.

Agé de 12 ans, celui que l’on surnomme l’Evanoui a grandi dans une famille d’agriculteurs chargés de la récolte du pavot en Afghanistan. Enfant de la misère et de la débrouille, il est très tôt confronté au climat de violence qui règne autour de ces cultures. Pilleurs, trafiquants et soldats se livrent une guerre sans merci, au détriment des civils. Abandonné par sa mère en raison du manque de ressources, l’Evanoui se retrouve embrigadé dans une armée terroriste. Commence alors son instruction en tant qu’enfant soldat. Cet enfant sauvage mais docile perd peu à peu ses émotions, ses sentiments, jusqu’à en oublier la peur. Conditionné pour obéir aux ordres, l’Evanoui est devenu une arme.  Jusqu’au jour où, dans un sursaut de conscience, il refuse d’obéir à un ordre meurtrier et est laissé pour mort dans un petit village dévasté. Sauvé par Médecins sans frontières, le jeune garçon va alors faire l’expérience des camps de réfugiés et s’enfuir pour un périple qui le mènera à Paris. Mais là encore, cet eldorado tant fantasmé lui offrira une toute autre réalité… Devenu enfant des rues, celui qui se fait dorénavant appeler Alam, a trouvé refuge parmi les dealers. Et quand il s’agit de drogue, la violence n’est jamais loin…

Opium Poppy est un roman bouleversant qui témoigne de la difficulté extrême d’une vie qui paraît complètement étrangère à la nôtre et qui pourtant, peut la côtoyer. L’écriture est à la fois pleine de poésie et de violence et l’auteur trouve toujours le mot juste pour exprimer des idées qui n’en sont que plus fortes. Le lecteur assiste impuissant au drame humain qui se joue sous ses yeux. Un bijou !

Delirium de Lauren Oliver

Résumé (Lecture Academy)

Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour « la Procédure », Lena fait une rencontre inattendue… Peu à peu elle découvre l’amour et comprend, comme sa mère avant elle, qu’il n’y a pas de plus grande liberté que laisser parler ses sentiments. Même si cela implique de quitter ses certitudes… « Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge. »

Mon avis

Il est de ces lectures qui vous retournent complètement, vous transportent, vous font chavirer, et dont vous sortez émus, en colère, ravagés; dont vous ne sortez jamais complètement indemnes, ou jamais vraiment tout à fait. C’est ce que j’ai vécu avec Delirium : ce roman m’a tout simplement bouleversée, et bien que sa lecture remonte déjà à quelques mois, elle me hante toujours. Jamais lecture ne m’aura laissé autant de cicatrices – et je crois bien n’avoir jamais versé autant de larmes pour un livre. Je situe donc ce roman, et l’auteur qu’il m’a permis de découvrir, bien au-delà du coup de cœur : ça a été une véritable révélation pour moi.

Le sujet est simple mais original, redoutablement efficace et extrêmement bien mené par Lauren Oliver et sa plume acérée. Imaginez un monde dans lequel l’amour est considéré comme le plus fatal des maux. Où l’on lui a attribué le terme latin d’une maladie mortelle : l’amor deliria nervosa. Un monde dystopique, terrifiant, et qui, à bien y réfléchir, ne paraît pas si improbable que ça – ce qui le rend d’autant plus actuel et poignant. Un monde dont les autorités ont attribué tous les fléaux des temps obscurs passés à une cause unique : l’amour. Investis de la mission d’en guérir la population afin de garantir leur sécurité, ils ont instauré un Protocole, sorte de lobotomie que chaque citoyen subit à 18 ans, lui permettant de passer du statut de Vulnérable à Invulnérable – du statut d’être humain à celui de robot, pour dire les choses comme elles sont. Après le Protocole, et suite à une évaluation individuelle, les autorités imposent au sujet qui il doit épouser, et où il doit travailler (point de départ de la grande majorité des dystopies, l’absence de liberté dans les choix les plus personnels d’une vie étant le principal outil de régence d’un régime totalitaire). Une fois libéré de ses passions, de son humanité, le sujet est promis à une vie tranquille, protégée et heureuse – si tant est que l’on considère le bonheur comme une absence d’émotions et de sensations fortes. Une vie où une mère est incapable d’aimer son mari et ses enfants – tel est le prix à payer.
Toute l’intelligence du propos réside dans ce paradoxe : ce protocole, présenté et perçu en majorité comme une libération, condition sine qua non à la paix de l’être humain et de la société dans son ensemble, est en réalité la mort de l’âme, de ce qui fait de nous des êtres humains. Ce protocole ne guérit pas, il ne libère pas d’un danger : il est le point de départ d’un emprisonnement à vie, la fin de toute liberté individuelle.

C’est dans cet univers remarquablement bien construit, esquissé à travers un Portland dystopique, qu’évolue Lena, jeune héroïne de 17 ans sur le point d’aborder le tournant majeur de sa vie : sa majorité, son protocole, sa libération. Profondément humaine dans ses failles, faiblesses et emportements, Lena est une héroïne authentique, à laquelle je me suis tout de suite identifiée. Elle le dit elle-même : elle est une fille comme les autres, endoctrinée depuis sa naissance, élevée dans la peur de la maladie et l’attente fébrile du protocole dont elle croit fermement qu’il la libèrera, et lui permettra de commencer sa vie en toute quiétude.
Sauf que Lena n’est pas tout à fait une fille comme les autres. Dotée d’une sensibilité différente, marquée au fer rouge par la mort de sa mère, et aimant sincèrement les gens qui l’entourent, on sent en elle, dès le départ, un petit supplément d’âme, une fragilité, un vent de liberté prometteur.
Sauf que plane sur elle l’ombre du scandale, et la peur de l’hérédité : sa mère, contaminée et imperméable à toute tentative de guérison, n’a jamais suivi les règles, et s’est suicidée par amour.
Peu courageuse au début du livre, se conformant docilement à ce que l’on attend d’elle et à ce qu’on lui a toujours appris, Lena est dominée par la peur – peur de ce qui l’attend peut-être, ou peur de ce qu’elle sent de différent en elle? Mais, au fil des pages et des évènements auxquels elle se retrouve confrontée, elle se rend compte peu à peu que bien au contraire, cette date fatidique équivaudra à la mort de ce qu’elle est – et en vient à comprendre que la mort serait préférable à cette vie qu’on lui impose.

Deux personnages déterminants guideront son évolution : sa meilleure amie Hana, belle, drôle et rebelle, qui la première lui ouvrira la porte à d’autre possibles, horizons nouveaux et potentiellement dangereux; et, bien entendu, Alex, qu’elle rencontre en suivant malgré elle son amie dans ses frasques.
Alex est un personnage attachant et extrêmement touchant, que j’ai adoré. Il est un Invalide, un résistant clandestin dans les rues de Portland. Avec lui, Lena découvrira l’amour et la liberté, qui vont toujours de paire. A travers son regard, portée par son amour et le bonheur que lui procure ce qu’elle a toujours appris à considérer comme une maladie mortelle, elle apprendra à regarder au-delà des apparences, et découvrira le véritable visage, cauchemardesque, de cette société qui lui ment pour mieux la contrôler. Leur histoire est aussi belle, forte et touchante que peuvent l’être les premiers amours, d’autant plus qu’on la sait, dès le départ, condamnée. Plongés dans les pensées de Lena, nous découvrons peu à peu l’amour, les émotions exacerbées qu’il procure, et l’envers terrifiant de cette société répressive. Dès lors, les jours qui s’égrènent inexorablement vers son protocole se transforment en un compte à rebours intolérable, aussi angoissant qu’une mise à mort.
La tension monte crescendo, à travers trois parties majeures – que je ne détaillerai pas pour ne pas spoiler. Je dirais juste que certains évènements déterminants marquent un tournant dans l’histoire; le suspens s’accroît de page en page, devenant de plus en plus insoutenable et oppressant jusqu’à atteindre son paroxysme dans la dernière partie. La fin est terriblement émouvante, et tout aussi frustrante.

Si le style de l’auteur a été sujet à de nombreuses critiques – jugé trop détaillé, trop long, voire lourd pour certains, je l’ai quant à moi trouvé irréprochable. Quand le talent est au service de l’intrigue, on sait que l’on se retrouve en face d’un chef d’œuvre – et, non, je n’ai pas peur des mots, et cet avis n’engage que moi bien entendu. J’ai aimé l’acuité des descriptions, quasi-sensorielles – je pouvais presque sentir le soleil d’août me brûler la peau, et l’odeur du macadam brûlé me chatouiller les narines. Les images esquissées par l’auteur m’ont à de nombreuses reprises coupé le souffle, tant elles m’ont parues vraies, précises et poétiques à la fois. Là où de nombreux auteurs échouent, elle a su exprimer à la perfection des sensations insaisissables, qui tiennent de la magie pure : la beauté sanguinolente d’un coucher de soleil, les frissons que peuvent provoquer une simple caresse… Un point très positif aussi réside dans la construction de cet univers particulier et l’élaboration d’une mythologie qui lui est propre : placés en exergue à chaque début de chapitre, des extraits de textes de lois ou documents officiels de propagande des autorités décrivant les symptômes de l’amor deliria nervosa et les dangers qu’il comporte contribuent à donner une réalité concrète à ce monde.
Je le répète, cet auteur est une véritable révélation pour moi, et je lui voue une admiration sans bornes.

Vous l’avez sans doute compris, il m’a été extrêmement difficile de lâcher Delirium jusqu’à la dernière page – et, une fois celle-ci tournée, je me suis sentie vide et fébrile à la fois. Ce livre m’a hanté pendant plusieurs jours, et me hante encore aujourd’hui – à tel point que je ne sais vraiment pas où je vais trouver la patience d’attendre la sortie du deuxième volet de cette trilogie, Pandemonium, dont la sortie est prévue pour février 2012.
Si vous aimez la dystopie, et que vous recherchez de l’amour, des sensations fortes, de la poésie et un suspense insoutenable, alors n’hésitez plus une seconde : empressez-vous de lire Delirium, de Lauren Oliver.

Lilith

Spoutnik de Jean-Marie Piemme

« Une fois que j’aurai disparu, qui peut attester que ceux-là sur la photo sont mes parents ? Personne. Personne qui le sache de première main. Qui regardera cette photo pourra dire ce qu’il voit et pas davantage : une femme, un homme, deux personnes autour de la quarantaine, des inconnus dans un jardin, à qui on peut prêter le destin qu’on veut. Deux êtres vous fixent. Qui sont-ils ? On ne sait pas. Et dans le silence de la photo vous laissez filer votre désir. »

2008, la maison d’édition Aden décide de se lancer dans le roman. Grand tournant pour cette maison d’édition de huit ans à peine à vocation politico-sociale qui, jusque là, publiait principalement documents, essais, témoignages etc. Une nouvelle collection, Rivière de cassis,  et deux romans: Les entrailles du soleil de Nicolas Florence et Spoutnik de Jean-Marie Piemme.

Spoutnik ne vous emmène pas sur la lune, loin s’en faut. On se contente de rester en Belgique, principalement à Seraing, dans la Wallonie profonde de la deuxième moitié du 20ème siècle. Si vous vous attendiez à une fiction palpitante et rebondissante, vous n’y êtes pas du tout. Jean-Marie nous livre sa vie, tout simplement.

Simplement? Non. Suivre un modèle chronologique n’aurait pas été digne du dramaturge; narrer sa jeunesse, fidèlement, sans incartades, exagérations ou digressions n’aurait pas été suffisamment amusant. C’est pourquoi nous nous retrouvons plongés dans un livre divisé en chapitres aux noms parfois incongrus tels que « Cerises et cochons », « Culottes courtes » ou « Pourquoi marcher lentement? » dans lequel il nous raconte anecdotes et souvenirs marquants de son enfance à sa vie de jeune adulte.  Passant d’un événement à un autre, sans crier gare, Piemme use du ton frais et mutin de la jeunesse à l’imagination débordante, contrebalancée d’une sacrée dose de pragmatisme et de cynisme rétrospectif, le tout teinté d’un respect profond envers ses origines.

Ainsi, la lecture de Spoutnik n’est pas une recherche du satellite dans la nuit étoilée. Spoutnik, c’est un regard vers le bas, vers les racines profondes de la Belgique et de ces familles du siècle passé. Des us, des coutumes, de la vie de l’époque… si différente! Déjà tellement désuète dans ce début de siècle nouveau…

Et parce que pour certains c’était la réalité et que pour les autres ce n’est pas si lointain, Spoutnik n’offre pas qu’une histoire, il offre aussi un pan de l’Histoire, notre histoire.