Je suis l’homme le plus beau du monde, de Cyril Massarotto

Résumé :

Cet homme est une légende.
Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard… « Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été beau. Je dis beau, mais dans la bouche des gens j’entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent : « Waouh ! » Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons.
On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s’évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils. Je suis l’homme le plus beau du monde. Bien sûr, je suis malheureux ».

Mon avis:

Il est clair qu’en voyant la couverture et le titre de ce roman, on peut s’attendre à une histoire plate et ennuyeuse. Et le résumé n’aide pas franchement, pour tout avouer ! Pourtant, au fil des pages, on se rend compte que les rebondissements ne manquent pas, bien que le suspense ne soit pas réellement à son paroxysme.

Dans son roman, Cyril Massarotto nous invite dans un monde tout à fait normal, dans notre société en réalité. Cependant, il ajoute à cela un léger soupçon d’irréel et de magie, comme dans chacun de ses romans, qui nous permet de nous détacher des défauts de cet univers, bien qu’ils soient en réalité les propres aspects de l’imperfection du genre humain – bien réels, eux. Ainsi, l’auteur critique notre société actuelle, avec, malheureusement, une écriture un peu trop simpliste bien qu’efficace, et le lecteur, s’il le souhaite, a la possibilité de s’en dérober en prétendant que lui aussi fut inventé de toute pièce. Quelle satisfaction ! Pour autant, Cyril Massarotto blâme avidement notre monde et l’importance qui est donnée à tout ce qui concerne l’apparence et la superficialité . Difficile de s’en cacher…

En résumé, c’est un roman bien divertissant, qui en plus se lit facilement et rapidement, sans pour autant être le roman du siècle.

Les Radley, de Matt Haig

Résumé (4e de couverture) :
Ils n’ont qu’une addiction : le sang. Mais depuis plus de vingt ans, ils ont décidé de renoncer à leur pêché mignon et de se désintoxiquer. Pas facile d’être un vampire urbain au XXIe siècle ! Dans une banlieue british tout ce qu’il y a de plus respectable, la famille Radley essaye désespérément de se comporter comme « des gens normaux ». Mais des vampires de souche peuvent-ils définitivement refouler leurs désirs et leurs instincts ? Pas sûr…

À contre-courant de toutes les histoires de vampires d’hier et d’aujourd’hui, Matt Haig renouvelle le genre avec ce roman qui est autant une féroce et brillante satire de notre société qu’un pur plaisir de lecture… et d’angoisse.

Mon avis :
J’ai lu ce livre après l’avoir gagné sur le site vampire-toujours que je remercie infiniment.

L’action se déroule pendant un temps très court : 4 jours, du vendredi au lundi, 4 jours durant lesquels les 17 ans de mensonges sur lesquels les Radley ont bâti leur vie vont s’écrouler. Ce qui confère au livre un rythme très rapide, le rendant très agréable à lire.

La couverture est énigmatique. Une clôture dont on comprend qu’elle est ouverte. Mais ouverte sur quoi, sur qui?
Le graphisme du titre est intéressant également: le nom des Radley est écrit en lettres de sang. Le sang d’ailleurs est tellement frais qu’il dégouline sur la clôture située juste en dessous.

Et pourtant…les Radley sont des vampires abstinents. Les enfants de la famille ne savent même pas qu’ils sont des vampires. Ils sont atteints de maux divers qui sont précisément dus à ce régime si difficile à vivre pour les parents: insomnies, maux de têtes, problèmes de peau….

Les personnages sont très attachants :
Rowan, le fils des Radley, est timide, réservé, effacé. Il est poète et doit faire face aux autres garçons du lycée qui ne voient en lui que leur souffre-douleur.
Clara, sa sœur, est une fervente partisane de la cause animale. Bizarrement, les animaux s’enfuient à son approche, ce qu’elle ne comprend évidemment pas. Elle change dès le début du livre son régime végétarien pour un régime végétalien. Ce sera d’ailleurs cette modification alimentaire qui va engendrer des répercussions inattendues dans son existence.
Peter, vampire abstinent, le père Radley, toujours aussi amoureux de sa femme Helen. Cet amour l’a poussé à travestir sa vie pendant 17 ans. Il avoue lui-même qu’« il se contient depuis 17 ans ». Il est devenu médecin dans le petit centre de Bishopthorpe, « une ville dortoir…qui n’est qu’une grande boutique de déguisements où les costumes sont justes plus sophistiqués ». On comprend que le choix qu’il a fait est précisément dû à l’amour qu’il porte à Helen.
Helen, la mère Radley, l’instigatrice des mensonges de la famille. Quel est le poids qu’elle porte sur ses épaules? Elle fait tout pour s’intégrer dans ce village anglais. Peintre, elle a commencé par peindre des femmes nues, puis elle s’est tourné vers la représentation de pommiers entourés d’une clôture.
Un jour elle va devoir ouvrir cette clôture pour protéger une fois de plus sa famille.

J’ai vraiment apprécié cette famille. Elle pourrait d’ailleurs ressembler à beaucoup de familles humaines, pleines de faux-semblants, de non-dits. C’est ce côté tellement humain qui m’a convaincu et qui fait, je trouve, la différence avec d’autres romans décrivant les vampires.

Bilan :
Une lecture détente très positive, qui confirme les très bons échos que j’ai pu trouver ici ou là sur le net.

Page du livre sur Facebook :
http://www.facebook.com/pages/Les-Radle … 3336261177

Rebelles, d’Anna Godbersen

Résumé de l’éditeur:

Des filles rebelles dans des robes sublimes font la fête jusqu’à l’aube. Des garçons irrésistibles aux sourires machiavéliques ont des intentions suspectes.
Mensonges, secrets et scandales.
Nous sommes à Manhattan… en 1899.

Mon avis:

Un livre qui se lit très facilement, l’écriture est fluide. Un titre et un résumé accrocheurs qui peuvent nous laisser deviner la suite. Mais je trouve la couverture peu engageante, elle n’est pas assez piquante à mon goût par rapport à l’histoire. Je sais que pour ma part, je choisis un livre en fonction de la quatrième couverture et de l’illustration du livre.

Par contre, j’ai bien aimé les introductions de chaque chapitre qui nous donne un petit aperçu de ce qu’il va traiter. Certaines de celles-ci nous permettent de connaître les règles de savoir-vivre d’une dame de la haute société au dix-neuvième siècle.

L’auteur nous permet de suivre la vie de trois jeunes femmes attachantes à leur manière. Élisabeth Holland qui ne peut couper à ses obligations, mais ira-t-elle jusqu’au bout ? Diana Holland, sa sœur, qui trouve enfin un peu d’aventure dans sa vie ; la petite rebelle de la famille. Et Penelope Haye, opportuniste et égoïste, arrivera-t-elle à ses fins ?

Ce livre est fait pour les âmes romantiques. Il est plein de légèreté et nous permet de comprendre les mariages de raison de l’époque dus aux « bonnes manières » et aux obligations d’une lady.

Je pense qu’il faut laisser un peu de mystère pour que chacun découvre cet ouvrage à sa manière.

Et oui, Rebelles n’est que le premier tome d’une série. Sachez qu’il y a une suite à celui-ci le tome 2 s’appelle Rumeurs. Et comme on n’en a jamais assez, il est suivi d’un tome 3 Tricheuses.

Je remercie les éditions Livre de poche de m’avoir offert ce livre.

La Théorie des six, de Jacques Expert

Merci aux éditions du Livre de Poche de m’avoir transmis La théorie des six, de Jacques Expert.

Présentation de l’éditeur :
Selon la « théorie des six », énoncée en 1929 par le Hongrois Frigyes Karinthy, tout individu sur terre peut être relié à n’importe quel autre par une chaîne de connaissances ne comptant pas plus de cinq intermédiaires. Ainsi, chacun de nous est à six poignées de main de n’importe quel habitant du fin fond de la Mongolie-Extérieure. Cet auteur ne s’attendait certainement pas à ce que sa théorie devienne un jour le mode opératoire d’un tueur en série. Julien Dussart lance pourtant ce défi à la police : il annonce qu’il a décidé de tuer « quelqu’un » et que la seule façon de l’arrêter consiste à comprendre sa logique. Qui sera la sixième cible ? La réponse à cette énigme permettrait au commissaire divisionnaire Sophie Pont de sauver les cinq premières victimes. Enfin… quatre. Le premier cadavre est retrouvé, le jeu peut commencer…

Mon avis :
Un polar qui se lit d’une traite, dont le déroulement est fluide et la chute bien pensée.
Petite mise en garde toutefois, si c’est le frisson que vous recherchez, passez votre chemin, car c’est la logique du tueur bien plus que le sordide de ses actes qui est mis en avant dans le récit de Jacques Expert, dont le point fort est avant tout l’idée originale : créer un personnage de tueur en série soucieux de mettre son talent si particulier au service de la démonstration de la théorie des six. En définitive, on se réjouit bien davantage des procédés par lesquels Julien Dussart choisit ses victimes que des descriptions, assez sommaires des scènes de crime.
Pas d’angoisse dans ce livre donc, mais une certaine suite dans les idées qui maintient le suspense.
Le bémol se trouve du côté des personnages. Si le commissaire divisionnaire Sophie Pont présente l’intérêt de ne pas correspondre au cliché du genre, même si elle est par ailleurs détestable, le tueur tombe par contre d’emblée dans la catégorie des misanthropes bourrés de TOC élevés par une mère seule à l’amour étouffant et castrateur.
La Théorie des six est donc un roman dont la lecture est plaisante et rapide, mais qui repose avant tout sur l’originalité de l’idée de départ que l’auteur exploite sans parvenir à la transcender.

La théorie des six a fait l’objet d’une lecture commune dans le cadre de laquelle les participant(e)s ont été amené(e)s à proposer des questions. Comme je ne réponds pas à chacune d’entre elle dans l’avis ci-dessus, les voici :

Question de Hylyirio : Qu’est ce qui, au fil du livre, vous a donné l’envie de continuer à le lire page après page?
La théorie des six justement. Ce plan original, je voulais savoir si le tueur parvenait à le mener à terme.
Question de Lisalor : Quand avez vous commencé à comprendre l’intrigue ?
Si tu parles du dénouement, c’est au moment où le tueur a dû choisi la quatrième victime. L’importance nouvelle du critère géographique m’a mis la puce à l’oreille.
Question de Fée-tish : qu’est-ce qui vous a le plus dérangé/perturbé dans cette lecture ?
Je réponds peut-être à côté, mais c’est le manque d’épaisseur des personnages.
Question de Soundandfury : est ce que vous avez craqué? Vous avez tenté de jouer à la théorie des six?
Pas encore.

Myrihandes, le secret des âmes-soeurs, de Guilhem Méric

J’ai pu lire ce roman grâce à un partenariat entre Livraddict et les édition Au diable Vauvert. Je les remercies à nouveau!

Résumé: En ce monde existaient jadis Trois Cités, perchées sur les cimes d’un ancien cratère. Dans l’un d’elles vivaient Sisam et Helya, un petit garçon et une petite fille, amis inséparables. Mais un soir, des hommes masqués surgirent de la nuit et enlevèrent la jeune Helya.

Après quinze longues années, sans un seul murmure, une seule nouvelle d’elle, Sisam la retrouve enfin, traquée par les soldats de la Cité, pour apprendre alors les raisons de leur séparation : ils sont des Âmes-Sœurs, avec la faculté de devenir Myrihande : un être de légende, unique et entier, deux âmes réconciliées dans un même corps androgyne et parfait.

Mais hélas, aussi pourchassé par de terribles Limiers à la solde des Gouverneurs des Trois Cités, eux-mêmes sous le joug d’un lointain et mystérieux Seigneur.

Si Helya et Sisam veulent sauver leur amour mais aussi libérer les autres Âmes-Sœurs prisonnières des Cités, ils devront tout apprendre du lien secret qui les unit, qui pourrait bien faire d’eux le plus sage et le plus puissant des Myrihandes…

Mon avis: La saga Myrihandes est un grand projet destiné en même temps, pour être une trilogie de roman et de films dont vous pourrez avoir plus d’informations sur le site officiel ( ne regardez pas les illustrations et les titres des musiques par contre! Elles révèlent certaines choses du livre!)

Pour commencer, je vais dire que j’ai eus un coup de cœur pour ce roman dont je n’attendais spécialement pas grand chose! Cela faisait longtemps que je n’avais pas lus un roman de fantasy et ce livre m’a rappeler pourquoi j’aimais ce genre. A certains points il est assez original par rapport à d’autres ouvrages fantasy, le mythe entourant les Âmes-sœurs et les Myrihandes est ce qui m’a le plus interpellé dans ce roman pour que je décide à envoyé mon message aux partenariat Livraddict pour le recevoir. Et de côté là, je ne suis pas déçu. L’auteur nous offre de magnifiques passages tragique, dont un qui est l’un de mes moments préférés du livre.

Par contre, à partir de la sixième partie du récit, l’histoire s’essouffle et devient prévisible, de plus on tombe dans une multitude de stéréotypes(qui étaient moins présents dans les autres parties). Sisam et Helya les personnages principaux n’ont aucunes personnalités et leurs compagnons sont très stéréotypes. Nous avons le sage mystérieux, le guerrier sombre et bourru, le compagnon porté sur la boisson et ayant toujours le mot pour rire…

Ce sont les personnages plus secondaires qui brillent le plus par leurs personnalités, en particulier un(e) qui disparaît en milieu de roman. Cela a permit à un autre personnage d’avancer et de se remettre en question, mais ce fut une déception de ne pas avoir plus de passages avec ce personnage avant qu’il disparaisse.

Il y a d’autres personnages très intéressants que j’espère revoir dans la suite(secondaires bien sur!) Et j’aimerais bien aussi voir des scènes entre Helya et Phonkerf, même si vus la fin j’en doute. Le père adoptif aimant la jeune femme comme une fille et étant prêt à tout pour la sauver, alors qu’elle ne le considère pas comme un père mais presque un geôlier. Le tragique est très présents dans le roman ce qui est un très bon point et change des autres récits fantasy où tout est joyeux et rose et où l’on ne se rend pas compte des enjeux politiques et des remises en question des personnages sur leurs croyances, ce qu’est la justice et à qui faire confiance. Le roman a donc aussi une dimension philosophique très présente! Encore un point original!

Le style d’écriture quand à lui est simple, fluide et très poétique! Certains passages m’ont fait penser à ceux que l’on peut trouver dans des tragédies grecque! Comme l’univers vient en partie de l’Antiquité…à moins que je me fasses des films!

Par contre, tout le long du roman, j’avais l’impression de lire un immense prologue. Je ne dis pas ça péjorativement, mais c’est comme si l’histoire n’avait pas encore vraiment commencé! Mais la fin, qui est très prévisible, laisse envisager une suite plus orienté héroic-fantasy, ce que je n’espère pas. Pour moi Myrihandes: Le secret des Âmes-soeurs est avant tout une immense tragédie et j’ai la sensation que la suite ne sera qu’une œuvre de fantasy tout ce qu’il y a de plus banal!

En conclusion, j’ai adoré ce roman et j’attends maintenant la suite avec impatience! Je ne m’y attendais pas du tout! Surtout que la France est pauvre en bons romans de fantasy, à part les sagas Ewilan et Ellana de Pierre Bottero qui est partie en laissant derrière lui des ouvrages qui continueront de nous faire rêver.

Alors j’attends Guilhem Meric au tournant, en espérant que le second tome soit au même niveau que le premier volume!

Note: 9/10