Avant toi de Jojo Moyes

Titre : Avant toi
Auteur : Jojo Moyes
Edition : Milady
Nombre de pages : 520 pages
Année de sortie : 10 juin 2016
Genre : romantique
Où le trouver ?
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Synopsis :

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Mon avis :

On a tous, dans notre vie, tôt ou tard, une personne qui nous change. Qui nous fait devenir meilleur. À 10, 2, 30 ou 40 ans, il nous arrive tous d’être transformé grâce à quelqu’un. C’est ce qui est arrivé à Louisa, 27 ans, et Will, 35 ans. Et simultanément, du lecteur. Car oui, ce roman nous bouleverse.

La structure

Majoritairement dans la peau de Louisa Clark, il nous arrive, de temps à autre, le temps d’un chapitre, de nous retrouver dans la tête d’un autre personnage. Les parents de Will Traynor, la sœur de Louisa Clark, même Nathan, l’infirmier de Will, tous y passe.

Stratégie pour avoir un point de vue extérieur à l’histoire de Will et Lou ? En tous les cas, cela casse la routine des chapitres qui s’enchaînent, ce qui rend la lecture très agréable.

Le style

Niveau de langue facile et agréable à lire à la fois, rien à redire sur ce point !

Les personnages

Le personnage principal est Louisa Clark, 27 ans, en couple depuis 7 ans avec un sportif, Patrick, qui pense de moins en moins à elle. Elle doit subvenir aux besoins financiers de sa famille. Elle rencontrera Will Traynor, 35 ans, tétraplégique de type C5/C6, ayant eu l’habitude de découvrir le monde des plus extrêmes façons possible. On comprend alors vite que sa vie dans un fauteuil roulant n’est pas celle qui va lui convenir. Néanmoins, une petite voix dans notre cœur espère qu’un jour, il s’y habituera.

Je ne sais pas ce que j’ai avec ce prénom, mais à chaque fois qu’il y a un Will dans un livre, je m’y attache ! Et là, encore plus que d’habitude. Certes, il peut être arrogant et piquant dans ce qu’il dit, mais son envie de rendre Clark (comme il l’appelle) heureuse me touche énormément et fait de ce personnage un homme attendrissant et bon tout au fond de lui. Rien à faire : on ne peut s’empêcher de l’aimer !

L’ambiance

Là sera mon seul défaut : j’ai une impression de déjà-vu revisité. Une sorte d’Intouchables mélangé à l’histoire d’amour de Nos étoiles contraires.

La fin

Bien que j’aimerais en parler, je ne vois pas l’intérêt de vous révéler un détail pareil, Alors, mystère !

Les thèmes

Amour, voyage, profiter de la vie… Une multitude de thèmes pourraient être trouvés pour ce livre. Cependant, un en particulier surplombe tous les autres : le choix de vivre. Qui décide du fait que nous vivions ou non ? Handicapé, est-ce égoïste de la part de Will de vouloir quitter les siens ou est-ce égoïste de la part de son entourage de ne pas le laisser décider et de vouloir le garder à tout prix ? Une grande question éthique se pose grâce à ce livre, lequel en devient des plus intéressants.

L’intrigue

L’auteure arrive brillamment à nous capter dès les premières pages. Bien que l’intrigue amoureuse qui consiste à savoir si les deux personnages vont s’aimer ne soit pas très différente des autres bouquins, l’intrigue quant à la survie de Will n’est autre que bouleversante. Lou arrivera-t-elle à convaincre Will de vivre et ne pas mettre fin à ses jours ? Là est l’originalité de l’auteure : quand dans les autres histoires de ce genre, on s’attend à ce que la maladie sépare les deux protagonistes, il est question ici du choix de vivre. D’une décision prise et non d’un drame fatal qui donne à ses histoires leur côté tragédique. Je ne révélerai pas la fin mais croyez-moi, ceux qui veulent la connaître ne perdront rien à acheter le livre !

En un mot, ce livre est purement magique ! Emporté dans l’angoisse et l’objectif de Louisa et la tendresse et l’amour de Will, le lecteur est plongé dans une histoire des plus romanesques qui, je dois l’admettre, mérite bien son adaptation cinématograpgique ! Pour celles et ceux qui n’en auraient pas assez (comme moi !), la suite Après toi est disponible. À vos portefeuilles, la carte bleue va chauffer !

Un homme dans la foule de Budd Schulberg

« “Mon pépé Bascom a jamais été dans aucune école, et pourtant c’était l’type l’plus futé du pays. Tout c’que j’sais, je l’dois à mon pépé Bascom, qui savait rien du tout. Mais pépé Bascom, c’vieux pirate, il disait une chose…“ Et alors Lonesome se lançait dans une histoire loufoque et, avant que j’aie eu le temps de me retourner, je me trouvais devant un boisseau de lettres auxquelles je devais répondre en disant que, vraiment, c’était une honte que Lonesome ne soit pas à Washington pour donner un peu de bons sens à tous ces beaux parleurs de politiciens. »

Lonesome Rhodes, trublion faussement naïf, à peine embauché dans une petite radio du Wyoming, connaît rapidement une renommée qui dépasse les frontières de l’État. Les chroniques de son prétendu village d’origine, concentré d’une nation rurale et conservatrice, pétrie de bon sens, touchent des milliers d’auditeurs. Recruté par la télévision, où son show devient incontournable, ce Vagabond de l’Arkansas abandonne peu à peu le registre du divertissement pour la politique. Il donne son avis sur tout, veut remédier aux maux, réels ou inventés, dont souffre le pays. Ivre de son propre succès autant que d’alcool, il s’imagine sauver l’Amérique.
Adaptée au cinéma par Elia Kazan en 1957, cette charge virulente contre le populisme et les médias de masse demeure d’une troublante actualité.

 

Je tiens, en premier lieu, à remercier sincèrement les éditions des Équateurs de m’avoir envoyé Un homme dans la foule dans le cadre de l’opération Masse Critique. J’ai lu ce petit livre avec plaisir.

Ce qui m’a le plus plu dans ce livre, c’est le ton plein de recul et de critique dont fait preuve la narratrice. Proche collaboratrice de Lonesome Rhodes, un présentateur radio, puis télé au succès fulgurant, celle-ci nous montre les coulisses de cette idole américaine des années cinquante. On peut ainsi voir que derrière les paillettes, la vie n’est pas si rose.

Lonesome Rhodes est un personnage inventé de toutes pièces. En effet, il ne correspond en rien à l’image de l’homme simple et à la philosophie de vie rurale qu’il veut donner de lui-même afin d’inspirer la sympathie du public. Il s’invente une famille aux valeurs profondément patriotiques et qui se veulent caractéristiques d’un certain mode de vie à l’américaine, alors qu’il est très loin d’appliquer ses propres préceptes. C’est un alcoolique, un menteur et un coureur de jupons, qui ne cesse de harceler son bras droit — la narratrice —, n’hésitant pas à user de chantage affectif ou en cherchant à l’appâter grâce à un mariage qui lui apportera fortune et renommée.

Cette dernière lui reconnaît toutefois une immense qualité : sa tchatche, grâce à laquelle il parvient à mettre toute l’Amérique à ses pieds. Malheureusement, non content de son incroyable popularité, son ego démesuré le pousse à aller toujours plus loin. Il commence ainsi à inciter la population à la consommation, ce qui marche admirablement bien, mais cela ne lui suffit pas, en éternel insatisfait qu’il est. Il souhaite se mêler également de politique locale, puis nationale et enfin, internationale.

Un homme dans la foule est la chronique d’un personnage icarien, dont la morale est lourde de sens : à trop vouloir s’approcher du soleil, on finit par se brûler les ailes. J’ai adoré détester ce personnage et la manière dont il est dépeint par la narratrice est, à mon sens, admirable. Les contradictions auxquelles ce « Pygmalion » au féminin se trouve confrontée, entre fierté d’avoir créé ce personnage, de l’avoir façonné, et rage de le détruire, sont très bien amenées.

Finalement, ce personnage antipathique et pourtant fascinant pour tous les défauts précédemment mentionnés n’est pas sans rappeler l’actuel président américain… Il est par ailleurs troublant de constater à quel point ils peuvent tous les deux se rassembler. C’est pour cela que j’ai trouvé ce portrait passionnant.

Voici un lien sur lequel vous pourrez vous procurer l’ouvrage : http://editionsdesequateurs.fr/enLibrai … ansLaFoule

Suis-moi, je te fuis! de Louise Manet

Titre : Suis-moi, je te fuis !
Auteur : Louise Manet
Editeur : Harlequin

Chronique :

Je découvre grâce à « Suis-moi, je te fuis ! », la plume de l’auteure Louise Manet que je ne connaissais pas. Une assez belle surprise, je dois dire.

Morgane a 32 ans et exerce le métier d’aide à domicile, elle adore ce qu’elle fait. Cette reconversion la rend vraiment heureuse, elle aime toutes les personnes dont elle s’occupe sans exception, ils lui apportent tellement. Même si, depuis, elle peine à joindre les deux bouts à chaque fin de mois, elle ne regrette pas d’avoir quitté sa carrière dans le marketing.

Après un rendez-vous chez le banquier chaotique, la poisse fait encore des sienne et Morgane se fait emboutir sa voiture. Elle n’était déjà plus en très bonne état mais bon ce n’est pas une raison de l’achever davantage. Catherine, paniquée propose à Morgane de l’accompagnée jusque chez elle pour que son père puisse la dédommager de ce malheureux incident.

Et c’est à cette occasion que Morgane va faire la rencontre du séduisant et sexy quinquagénaire, Grégoire Vassel et celui-ci ne va pas la laisser indifférente. Quelques jours plus tard, elle va de nouveau croiser le chemin de Grégoire et leurs échanges lors de cette rencontre vont confirmer l’alchimie, l’attirance réciproque ressentie l’un pour l’autre.

Suis-moi, je te fuis ! est une comédie romantique sympathique par laquelle l’auteure nous fait passer un agréable moment de lecture. Nous proposant une romance toute mignonne bourrée d’humour (auquel malheureusement je n’ai pas été sensible) avec les jeux de mots un peu houleux de notre protagoniste principal. Ce léger détail n’enlève rien à la jolie plume de Louise Manet que j’ai beaucoup apprécié et à laquelle je décèle un certain potentiel. L’écriture est fluide, ce qui donne du rythme au texte et qui par la même occasion facilite la lecture.

Bonne chose aussi au roman c’est que l’auteur ait choisi que Morgane, notre protagoniste principal exerce le métier d’auxiliaire de vie. Cela me tient particulièrement à coeur que ce métier ingrat et dur soit un peu mis en avant. Ce n’est pas un métier qu’on rencontre souvent à travers nos romans et le fait de le découvrir là ça fait plaisir. Et il faut dire que Morgane l’incarne et le défend bien. C’est une jeune femme généreuse, désintéressée par l’argent (alors qu’elle en aurait bien besoin), un peu fofolle… On la découvre et l’apprécie au fil des pages.

Concernant Grégoire notre quinquagénaire sexy, beaucoup plus posé que Morgane avec un tempérament plus calme, il arrive même à la canaliser. Même si son côté fofolle le fait fondre. Patron de l’entreprise de joaillerie familiale, il est habitué au luxe et au confort et pourtant il ne le montre pas, ne s’en vante encore moins. Tout semble les opposer, l’âge, leurs deux mondes différents… Et pourtant…

Et les personnages secondaires apportent leur petite touche perso, pour donner un peu de piment à notre duo.

En bref, une jolie et sympathique romance qui vous fera passer un bon moment et que je vous invite à découvrir.

Une chance minuscule de Claudia Piñeiro

Dans Une chance minuscule, Mary Lohan raconte à la première personne le traumatisme qui l’a contrainte à fuir son fils, l’Argentine et son mari vingt ans plus tôt, quand elle s’appelait encore Marilé Lauría. Alors qu’elle était une blonde trentenaire aux yeux bleus – la cinquantenaire qu’elle est au moment de la narration est désormais brune et a les yeux marron –, elle a eu un terrible accident de voiture avec son fils et un de ses copains. Elle se trouvait devant un passage à niveau défectueux et lorsqu’elle a voulu le contourner, sa voiture a calé sur la voie de chemin de fer.

C’est alors qu’elle a entendu un train arriver. Elle est parvenue à sortir de la voiture avec son fils, mais n’a malheureusement pas pu sauver l’autre enfant. Assaillie par le poids de sa culpabilité et de l’acharnement social, elle s’enfuit, seule, aux États-Unis. Vingt ans plus tard, elle est contrainte de renouer avec son passé pour son travail. Ce qu’elle considère au début comme une épreuve insurmontable se révélera finalement être l’occasion rêvée de demander pardon à son fils.

Cet ouvrage est particulièrement poignant car il traite de la culpabilité et plus précisément, de la culpabilité d’une mère. Marilé est doublement coupable : coupable d’avoir tout d’abord laissé mourir le fils d’une autre mère, puis coupable d’avoir ensuite abandonné son propre fils pour tenter de réparer ce crime dont elle n’est pas réellement responsable. En voulant sauver son fils, elle n’a fait qu’accentuer leurs blessures à tous les deux. Cependant, rester auprès de lui n’aurait pas été possible et son départ précipité lui a permis de mieux retrouver son fils par la suite et de se réconcilier avec sa maternité. Maternité qui avait déjà été mise à mal par sa propre mère, qui ne s’est jamais remise de la perte de son autre enfant. On peut ainsi faire un parallèle avec Juan, l’enfant que Marilé n’est pas parvenue à sauver avant l’arrivée du train.

Ce qui est très intéressant dans ce roman, c’est que le lecteur apprend au fil des pages ce qui s’est passé grâce au fils, Federico, qui, en sa qualité de professeur, doit rédiger un texte personnel dans le cadre d’un partenariat éducatif dont sa mère est l’évaluatrice. Seulement le texte ne se dévoile pas en une seule fois : il y a un paragraphe ; puis deux, dont le premier, qui est repris ; puis une page ; et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’enfin, la parole permette d’évacuer le drame. Ce récit à deux voix est le lieu de la réconciliation mère/fils, du dialogue, où chacun peut exprimer sa peine.

Les filles de Brick Lane de Siobhan Curham

Titre : Les filles de Brick Lane
Auteur : Siobhan Curham
Editeur : Flammarion Jeunesse

Chronique :

Ambre, Sky, Rose et Maali sont quatre filles différentes l’une de l’autre et pourtant quelque chose de particulier les lie. Toutes les quatre se sentent différentes des autres adolescents de leur âge, par bien des manières, ce qui leur vaut les railleries, les moqueries de ces jeunes gens. Ces filles ont des particularités, des intérêts différents, des origines ethniques que « les autres » ne comprennent pas.

C’est sûr ce n’est pas commun d’avoir comme Ambre, deux pères. D’être née via l’aide d’une mère porteuse. Mais ce n’est pas « mal » en soi. Ce n’est pas non plus une tragédie si Ambre s’habille dans son propre style. Et ce n’est en aucun le choix sexuel de ses parents qui l’influence.

Sky, elle a perdu sa mère et vit donc avec son père. Ce qui la rend différente des autres c’est que son père et elle vivent sur la Tamise sur une péniche. C’est un choix qu’ils ont fait et qui leur convient très bien. De plus Sky n’a pas une scolarité comme les autres puisqu’elle ne va pas au lycée. C’est son père qui lui fait les cours à domicile.

Rose, fille d’un acteur célèbre et d’une mannequin. Ne rêve pas de cette vie là même si sa mère l’encourage fortement à suivre ses traces. À défaut de sa mère, Rose, préfère éviter d’être sous les feux des projecteurs et faire la une de tout les magazines de mode. Elle a d’autres ambitions.

Maali est une jeune fille timide et elle est d’origine Hindoue.

Et pourtant toutes ces différences ne font pas d’elles des filles mauvaises, tout ce qu’elles veulent c’est être accepté telle qu’elles sont sans pour autant rentrer dans un moule et se conformer à toutes les filles de leurs âges.

Un livre vraiment intéressant, très profond avec un sujet actuel – que j’associerais avec le harcelèment scolaire. Ce genre de livre est très bien pour les jeunes (et les moins jeunes), l’auteur apporte un véritable message dans la lecture sans pour autant être moralisateur. Mais ce message fait réfléchir sur la manière dont on traite les autres qui s’habillent différemment, qui ont des origines ou une autre orientation sexuelle que la nôtre et ceux qu’on exclut car ils n’ont pas les mêmes centres d’intérêts que nous. Ainsi cela fait prendre conscience aux jeunes que c’est de la simple méchanceté et que cela peut faire beaucoup de mal.

Cette histoire apporte aussi un autre message, un message d’espoir montrant que tout le monde à sa place dans la société. Il faut simplement s’entourer des bonnes personnes avec qui partager les bons ou les mauvais moments et qui seront toujours là à nous encourager et à nous tirer vers le haut. Et nous démontre également que les rêves même les plus fous ne sont pas si irréalisables qu’il n’y paraît.

En bref, un roman young adult réaliste vraiment accrocheur portant sur l’amitié entre quatres adolescentes aussi attachantes les unes que les autres et auquel chaque lecteur ou lectrice peut s’identifier. Proposant à travers celui-ci des messages qui permettent de se pencher sur la réflexion de ce qu’ils transmettent. Ce tout nous permet de passer un agréable moment et d’attendre avec impatience le deuxième tome.