Terrain de Chasse de Patricia Briggs

Terrain de chasseRésumé :

Anna et Charles assistent à un conseil sur la proposition controversée de Bran : révéler l’existence des loups-garous. Mais l’Alpha le plus redouté d’Europe, la Bête du Gévaudan, est contre ce projet… Et il n’est pas le seul.

Les vampires, eux non plus, ne considèrent pas ce coming out d’un très bon œil. Et lorsqu’ils attaquent Anna, Charles entre dans une rage folle. Anna et lui doivent alors découvrir au plus vite qui se cache derrière tout ça … Avant de perdre tous ceux qu’ils aiment.

Les + :

On retrouve avec plaisir les personnages et le monde de Mercy Thompson. La relation d’Anna et Charles est toute neuve, ils apprennent a mieux se connaître en même temps qu’on en apprend plus.
Les personnages secondaires sont aussi attachants, on guette l’apparition de Bran, en quête de petites brides d’infos qu’on pourrait glaner sur le Marrok …

J’ai aimé cette nouvelle intrigue, très différente du premier volume. On en apprend plus sur le fonctionnement, sur la politique, sur Charles (Bon point pour Frère Loup !).

J’ai adoré la partie de chasse, et la façon dont Anna grandit, on sent vraiment qu’elle arrive à sortir la tête de l’eau après tous ses problèmes dans les volumes précédents. Elle est touchante dans ses faiblesse, mais à la fois tellement forte ! Oui, c’est une Oméga, elle peut tenir tête aux dominant, et qu’est-ce que c’est bon !

Les – :

C’est dommage de ne pas avoir plus approfondis l’histoire sur ces nouveaux personnages européens. J’aurais aimé en apprendre plus sur la Bête tout particulièrement. J’apprécie beaucoup ce chapitre de l’histoire et le film Français « Le pacte des loups », et j’aurais aimé que la psychologie du personnage, son histoire soit plus abordée.

Je pourrais aussi dire qu’il est dommage de ne pas voir apparaître Mercy ou un des personnages récurrents de cette série, mis à part Bran. Il aurait été intéressant de voir par exemple le frère de Charles. Mais je comprends aussi qu’on ne puisse simplement pas.

Conclusion :

Bien que tiré du même univers, Alpha et Oméga est une série propre et non pas simplement le faire valoir de Mercy Thompson, ce deuxième tome le prouve largement.

Les personnages sont attachants, l’histoire est plus centrée sur les loups, on est avide d’en savoir plus.
J’ai réellement adoré cette lecture. J’avais déjà passé un bon moment avec le premier tome bien que j’avais un peu trainé à le lire, or j’ai eu du mal à poser ce deuxième tome. J’ai particulièrement apprécié la mythologie abordée, bien que l’auteur ne soit pas rentré dans les détails.
Je suis particulièrement attachée à ces personnages,  et je les retrouverais avec plaisir dans la suite.

 Littérature de l'imaginaire

La révolte de Suzanna Collins (Hunger Games, Tome 3)

hunger-games-3-la-revolteOuch…une fin douce amère qui laisse un drôle de goût en bouche. Je suis toutefois assez satisfaite que l’auteur ait pris un tel « risque » plutôt que de nous offrir les sempiternels Happy end que l’on peut lire dans les romans ado. Ça change et c’est aussi, il me semble, plus réaliste. J’avoue que je ne m’attendais pas à certains revirements de situations et le choix de la Présidente à la fin fait rire jaune mais paraît tellement plausible au final. Je ne suis donc pas déçue du final de cette saga.

En revanche, j’ai eu l’impression d’être parfois soumise à des facilités romanesques par la présence de plusieurs ellipses temporelles qui nous épargnent des scènes d’actions qui auraient pu être appréciables. Pour faire simple, il y a souvent beaucoup de blablas pour pas grand chose.

Si la plume, bien que fluide, ne relève de la grande écriture, je retiendrai principalement de cette série l’univers futuriste d’anticipation crédible marqué par la télé-communication et la manipulation politique qui n’est franchement pas si éloignée de notre monde. Et par-dessus tout, la capacité de l’humanité à s’autodétruire malgré les flagrants échecs du passé que l’on oublie ou ignore si facilement.

Une vie plus belle de Diane Chamberlain

Une vie plus belleRésumé :

Quand ils se sont rencontrés, Robin et Travis avaient quinze ans. L’année d’après, ils tombaient amoureux. Pour eux, tout a été trop vite, trop fort : quand Robin est tombée enceinte, leur monde et la vie qu’ils voulaient se construire ont volé en éclats. Une seule chose est restée : Bella, la petite fille adorée que Travis élève seul depuis sa naissance, quatre ans auparavant. Mais lorsque leur maison est détruite dans un incendie, et que le spectre de la pauvreté se profile pour lui et Bella, Travis comprend que sa vie est sur le point de basculer de nouveau. Il va faire la rencontre de plusieurs personnes, comme cette chère Erin qui, elle aussi mène une vie plutôt tumultueuse.

Mon avis :

Je suis tombée par hasard sur ce livre en parcourant les rayons d’un magasin, c’est la quatrième de couverture de ce roman qui m’a tout de suite interpellé et m’a donné envie d’en savoir plus. La plupart du temps, on entend ou on connait des histoires d’hommes qui abandonnent le foyer familial, laissant la mère s’occuper des enfants mais dans cette histoire c’est tout l’inverse.
On se prend donc tout de suite de compassion pour Travis qui est un père formidable avec sa petite Bella mais surpassé par tous les problèmes de la vie.

Erin est également un personnage très attachant, son histoire nous donne envie de lui tendre la main car on ne peut s’empêcher de s’imaginer dans sa situation.
Cependant La romance de Travis et Robin m’a un peu moins plu car je l’ai trouvée puérile et non solide tout compte fait.
D’un point de vue général, j’ai particulièrement aimé lire la différence de vision de chacun des personnages lors d’une même scène. Avec toute la complexité psychologique des personnes à ce moment donné.

Les + : Le style particulier d’écriture de Diane Chamberlain, qui peut être assez perturbant, dans un premier temps, car il n’y a pas qu’un seul narrateur, à chaque chapitre, un des trois personnages prend la parole.
Les personnages dont on s’attache très vite et qui nous intriguent, nous remplissent de compassion et nous font rires.
Les réflexions sur la vie en général que l’auteure souligne par certains évènements qui se passent dans le roman.

Les – : Le dénouement est un peu trop simple à mon goût et on retrouve pas mal de clichés de films d’action et de romance, c’est un peu vu et revu. L’auteure aurait pu pousser l’histoire un peu plus loin.

Conclusion : Un livre qui se dévore d’une traite, une histoire et des personnages très attachants malgré tout. Une bonne leçon de vie qui fait beaucoup réfléchir sur nos actes et notre façon de penser.

The Book of Ivy d’Amy Engel

thebookofivyThe Book Of Ivy, Tome 1 de Amy Engel

Née pour trahir et faite pour tuer…
Sera-t-elle à la hauteur ?

Voilà cinquante ans qu’une guerre nucléaire a décimé la population mondiale. Un groupe de survivants d’une dizaine de milliers de personnes fini par se former, et ce qui reste des États-Unies d’Amérique s’est choisi un président. Mais des deux familles qui se sont affrontées pour obtenir le pouvoir, la mienne a perdu. Aujourd’hui, les fils et les filles des adversaires d’autrefois sont contraints de s’épouser, chaque année, lors d’une cérémonie censée assurer l’unité du peuple.

Durant le week-end à mille derniers j’avais prévu de lire book of Ivy, et durant ces deux jours tout le monde me parler positivement de ce roman, tellement que je les dévore afin de connaître le pourquoi tant d’enthousiasme, et ça y est j’ai compris, tous les ingrédients sont là, et surtout ce duo Ivy – Bishop qui sont tous deux vraiment sur âprement, bishop va paraître mystérieux et Ivy distante durant le début mais tout va vite basculer.

En résumé ? Ivy Westfall a pour mission de tuer le mari auquel elle va être obligée d’épouser, afin que son père et sa famille puissent accéder au pouvoir. Mais tout ne va pas se passer comme prévu … En serra t-elle capable ? Capable de tuer pour le pouvoir …

Les :
– déjà cette couverture, qui est juste WHAOU, les Éditions Lumen ont largement surpassé la version VO je trouve.
– Un Roméo et Juliette dans un monde post apocalyptique avec des familles que tout oppose
– Une Ivy attachante, malgré ces doutes et qui va se révéler très forte malgré les doutes de sa famille
– Et Bishop ? Un jeune homme droit, bourré d’humanité et vraiment surprenant, un coup de cœur pour ce personnage masculin.
– Et cette fin … l’auteur me torture, je veux connaître la suite très vite (ça reste pourtant un point positif)

Les – :
– Emy Engel n’approfondit pas assez les fondements de son histoire, sur ce qui s’est passé durant le fondement de la ville, on connaît les bases certes, mais j’ai trouvé dommage de ne pas en savoir plus sur les deux fondateurs (les grands-pères de Ivy et Bishop)
– La pudeur d’Ivy, ok elle a peur au début de Bishop et de ce qu’il pourrait lui faire, car on apprend très vite certains mariages arrangés tournés mal (logique), mais là on a affaire à une Ivy très chaste, qui en abuse sérieusement. Ce roman est bien destiné aux jeunes adultes . On ne va donc pas être choqué par plus que quelques bisous?

Conclusion : Malgré un manque d’approfondissement à certains moments, ce roman a été pour moi un véritable coup de cœur, avec une histoire d’amour que je n’ai lâché qu’à cause de la fatigue et malgré tout les dévorer en 2 soirs. Je vous le recommande vivement de foncer dessus et de vous évader avec Ivy et Bishop.

Shoot de Iza de Gisse

ShootDès la première page, l’auteure nous plonge dans les pensées délirantes de Benjamin. Celles-ci nous captent, déstabilisent, nous forçant à ne faire plus qu’un avec ce personnage, un toxicomane de 24 ans, loin de tous les clichés standardisés qu’un tel personnage de fiction aurait pu inspirer. Et c’est là qu’Iza de Gisse nous surprend, car on découvre que Benjamin, malgré tout ce qu’il pourrait laisser paraître, ne vit pas exclusivement pour la came. Alors que la plupart du temps dans un livre, le personnage d’un juncky est souvent réduit à une épave vivant dans un squat, dans un état de saleté épouvantable, et pour bien enfoncer le clou contaminé par le virus du sida, dans SHOOT, il est un humain, tout simplement.

Dans la littérature existante, on s’efforce d’accumuler les clichés pour montrer aux lecteurs que l’on maîtrise le sujet. Tandis que dans ce livre, Benjamin a une famille, qui se résume à sa mère certes, dont on perçoit l’importance à travers ses pensées. Il voudrait la protéger de toutes ses exactions qui le plongent dans la culpabilité, très vite chassée par l’Autre. Et ça c’est une très grande trouvaille de la part de l’auteure, faire de l’héroïne un personnage à part entière.

De même Kévin son acolyte toxicomane, dont la personnalité est complètement différente de celle de Benjamin, met à mal l’idée que tous les toxicomanes se ressemblent. Et puis Bruno, l’ami dealer, pour qui Benjamin voue une amitié sans faille et qu’il érige sur un piédestal.

Alors, vous allez me dire encore un livre d’un toxicomane qui va nous raconter son parcours initiatique… Et bien pas du tout ! Et c’est le point le plus fort de ce roman, même s’il y en a beaucoup d’autres et que c’est toujours difficile de faire une hiérarchie, mais Iza de Gisse a réussi avec un talent certain à traiter son roman d’une manière complètement différente, inédite pour ma part, qui ai lu pas mal d’ouvrages sur la drogue, comme Flash ou le Grand Voyage, de Charles Duchaussois, ou encore Junky, de William S Burroughs, et dernièrement, la faux soyeuse, de Eric Maravélias. Il n’y a aucune moralisation, aucun jugement, dans ce livre. A quoi bon écrire un livre de plus pour essayer de nous  faire passer le message que la drogue, ce n’est pas bon ? Tout le monde le sait, c’est une perte de temps.

Et avec Iza de Gisse, du temps on n’en perd pas. Son écriture est rythmée, directe, crue parfois, mais toujours précise. Les personnages sont travaillés, documentés. La fiction et la réalité s’emmêlent, on est happés par l’histoire, on rentre dans la tête de Benjamin, on s’identifie à lui. Elle maîtrise admirablement son sujet.

Pour ma part, j’ai eu un vrai gros coup de cœur pour ce livre, poignant, addictif, qui ne peut laisser personne indifférent. On ne sort pas indemne de cette lecture. C’est nouveau, un gros coup de poing dans la littérature française. Je ne peux plus lire d’autres romans de la même manière, tant celui-ci m’a marqué, et je vous invite donc à le découvrir… Absolument !!!