Un roman américain de Stephen Carter

Résumé

Eté 1952, Martha’s Vineyard. Vingt hommes se réunissent dans le plus grand secret. Politiciens, avocats, hommes d’affaires, universitaires, Blancs et Noirs, ils sont l’élite de l’Amérique. Ce soir-là, ils signent un pacte diabolique destiné à manipuler le président des Etats-Unis pour les décennies à venir… Deux ans plus tard, au cœur de Sugar Hill, par une nuit glaciale de février, à la sortie d’une réception huppée, le jeune écrivain noir Eddie Wesley tombe sur un cadavre. Lequel cadavre agrippe entre ses mains une étrange croix inversée. Qui a tué ce riche avocat blanc croisé quelques heures plus tôt à la fête ? Que signifie cette croix ? Alors que la curiosité d’Eddie commence à déranger, sa petite sœur, Junie, promise à un brillant avenir à la Cour suprême, s’évanouit brusquement dans la nature. Quel est le lien entre cette disparition, le meurtre de l’avocat et le complot visant à contrôler le président des Etats-Unis ? Sur cette intrigue de thriller se déploie un roman qui mêle avec maestria grande histoire d’amour, saga familiale et souffle de l’Histoire (JFK, Joseph Kennedy Sr, Nixon, Hoover… en sont des personnages à part entière). A travers la quête de son héros, Stephen Carter brosse le portrait saisissant de l’Amérique des sixties : la fin de l’âge d’or de Harlem, l’ascension d’une littérature afro-américaine respectée par l’intelligentsia blanche, Kennedy, Martin Luther King et les avancées du Mouvement pour les droits civiques, l’émergence des groupes radicaux violents, la guerre du Vietnam, le scandale du Watergate…

Avis

Je remercie tout d’abord les éditions Robert Laffont et Livraddict pour m’avoir permis de découvrir ce livre et son auteur.

Aimant beaucoup tout se qui touche à la culture et à l’histoire américaine, j’ai trouvé le résumé de ce livre très intéressant et prometteur.

L’auteur nous propose en effet une immersion dans l’histoire politique américaine sur une vingtaine d’année, entre les années 1950 et le début des années 1970, du début de la carrière politique de Kennedy jusqu’à la chute de Nixon.

La thèse d’un grand complot  mis en place par des hommes influents aux fins de manipuler les plus grands dirigeants du pays est très intéressante et bien  intégrée aux divers faits historiques, même si au final les grands événements et scandales ayant touché les politiciens américains passent en second plan.

Nous suivons en parallèle l’évolution d’Eddie, jeune auteur noir habitant Harlem, mêlé malgré lui au complot en raison de sa sœur, Junie, disparue dans des circonstances mystérieuses.

Le personnage d’Eddie est attachant, mais hélas beaucoup trop passif. Obnubilé par  la recherche de la vérité concernant la disparition de sa sœur et perturbé par son amour pour Aurélia, mariée à un autre homme, il se laisse complètement porter par les évènements. Les autres personnages manquent cruellement de relief (tellement que ne je me rappelais plus la moitié des noms une fois ma lecture achevée).

Je suis tout de suite rentrée dans l’histoire, mais rapidement la lecture est devenue assez laborieuse. L’ouvrage est très épais, l’écriture assez fluide mais j’ai trouvé que le rythme s’essoufflait très rapidement. Il y a beaucoup (trop) de détails, des longueurs et au  final très peu de rebondissements. J’avoue aussi avoir eu des problèmes avec les transitions entre les chapitres, qui rendaient l’histoire parfois assez confuse. Le dénouement final m’a également déçue, ne répondant pas à toutes mes questions.

La liste de mes envies de Grégoire Delacourt

Le résumé du livre :

Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.


Et mon avis dessous :

Bien que ce livre, ne soit pas un coup de cœur, comme chez d’autre personne, je dois quand même dire que le plaisir de la lecture a été là, et en très grand.

Fini, presque à l’instant où j’écris cet avis, ce roman ne comporte aucun défaut. Il se lit vite, les chapitres sont courts, et l’histoire écrite sans fioriture est prenante jusqu’au dernier point, par son contenue, doux, simple, amère, et authentique.
Enfin, quand je dis authentique, je ne parle pas de la situation en elle même, à savoir le gain de plus de dix-huit millions d’euro à l’euromillion, non, je parle plutôt de l’authenticité des sentiments présents ici, c’est à dire les doutes, les peurs, les joies, les peines… de tous ces personnages que l’auteur décrit si bien et si vite.

Cela dit, parce que plus développé et parce que c’est aussi son histoire, le personnage qui m’a le plus touché, reste quand même Jocelyne.
Jocelyne, petite bonne femme, toute simple, sans grande ambition particulière et qui tient un blog sur la couture. Jocelyne, petit bout de femme à qui la richesse et le poison qui va avec, lui tombe dessus sans crier gare. Jocelyne, petite fille qui réinvente une vie à son père malade, toutes les six minutes. Jocelyne tout simplement, qui ne veut rien changer à sa vie, pour ne rien changer à son bonheur, et connaître ainsi le toc, les faux sentiments que la richesse apporte ou permet de découvrir… Jocelyne enfin, le personnage magique et délicat de ce roman.

Afin de ne pas gâcher la découverte, je ne vous dirais pas ce qui se passe ici. Mais, avant de conclure, je voudrais quand même parler de la fin de ce bouquin, et en particulier de la dernière phrase avant les commentaires du blog, qui est : « Je suis aimée. Mais je n’aime plus. » Pour moi c’est LA phrase de ce roman, LA phrase qui révèle toute l’ampleur, la profondeur du livre. La phrase toute simple, mais pourtant pleine de sens…

En résumé, je dirais seulement que c’est un livre à lire, et si je n’en ai pas fait un coup de coeur c’est juste parce que malgré tout, je n’ai pas toujours bien compris les craintes de Jocelyne.

Merci aux éditions JC Lattès et à Livraddict pour cette belle découverte, et bravo encore à l’auteur.

Troisième jour de Chochana Boukhobza

Pour Elisheva et son élève Rachel, deux violoncellistes de talent, ces trois jours passés à Jérusalem dans  le cadre d’un concert, sont l’occasion de renouer avec leurs racines, leurs amis, leurs familles et leurs amours… Les deux femmes, si soudées au quotidien par leur passion commune pour la musique, vont durant ces quelques jours, suivre leur propre voie et se confronter à tout ce qu’elles ont fui pendant de nombreuses années.

Pour Elisheva, rescapée des camps de concentration, ce retour à Jérusalem est l’occasion d’exercer sa vengeance. Le concert lui offre la seule possibilité de retrouver celui qu’elle appelle « le bourreau » et qui a tué tant des siens pour finalement fuir vers l’Argentine et vivre dans l’impunité. Son passage dans la ville sacrée, va donner à la vieille musicienne l’occasion de faire justice elle-même.

Rachel, quant à elle, n’a qu’une idée en tête : reconquérir son grand amour, abandonné il y a cinq ans au profit de sa carrière à New York. Mais la situation de celui-ci, marié et bientôt père pose des difficultés d’ordre moral, certes, mais aussi et surtout religieux. Ce retour à Jérusalem fera prendre conscience à Rachel de son éloignement irréversible par rapport à ses racines, sa culture et ses proches.

Chochana Boukhobza nous offre un roman sublime, bouleversant, porté par une écriture tout en finesse et en musicalité. Elle nous plonge au cœur même de Jérusalem, une ville aux multiples facettes, tantôt maternelle et protectrice, fière et rayonnante, tantôt le terrain de haines et de drames nés de désaccords religieux et culturels. Chaque personnage est riche de sa propre histoire, de ses croyances et de ses tolérances et anime ce roman plein de vie et d’humanité. L’écriture est lumineuse, chantante et nous entraîne avec elle dans une danse effrénée. Difficile de lâcher ce roman une fois la lecture commencée ! Les petites histoires des uns et des autres sont passionnantes et se mêlent avec justesse à la grande Histoire, celle d’un peuple martyr, en quête de la terre promise dont il a été dépossédé. Ce roman est une magnifique découverte !

Je tiens à remercier vivement Livraddict et les éditions Folio pour m’avoir permis d’enrichir mes lectures avec ce très beau texte !

Ubik de Philip K. Dick

Ubik, que je souhaitais lire depuis un moment, est un véritable coup de cœur. Roman complexe, impossible à résumer, on y retrouve toutes les thématiques chères à Philip K. Dick, et à la SF en général, univers parallèles, pouvoirs parapsychologiques, mais aussi mysticisme, hyper-capitalisme et invasion de la vie privée par le progrès sous ses formes les plus extrêmes. Cet enchevêtrement de thématique, à l’image de l’histoire où les réalités s’imbriquent en permanence les unes dans les autres, n’entrave pas du tout la fluidité du récit, le talent de conteur de l’auteur nous rattrapant de justesse chaque fois que nous pensons perdre pied. Le récit est parsemé de touches d’un humour grinçant, satyrique : la porte d’entrée refuse de s’ouvrir si on ne la paie pas et menace de poursuivre celui qui voudrait la forcer. Les dialogues sont nombreux et intelligents, ils dynamisent en permanence la narration, qui ne s’embourbe pas, même si on ne sait jamais vraiment où on en est.

C’est tout le talent de l’auteur que de parvenir à ne pas nous perdre, à nous donner la main jusqu’à la fin, dans ce monde où le temps marche parfois à l’envers, et où on ne sait plus très bien à qui on est marié.
J’ai A-DO-RÉ ce livre extrêmement riche et subtil, que l’on ne referme jamais tout à fait, qui continue à trotter dans notre esprit, toujours à la recherche des clés qui se dérobent devant nous. Sitôt terminé, je le relis, et je redécouvre déjà des choses…

Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de Stieg Larsson

Résumé : Ancien rédacteur de Millénium, revue d’investigations sociales et économiques, Mickael Blomksvit est contacté par un gros industriel pour relancer une enquête abandonnée depuis 40 ans. Dans le huit clos d’une île, la petite nièce de Henrik Vanger a disparu, probablement assassinée, et quelqu’un se fait un malin plaisir de la lui rappeler à chacun de ses anniversaires. Secondé par Lisbeth Salander, jeune femme rebelle et perturbée, mais fouineuse hors pair. Mickael Blomksvit se plonge sans espoir dans les documents cent fois examinés, jusqu’au jour où une intuition lui fait reprendre un dossier. Régulièrement bousculés par des informations, suivant les méandres des haines familiales et des scandales financiers, lancés bientôt dans le monde des tueurs psychopathes, le journaliste tenace et l’écorchée vive vont découvrir ce qu’il faudrait peut-être taire…

Millénium, il a suffit que j’aperçoive ce mot sur les pages du forum de Livraddict pour avoir envie de relire ce petit chef d’œuvre. En effet, j’avais déjà plongé dans les pages de ce livre courant 2008. Cette trilogie avait d’ailleurs été à l’origine de plusieurs nuits blanches.
Comme la majorité des lecteurs, au cours de ma première lecture, j’avais eu un peu de mal avec le début du récit tourné essentiellement sur l’origine de l’affaire financière Wennestrom. Mais cette nouvelle lecture m’a emportée dès la première page et bizarrement je me suis demandé ce qui m’avais paru long la première fois.

Ce livre m’a conquit car il se scinde entre 2 affaires : d’une part celle de Wennestrom sur un scandale financier et d’autre part sur la disparition de la nièce d’une riche famille.
Les personnages qui sortent de l’univers de Stieg Larsson sont hauts en couleurs, ordinaires et extra ordinaires. Mickael Blomksvit (fameux journaliste, homme à femme, enquêteur acharné) va devoir composer avec Lisbeth Salander, une jeune femme d’apparence fragile mais explosive, attachante et difficile à cerner. Cette équipe de choc va devoir s’apprivoiser, se faire confiance et avancer délicatement pour démêler ces deux affaires.

En bref, un livre complet mêlant scandales financiers, affaires de familles glauques, nazisme, crimes divers et enquêtes haletantes.
Merci Mr Larsson pour cette trilogie venue du froid.