Quand l’une des nôtres se fait gratuitement agresser…

…La Livraddict Team ne peut que répondre. Nous voulions cependant prendre contact avec les Editions Alphee – organisatrice du partenariat – afin de nous assurer que les propos tenus totalement choquants et au-delà de la vulgarité étaient bien ceux de l’auteur et non d’une tierce personne.

Malheureusement, après avoir reçu un mail desdites Editions, il s’avère que Monsieur Jean-Claude Derey est bien l’auteur des mails envoyés à Cynthia.
Suite à notre intervention, il semblerait par ailleurs que l’éditeur de M. Derey ait envoyé à Cynthia un mail d’excuses, mail qui reste pour la team insuffisant vis-à-vis des propos tenus par JCD.
Cependant, nous pensons que Cynthia a  répondu intelligemment à ce mail d’excuses sur son blog et qu’il ne nous appartient pas d’épiloguer plus sur le sujet.

La Livraddict team est bien évidemment indignée et ne tolère absolument pas ce genre de réaction excessive, au-delà de toute civilité, envers les blogo-lecteurs.
Nous rappelons que les partenariats sont organisés en collaboration avec les maisons d’édition qui savent parfaitement à l’avance à quoi ils s’engagent en les acceptant : fournir un livre gratuitement et en attendre une chronique – qu’elle soit bonne ou mauvaise – de la part du lecteur, tant que celle-ci reste respectueuse envers l’auteur. Le respect de la liberté d’expression du bloggeur reste donc un principe essentiel dans le cadre des partenariats – et même en dehors de ceux-ci.

En l’occurence, la chronique publiée par Cynthia sur Papoua respecte parfaitement l’auteur, elle ne fait que refléter ses goûts et dire que ce livre n’était pas pour elle, point. La réaction de l’auteur par rapport à cette chronique est donc parfaitement démesurée, insultante et est indigne de la profession qu’il représente.

La Team tenait donc à assurer à Cynthia son soutien le plus entier ainsi qu’à tout blogo-lecteur qui serait confronté à la méchanceté gratuite due certainement à un égo démesuré d’un auteur ou d’un éditeur qui se croirait tout permis face aux petits lecteurs que nous sommes. Après tout, c’est en grande partie grâce à nous qu’ils vivent vu que nous sommes les premiers à acheter les ouvrages.

Nous ne sommes pas des critiques littéraires professionnels, nous sommes de simples lecteurs qui partagent une passion pour la lecture au sein d’une communauté qui devient de plus en plus importante.
En cela, notre avis compte et certains auteurs feraient bien de ne pas l’oublier…

Heureusement, ce genre de réaction virulente reste encore marginale par rapport aux nombreux partenariats proposés par tous les sites de passionnés de lecture et  nous espérons que cette agitation prendra fin rapidement pour que les bloggueurs puissent continuer à donner leur avis sur le net en toute sérénité.

La Team.

D’un autre monde de Claude Crozon

autre mondeRésumé :
Tout commence en 1914. Les hommes de la famille Kergalin sont appelés sous les drapeaux. Ils en reviennent meurtris dans leurs chairs et leurs têtes. L’incompréhension entre les membres d’une même famille s’installe alors et pour toujours elle règnera. Le temps et les conflits passent, les nouvelles générations prennent leur place au fil de l’histoire mais le passé les dérange, Pauline surtout, mal dans sa peau est dérangée par tous ces morts, ces non-dits. Alors elle part à la recherche de ce passé si lourd à porter. Elle y trouvera ses réponses, mais le 11 septembre arrive, les conflits ne cessent jamais…et les mots de François résonnent encore « Personne n’aurait imaginé ! Personne ! » Ainsi commence et s’achève le livre.

Mon avis :
Parce que je croyais plus à un roman historique basé uniquement sur l’Histoire plutôt qu’à une saga familiale, je n’aurais jamais eu la curiosité de lire ce livre en dehors du partenariat. Ce qui eut été dommage, c’est vraiment un très bon et beau livre, j’ai d’ailleurs été assez surprise d’être rentrée dans l’histoire en deux pages.
Le livre est si bien écrit que l’on pourrait aisément croire que toute cette histoire est véridique, déjà par les prises de parole future des personnages et aussi par les carnets relus des années plus tard, mais aussi et surtout par le réalisme des personnages, en effet l’auteur dépeint ces protagonistes avec tellement de justesse et de finesse, que le réalisme est saisissant. Nous lecteurs rentrons vraiment dans l’intimité de chacun d’eux, nous vivons avec et en même temps que ces derniers leurs peurs, leurs doutes, leurs joies, leurs colères, leurs sentiments du moment…
Par ceci, ces actions, ces sentiments pris sur le vif, le livre est déjà splendide et vivant mais il l’est d’avantage quand l’auteur raconte, par de cours passages, la grande histoire 14-18, 39-45, l’Algérie… surtout 14-18, enfin je trouve. Lorsqu’elle écrit comment les Bretons étaient traités au front, l’incompréhension de ces derniers quand on leur donnait des ordres criés en français, car français et breton ce n’était alors pas la même chose et qu’ils étaient fusillés pour ça, je dois avouer que j’en ai eu mal au cœur et une sourde révolte est montée en moi.

Dans ce roman où les personnages évoluent dans la grande histoire, l’auteur a surtout fait un travail de recherche psychologique sans doute que la psychanalyse, son métier, l’a beaucoup aidé, mais n’oublions pas que rien de ce qui est raconté dans ces pages n’est impossible. Toutes les familles ont eu des pertes dans les conflits du siècle dernier et beaucoup ont dû assumer les lâchetés et les trahisons des autres membres de leur famille. Dans cette famille touchée par le malheur historique et personnel, mais aussi par les joies on trouvera un bon moment de lecture. Un livre que je vous recommande vivement.

Je tiens à remercier Livraddict et les éditions Robert Laffont pour ce superbe partenariat. http://www.laffont.fr

Le cantique des innocents de Donna Léon

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Calmann-Levy. Merci à elles ainsi qu’à Livraddict de m’avoir permis de le découvrir.

Le mot de l’éditeur :

Un pédiatre et sa femme agressés en pleine nuit, leur bébé de dix-huit mois enlevé sous leurs yeux… Pourquoi diable des carabiniers – les gendarmes italiens – ont-ils fait irruption chez ce couple au milieu de la nuit et se sont-ils emparés de ce petit garçon ? Pour quelle raison le médecin refuse-t-il obstinément de parler à la police ? Et enfin, qui a bien pu ordonner la mise en œuvre d’une opération aussi effroyable ? Telles sont les questions qui taraudent le commissaire Guido Brunetti et son fidèle adjoint l’inspecteur Vianello lorsqu’on leur confie cette affaire. Pour cette nouvelle plongée dans les eaux troubles de la lagune, Donna Leon nous entraîne dans les méandres de Venise la magnifique et dans ceux, sordides, d’un réseau de trafic d’enfants. Au bout de cette enquête, elle parvient à ébranler les convictions morales de son héros… et même les nôtres. « Le 16e volet des aventures du commissaire Brunetti est éblouissant. Donna Leon ne bâcle jamais, dépeint chaque fois des portraits vivants de ses personnages et de Venise, et ne s’est jamais départie de sa faculté d’indignation. » The New York Times

Mon avis :

J’ai choisi ce livre parce que la critique du New York Times situé sur le quatrième de couverture m’a complètement emballé et…j’ai été au moins aussi déçue en refermant ce livre. Je ne suis pas du tout rentrée dans l’histoire et j’ai pris un temps fou à finir ce livre.  Je vais tenter d’expliquer pourquoi.

Je pense que la première chose qui m’a frappé et empêché de rentrer dans l’histoire est l’abondance de détails que l’auteur donne sur Venise. Si ce style permet à  certains lecteurs de mieux se représenter l’environnement dans lequel se déroule l’histoire et les aide à s’y immerger plus facilement, moi il a tendance à m’ennuyer rapidement. Résultat, dès que je vois un passage  rempli de descriptions, j’ai tendance à sortir de l’histoire et à passer vite fait les paragraphes.

A côté de ça,  j’ai eu des difficultés à bien identifier le nom des différents personnages et j’ai fait plusieurs allers-retours pour être sûre de ne pas me tromper.

Pour finir sur les points négatifs, je dirais qu’il m’a manqué une bonne dose de suspense tout le long du livre et la fin m’a laissé sur…ma faim. Pour tout dire, je l’ai refermé en fronçant les sourcils.

Voilà…c’est toujours compliqué  de faire une critique objective sur un livre qui ne nous a pas convaincu et je n’irais pas jusqu’à dire que ce bouquin est mauvais. Le sujet est ambitieux et je pense que ce livre peut nous amener à nous poser des questions aussi dérangeantes qu’intéressantes mais…je suis passée de l’histoire pour ce coup ci.

La Ronce d’or, tome 2 : La Peinture de sang de J.V. Jones

« Après un combat sans merci l’ayant séparée de Ravis, le mercenaire qu’elle a rencontrée à son arrivée dans le monde de la Ronce d’or, Tessa McCamfrey parvient à l’abbaye de l’île Ointe, où les frères l’accueillent fraîchement. Attaquée la nuit de son arrivée par une créature mi-homme, mi-démon, engendrée par la magie du scribe d’Izgard, la jeune femme réussit à s’enfuir et trouve refuge dans la grotte où le frère Avaccus, dernier scribe de l’île à pratiquer la sorcellerie, est confiné depuis 21 ans. »

Mon avis :

J’avais eu l’occasion de lire le premier tome de ce récit dans le cadre d’un partenariat avec « Le Livre de Poche » voici quelques mois  J’étais impatiente de découvrir la suite des aventures de Tessa, Ravis et Camron aussi j’ai été ravie d’apprendre la sortie de ce second tome dans le cadre d’un nouveau partenariat.
Si j’ai eu un peu de mal à entrer dans ce second volume (il m’a fallu près de cent pages pour me sentir à nouveau transportée par l’histoire) j’ai ensuite retrouvé avec plaisir la plume de J.V. JONES.
Après un premier tome qui décrivait ce monde parallèle et dépeignait chacun des personnages le deuxième tome nous révèle enfin la nature de la ronce d’or et de la bague portée par Tessa. Les enluminures restent au centre de l’histoire dont elles tissent et détissent les fils. Le récit se révèle complet et répond à toutes les questions que moi, lectrice, je pouvais me poser.
Ainsi nous découvrons que la ronce d’or et la bague découverte par Tessa sont des éphémères, soit des objets qui voyagent à travers le temps et à travers les mondes parallèles lesquels sont multiples.
Sur un second plan il nous révèle également le passé ténébreux de Ravis et les causes qui l’ont poussé à devenir mercenaire.
Ce deuxième tome nous invite à suivre les amours de Tessa et Ravis qui vont se  rapprocher au fil des pages. Il nous révèle également un Camron beaucoup plus humain qu’il n’apparaissait au début du récit. Par ailleurs il nous donne l’occasion d’assister à la naissance d’une véritable amitié tissée de liens presque fraternels entre Ravis et Camron.
Un autre personnage prend également toute son importance dans ce second tome : Angeline, l’épouse d’Izgard, Roi de Garizon. De petite fille naïve et peureuse dans le premier tome elle s’est complètement aguerrie pour devenir une femme courageuse et forte.
L’évolution des personnages et de leurs rapports mutuels est interpelante et m’a beaucoup plu.
J’ai trouvé le récit passionnant et je suis très heureuse d’avoir pu faire cette lecture. Cette première approche de l’univers de la fantasy a été très concluante à mes yeux.
Je remercie encore Livraddict et le  Livre de Poche pour l’opportunité qu’ils m’ont donnée en me choisissant pour participer à ce partenariat !

Mon cher frère de Hâkan Bravinger

C’est grâce à un partenariat entre Livraddict et les éditions JC Lattès (je les remercie tous les deux) que j’ai eu le plaisir de lire ce livre, mon premier roman suédois !

« Mon cher frère », par ces mots commencent les lettres qu’Andréas, criminologue,  écrit à son frère Paul, le célèbre psychiatre. Nous sommes en Suède, au début du vingtième siècle. Les deux frères ont pour parents un père chaleureux qui a construit sa fortune seul, malgré une enfance martyre, et une mère froide et distante. Ils paraissent si différents :
Andréas a un parcours amoureux assez tortueux : après une première liaison très jeune, il épouse puis abandonne Amélie, pour l’amie de celle-ci. Il est deux fois père mais ce sont deux échecs… Professionnellement il ne brille pas : il n’arrive pas à l’écrire son grand projet : une étude sur la psychologie des criminels, et les années passent. Il finit par enseigner à l’université, sa vie matérielle est précaire. Il a le sentiment de sa propre incompétence, et ressent amèrement le mépris de son frère, alternant rejet et tentative de réconciliation. Alcoolique et torturé, angoissé, il fréquente des prostituées.
Paul a hérité du dynamisme de son père et réussit dans sa vie professionnelle : il est un célèbre psychanalyste. En même temps qu’il  perd sa maîtresse Lou Salomé, attirée irrésistiblement vers Freud, il s’éloigne de celui-ci, persuadé de sa propre valeur. Il écrit de nombreux livres. Et Paul est aussi sculpteur ; bref, il crée, il produit.Il a peu de considération pour son frère qu’il se sent obligé d’aider matériellement. Mais comment expliquer que Paul épouse Gunhild, la mère de la femme d’Andréas, et quelle est la teneur de cette union avec une femme malade et plus âgée, qui l’admire et le soutient, lui qui a tant besoin de la  reconnaissance et de l’amour de sa mère ?
Paul est la fierté de la famille, mais il a besoin de se persuader de la médiocrité de son frère pour briller. Est-il aussi équilibré et sûr de lui ? Andréas en doute. Ils sont tous les deux terriblement égocentriques : l’auteur décrit comment les autres personnages autour d’eux ne sortent pas indemnes de cette  relation  toxique entre les deux frères.

Mais c’est aussi une peinture cruelle, sans concession aucune, d’une époque et d’une  classe sociale, témoin  la triste destinée de Soren le fils d’Andréas et Amélie : enfant du divorce, perturbé, ballotté tout petit de familles d’accueil en internats, il est en manque d’amour et d’image paternelle…Pour éviter les problèmes judiciaires on préfère l’interner ! Puis  l’expédier en Australie…
Les femmes ne sont pas mieux loties : leurs aspirations de jeunesse  s’envolent quand elles se marient, elles se rangent derrière leur époux et deviennent au mieux leur soutien. Ou bien  elles suivent leur instinct amoureux au risque de tout perdre, comme Madeleine perd sa propriété et ses enfants ; ou comme Amélie, qui va vite renoncer à son fils, sous l’influence de son second mari. Même la sulfureuse Lou Salomé ne fait que suivre les hommes de Génie : Rilke, Nietzsche et enfin Freud.

Le cadre historique permet enfin des rencontres passionnantes : Freud et Lou Salomé ; Ellen Key, la célèbre féministe et pédagogue suédoise, apparaît en filigrane, ainsi que Jung, Nietzsche et Kierkegaard (depuis le temps que je dois le lire !)….Sans oublier la vogue du spiritisme avec Madame d’Espérance.

Quelques mots sur la construction du livre : Il faut dire que l’auteur relate la vie de personnages historiques. Il a eu accès à des documents, des journaux intimes, des lettres. Où est la part de la création littéraire et celle de la réalité historique, c’est ce qui me questionnait au départ. Puis je me demandai  comment l’auteur s’était approprié ces documents pour en faire un roman. Car dans le roman la vie de l’un ou l’autre est relatée très souvent dans des lettres, ou bien dans les conversations, souvenirs.  Et c’est vraiment passionnant cette façon de nous raconter l’histoire, souvent indirectement, donc biaisée par un tiers, par ses opinions, ses prises de position. Les vrais écrits se mêlent aux fictifs, mais lesquels sont en fait les plus véridiques ? Et comment saisir, comprendre ces personnes au plus profond de leur être: doit-on se fier seulement à l’image qu’ils donnent d’eux ou au jugement des autres ?  Ce livre ressemble à un puzzle qu’on construit et déconstruit tout au long du récit au fur et à mesure des indices ; en vain car peut-on saisir la complexité de l’âme humaine ?
Le tout est servi par un style fluide et agréable, quelquefois poétique.

En conclusion une lecture prenante, émouvante même, et aussi instructive, ce qui ne gâche rien !

Mon cher frère
(titre original : Bara bud)
Hakan Bravinger
Edition JC Lattès, fevrier 2010
471 pages

Marieke