Méto de Yves Grevet

L’histoire : Une Maison, sur une île, des garçons y vivent dès 12 ans. Ils n’ont aucun souvenir de leur vie d’avant.
Ils ont tous des noms romains : Romus, Claudius, Paulus. Tous sauf Méto.
Les plus âgés encadrent les plus jeunes. Car là bas, tout y est plus dur que n’importe où ailleurs : les règles et les emplois du temps sont hitlériens et les « jeux » sont d’une extrême violence.
La moindre erreur, comme de parler pendant la chorale, vaut un jour ou plus à passer dans le « frigo », pièce à zéro degré dont les enfants ne ressortent que rarement indemnes.
Pour surveiller tout ce petit monde, les César, gardiens sans cœur qui font régner l’ordre et la peur.
Les cours sont théoriques, beaucoup de sujet ne sont jamais abordés et les enfants ne savent pas grand chose de ce qu’est le monde en dehors des frontières de la Maison.
Ils n’ont jamais vu une femme, ne connaissent pas la notion de famille, de père et de mère…

Après un séjour prolongé au frigo et une rencontre inattendue là bas, Méto commence à se poser des questions. Il veut comprendre ce qui se passe hors de la Maison, ce que deviennent les garçons devenus trop grands pour rester là bas, pourquoi ils sont drogués, qui est à l’origine de leur vie lobotomisée.
Manipulation, trahison, suspens, espoir et peur…
Méto pourra t-il changer le cours des choses ? En qui peut-il avoir confiance ?
Ce qu’il va découvrir n’est il pas pire que sa petite vie parfaitement ordonnée ?
Arrivera t-il à quitter les César, la Maison, et celui qui est à la tête de cette organisation ?

Mon avis : Pour le savoir, il faut lire ces 3 tomes qui sont tout simplement géniaux. Il n’y a pas une seule longueur et une fois commencée, on ne peut plus lâcher cette série tant elle est prenante.

Au-delà de son suspense haletant, cette série donne à réfléchir sur la cruauté de la société actuelle, sur les liens familiaux, sur les choix que nous pouvons faire, souvent de manière égoïste, et leurs conséquences. Et bien sûr, sur la façon dont une poignée de dirigeants peut changer la face du monde à force de manipulations et de lavages de cerveau. Enfin – et heureusement – l’espoir et l’amitié sont aussi de la partie.

Chaque livre amène son lot de réponses, d’actions et de rebondissements. En effet, les tomes 2 et 3 ne perdent pas en intensité, bien au contraire. En somme, un grand coup de cœur.

L’avis de Clarabel qui a aussi adoré et grâce à qui j’ai découvert cette série : ici.

D’un autre monde, Claude Crozon

Résumé :
1914. Appelés sous les drapeaux, les hommes de la famille Kergalin sont arrachés à leur Bretagne natale. Ils reviendront blessés ou traumatisés. Désormais, pour eux comme pour les femmes, qui ont dû s’organiser en leur absence : « Rien ne sera plus comme avant… »

Vaste fresque familiale éclairant notre temps, ‘D’un autre monde’ raconte l’épopée d’une famille dans le siècle. Emportés par le grondement de l’Histoire, les Kergalin trouveront un point d’ancrage dans leur grande maison.

Affrontant le fracas des guerres & les assauts de la modernité, héros ou lâches, tour à tour jouets & maîtres de leur destin, ces hommes & ces femmes nous touchent comme s’ils étaient les membres de notre propre famille.


Mon avis :
Claude Crozon, psychiatre & psychologue, nous emmène au confins de la Bretagne pour nous raconter la vie d’une famille tout au long du siècle dernier. Une histoire créée comme des souvenirs extirpés de leurs repos par la plus jeune de la famille, Pauline. Une saga qui commence à la Première guerre mondiale & qui se termine à notre époque, en 2001.

La base historique rend le livre plus réaliste à mes yeux, plus ‘vrai’, car certains repères permettent de dater les évènements qui se passent dans la famille, même si certaines fois, on s’y perds quand même. L’atmosphère du livre est chaleureuse, on aurait envie de s’asseoir dans cette grande maison & y rester éternellement, laisser la vie défiler dehors & juste profiter. Le paysage breton est fascinant & le livre lui rends très bien toute sa splendeur.

Un petit bémol à mes yeux : trop de personnages qui s’entrecroisent. Au tout début, il est facile de suivre qui est qui étant donné que nous n’avons que la base de la famille mais dès qu’arrivent la période 1933-1947, ils deviennent trop nombreux. Il apparait des personnages à presque toutes les pages & on s’y perds. A certains moment, je devait m’arrêter & chercher qui était un tel dans la famille tellement elle devient grande & éparpillée. Un petit arbre généalogique à la fin du livre aurait pas été de refus. A part ça, les personnages sont très bien décrit, aussi bien physiquement que psychologiquement, on remarque le métier de l’auteur. Le point positif est que, bien qu’ils fassent tous partis de la même famille, il ont des caractères différents, des chemins différents (comme lors de la Seconde Guerre mondiale, très représentative) & c’est tellement réaliste.

Pour conclure, je dirais qu’un spin-off de certains personnages ne seraient pas de refus grin22 & que si le livre avait été réalisé en 5 tomes bien distinct (un tome pour chaque partie), ça n’aurait pas déplu non plus (certaines fois, l’histoire va trop vite).

Merci au forum Livraddict & aux Éditions Robert Laffont pour ce partenariat.

A.N.G.E., tome 1 : Antichristus d’Anne Robillard

Je n’avais encore jamais lu de livre d’Anne Robillard, mais quand j’ai su que c’était également elle qui avait écrit « Les chevaliers d ‘Emeraude« , là j’ai commencé à me dire que ce partenariat n’avait pas été une si bonne idée que ça. Enfin, je parle, je parle, mais le livre lui, il parle de quoi ?

Voilà ce qu’on nous promet en 4eme de couverture :

A l’insu des habitants de la Terre, des hommes et des femmes travaillant pour l’Agence Nationale de Gestion de l’Étrange – mieux connue sous le nom de l’A.N.G.E. – veillent sur l’humanité. Peu importe le pays où ils sont affectés, ces agents secrets protègent les hommes des ténébreuses machinations des serviteurs du Mal.

Lors d’une enquête de routine sur les enseignements trompeurs d’un prétendu gourou, les agentes Océane Chevalier et Cindy Bloom découvrent que de sombres événements prédits par certains textes bibliques sont sur le point de se produire. Leurs collègues, Yannick Jeffrey et Vincent McLeod, viennent leur prêter main-forte mais se heurtent à la mystérieuse puissance du Faux Prophète.
Au même moment, les tueurs de l’Alliance préparent la venue de l’Antéchrist. D’autres personnages étranges viennent brouiller les pistes et plongent l’A.N.G.E. dans l’incertitude : quelle est la véritable mission de l’envoyé du Vatican qui s’intéresse aux crimes de l’Alliance ? Qui est cet homme vêtu de noir qui apparaît lorsque les agents de l’A.N.G.E. sont en péril ? Face à tous ces événements, l’Agence saura-t-elle préserver le monde de sa fin annoncée ?

Mon avis : Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, Anne Robillard est donc une auteure de livre jeunesse. Avec tout ce que ça implique de négatif : les personnages cantonnés à un seul trait de caractère, les phrases sujet/verbe/complément, le méchant bien méchant qui veut conquérir le monde tout ça…

Cependant, au vu du succès de sa précédente saga -qui est d’ailleurs précisé en bas de la couv’: « Anne Robillard est l’auteur des Chevaliers d’Émeraude, la série d’heroic fantasy la plus lue en France », comme si le roman à lui seul ne pouvait pas te convaincre de l’acheter, comme si tout ne reposait finalement que sur le nombre de bouquins vendus, rah ça m’énerve ça…- j’avais pensé que sa façon de narrer ses histoires se démarquait justement de la vague fantasy dont nos librairies sont assaillies de nos jours.

Comme je me trompai…

Anne Robillard

Enfin « trompai« , le terme est peut-être un peu fort quand même… Le style de Robillard est somme toute assez agréable à lire, c’est fluide, il n’y a ni trop, ni trop peu de descriptions, bref sur ce point il n’y a rien à en redire.
Mais en revanche sur le contenu.. J’ai trouvé ça vraiment plat, sans saveur, l’auteur se contente de restituer les évènements et c’est tout. Il n’y a rien qui nous permettre de reconnaitre sa patte quoi… Pareil pour les personnages, comme je le disais plus haut, on a droit aux stéréotypes habituels : la nouvelle naïve toujours pleine de bonnes intentions, les deux collègues obligés de refouler leur amour impossible (oui je vous spoil, mais t’façon pour ce qu’il y a à spoiler hein…), l’informaticien nolife, le brun ténébreux bien mystérieux, le méchant bien méchant avec ses répliques de méchant, et ses pouvoirs de méchant, enfin bref vous m’avez comprise hein… Et puis vous m’expliquerez pourquoi être dans une agence spécialisée dans le surnaturel si c’est pour se défendre avec de vulgaires pistolets tout pourris…

Ce n’est pas non plus l’histoire qui va changer la donne. Pourtant il y avait du potentiel ! L’Agence Nationale de Gestion de l’Etrange est assez bien décrite, on sent qu’il y a des choses, beaucoup de choses mêmes, à exploiter, mais l’auteur n’en dit pas suffisamment elle jete le concept et s’en tient là (sauf pour l’histoire de la montre à la limite), à mon goùt en tout cas. Et puis « étrange« … On est plus dans des intrigues bibliques (rien qu’au niveau du titre : Antichristus), mais bon du coup l’acronyme de l’agence aurait eut beaucoup moins la classe.

Au fil des pages, des éclipses viennent séparer les paragraphes.
A chaque fois que j’en voyait une j’avais envie de me regarder Heroes, mais ça, ça n’a rien à voir avec la critique, c’est juste un réflexe de fangirl.

Alors est-ce parce que c’est le premier tome, et que le premier tome sert en général d’intro ? Est-ce fait pour que les jeunes s’insérent plus facilement dans l’histoire ? Je ne sais pas, étant donné que ce tome n’est pas indépendant, au contraire, il finit par un bon gros cliffhanger (que j’ai trouvé assez intéressant pour le coup) qui permettrait peut-être d’approfondir certains points, comme le passé du chef de l’agence…

Mais cela suffira t’il pour me pousser à me procurer le second tome ? Pas sûr…

Merci tout de même à Livraddict et Michel Lafon pour ce premier partenariat !

« L’invisible » de Stella Rimington

Auteurs : Stella Rimington
Editeur : Le Livre de Poche

Présentation de l’éditeur

« Selon le jargon de la CIA, le terme «invisible» désigne un terroriste qui a la nationalité et l’ethnie du pays choisi pour cible. Liz Carlyle, de la section antiterroriste du MI5, apprend que la Grande-Bretagne va être infiltrée par un «invisible». Dans le même temps, un jeune indic pakistanais lui signale des mouvements suspects dans une librairie islamiste fondamentaliste de Londres. La menace existe assurément, mais Liz ignore le lieu, la date et la nature de l’attentat… »

Mon avis :

N’étant pas vraiment une spécialiste des romans d’espionnage, j’avais tout à découvrir. Et là j’avoue avoir pris beaucoup de plaisir à cette lecture.

Il convient d’abord de préciser que l’auteur sait de quoi elle parle puisqu’elle  a elle-même intégré les services du MI-5 ; du coup ses descriptions sont très précises sans être indigestes. Les relations inter et intra-services sont très claires et le lecteur se sent très vite à l’aise avec les différentes appellations.

Le puzzle se met en place progressivement, les divers protagonistes se développent peu à peu sans tomber dans le fouillis, très vite on sait qui est qui et qui fait quoi, la psychologie des personnages est très fouillée. Le rythme est assez soutenu, pas d’ennui à craindre.

Et n’oublions pas le décor, les plages anglaises, les pubs glauques, la campagne…. tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance.

Petits bémols : j’aurais voulu plus de détails sur certains personnages secondaires, comme Marzipan ( Qui est Marzipan ? Il faut le lire pour le découvrir ) ; autre point, mais qui là m’est tout personnel, je me suis plus attachée à la « méchante » qu’à Liz, l’héroïne. L’auteur a superbement décrit le processus psychologique ayant fait d’une jeune fille à l’avenir apparemment tout tracé une terroriste convaincue. J’ai été happée par son histoire et sa relation avec son complice, j’avais des sentiments contradictoires vis-à-vis d’eux et là était la vraie force de l’auteur. Personne n’est tout noir ou tout blanc.

Petite précision, les aventures de Liz ne s’arrêtent pas là ; d’autres tomes existent et je serais plutôt tentée dft009

Au final, un bon livre d’espionnage, une bonne trame psychologique, que je n’aurais jamais choisi seule , et çà aurait été dommage. (euh franchement moi qui suis très sensible à la couverture, à l’ambiance dégagée par celle-ci, là je suis passée à côté).

Merci à Livraddict et au livre de poche pour ce partenariat.

Dexter dans de beaux draps, de Jeff Lindsay

Résumé: Après une lune de miel à Paris, Dexter enquête sur une série de cadavres mis en scène par un artiste macabre. Sa sœur est poignardée durant leur investigation, et Dexter décide de rendre justice à sa façon…

Mon avis : J’avais hâte de lire ce quatrième tome des aventures de Dexter Morgan, mais je dois avouer que la lecture a été vraiment laborieuse !
Les débuts à Paris ne m’ont pas emballée, et je dois dire que les passages où Dexter utilise des mots en français, m’ont dérangée (et ce, sans compter les fautes!). Peut-être cela aurait été moins gênant à lire en V.O. De plus, j’ai trouvé la traduction plutôt moyenne.
Ensuite, certes, on retrouve les personnages que l’on aime, Debs et sa manie de jurer a chaque phrase (qui reste malheureusement une bonne partie de l’histoire dans le coma, et on doit supporter Chutsky et ses « salut mon pote » ! grrr), Cody et Astor, nos adorables serial killers en herbe, et Doakes qui se veut effrayant à menacer Dexter, mais qui en fin compte est plus drôle qu’autre chose.
Pour ce qui est de l’intrigue…quel dommage que la quatrième de couverture en dise autant (je vous ai d’ailleurs épargné le résumé, qui en révèle beaucoup trop) !! Par ailleurs, je trouve l’intrigue pas très bien ficelée ! Dexter rame pas mal, il se lance pour la première fois dans une sorte de vengeance, en voulant zigouiller l’agresseur de sa sœur, et se retrouve comme le titre le dit, dans de beaux draps !
Jeff Lindsay qui nous a habitué à un humour noir, ici me paraît en rajouter une couche. On frôle la farce, peut-être pour atténuer l’horreur des crimes (quoi qu’ici je n’ai pas été touchée plus que cela par les mises en scène des cadavres), et le côté toujours glacial et détaché de Dexter, cet être égocentrique qui est plus intéressé par la nourriture et ses bas instincts de tueur, que par l’enquête en cours, même s’il semble touché par l’agression de sa sœur. Son intérêt pour les enfants de Rita n’est motivé que par le fait qu’il s’identifie à eux, surtout Cody.
Malgré cela, Jeff Lindsay arrive toujours à nous faire aimer Dexter, on s’attache à lui, lui qui ne s’attache à personne. On n’a pas envie qu’il se fasse prendre, on veut qu’il continue à rendre sa « justice ».
Mais bon, pour ma part, c’est une grosse déception, ce tome 4 n’arrive pas à la hauteur de l’excellent tome 3 qui m’avait franchement emballée !
Merci à la Team Livraddict et aux éditions Michel Lafon pour m’avoir offert ce premier partenariat !
Et Merci à ma sœur Flof13 pour avoir corrigé ce billet! Elle aussi a lu et donné son avis ICI sur ce livre.