Les âmes vagabondes de Stephenie Meyer

« La terre est envahie.
Les âmes prennent possession du corps des hommes, dans l’optique d’en faire un monde plus pacifique.
Vagabonde est l’une de ces âmes, mais elle est pourtant différente. Elle a sa propre identité, identité qui va être confrontée à celle de son hôte, une humaine rebelle, prête à tout pour sauver les siens contraints de se cacher pour survivre et préserver tant leur vie que leur libre arbitre. »

Intriguée par ce livre après le succès de Twilight, je dois avouer que j’ai été agréablement surprise en le découvrant. Dés les premières pages on entre dans le vif du sujet, le ton est donné et tout s’enchaine rapidement. On est pris dans l’aventure extraordinaire de cette âme et même si par moment les premiers échanges entre l’âme et son hôte sont difficiles à imaginer, finalement l’on s’y habitue et l’histoire nous porte.

Avec « les Ames Vagabondes » Stephenie Meyer s’affranchit de ses précédents livres pour nous offrir un roman d’une toute autre dimension alliant fiction et réalisme. Tout en subtilité elle nous donne l’opportunité de nous interroger et de nous confronter à nos contradictions, nos propres défauts, nos erreurs et nos émotions.

D’abord rejetée et identifiée comme intrus ce personnage qu’est Vagabonde/Mélanie devient un élément essentiel pour ces humains qui passent alors outre leurs premières impressions et leurs craintes de l’ennemi pour finalement l’accepter et en faire l’une des leurs. Les personnages sont travaillés, touchants. On les voit évoluer, changer leur perception et leur comportement à mesure que Vagabonde de son côté apprend ce qu’est « être humain ».

Le roman se lit très bien, sans temps mort et ce malgré ses 830 pages. On retrouve un style simple mais avec une précision dans les descriptions qui apporte un plus au récit.

Ce livre a l’avantage d’apporter un renouveau au genre avant-gardiste en prenant pour toile de fond le futur d’une humanité en danger suite à l’invasion d’un peuple nouveau et en y ajoutant, au-delà des histoires d’amour et d’amitié qui se tissent entre les personnages, un message de tolérance et une note d’espoir.

Merci aux éditions Livre de Poche et à Livr@ddict pour m’avoir permis de découvrir ce livre.

La couleur du bonheur de Wei-Wei

Résumé :
Mei-Li quitte tout pour rejoindre sa fille, Bai-Lan, et ses petits-enfants. Le gendre ? Envoyé en camp de rééducation par le régime maoïste. Ensemble, les deux femmes affrontent la misère et les persécutions. Cuisinière hors pair, conteuse de talent, Mei-Li ramène la joie dans cette famille brisée. Sa méthode : infusions au gingembre, cueillette de plantes médicinales et histoires abracadabrantes !

Mon avis :
J’ai adoré ce livre, qui m’a permis de me plonger avec un bonheur infini dans l’histoire de la Chine, que je connais peu, et encore moins les conditions de vie des années 1920 à 1984. Le début m’a un peu rappelé Mulan et les scènes de préparation à voir la marieuse, dans le livre Mei-Li est préparée à se marier avec un fiancé qu’elle n’a jamais vu auparavant et qu’on a promis jeune, beau, etc., elle aura une désagréable surprise. Les personnages m’ont beaucoup plu, très vivants, plausibles (pour la belle-mère de Mei-Li, je suis passée de l’exaspération devant ses remarques vipérines à la tristesse et la pitié au fil du livre). Tourner la dernière page m’a laissée triste, sans être sur ma faim, car Wei-Wei m’a transportée en Chine en quelques pages.

Par son style, déjà. De longues descriptions des objets, des actions, comme pour planter un décor, des traditions, des dialogues aux phrases simples et courtes, je me suis rapidement retrouvée immergée dans ces temps successifs, dans cet univers bien particulier, la Chine maoïste. Comme par exemple, la tradition des pieds bandés, de son sens, de la méthode pour y parvenir, des pieds de Mei-Li et de leur influence sur son mariage, du mariage en lui-même, et surtout la signification du titre, cette couleur du bonheur.

La mention de « temps successifs » est importante car elle rejoint la structure du livre, qui m’a étonnée. Je m’attendais à une grande linéarité, passer dans l’ordre de l’enfance de Mei-Li à son mariage, puis la naissance et l’enfance de sa fille Bai-Lan, etc. J’ai été plutôt surprise, et en bien, par le choix de l’auteur. Les chapitres impairs (même s’ils ne sont pas numérotés, ou peut-être car il y a des symboles chinois en guise de titres) forment le récit à la première personne de Mei-Li, s’adressant à Fan-Fan, sa petite-fille, commençant par sa préparation au mariage, son arrivée chez ses beaux-parents, etc. Ceux pairs commencent en 1953, lorsque Mei-Li rejoint Bai-Lan pour son mariage et passent à la troisième personne, prenant Fan-Fan parfois pour narratrice, parfois Ming-Ming son frère aîné, surtout Mei-Li, d’un des chapitres de ce type à l’autre il peut se passer cinq, dix ans. Cette structure assez peu linéaire aurait pu m’ennuyer, m’énerver, me faire passer d’une page à l’autre en me focalisant trop sur l’année, l’âge des personnages, etc. Il n’en a rien été, et ce détail a participé à la magie de l’oeuvre. Quand sommes-nous maintenant ? Vais-je découvrir un pan de la vie de la petite-fille, du petit-fils ? Mei-Li, la grand-mère merveilleuse, va-t-elle me régaler d’une nouvelle description de lieu, de tradition ?

La fin a contribué à cette magie lorsque les deux temps n’en ont fait plus qu’un, donnant son sens à cette « bitemporalité », de manière adorablement poétique, un peu triste, et rejoignant également le titre, lui redonnant le sens qu’on lui connaît depuis les premières pages, bouclant la boucle, un beau symbole d’infini pour une lecture surprise, plaisir et passion.

Ma hâte à rentrer en France augmente encore davantage pour pouvoir découvrir les autres titres de Wei-Wei dont la plume m’a séduite sans doute aucun avec celui-ci !

Merci mille fois à Livraddict et aux Editions Points de m’avoir sélectionnée pour ce partenariat !

Tu m’envoies un mail ? d’Emmanuelle Friedmann

4ème de couverture :

Annonce publiée par : l’Entreprise
Poste à pourvoir : Chef
Mission : Tu es méchant(e), tu aimes humilier les gens ? Tu rêves de martyriser une équipe dans une atmosphère de guerre généralisée ? Rejoins-nous, tu vas pouvoir te défouler et faire beaucoup de mal autour de toi.
Profil : Ambitieux(se), manipulateur(rice), autoritaire, caractériel(le)
Vos collègues ont les dents qui rayent le parquet et sont prêts à tout pour accéder à l’échelon supérieur ? Ils emploient un vocabulaire compliqué, ponctué de sigles incompréhensibles et de mots en anglais ? Ils envoient une bonne centaine de mails par jour, tous en copie à la direction et vous snobent lorsque vous n’êtes pas assez « pro-actif » ? Votre quotidien est fait de machine à café, d’ordinateurs, de réunions et de plateaux repas ?
Bienvenue dans le monde de l’entreprise !

Une jeune femme, nouvellement embauchée au sein du service communication d’une grande entreprise, tente de survivre dans cet univers surréaliste et impitoyable. Elle évoque avec beaucoup d’humour et d’ironie son quotidien.

Emmanuelle Friedmann est journaliste.

Mon avis :

« Tu m’envoies un mail ? » est un livre que j’ai reçu grâce à un partenariat, alors bien sur j’avais hâte de le lire. Qui dit premier partenariat, dit première excitation .
Dans ce livre, nous sommes tout de suite plongé dans le monde du travail.
Une nouvelle embauchée arrive au service communication d’une entreprise qui ne connait pas la notion de ce mot.
Cette jeune femme essaye de s’intégrer et se rend compte que ce n’est tout sauf facile quand tout le monde se tire dans les pattes.
J’ai aimé ce livre car ce n’est pas le genre de livre que je lis habituellement, et qu’il traite d’un sujet assez commun. L’auteur a réussi a nous parler du sujet de l’entreprise de façon originale et décalée.
Si on se met à la place du personnage principal, c’est sur que le monde de l’entreprise nous parait dur et intenable, après caricaturé ou réel…Certaines anecdotes nous font sourire .

Par conséquent, il n’y avait pas forcément de suspense et je trouve le livre  assez monotone.

Malgré tout je suis contente de l’avoir lu car ce livre est à prendre au second degré et est assez ironique.

Malgré cet avis mitigé sur ce livre, peut être changerais-je d’avis , une fois dans le monde du travail. (dans quelques mois donc…)

Je vous laisse avec un petit extrait que je trouve assez explicite :
« Cette femme était étonnante. Rien de ce qu’elle disait n’avait de sens finalement : elle semblait persuadée de m’avoir dit des choses qu’elle ne m’avait même pas dites, et elle exigeait de moi, en signe de fidélité, que je l’informe des choses dont je l’avais déjà informée. » p .23

Bonne lecture !

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows

4ème de couverture :

Janvier 1946. Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre mondiale et Juliet, jeune écrivaine anglaise, est à la recherche du sujet de son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, un natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fil de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre son monde et celui de ses amis – un monde insoupçonné, délicieusement excentrique. Celui d’un club de lecture créé pendant la guerre pour échapper aux foudres d’une patrouille allemande un soir où, bravant le couvre-feu, ses membres venaient de déguster un cochon grillé (et une tourte aux épluchures de patates…) délices bien évidemment strictement prohibés par l’occupant. Jamais à court d’imagination, le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates déborde de charme, de drôlerie, de tendresse, d’humanité Juliet est conquise.

Mon avis :

J’avais beaucoup entendu parlé de ce livre et pourtant il est bien resté 6 mois sur ma PAL avant que je ne me décide enfin à l’ouvrir (et encore, parce que je me suis inscrite à la LC sur Livraddict et qu’il ne me restait que 4 jours avant l’échéance, honte à moi…).
Avec le recul, autant vous dire que je regrette d’avoir attendu si longtemps !

Ce livre est une petite merveille, une bouffée d’oxygène.

Roman écrit sous forme épistolaire (on ne lit que des lettres) on suit la correspondance entre Juliet, (personnage central au sens de l’humour ravageur  et qui n’a pas la langue dans sa poche) son attaché de presse, son éditeur, sa meilleure amie et bien sûr, les membres du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates.

Ce groupe, formé pendant l’occupation allemande, est composé d’une dizaine de membres, chacun étant bien sûr différent des autres mais ayant surtout vécu l’occupation de manière différente.
Tour à tour drôle, surprenant et sentimental, ce livre peut paraître « léger » (dans son style) mais décrit néanmoins avec brio les conditions de l’occupation : les couvre feux, les restrictions alimentaires, la vie des prisonniers étrangers… Amour et amitié sont aussi au rendez-vous, même entre les occupés et les soldats allemands – vérité qu’il est aussi intéressant de prendre en compte.
Au travers de tous ces personnages attachants, (que l’on aurait tant envie de rencontrer), Mary Ann Shaffer traite d’un sujet difficile avec beaucoup d’émotions.

Revenir sur ce livre pour vous en parler réveille le plaisir que j’ai éprouvé en le lisant, mais aussi la nostalgie qui fut la mienne en le refermant. Avec même une pointe de tristesse pour l’auteure, morte avant la sortie du livre sans en connaître le succès, et dont le flambeau a été repris par sa nièce Annie Barrows.

Je sais que je le relirai, ce qui ne m’est arrivé qu’une fois, et que je prendrai plus de temps pour apprécier chaque lettre, chaque échange, chaque sentiment.

Que vous dire de plus ? Lisez-le, de toute urgence.

Les avis des autres lecteurs de cette LC (emballés comme moi pour la plupart) :
Heclea, Evy, Belledenuit, Melcouettes , Jelydragon, Amandine, Neph, Ana76, Djak (dont l’avis est plus mitigé), Sita, Setsuka et Linou.

Frisson de Maggie Stiefvater

Attention, risques de spoilers !

Grace a été mordue par des loups à 12 ans et est sauvée in extremis par l’un d’entre eux.
Ce dont elle se souvient de son sauveur : ses yeux jaunes, si humain (c’est vrai que l’on croise souvent des hommes aux yeux jaunes hein ?).
Aujourd’hui notre héroïne à 17 ans et tous les hivers elle voit (et attend) son loup qui ne s’aventure pourtant jamais hors de la frontière de son jardin. (la relation est déjà platonique, et je peux vous dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines).

Un jour, alors qu’un des élèves du lycée est mordu par un loup une chasse est organisée, et un loup est touché, je vous laisse imaginer lequel…
Et devinez qui se transforme alors miraculeusement en humain (agonisant) et se retrouve dans le jardin de Grace en tenue d’adam ? (quelle chance quand même qu’il ait pu se traîner jusqu’au jardin de la belle, ça aurait été dommage qu’il se transforme dans la forêt et qu’il meure de la suite de ses blessures). Rassurez-vous, il va s’en sortir et au cas ou vous ne vous y attendiez pas : ils vont tomber amoureux.

Mais attention, leur amour n’est pas simple : Sam peut à tout moment se retransformer en loup, car c’est l’hiver et qu’il fait froid.
Comble de leur malheur, il sait que quand il reprendra son apparence lupine, il ne redeviendra jamais plus humain…
C’est pourquoi pendant 350 pages platoniques, nous avons le droit à toutes les mises en scène possibles pour que Sam ne soit que le plus rarement exposé au froid.
C’est vrai qu’il faut bien 350 pages pour que nous autres lecteurs puissions comprendre qu’une exposition au froid transformerait notre cher Sam.

Bon je suis mauvaise langue, il se passe quand même quelque chose pendant ces pages : Un loup (femelle) de la meute vient faire pipi sur la terrasse de Grace, histoire de marquer son territoire et montrer sa jalousie… Et ça, je peux vous dire que quand on s’ennuie sévèrement, ce n’est pas rien!

Par contre n’espérez pas de sensualité non plus. Quand je vous dis qu’il ne se passe rien, c’est à tous les niveaux… Non pas que je sois obsédée mais bon, si déjà il n’y a pas d’intrigue, ni de rebondissements, au moins qu’on les sache heureux et épanouis.  Mais non je vous dis, pas la peine d’espérer : même pas un petit bisou plus appuyé, alors qu’ils dorment ensemble pendant des plombes…

Reconnaissons tout de même que les 100 dernières pages sont prenantes (mieux vaut tard que jamais) : d’autres personnages prennent enfin de l’importance, il y a du suspens, des rebondissements inattendus (ou presque), on est (enfin) pris par l’histoire et on ressent finalement toutes les émotions qui ont tant manqué au trois premiers quart du livre !

En ce qui me concerne, je trouve que la fin peut être une fin en soi : mais bien sûr,  il y a une suite, et du coup, je ne suis pas encore convaincue que je la lirai (même si il faut l’avouer, on a quand même envie de savoir si Sam trouvera une solution pour rester humain)…

Vous l’aurez compris, je ne suis pas emballée, il aurait fallu 200 pages de moins pour que ce livre soit bon.