Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel

Martial Kermeur a volontairement poussé à la mer Antoine Lazenec, promoteur immobilier véreux. Arrêté par la police, l’ouvrier breton explique au juge depuis le commencement les raisons qui l’ont poussé au meurtre. On est tenté de penser que les confessions d’un criminel face à un juge pourraient être ennuyeuses et superflues mais il n’en est rien ; l’auteur parvient à nous agripper dès le début par ce récit qui retrace ses infortunes et où l’on sent la tension monter et l’étau se resserrer autour de l’accusé. Nous n’osons pas nous arrêter, à peine interrompus par quelques interpellations du juge.

Kermeur s’est d’abord fait licencier et  indemniser de 400 000 francs. Il a tout investi dans les projets mirobolants de Lazenec qui n’ont jamais abouti. Il faut ajouter à cela bien d’autres malheurs qui se sont accumulés – divorce, garde de son fils, espoirs vains … – et sont beaucoup trop lourds à porter pour un seul homme. D’autant plus que Kermeur n’est pas le seul à s’être fait avoir et a souhaité par cet acte rendre justice à tous. Hormis la justice morale dont il est question ici, ce roman traite aussi de l’importance capitale pour un père de l’image qu’il renvoie à son fils : « un fils n’est pas programmé pour avoir pitié de vous ». Tanguy Viel, dans la peau de Kermeur use d’expressions tellement imagées et justes qu’on ne peut qu’adhérer à son désarroi et son impuissance.

Entre un roman noir et une peinture sociale, l’auteur réalise un véritable tour de force avec ce roman qui m’a pris aux tripes et où l’on sent l’injustice s’acharner et gagner en intensité. J’ai trouvé la fin jouissive et le roman profondément humain.

Le cri du corps mourant de Marcel Audiard

Titre : Le cri du corps mourant
Auteur : Marcel Audiard

Résumé :

François, dix ans, est kidnappé. Sa sœur Puce, quatorze ans, flanquée de quatre camarades de classe, mène l’enquête en parallèle de la police.

• Les ados : collégiens trublions et fouineurs qu’on ne souhaite pas à son pire ennemi. Petit problème avec l’autorité.
• Les flics : brouillons et goguenards. Gros problèmes d’autorité.
• Les truands : fins de race. Nostalgiques du milieu d’antan. Les zéros sont fatigués et les putes ne sont plus ce qu’elles étaient.
• Paris 18e, quatrième personnage de l’histoire. Pérégrinations à flanc de Montmartre.
De l’Audiard troisième génération en Marcel et grand braquet.

Avis :

Un titre très accrocheur qui reflète un côté sombre et tyrannique. Une couverture très simple et profonde de noirceur… Tous paraient pour le mieux parfait pour un thriller qui se respecte… Mais il y a plusieurs côtés négatifs qui ont fait que, j’ai plus ou moins apprécié cette lecture.

Dès le départ, on suit Puce, une petite fille de quatorze ans, malade…

Petit point à préciser : l’auteur nous lâche directement dans un environnement, as très bien décris, mais au contraire va faire des pavée et des pavée de description inutile sur tous les fais et geste de Puce … « A 15h … A 16h tapante …. A 16h20 … » Toute ces lignes auraient pu être mieux utilisées pour permettre à l’auteur de mieux s’identifier à la situation. Je n’ai donc pas pu rentrer « Directement » dans le bain… Mais j’ai tout de même continué la lecture pour creuser en profondeur les talents de l’écrivain …

On suit donc le cours de la lecture …

Puce va chercher son petit frère à la sortie de l’école, mais s’aperçoit que celui-ci n’y est pas… Son père est venu le chercher, lui a-t-on dit. Elle avertit donc au plus vite sa mère …

Encore un point à préciser :
Que fille de quatorze ans s’inquiète pour son frère et part à sa recherche, je comprends tout à fait … Mais que sa mère s’enfiche totalement, c’est difficile à gérer. Mais c’est peut-être ce qu’à voulus faire l’auteur ?

Bref, la lecture s’enchaine, mais sans plus. Pas de réel rebondissement. Un langage non approprié, des pavées qui ne servent pas à grand-chose. J’aurais préféré que l’auteur se concentre sur la disparition du petit frère, qu’il nous raconte plus en détails les ressentis des différents protagonistes.

P.s : Je trouve que l’auteur a beaucoup de culot de dire « On a le droit de dire et d’écrire n’importe quoi, mais pas de le faire n’importe quoi. », étant donné que c’est un nouvel auteur et au vu de la qualité de ce roman.

Le garçon qui venait du réacteur 4 d’Orest Stelmach

Auteur : Orest Stelmach
Éditions : Smart Cat
Nombre de pages :  402 pages
Année de parution : 2017

Résumé :

« Lorsqu’un étranger prétend avoir connu son père durant sa jeunesse en Europe de l’Est, Nadia accepte de le rencontrer, et assiste à son exécution en pleine rue. Dans son dernier souffle, il lui révèle un indice incompréhensible, un indice qui envoie Nadia dans une chance au trésor entre New York et l’Ukraine, terre de ses ancêtres.

Elle y rencontrera un allié improbable: Adam, jeune prodige de hockey sur glace qui s’entraîne sur les bassins de refroidissement gelés de Tchernobyl. Traumatisé physiquement et psychologiquement par les radiations, Adam cache un secret qui pourrait changer le cours du monde… à condition que Nadia le protège assez longtemps.»

Ma critique :

Je tiens à remercier Livraddict ainsi que les éditions Smart Cat pour ce partenariat !

Je voulais à nouveau sortir des chemins habituels avec cette lecture , et je fût agréablement surprise ! La couverture est simple, jolie, et cache bien des mystères. Mais qui est ce garçon sur la glace ?
Nadia Tesla une jeune Ukrainienne Américaine, est un jour contactée par un homme disant connaître son père, mais ceci est une excuse, elle recueillera ses dernières paroles puisque celui ci reçu une balle. Ses dernières paroles furent de lui annoncer de retrouver son oncle, et qu’il y a des millions à la clé. Qui refuserait cela ? Nadia est fauchée, et songe à tout ce qu’elle pourrait faire avec cet héritage. Cependant, ce que la jeune femme croit avoir entendu s’avère faux, je dois avouer que ce fût une surprise , que mon envie de poursuivre suite à cette révélation se révéla plus accrue.

Viennent s’ajouter à cette course, la mafia Ukrainienne. La jeune émigrée avait démantelé il y a des années un trafic, elle a une dette et leur doit beaucoup d’argent à cause d’un trafic d’art.
Poursuivie, elle fera tout pour sauver sa peau, découvrira des zones d’ombres sur sa famille, sur un cousin caché dans "La zone" qui est l’espace interdit autour de la centrale nucléaire de Tchernobyl. J’ai beaucoup aimé l’ambiance tournant autour de Tchnerbyl,triste, abandonné… Où certaines personnes ont continué d’y vivre parce que c’était chez eux, malgré les radiations comme l’Oncle de Nadia. Le fait que les animaux et espèces disparues proliférant fût aussi une réelle surprise.

Pour ce qui est des personnages, j’ai eu du mal à m’y attacher..Nadia, par moments m’énervait en sentait qu’elle se souciait peu du garçon au départ, et pensait davantage aux avantages qu’il pouvait lui apporter, j’ai eu la sensation qu’elle pouvait sans aucun mal tourner sa veste. J’ai eu du dégoût pour les autres voleurs, et dirigeants du crime organisé, il n’y en a aucun qui m’a convaincue, aucun ne semble attachants et à mes yeux il est dur de les différencier. J’aurais cependant aimé que l’Oncle revienne à la surface et s’oppose aux autres comme "gentil" voleur.
Il aurait alors protégé son fils et sa nièce.
J’ai eu du dégoût pour l’entraîneur d’Adam, un personnage abjecte qui faisait tout pour l’anéantir que ce soit psychologiquement ou physiquement. Je fus bien contente lorsque le neveu de Nadia décida de s’enfuir, mais avec crainte.
Pour moi mon coup de cœur fût Adam, un jeune homme talentueux, doutant de lui ainsi que de ses capacités. Il n’a pas souvent été aimé, souvent repoussé. On se moqua de lui, sur ses différence et il subit le regard des autres puisqu’il avait vécu à Tchernobyl, il n’avait pas les mêmes oreilles qu’eux : elles sont semblables à des dents de requin.

Pour moi ce fût une agréable poursuite, si vous aimez les courses poursuites, les thrillers dans des lieux improbables ce livre est fait pour vous. J’ai beaucoup aimé ce road trip.
Mais le rythme fût assez lent, les chapitres souvent étaient mal coupés.

Citations :
– Mais les loups en attendent davantage. Ils veulent se protéger contre la prochaine catastrophe nucléaire.
Les animaux sentent ces choses.
Tu as déjà vu un chat s’enfuir d’une maison avant une tempête ? Peut-être que le réacteur 4 va exploser encore une fois. Peut-être que ce sera l’un des autres réacteurs. Ou un terroriste. Ou une guerre nucléaire. Mais ça va arriver. Les loups nous indiquent que ça va arriver.

Je lui attribue la note de 14/20 !

Elle & lui de Marc Levy

Dans ce roman on retrouve les deux meilleurs amis de Paul à savoir Lauren et Arthur , dont leur histoire est raconté dans le premier roman de Marc Levy à savoir  » Et si c’était vrai  » . Mais rassurez vous , si vous ne l’avez pas lues , ça n’empêche en rien à la compréhension puisque se sont deux personnages secondaires .

Concernant , la plume de l’auteur , elle est fraîche , légère , agréable . C’est le genre de lecture pas prise de tête , assez prévisible , c’est vrai mais ça n’empêche pas le fait que c’est tout de même un bon roman qui sait allier charisme et humour ! Il y a un petit côté poétique , l’auteur à une façon de tourner ces phrases pour en faire des citations , les rendre spéciales .

 »Pourquoi les personnages de romans aurait -t-il plus de courage que nous ? Pourquoi osent t-ils tout et nous si peu de choses ?  »

Les personnages sont attachants . On a un peu ce choc entre Mia et Paul qui se révèlent tout deux être très différents . En effet , Paul est un homme discret, réservé , qui ne sort pas beaucoup. Il est un peu dans son monde , sa bulle . Au contact de Mia, il va devoir se remettre en question car elle a du caractère ainsi que ce côté espiègle qui n’est pas pour me déplaire . De plus la narration se fait de manière alternée entre nos deux actant principaux ce qui permet de comprendre leur émotions ressentis et de mieux les connaître .

En conclusion ,  » Elle et lui  » est une bonne lecture et même une très bonne serte l’histoire peut sembler banale mais la plume de l’auteur la rend spéciale !

Petit pays de Gaël Faye

Ce petit pays, c’est le Burundi. Gabriel y a grandi avec sa sœur, sa mère rwandaise, son père français et ses amis. Il vivait dans un beau quartier d’expatriés, avec un cuisinier, un jardinier et tout le toutim. Une enfance heureuse, parsemée de fous rires avec ses copains jusqu’au coup d’état de 93 et l’assassinat du Président. Alors que l’on prétendait à la démocratie et au droit du peuple de choisir le parti qu’ils éliraient, une guerre civile éclate. D’abord au Rwanda, puis au Burundi. Tout bascule.

Gabriel prend le temps de nous raconter vingt ans plus tard cette douce enfance remplie de bonheur pour mieux ensuite nous frapper de plein fouet par la violence qui l’a suivie et marqué à jamais : « Le bonheur ne se voit que dans le rétroviseur. Le jour d’après ? Regarde-le. Il est là. A massacrer les espoirs, à rendre l’horizon vain, à froisser les rêves. » On ressent avec lui ses peurs et son incompréhension face à ces haines raciales qui lui échappent, les tensions et massacres entre Tutsis et Hutu et l’expulsion des Français. Son récit est la preuve que l’on n’oublie pas le passé, que ses souvenirs soient bons ou mauvais. Ils restent à jamais gravés en nous. On peut les idéaliser, se sentir à des années lumière d’eux quand on a traversé tant d’épreuves mais ils sont bel et bien là. C’est l’histoire d’un enfant français et rwandais qui a dû grandir trop vite, l’histoire peut être de Gaël Faye puisqu’elle a des nuances autobiographiques. En tout cas, une histoire qui mérite d’être connue parce qu’elle met en lumière le Burundi – dont, avouons-le nous ne parlons jamais – le Rwanda et qu’elle nous fait voyager à travers ses odeurs et son Histoire.