Edith, reine des Saxons de Régine Sondermann

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Grâce au partenariat avec Livraddict, j’ai découvert le livre « Edith, reine des saxons » de Régine Sondermann et ce fut une belle découverte.
Je n’ai pas l’habitude de lire des romans historiques et je ne connaissais pas du tout cette reine. J’aime l’Histoire mais souvent je m’attache à des personnages plus connus.

Dans ce livre, j’ai retrouvé plusieurs ingrédients attirants et qui m’ont donc permis de passer un agréable moment de lecture. En effet, il est question d’une femme plus influente qu’il n’en paraît, d’une époque assez méconnue mais intéressante, de coutumes que nous croyions oubliées mais qui se retrouvent parfois dans certaines cultures encore aujourd’hui.

L’auteur nous raconte donc sans prétention, la vie de cette jeune femme, Edith, devenue orpheline très jeune et qui a du respecter les traditions et ainsi quitter son pays pour un nouveau monde et surtout pour un mari inconnu.

La coutume veut que ce soit les parents ou à défaut le frère qui choisisse le mari de sa ou ses sœur(s). Souvent, bien avant les sentiments, ce sont les intérêts communs qui primaient pour désigner le prétendant. Ce fut le cas pour Edith. Otton, son époux va ainsi permettre à l’Angleterre d’acquérir de nouvelles terres. Au départ, on comprend qu’Edith n’est pas favorable à son union mais elle va trouver du réconfort auprès de sa belle-sœur Hedwige. Ainsi, elle apprivoisera son mari.
Cependant, au fur et à mesure du temps et lorsqu’ils auront leur premier enfant on voit que les sentiments changent. L’amour s’échappe et laisse place à plus de fermeté de la part d’Otton.

La vie d’Edith est assez courte puisqu’elle décède à 36 ans mais malgré tout elle a pu mettre en place des choses importantes pour les citoyens et ainsi laisser son empreinte sur l’Histoire.

J’ai trouvé ce livre très bien écrit, j’ai appris énormément de choses sur cette période. L’écriture de ce livre m’a totalement emportée dans le Moyen-âge et pourtant ce n’était pas chose gagnée au début. Je suis ravie d’avoir découvert un nouvel auteur à la plume si contemporaine et si documentée. Ce fut un très bon moment de lecture.

Vipère au poing d’Hervé Bazin

Vipère au poingC’est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon et ses frères, à leur mère, femme odieuse, surnommée Folcoche.

Tout d’abord, il faut savoir que ce livre est cité dans les manuels de français de troisième si mes souvenirs sont bons, dans le thème de l’enfance. C’est une bonne chose, car le titre du roman  est certes  accrocheur, mais  inspire peu quand à la nature du contenue.

Vipère au poing. Est-ce un roman d’aventure? L’histoire d’une vipère capturé par les hommes? Le petit ( vraiment petit )  extrait vaguement étudié en classe et dont seul les principaux traits subsistent dans nos mémoires  permet aux lecteurs difficiles d’entamer sans hésitation ( ou pas ) la lecture. Bien entendue, pour les  bibliophiles, aucun problème de ce coté là.

Le récit est quant à lui rédigé dans ce style à la fois accrocheur et étoffé  qui procure une lecture plaisante et enrichissante sans pour autant nous obnubiler H24 ; bref, il convient autant au amateur qu’aux littéraires pur et dur en passant par les bibliophiles du dimanche. En effet, il est à la fois simple à comprendre et en même temps truffé de références culturelles plus ou moins connu.

Bref, même si les avis sont mitigés, je le trouve franchement bien, très facile à lire.

Mariage à l’indienne de Kavita Daswani

Mariage à l'indienneTitre  : Mariage à l’indienne
Auteur : Kavita Daswani
Titre original : For matrimonial purposes
Traducteur : Pascale Michon (Américain)
Éditeur : Feryane
Date de publication : 2004
Nombre de pages : 413

*Quatrième de couverture*

Née à Bombay, devenue journaliste de mode à New York, Anju est écartelée entre son envie de vivre à l’américaine, célibataire et libre, et son désir de rester fidèle à ses racines indiennes pour ne pas décevoir sa nombreuse famille. Mariage à l’indienne est le récit plein d’humour de ses pérégrinations amoureuses, de sa sélection rigoureuse des candidats et des choix qu’elle doit accomplir pour rester fidèle à elle-même tout en sacrifiant aux traditions.

*Mon avis*

Non-amatrices de « chick lit », mieux vaut passer votre chemin… Bien que l’héroïne se prénomme Anju et soit d’origine indienne, elle présente bien des similitudes avec une Bridget bien connue. Mais l’une cherche l’amour tandis que l’autre désire avant tout un mari.

La quête d’Anju pour dénicher la perle rare, non seulement pour elle mais également pour sa famille, aurait pu être drôle ou même seulement divertissante mais non ! Rien ne suscite la moindre émotion dans ce roman, on ne parvient pas à s’identifier à cette trentenaire qui n’arrive pas à se faire passer la bague au doigt, ni à se prendre au jeu de sa supposée quête identitaire qui ne l’éloignera au final pas une seconde du droit chemin. Tout le roman s’organise autour de ce schéma : rencontre d’un prétendant potentiel – intérêt de l’une des deux parties mais pas de l’autre – échec – retour à zéro. Au final, on s’ennuie à mourir d’autant qu’il faut composer avec les digressions sur le métier de mademoiselle dont le seul but est de souligner ô combien sa vie professionnelle est réussie.

Le seul intérêt de ce roman selon moi est d’introduire le lecteur au monde des mariages arrangés tels qu’ils sont toujours pratiqués en Inde. Bien sûr, l’auteure en a grossi les traits, au point de rendre certaines situations peu crédibles ; toutefois il n’est pas inintéressant de se laisser entraîner dans les coulisses des négociations pré-maritales et de mesurer l’ampleur de la pression sociale et familiale concernant le mariage.

En conclusion, n’emmenez pas Mariage à l’indienne sur une île déserte, gardez-le-vous sous le coude pour occuper une froide journée d’hiver (pas deux, ça se lit tellement vite…) où vous n’aurez rien, mais alors rien, de mieux à faire…

L’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage de Haruki Murakami

L'incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinageL’incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage est le dernier livre de Haruki Murakami, paru en septembre dernier et présenté par de nombreuses critiques comme une œuvre moins sombre, flottant dans une sorte de mélancolie apaisée.

Cela ne correspond pas exactement à mon sentiment de lectrice. A mon sens, la particularité de ce roman tient surtout dans le caractère volontariste du protagoniste, qui à un moment donné, parvient à définir ses priorités pour agir en conséquence. Souvent, dans les livres de Murakami, les protagonistes sont spectateurs de leur propre existence. Ils acceptent ce qui leur arrive sans vraiment se poser de question, c’est d’ailleurs le mécanisme par lequel le surnaturel, la fantaisie, finit par advenir et par se confondre avec la réalité, ou plutôt, par devenir une réalité parmi d’autres et perméable à d’autres.

Tsukuru Tazaki se trouve dans cette position au début du roman. Il a accepté l’idée qu’il était, d’une certaine manière dépourvu d’identité à la suite d’événements qui l’ont amené à réprimer ses affects. Puis, il sort de sa torpeur, prend sa vie en main en explorant son passé. En cherchant à comprendre ce qui est advenu il y a plus de quinze ans, il rassemble les pièces de son propre puzzle pour redécouvrir sa propre identité et prendre les décisions qui s’imposent compte tenu de ses propres priorités.

Mais pour cela, il doit passer par la tourmente du reflet offert par le miroir des autres et par ce à quoi il est forcé d’admettre qu’il n’a pas pu/voulu s’y confronter. C’est dans ce sens que ce roman me paraît plus violent que les autres écrits de cet auteur, parce que Tsukuru Tazaki vit sa cruauté de l’intérieur, parce qu’il est ébranlé dans les fondements de son être et non simplement plongé dans une intrigue qui le dépasse ou un monde qu’il ne comprend pas. C’est de lui, dont il doute, pas métaphoriquement mais explicitement.

Sortir de l’immobilisme, établir ses priorités, prendre sa vie en main, autant d’épreuves dont la réussite repose sur la capacité de chacun à être soi, à s’éprouver et à s’assumer, cette petite chose toute simple qui pour certains est pourtant la tâche la plus difficile à accomplir. Et c’est avec maestria que Murakami décrit le miracle d’un éveil à la vie vraie et à l’amour véritable, dans un cadre qu’il met brillamment en place au moyen des ingrédients qu’on lui connaît : références musicales, retours sur le passé, récits d’amitiés, multiplicité des lieux publics, des lieux de passage où l’on peut s’épier en train d’observer les autres pour mieux pénétrer sa propre intimité.

Moment d’un couple de Nelly Alard

Moment d'un  coupleMerci aux éditions Folio et à Livraddict pour la découverte de Moment d’un couple.

Présentation de l’éditeur :

Juliette, ingénieur dans l’informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l’univers de Juliette vacille. Comment survivre à la trahison ? C’est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n’y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d’un certain féminisme et la difficulté d’être un homme aujourd’hui.

Mon avis :

Olivier téléphone à Juliette, son épouse et la mère de ses deux enfants. Il lui annonce qu’il ne pourra pas la rejoindre pour aller ensemble au cinéma comme prévu, il a une liaison depuis trois semaines avec une femme qui est en train de faire une crise d’épilepsie. Il ne peut pas la laisser seule dans cet était.
Voici le point de départ de Moment d’un couple, récit qui narre l’épreuve que traversent Juliette et Olivier suite à l’apparition de Victoire dans leur vie. Je dis bien dans LEUR vie, car Olivier, quarante-six ans n’est ni responsable, ni coupable. Lorsqu’il s’aperçoit qu’il rendra Victoire malheureuse en ne quittant pas sa femme, et qu’il aura du mal à se débarrasser de cette maîtresse encombrante, il demande à Juliette de lui venir en aide. C’est bien normal, puisque s’il a pris une maîtresse, c’est parce que sa femme le rabaisse.

Vous êtes perplexe ? Moi aussi. Et pourtant, on a tous dans notre entourage des couples qui ont des modes de fonctionnement qui nous paraisse surprenant, et qui malgré cela traversent les tempêtes et les années. Vu de l’extérieur, personne ne peut comprendre comment cela fonctionne.

C’est raconté essentiellement du point de vue de Juliette. C’est fluide et réaliste, la preuve en est : l’identification est possible. A plusieurs reprises, je me suis demandé ce que j’aurais fait à la place de cette femme. Mais encore une fois, apporter une réponse est irréaliste. Juliette ne prend pas ses décisions en tant que femme, mais aussi en tant que membre d’un binôme Juliette/Olivier, dont le fonctionnement est bien rôdé.

Ce qui est bien fait dans ce livre, et qui m’a plu, c’est justement cela : le fait que l’auteure parvienne à nous faire entrer dans l’intimité du couple. Peu à peu, on comprend comment s’articule cette machine complexe. Les comportements de Juliette et d’Olivier deviennent prévisibles. En revanche, ce livre ne séduira je pense que les personnes intéressées par les récits psychologiques. Il y a des rebondissements, mais qui ne sortent pas du cadre de l’intrigue amoureuse. C’est vraiment au niveau du ressenti des personnages que tout se passe.

Un bon livre, mais s’adressant  à un public particulier. Le titre est particulièrement bien choisi.