Karen et moi de Nathalie Skowronek

« Karen et moi » est un magnifique hommage à la femme de tête et à l’écrivain qu’était Karen Blixen, l’auteur de « La ferme africaine ». Nathalie Skowronek y raconte, à sa façon, la vie extraordinaire de cette femme qu’elle admire.

Eprise de liberté, étouffée par les normes, trop indépendante pour se soumettre aux codes, Karen Blixen a tout fait pour échapper à la vie étriquée qu’on lui avait promis. A 27 ans, elle se fiance par intérêt au baron Bror von Blixen, qui lui offre un titre de noblesse et de quitter le Danemark pour le Kenya, en échange de sa fortune. Karen se lance tête baissée dans cette proposition, trop désireuse de quitter un monde qui ne lui correspond pas, pour un autre qui lui promet aventure et épanouissement.

Mais très vite, les premières difficultés se font sentir. L’exploitation de café dans laquelle Karen a tout investi n’est pas rentable. Bror, en plus d’être infidèle, fuit face aux problèmes et dépense tout l’argent en femmes et en boisson. Malgré tout, Karen s’acharne, refuse de renoncer et ferme les yeux sur ses échecs. Sa rencontre avec Denys Finch, qui deviendra son plus grand amour, sera source de douleurs, mais surtout de joie pour cette femme passionnée mais terrifiée par l’idée d’être abandonnée. Jusqu’au jour où un coup du sort l’obligera à rentrer au Danemark et à se lancer dans l’écriture de sa vie…

Quoi de plus passionnant pour un lecteur, qu’un auteur passionné par son sujet ? Et passionnée, Nathalie Skowronek l’est. Au-delà de la volonté d’écrire une biographie sur une femme qui s’avère fascinante, l’auteur nous invite à lire une véritable déclaration d’amour ! On sent qu’elle donne énormément d’elle-même dans ce texte, d’où la force qui s’en dégage. L’auteur alterne avec beaucoup d’habileté les passages sur Karen avec ceux, plus introspectifs, sur elle-même. Elle voit en Blixen une sorte d’alter ego, auquel elle s’identifie avec tellement de sincérité, que l’on a presque l’impression d’assister à une véritable discussion entre les deux femmes.

Nathalie Skowronek interroge Karen, met en parallèle leurs deux personnalités si similaires, commente les choix de cette femme de caractère de manière si naturelle que l’on a l’impression qu’elles se sont vraiment connues. Cette passion qui l’anime tout au long du récit est transmise au lecteur avec une réelle efficacité et donnera envie aux non-initiés de découvrir Karen Blixen à travers ses écrits. Magnifique, intimiste et bouleversant, ce texte est une grande réussite et une excellente découverte !

Memoria de Laurent Genefort

4e de couverture :

Il travaille pour le compte des grandes Compagnies qui se partagent l’univers. Il erre de planète en planète au gré de ses contrats. Il est le tueur à gages le plus redouté des mondes humains. Le plus cher, aussi. Nul ne sait qui il est véritablement. Pas même lui. Tel est le prix de son immortalité. Immortalité qu’il doit à un artefact extraterrestre unique et qui ne le quitte jamais. Tout comme les  » crises de souvenirs  » qui le terrassent de plus en plus souvent. Au point d’en menacer ses missions. Des souvenirs dont il ne sait même pas s’ils sont les siens. Des crises qui masquent une terreur secrète, tapie au fond de lui sous la forme d’un cauchemar qui, inexorablement, se rapproche et menace de l’engloutir. Le compte à rebours est engagé…

Mon avis :

J’avoue que je ne conaissais rien de l’univers d’Omale avant de lire ce roman. Contrairement à mon habitude, j’ai plongé dans l’histoire avant de lire les petites lignes biographiques qui donnent souvent un éclairage particulier à l’ouvrage.

L’histoire en elle-même m’a bien plu, mais je reste un peu sur ma faim sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce que le héros donne l’impression d’être si détaché des mondes qu’il traverse, de subir ses crises de souvenir avec fatalisme et passivité, sans chercher à comprendre ce qui lui arrive avant que l’explication lui tombe dessus ? Peut-être parce qu’il ne semble pas s’interroger plus que ça sur son origine ? En fait, il me semble que ce roman laisse le lecteur réfléchir aux questions qu’il pose, l’air de rien, sur l’humanité et ce qui la caractérise.

Au fil de ma lecture, j’ai surtout été impressionnée par la construction soigneuse de cet univers, chaque planète avec son écosystème, ses habitants, sa culture et ses traditions… Un sens du détail qui m’évoquait tantôt Dune (une de mes sagas favorites), tantôt Stargate pour ses technologies d’origine inconnue, avec une pincée d’Asimov et ses robots. Après être revenue sur la notice biographique, j’ai un peu compris pourquoi : nul doute qu’après avoir soutenu une thèse intitulée « Architecture du livre-univers dans la science-fiction », l’auteur maîtrise ses classiques ! Dans plus d’un domaine, d’ailleurs, car l’ouvrage est parsemé de clins d’œil dans les noms des vaisseaux spatiaux, des personnages et des lieux – si j’en ai reconnu quelques-uns, comme Uruapan et Kenji Kawai (heart), nul doute que j’en ai loupé d’autres, preuve que j’ai encore bien des lacunes à combler !

Au final, une lecture agréable sans être aussi mémorable pour moi que ses modèles, mais qui m’a donné envie d’en savoir plus sur l’œuvre de Laurent Genefort, qu’il s’agisse de la fiction ou de sa thèse.

Merci beaucoup aux Éditions Folio et à Livr@ddict pour m’avoir permis cette découverte !

Memoria
Laurent Genefort
Édition augmentée

Un employé modèle de Paul Cleave

Avant propos

Je tiens tout d’abord à remercier LIVRADDICT et les Editions LE LIVRE DE POCHE de m’avoir permis de découvrir ce livre grâce au partenariat mis en place.

Résumé

Christchurch, Nouvelle-Zélande. Célibataire, aux petits soins pour sa mère, Joe Middleton, homme de ménage au commissariat central de la ville, est au fait des enquêtes criminelles en cours. En particulier celle qui concerne le Boucher de Christchurch, un serial killer accusé d’avoir tué sept femmes dans des conditions atroces. Pourtant, Joe sait qu’une de ces femmes n’a pas été tuée par le Boucher de Christchurch. Il en est même certain, pour la simple raison qu’il est le Boucher de Christchurch.

Contrarié, Joe décide de démasquer le plagiaire. Et, pourquoi pas, de lui faire endosser la  responsabilité des autres meurtres… Variation sublime sur le thème du tueur en série, ce roman d’une originalité confondante, au-delà des clichés du genre, révèle un nouvel auteur, dont on n’a pas fini d’entendre parler.

Mon avis

Bien évidemment, il est impossible en ouvrant ce livre de ne pas avoir une pensée pour Dexter Morgan, le personnage créé par Jeff Lindsay. Il s’agit ici aussi d’un récit dans lequel le lecteur a un accès direct aux pensées du tueur en série. On accompagne donc ce tueur dans sa vie quotidienne, dans l’exécution de ses meurtres et surtout dans son enquête pour démasquer le meurtrier qui l’a copié. Une place importante est donnée au jeu des apparences souvent trompeuses.

Avant même l’ouverture du roman, la couverture nous annonce un employé dit « modèle » qui pourtant a la chemise tachée de sang. Joe se fait passer pour ce qu’il n’est pas, une personne lente d’esprit.

La ressemblance entre Dexter Morgan et Joe Middleton s’est donc arrêtée là pour moi… Contrairement à Dexter, il m’a été impossible d’éprouver la moindre compassion pour le personnage de Joe. Ce dernier ne met pas sa soif de sang au service de la justice. Nous sommes donc en présence d’un tueur en série qui n’éprouve absolument aucun remord à la suite de ses
crimes sordides (sauf peut-être quand il est amené à tuer un animal…) et qui choisit des victimes apparemment innocentes.

D’un côté, nous avons un narrateur à la première personne, un lien très serré existe donc entre Joe Middleton et le lecteur. D’un autre côté, l’atrocité de ce qu’il nous raconte nous oblige à garder une certaine distance. J’ai beaucoup apprécié ce contraste puisqu’il va faire naître un sentiment d’angoisse chez le lecteur, ce qui, à mon avis, est le secret de tout bon thriller.

Paul Cleave a également fait un travail remarquable concernant la psychologie de son « héros ». De même, il a peint un portrait très intéressant des personnages secondaires comme notamment la mère de Joe ou Sally, la collègue de travail. C’est grâce à l’intervention de l’entourage du tueur que l’on est amené petit à petit à percevoir ses failles… Il s’agit donc ici d’un véritable roman
noir avec aussi – ce qui n’est pas négligeable – de nombreuses petites touches d’humour – noir bien sûr !

Pour conclure, ce roman a été pour moi une très belle découverte. Il m’a permis de passer par toute une palette d’états d’esprit. Cependant, je préfère prévenir les futurs lecteurs qu’il faut avoir le cœur bien accroché pour aller au bout de certaines scènes… Cela fait partie du jeu !

Le sixième commandement de William Muir

Résumé :

Récemment, l’Angleterre a fait un référendum pour savoir si le peuple désirait que la peine de mort soit de nouveau appliquée. Le oui c’est imposé à la population. Riley a été de ce « oui ». Pour lui, laisser des meurtriers, violeurs, pédophiles en liberté ne semblait pas juste. Mais voilà que l’Etat se rappelle à son bon souvenir et à ce pourquoi il a dit oui. En effet, Riley W. Scott comme ses semblables a signé pour faire partie de ceux qui appliqueront la peine de mort…

Mon avis :

On découvre donc Riley, un anglais, convoqué à un entretien avec le département de la justice. Il s’y rend par obligation et c’est là que sa vie bascule. Il tentera maintes et maintes actions pour échapper à ce qu’on pourrait appeler son destin mais le piège infernal se referme sur lui inexorablement. Il mesure à quel point un choix crucial peut se réveler pervers.

La première chose que j’ai envie de dire c’est que ce livre est particulièrement agréable à lire. Le style est tout en fluidité aussi les pages se tournent très vite et on a du mal à stopper sa lecture. Qui plus est le sujet est très intéressant, d’actualité et nous oblige à nous remettre en question. Je tiens à saluer l’écriture de William Muir qui m’a totalement séduite et qui m’a fait pénétrer dans son monde en deux pages.

Je note ensuite qu’aucune date n’est précisée, laissant au lecteur le choix de la période. Notons quand même que la civilisation est avancée, qu’elle ressemble traits pour traits à la nôtre. Une seule date, 1964 est évoquée, on sait donc que l’histoire se situe au moins une année après. Mais peu importe, que le roman se situe en 1970, en1995 ou en 2011 n’est pas l’intérêt de ce livre. Non, l’important c’est que l’époque à laquelle vit Riley pourrait être récente ou futuriste mais qu’elle traite d’un sujet actuel et houleux, qui pose déjà question à certains politiciens : la réhabilitation de la peine de mort !

Le seul petit inconvénient c’est que les personnages sont assez vulgaires lorsqu’ils parlent de sexe. Dès la deuxième page, le héros nous fait part de ses fantasmes aussi crument que possible. Je ne sais pas si le vocabulaire a délibérément été choisi mais en tout cas, je ne suis pas prude, loin de la, mais ça m’a semblé tout à fait inopportun !

Pour rentrer vraiment dans le roman, je dois dire qu’on a parfois l’impression que Riley est « testé » que toute cette histoire est une machination diabolique pour faire rentrer dans son crâne et le nôtre par la même occasion, ce qu’entraîne le vote pour la peine de mort. La torture mentale est plus ou moins bien rapportée mais réussit tout de même à montrer qu’une simple position telle que celle pour la peine de mort, n’est jamais aussi réaliste que la sanction définitive l’est. L’auteur semble nous dire que tant que l’on n’est pas personnellement confronté à ce qui est, finalement, un deuxième meurtre, on ne se rend pas compte de l’impact.

En finissant ce roman, j’ai été frappée par la représentation de la mort. Je ne sais pas si je vais arriver à bien m’expliquer mais je tente… On a l’impression, du moins je l’ai eue, que tout est dérisoire par rapport à la mort et pourtant, les rouages de la machine judiciaire sont extrêmement précis, allant jusqu’à calmer le condamné, comme si quelqu’un arriverait à banaliser la mort. Et à côté de ça, la réaction de Riley est tellement impliquée qu’on ressent bien les deux poids, deux mesures.

J’ai vraiment envie de vous encourager à lire ce livre. C’est une réelle réussite, ce roman se lit d’une traite et même si on ne peut pas le qualifier de thriller, il est tout aussi efficace. Lisez-le !

Ma note : 17/20

Le coeur de Rose de Claudine Senger

Résumé :

Rose est une adolescente qui vit dans une petite ville tranquille et trop ennuyeuse à son goût. Depuis le départ de sa meilleure amie et voisine, elle est complètement anéantie car elle était comme une sœur pour elle. Heureusement pour Rose, la rentrée des classes est pour très bientôt, même si ses autres amis/voisins sont très proches d’elle, elle se sent mieux en cours. Malgré ses espérances, sa première année de lycée ne se déroule pas comme elle l’avait imaginée.
Dans sa classe, un nouvel élève arrive, il est gentil mais très mystérieux. Elle se liera à lui et deviendra la meilleure amie de sa sœur.
Cette rencontre n’a rien de spontané, elle avait été organisée par ses nouveaux voisins pour sa protection, car sa vie est menacée à cause d’un « Talent » qu’elle possède et dont elle ignorait l’existence.
Un homme horrible ne veut qu’une seule chose : la rendre immortelle pour ensuite la tuer et récupérer son « Talent » !
Sa vie, habituellement si calme, devient une vraie tornade.
Entre le départ de sa meilleure amie et l’arrivée de ses nouveaux voisins, qui sont très différents de ceux qu’elle a toujours côtoyés, Rose est bousculée et tourmentée par le « Bien » et le « Mal ». Grâce à cette famille de cœur, elle va enfin découvrir ce qu’est réellement : la Peur, la Mort, l’Amitié et l’Amour. D’ailleurs, en se liant à cette nouvelle famille, elle devra garder un énorme secret !

Mon avis :

On m’a fait connaître ce livre par un lien facebook, et le lendemain sur LA, je vois qu’une LC était programmée par Lizi, donc comme il me tentait bien, je  l’ai acheté aussitôt.

Je suis d’habitude très bon public pour ce genre d’histoires, mais là mon avis est un peu mitigé…peut-être le signe qu’il faut que je passe à autre chose !
L’histoire ressemble sans doute trop à Twilight. Même si l’univers des immortels est différent de celui des vampires, il y a beaucoup d’éléments qui se ressemblent : l’histoire d’amour entre une humaine (Rosie) et un immortel (Illian), une famille d’immortels qui l’adore et la protège, une rivalité entre Illian et l’ami d’enfance de Rosie, Cédric, un des premiers immortels, Aristarque, qui veut la rendre immortelle pour lui prendre son « Talent »…
L’histoire d’amour entre Illian et Rosie est profonde et sincère mais pour moi l’émotion n’est pas passée ; certains passages auraient mérité d’être plus développés et d’autres relatifs à la vie quotidienne le sont trop.
Bien que le livre soit écrit à la première personne, on ne sait jamais vraiment ce que ressent Rosie, pas d’introspection sur ses sentiments ou ses émotions, ce qui fait qu’on a souvent l’impression qu’Illian tient beaucoup plus à elle que l’inverse.
Je me suis malgré tout attachée à tous les personnages, en particulier Euphie et Erasme, qui forment un couple presque plus touchant.
Au niveau langage, je ne suis pas sûre qu’à 16 ans, on emploie encore « mon papa, ma maman, mon amoureux », ça m’a fait bizarre en tout cas !
Les fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire m’ont beaucoup gênée pour la lecture.
J’ai attendu l’action tout le long du livre, mais en fait elle ne vient pas : on attend longtemps le combat d’Erasme et quand il arrive, il est traité en quelques lignes, comme on en avait déjà eu une partie dans le rêve de Rosie, ça se passe très vite, et quand je m’attendais à ce que quelque chose ne se passe pas comme prévu, non, tout se passe comme prévu…

Quand j’étais dedans, j’avais quand même du mal à le lâcher, parce qu’on veut savoir comment les choses vont évoluer, mais finalement il n’y a pas de grandes surprises et je suis restée sur ma faim…je n’hésiterai pas malgré tout à lire la suite parce que j’ai aimé l’univers et les personnages !