Percy Jackson, tome 1 : Le voleur de foudre de Rick Riordan

Résumé :
Etre un demi-dieu, ça peut être mortel…
Percy Jackson n’est pas un lycéen comme les autres. Sa prof d’histoire est en fait un monstre mythologique ! Et les dieux du mont Olympe entrent dans sa vie, ici et maintenant, en plein New York. Ils l’accusent d’avoir volé l’éclair de Zeus. Dans cette succession de catastrophes, une seule bonne nouvelle : Percy se découvre peu à peu des pouvoirs extraordinaires…

Mon avis :
Novice dans l’art des chroniques, balbutiante au sein d’un tout jeune blog, nouvelle chez Livraddict, c’est mon premier partenariat. Et voilà, je démarre ce livre et dès la première ligne  j’apprends que Percy Jackson est un sang-mêlé!  Zut me dis-je, encore une histoire qui se rapproche de Harry Potter! Et j’ai tellement aimé les aventures du petit sorcier aux lunettes rondes que j’ai été déçue à chaque fois en lisant des histoires similaires (Tara Duncan par exemple…)
Mais je suis très vite rassurée, on n’évolue pas du tout dans le même monde, ces sang-mêlés sont des demi-dieux. Et nous voilà plongé dans la mythologie grecque, car les dieux existent encore! Vous ne le croyez pas? Et bien lisez donc Percy Jackson, vous verrez qu’ils régissent encore toute notre vie à nous autres humains. Ils se chamaillent, se tirent dans les pattes et menacent même de déclencher la prochaine guerre mondiale si Percy ne réussit pas à mener bien la quête qui lui tombe sur les épaules.

En suivant les aventures de Percy Jackson on réapprend l’histoire et le rôle de chaque dieu et déesse de la mythologie, toujours avec humour et légèreté. Par exemple, le passage du Styx pour accéder au pays des morts, avec Charon le passeur. Sauf que là, on se trouve face à un Charon limite mafieux, qui réclame bien plus qu’une pièce pour la traversée. La « salle d’attente » déborde car c’est priorité à ceux qui peuvent payer plus cher que les autres: les costumes italiens dont il est friand coûtent si chers aujourd’hui! Quant au Styx, on apprend que c’est une rivière très polluée car elle charrie depuis des milliers d’années ce que les humains apportent avec eux: leurs espoirs, leurs rêves et leurs souhaits jamais réalisés. Il n’existe pas de station d’épuration pour ce genre de déchets…

J’ai bien aimé cette lecture, qui reste néanmoins un récit pour ado, niveau collège je pense. Je ne serai pas de ceux qui attendent la suite avec frénésie . En revanche s’il plait à mes fils (16 et 14 ans) ce sera avec plaisir que je leur achèterai les deux tomes suivants…et je me connais, j’y mettrai sûrement mon nez moi aussi !

Je rajouterai comme point positif, l’objet livre en lui-même. C’est la première fois que j’ai entre les mains un poche jeunesse, non, un livre tout court, qui tient tout seul ouvert sur une table! Cela paraît bête à première vue, mais je vous promets que c’est très confortable et j’ai bien apprécié ce détail!

Un grand merci à Livraddict et les Editions Livre de poche jeunesse qui m’ont permis de découvrir Rick Riordan et faire une sympathique révision de la mythologie.

Challenge « Découvrons Douglas Kennedy »

La première lecture de ce challenge concernait un ouvrage peu connu de Kennedy, Les désarrois de Ned Allen (1998, traduit en 1999 en français).

Le héros éponyme se trouve propulsé d’une situation très enviable de commercial new-yorkais, au train de vie plus que confortable, à celle de chômeur, mis au ban de sa profession (il a frappé son employeur) et abandonné par sa femme. Grâce à une vieille connaissance, il parvient néanmoins à sortir la tête de l’eau, mais c’est pour mieux se jeter dans les ennuis.

Ce premier roman m’a laissée perplexe car il manque d’unité, pour l’intrigue et a fortiori pour le style. La dernière partie du récit ne manque pas de rappeler les œuvres de Grisham, en particulier La Firme, qui a été adapté pour le cinéma. C’est une impression de littérature de gare qui dominait au sortir de cette lecture. C’est pourquoi je me suis lancée dans une seconde lecture du même auteur, plus consensuelle et surtout beaucoup plus relayée par les médias, La femme du Ve.

Le héros, Harry Ricks, paraît dans un premier temps moins antipathique que Ned Allen et le décor parisien ne manque pas de charme, en particulier lorsqu’il est familier. Cependant, on a le sentiment que Kennedy s’est empêtré dans son intrigue et qu’il lui a fallu trouver une porte de sortie à tout prix, au point que l’intervention du surnaturel arrive un peu comme un cheveu sur la soupe. L’intrigue est bien ancrée dans une réalité peinte avec beaucoup de précision, et d’un seul coup tout bascule. Cela manque encore, me semble-t-il, de cohérence.

De ces deux lectures, plusieurs éléments ressortent. On peut tout d’abord reconnaître à Douglas Kennedy la qualité de savoir dépeindre à merveille des personnages englués dans les ennuis. C’est là que son style s’exprime le mieux, devient plus clair. Dans les deux romans, ce sont les passages où Ned Allen et Harry Ricks sont dans une panade incommensurable qui sont les plus délectables. L’auteur réussit à les rendre sympathiques, même s’il est parfois tentant de les secouer quand ils se morfondent. A l’inverse, quand l’auteur se lance dans la description de milieux aisés, new-yorkais ou parisiens, son style devient lourd, ampoulé, et le lecteur s’ennuie.

Enfin, ce qui m’a le plus gênée, c’est le manque de cohérence des romans. Ils semblent composés d’idées éparses, mises bout à bout, avec une logique parfois branlante, un peu comme un patchwork. Les intrigues paraissent constituées de textes écrits presque indépendamment, et assemblées pour former un roman. Pour faire le liant, rien de tel que des personnages tombés du ciel, qui jouent alternativement le rôle de sauveurs ou de bourreaux.

Je doute par conséquent de replonger de sitôt dans les œuvres de Douglas Kennedy, qui permettent de passer le temps, mais sans grand plaisir. De la littérature de gare, ou de plage.

Héritage sanglant d’Odile Barski

En guise de préambule, je tiens à remercier Livraddict et les éditions du Masque qui ont permis la lecture de ce roman d’un genre et d’un style surprenants.

Aux côtés d’Ariane Messidor, lieutenant de police aux méthodes peu orthodoxes, le lecteur se trouve embarqué pour une mission de prime abord sans grand intérêt (une décharge de pneus qui pose problème au voisinage comme au propriétaire du terrain).

Héritage sanglant, c’est la rencontre de plusieurs enquêtes de police (la décharge de pneus, l’expulsion impossible des pensionnaires d’une maison de retraite et les visites nocturnes dont est l’objet la propriété d’un défunt maestro). La curiosité d’Ariane Messidor lui fait découvrir, comme on tire le fil d’une pelote emmêlée, que ces trois affaires sont liées. Les péripéties de l’enquête policière sont convenablement construites, sans toutefois que le lecteur soit vraiment surpris. L’intervention de jeunes neo-nazis au crâne rasé est un ressort connu, mais utilisé ici sans les maladresses et poncifs habituels. Quant à l’héritage, si son intérêt ne se manifeste qu’en fin de roman, c’est symboliquement qu’il guide le récit.

Car la richesse d’Héritage sanglant se tient dans la galerie de personnages, souvent décalés et tous lestés d’une de ces blessures de la vie dont on ne guérit pas. Les protagonistes, principaux comme secondaires, font tous preuve d’un grand cynisme. Ils portent un regard lucide et sans concession sur les réalités de la société contemporaine. Ce sont d’abord les deux héroïnes, Ariane et Colombe – celle par qui se rejoignent toutes les enquêtes – qui partagent une même souffrance, héritée d’une enfance malmenée par la figure maternelle. Et puis, il y a Amade, à la fois gardienne et comptable de la décharge, qui ponctue ses phrases de citations de Saint-Augustin. Et Marquez, le peintre sans public, qui voit dans Ariane son lien ténu avec le monde. Corsin, éternel adolescent amoureux, qui refuse la réalité pour vivre dans les souvenirs. Claudine d’Archangelo, produit d’un Lebensborn nazi, qui ne vit que pour la mémoire de son maestro d’époux. Au-delà de la résolution des enquêtes, c’est l’évolution de ces personnages troublants que suit le lecteur.

Cependant, la lecture du roman est rendue parfois douloureuse par le style adopté. La part belle est faite aux phrases courtes, très courtes, souvent nominales. Cette écriture lapidaire nuit à la compréhension du texte, qui manque de liant, et parfois de logique. On est obligé de relire pour être bien sûr d’avoir saisi le sens d’un paragraphe, d’un chapitre. Quand bien même, il arrive que le doute demeure. Et l’on s’accroche aux personnages pour ne pas perdre le fil.

« L’Olympe des infortunes », Yasmina Khadra

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec Livraddict et Robert Laffont que je remercie de tout cœur pour cette découverte.

Résumé : Yasmina Khadra nous offre ici un conte dans l’univers des clochards. L’Olympe des Infortunes est un terrain vague proche de la mer et d’une décharge publique. Divers vagabonds et laissés pour compte y vivent. Ce sont des personnages hauts en couleur, drôles et attachants. Leur vie est organisée loin de la ville, loin du monde corrompu que l’on connaît. Il y a notamment Ach le Borgne et son protégé Junior le Simplet. Ach a tout appris à Junior, tout ce qu’il faut faire et éviter de faire, et surtout que la ville est mauvaise et qu’il ne fat pas s’en approcher. Junior est obéissant jusqu’au jour où Ben Adam, le « prophète » débarque.

Mon avis : Ce livre est mon premier Yasmina Khadra. Je ne sais pas si c’était une bonne idée de découvrir cet auteur avec ce livre-là, peut-être pas. J’ai eu du mal à me faire un avis arrêté sur cette lecture et encore aujourd’hui j’hésite encore. Je l’ai en effet trouvé très bon sur certains points et beaucoup moins sur d’autres. Étrange impression en fait.

Dès le début, j’ai trouvé l’écriture excellente. L’auteur maîtrise à merveille son texte et l’on voit qu’il s’amuse beaucoup en écrivant. On ne cesse de tomber sur des phrases et expressions croustillantes : « Quand tu te mets une idée en tête, on te décapiterait que tu n’y renoncerais pas ». Malheureusement, ce n’est pas suffisant pour captiver le lecteur. Et après l’effet de nouveauté, la première partie du livre est devenue assez ennuyeuse. Il ne se passe rien ou pas grand-chose, jusqu’à l’arrivée de Ben Adam, 150 pages après. Et malheureusement, quand il commence à se passer des choses, cela me semble bâclé et inachevé. La situation bascule en quelques phrases, on n’a aucune impression de progression.

Parlons de ce Ben Adam plus en détail. Il s’agit d’une sorte de prophète qui aurait vécu des milliers d’années, sait tout sur tout et serait là pour remettre tout le monde sur le droit chemin, pour donner à chacun une seconde chance dans le monde et la ville. Franchement, j’ai trouvé que cette apparition était ridicule, trop facile et vraiment énervante. J’ai presque eu envie de m’arrêter là, de peur que le livre se finisse sur la rédemption et la nouvelle chance de tous les vagabonds. Globalement, il y a beaucoup trop de références religieuses et d’allusions à Dieu à mon goût. Tout cela n’était pas nécessaire et est malheureusement trop présent.

Mais la fin (les toutes dernières pages) m’a vraiment réconcilié avec le livre et m’a beaucoup touché. Je vous laisse la découvrir.

Même s’il ne se passe pas grand-chose, je tiens à noter que j’ai beaucoup apprécié les portraits dressés des différents personnages, surtout ceux de Bliss et de Ach le Borgne, des personnages vraiment attachants et plein d’humanité. Il n’y a pas à dire Khadra sait peindre la nature humaine et c’est pour cela que le livre vaut tout de même la peine d’être lu.

Tout ça pour dire : Un livre à découvrir pour la plume de Khadra, son talent de « portraitiste » et pour la fin. Essayez de passer outre les références religieuses et le personnage absurde de Ben Adam.

Ma note : 3/5

La femme dans le miroir, Thanh-Van Tran-Nhut

Ce livre a été lu dans le cadre d’un partenariat avec les éditions Robert Laffont.
Merci à elles de m’avoir permis de le découvrir.

Présentation de l’éditeur :

Comment une femme du XVIIe siècle a-t-elle pu servir de modèle à un peintre du XXe ? C’est la question que se pose Adrien, hanté par la mort récente de sa femme, en reconnaissant sur une toile contemporaine le visage qui se reflète dans le miroir d’une vanité peinte trois siècles plus tôt. D’où vient que cette beauté a traversé le temps comme si des artistes n’avaient jamais cessé de l’aimer ? Devenu malgré lui l’acteur d’une aventure née sous le pinceau d’un maître hollandais, il entreprend une inquiétante enquête où l’histoire des pigments et la magie des alchimistes l’entraînent hors du domaine de la raison et lui ouvrent des portes inattendues. Aidé par un chercheur lunatique et un thanatopracteur savant, il plonge dans les mystères des passions amoureuses peut-être aussi subtils que ceux de la pierre philosophale, promesse de longue vie. Mais sur le point de percer le secret des tableaux, il comprend soudain que rien dans cette histoire n’est dû au hasard et que les véritables enjeux de cette énigme dépassent le fantasme d’un idéal de beauté.


Mon avis :

J’ai choisi ce livre, car la présentation de l’éditeur et la couverture me faisaient envie.

L’enquête policière dans le monde de l’art me semblait pleine de promesses.

J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire…
Difficile de comprendre où l’auteure veut nous emmener. Pendant la moitié du livre, je n’ai pas compris l’intérêt d’avoir parlé du récent veuvage du protagoniste. Pour moi, ça n’apportait rien à l’histoire en elle-même, au contraire, ça la ralentissait même au point de ne pas susciter l’envie d’aller plus loin.

La mise en route est longue, très longue, trop longue… Même si les explications artistiques (l’explication de Memento mori par exemple) mettent en appétit et aident à prendre notre mal en patience, je suis restée sur ma faim. Un peu comme si on avait juste eu l’introduction sans avoir la suite… et on retrouve la même chose quand il est question d’alchimie. On se retrouve avec une quantité de données en un minimum de mots et du coup, ça devient imbuvable.
J’ai envie de comparer ce livre avec le premier tome de Le Cercle du Phénix : Les aventures de Cassandra Jamiston, à la différence que là tout ce qui concerne l’alchimie est très détaillé, parfois trop. Grâce à ce livre, les explications succinctes d’alchimie de La femme dans le miroir ont été suffisantes pour moi, mais j’ai peur que beaucoup de personnes passent à côté….

L’enquête en elle-même a quelque chose de passionnant. Les techniques d’expertise des tableaux sont très prenantes. J’ai attendu comme le héros, les résultats des analyses chimiques des pigments tout comme je suis restée perplexe sur la découverte de ce qu’il y avait derrière le tableau… On se demande où l’on va, on tâtonne comme Adrien, on se casse les dents avec lui quand tout ne va pas comme il faut, etc.

Malgré tout, il manque quelque chose pour faire de ce livre un chef-d’œuvre. Il y a un déséquilibre certain au niveau de l’histoire. Il faut la moitié du livre pour être au cœur de l’énigme puis tout va très (trop) vite. C’est dommage !

Je reste marquée par cette lecture. Nous sommes aujourd’hui à deux jours de l’anniversaire de mon fils aîné qui nous a quitté le jour de sa naissance.
Il y a quelque chose de vraiment troublant à arriver au dénouement de cette enquête maintenant…
Je ne peux en dire plus pour ne pas dévoiler l’histoire, mais ceux qui liront ce livre, comprendront ce que j’essaie de dire à mots cachés ici.