Nuit noire, étoiles mortes de Stephen King

nuit-noire-etoiles-mortes-stephen-king-pocheUn recueil de 5 nouvelles (l’édition française a eu une nouvelle en cadeau 🙂 ).

Bon recueil dans l’ensemble, mes nouvelles préférées étant 1922 et Bon ménage.

1922, est un récit effroyable et très triste. On suit un fermier qui a tué sa femme avec la complicité de son fils. Cela fait plusieurs mois que j’ai lu cette nouvelle, et j’en garde pourtant un souvenir assez fort, notamment à cause de la fin de la nouvelle, qui est très … forte. Du grand Stephen King, dans la même veine que Cujo !

Bon ménage, est une nouvelle plus contemporaine, mais très intéressante. Une femme découvre un jour un petit coffre dans son garage. Ce coffre appartient à son mari, et contient des pièces d’identités de jeunes femmes qui ont été assassinées. Elle se rend compte alors, que son mari, est un tueur en série, qui sévit depuis des années !! J’ai trouvé ça bien de voir l’autre côté, pas celui du tueur en série, mais de sa femme, qui ignore tout, et qui se rend compte, qu’elle vit aux côtés d’un total étranger. C’était vraiment pas mal !

Les 3 autres nouvelles, m’ont laissés un peu plus perplexe, me demandant même si c’était vraiment Stephen King qui avait écrit tout ça … Surtout la nouvelle de l’édition française qui est du déjà vu !!

La Voleuse de Livres de Markus Zusak

Voleuse de livresQuatrième de couverture:

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux évènements? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom: la Voleuse de livres…

Mon avis:

J’ai trouvé l’idée d’utiliser la Mort comme narratrice très originale. Celle-ci est cependant différente de la faucheuse noire terrifiante que l’on peut s’imaginer habituellement. Il s’agit là d’une ramasseuse d’âmes blasée, la plupart du temps restreinte à ne faire que son boulot, mais sachant toutefois apprécier les couleurs de la vie. Une mort qu’on attend le moment venu mais qu’on ne craint pas.

Après une vingtaine de pages je me suis demandé si j’aurai le courage de supporter la forme du récit jusqu’au bout. En effet, outre le fait que la Mort nous enlève tout suspense en révélant de temps en temps certains faits  futurs, les chapitres sont relativement courts et leur annonce ressemble pour moi aux différents actes d’une pièce de théâtre. Au théâtre on trouverait par exemple: Acte I – Scènes 1 à 5, et peut-être même le nom des personnages y ayant un rôle. Ici nous avons le titre du chapitre avec, en dessous, l’indication des différentes scènes ou anecdotes y appartenant. Au fil des pages, je me suis habituée à cette forme de récit et je me suis prise à penser qu’il manquait encore quelques chapitres pour assouvir mon désir de lecture.

L’histoire en elle-même m’a beaucoup touchée et j’ai trouvé les personnages très attachants. Certains sont adorables dès le début, d’autres cachent un coeur d’or sous des apparences plutôt rustres et on ne peut que sourire lorsqu’on le remarque pour la première fois. La façon dont les différents personnages communiquent et interagissent, que ce soit par la musique, les insultes ou les livres, m’a fascinée. En parlant de livres, ceux-ci ont une place véritablement importante dans le récit, ce qui m’a totalement surprise. En général, les livres sur les livres ont tendance à décevoir le lecteur tant la place accordée aux livres dans le récit est moindre. Cette fois-ci, c’est différent. Les livres ont une importance capitale dans l’évolution de la jeune fille et la puissance des mots sur la vie quotidienne, la guerre et la progression du nazisme est plus que perceptible.

J’ai aussi beaucoup aimé la faculté qu’ont les différents personnages à apprécier les petites choses de la vie,  que ce soit un bulletin météo personnalisé ou un geste affectueux par exemple. Ceci mène à réfléchir sur la société de consommation actuelle dans laquelle personne ne semble jamais avoir assez de biens matériels. L’histoire se passe évidemment à une autre époque…

Pour faire court, ce livre a été une très grande et belle surprise pour moi, un vrai coup de coeur.

Tes mots sur mes lèvres de Katja Millay

tesmots-sur-levres-katja-millayMourir, ce n’est pas si dur quand on l’a déjà fait.

Et c’est mon cas.
Je n’ai plus peur de la mort.

C’est tout le reste qui m’effraie

Ainsi commence l’histoire de la jeune Nastja, qui n’a pas prononcé un seul mot depuis 452 jours. Depuis que ça lui est arrivé…

Elle a pourtant tant de choses à dire… mais elle a choisi de se réfugier dans le silence, et c’est à son journal intime qu’elle se confie chaque soir. « Trois pages et demies » au cours desquelles le lecteur assemble les pièces du puzzle pour découvrir ce qui l’a détruite.

Impuissante, sa famille s’efforce de maintenir le contact avec elle. Soucieux de sa fragilité psychologique, ils décident de l’envoyer vivre chez sa tante, espérant que l’éloignement l’aidera à se reconstruire, et à s’ouvrir aux autres. Lorsqu’elle s’inscrit en terminale dans un lycée où personne ne la connait, elle revêt une personnalité totalement différente. Provocante, agressive, elle n’a pas besoin de mots pour faire passer le message: elle veut qu’on la laisse à sa solitude. La jeune fille sage qu’elle était jusqu’alors devient une poupée cassée au look aussi noir que les regards qu’elle lance à ceux qui osent l’aborder.

Mais un jour, ses yeux se posent sur Josh. Attirée malgré elle par ce jeune homme taciturne que seule la menuiserie semble animer, elle cherche à attirer son attention. Et tout bascule à nouveau…

Avec simplicité et sincérité, Katja Millay explore les sentiments humains pour en livrer l’essence même, au travers de personnages que l’on aime dès les premières lignes. Si la vengeance est au coeur de ce premier roman, c’est pourtant la passion sous toutes ses formes qui en émane. La passion de Nastja lorsqu’elle évoque ce qu’on lui a volé. La passion charnelle de Josh lorsqu’il travaille le bois. Puis la passion naissance de ces deux adolescents que la vie n’a pas épargnés.

En 2013, « Sea of Tranquility », sa version originale, a reçu le prix du meilleur livre de l’année, décerné par le School Library Journal. Une distinction méritée!

Coupable de Wiebke Lorenz

CoupableRésumé

Dans ses pensées, Marie a déjà tué, étranglé, démembré. Ses fantasmes violents et terriblement réels apparaissent sans avertissement et l’horrifie. Cependant "penser" ne signifie pas "agir". Du moins, c’est ce que croyait Marie jusqu’à ce qu’un meurtre, qui semble tout droit sorti de son imagination, ait lieu. Les preuves sont accablantes, Marie est jugée coupable. Elle-même ne se souvient de rien, mais elle est certaine d’avoir commis ce meurtre. Elle est internée en hôpital psychiatrique où, avec l’aide de son thérapeute, elle tente de se souvenir des semaines précédant le meurtre. Jusqu’à ce que le doute s’installe… La vérité serait-elle encore plus terrifiante que son imagination?

Mon commentaire

L’inconscient humain est un sujet fascinant et angoissant à la fois. On sent que l’auteure a recherché et s’est concertée avec des spécialistes sur le sujet, comme expliqué dans la postface. Tout semble tellement crédible! Dans la vie de tous les jours, personne ne prête vraiment attention aux troubles obsessionnels tant qu’ils restent banals: vérifier dix fois si la porte de la voiture est bien verrouillée, si la cuisinière est bien éteinte, si le robinet de la salle de bains est bien fermé, etc. Mais lorsque ces pensées deviennent horrifiantes et prennent tellement d’importance qu’il est alors difficile pour la personne concernée de faire la différence entre la réalité et l’imagination, le sujet devient tabou et il est encore plus difficile pour le « malade »; de s’en sortir.

En choisissant ce sujet, Wiebke Lorenz nous promène au bord du gouffre de la raison humaine. Le lecteur suit Marie tout au long de sa thérapie et se demande si cette femme souffrant de névrose obsessionnelle est vraiment coupable du meurtre pour lequel elle a été jugée, si la confusion entre son imagination et la réalité a été si grande qu’elle en a tué un être cher. Petit à petit on en apprend plus sur Marie, les années passées et les chocs émotionnels qui ont pu déclencher ces pensées agressives. Tous les évènements, tous les détails ont leur importance. Toutefois on ne s’attend pas à un dénouement pareil. Le retournement de situation des dernières pages surprendra plus d’un lecteur, c’est certain!

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson

LevieuxquinevoulaitpasfetersonanniversaireRésumé

Allan, un Suédois d’origine modeste, fête aujourd’hui son centième anniversaire. Alors que le maire et la presse locale se préparent à célébrer l’évènement, Allan, lui, décide de profiter encore un peu de la vie en s’échappant de la maison de retraite par la fenêtre de sa chambre. Très vite, l’alerte est donnée et il se retrouve à la une des journaux avec malfrats et police à sa poursuite. Mais attention, qu’on se le dise, Allan n’est pas un vieillard ordinaire. Génie en explosifs, apolitique et se moquant des convenances, il a survécu a bien d’autres épreuves, dévoilées chronologiquement tout au long du récit.

Mon avis

Le cap des 100 premières pages a été pour moi difficile à passer à cause des nombreuses interruptions dans le récit. Les premiers chapitres étaient très courts et j’ai eu du mal à rester concentrée. À partir du  moment où les chapitres ont gagné en longueur, mon intérêt a augmenté.

Ce livre m’a un peu fait penser au film « Forrest Gump », tant au niveau du découpage entre le passé et le présent qu’au niveau de l’invraisemblance de l’histoire. Au fil des pages, on apprend d’un côté à connaître la vie trépidante d’Allan, et d’un autre on le suit dans son périple actuel avec sa bande d’apprentis criminels.

C’est incroyable le nombre d’évènements politiques dans lesquels Allan a été impliqué au cours du XXe siècle et les rencontres farfelues qu’il a pu faire.

Cynique et rocambolesque à souhait, cette lecture a été sympathique dans l’ensemble, mais ce n’est pas un livre que je recommanderai.